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CHAPITRE XXXIII

Une mission — Une visite pastorale — Des noces d’argent

ous avons vu que les Révérendes Sœurs des Saints Noms de Jésus-Marie arrivèrent à Saint-Pierre le neuf avril, mil huit cent quatrevingt-six et ouvrirent les classes au couvent le lundi suivant, douze. En mil neuf cent onze, arrivait donc le vingt-cinquième anniversaire de cet événement si fécond en bons résultats pour la paroisse de Saint- Pierre. Monsieur le curé désirait donner tout l’éclat possible à cet anniversaire. Mais une fête au commencement d’avril, à cette saison de l’année où nous avons ordinairement le dégel, ce n’était guère praticable. Aussi on avait décidé de remettre la fête au cinq juillet, au commencement des vacances.

Monsieur le curé profita de la circonstance pour faire donner à la paroisse les grâces d’une mission solennelle et il s’assura les services du Rév. Père Portelance, curé de l’église du Sacré-Cœur de Winnipeg.

Le dimanche vingt-cinq juin, commencèrent les saints exercices et pendant toute la semaine le Rév. Père tint sous le charme de sa parole à la fois onctueu-

se et substantielle, la paroisse tout entière. A tous les exercices l’église se remplissait et tous les jours nous eûmes la grande édification de voir la table sainte très fréquentée.

Nombre d’enfants furent en même temps préparés à la première communion et, nous pouvons le dire avec joie, cette semaine fut un temps de grâces et de bénédictions pour la paroisse de Saint-Pierre.

Le dimanche suivant, à la clôture de cette belle mission, les enfants de Marie toutes vêtues de blanc et enveloppées de longs voiles avec le ruban bleu en sautoir, portant la couronne en tête, suivirent à pas lents sur deux rangs la statue de la Très Sainte Vierge par les allées de l’église et puis, groupées après cette procession autour de la statue de la bonne mère, firent l’offrande de leurs couronnes et, quand tout fut fini, la statue de la Sainte Vierge trônait au sommet d’un monceau de fleurs illuminées de multiples cierges. Ce fut une cérémonie inoubliable.

Monseigneur l’archevêque était reçu le lendemain à la gare d’Otterburne par la paroisse à peu près au complet. Monseigneur dit qu’il n’avait pas encore eu une aussi belle cavalcade pour l’escorter: plus de soixante-dix voitures suivaient l’équipage de Sa Grandeur.

Le soir, le village entier était superbement illuminé, mais le couvent et les alentours présentaient un aspect vraiment féerique, c’était tout naturel.

Monseigneur comprenant que la paroisse tout entière venait de passer huit jours à l’église, voulut donner la confirmation après sa messe à huit heures et demie, après avoir communié de sa main les

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