‹ Pages détachées, notes de voyageChapitre 14 sur 33 · CES ER UE CRONEAUERERRE · texte numérisé non relu

CES ER UE CRONEAUERERRE

lune traïnait sur la mer, jusqu au loin, tout à

l'horizon, sa longue lumière argentée qui paraissait à la houle onduler comme un immense serpent.

Alors la mer semble vivre d’une vie nouvelle : blanche comme du lait et lumineuse comme si de ses profondeurs montait une orande lueur mystérieuse, ou phosphorescente

tæ, L

et comme en feu, avec des étincelles jaillissant de tous côtés au moindre bond de ses poissons, au moindre clapotis de ses vagues ; et c'est un flot de feu que notre étrave refoule, c’est un flot de feu qui bouillonne le long de nos flancs, c'est un long sillage de feu que nous laissons derrière nous.

De ces nuits d'été en pleine mer une poésie indicible, à la fois puissante et triste, se dégage, à laquelle sont sensibles les plus indifférents

lus durs. Dans ce grand silence, dans

et le S cette solitude et dans cette immensité, l’imabre cours: c’est l'heure des pensées graves devant lesquelles l'éternel

Inconnu se dresse, où le gr:

’ mondes SUT lequel on se pencne vous fait

tressaillir effaré, et, corps et âme, il vous semble que l'infinie nature et matière vous a

° . 1 A» 9 2 à 0 ; LT A saisi, absorbé, Jeté dans je ne sais quel nirvâna

où l’on ne pense n!1 ne sent. |

bablement guissèé doucement du nirvâna dans

un sommeil. DTO

par ces mots : « Un navire en feu par tribord

Ce fut par une de ces nuits, qu'ayant pro-

devant ! » 1

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