‹ Pages détachées, notes de voyageChapitre 15 sur 33 · T CC ! > A LE * RS NEC · texte numérisé non relu

T CC ! > A LE * RS NEC

E, ÉIIEC, a 1 nNOrIZOn, on dp rCEVAIL une vive pl

lueur, et, nous étant détournés d« tre rout« Il : 1 . 1 |

nous marchioOl aroic dessus [] [, 15411 1 ,] : ( nn] + } | Aa]]: | LŒLOCLEL T1 LCL 1 1 1 « 11 De Le Wl 110 = MT: : I0nsS \

À la e \etiir ] 1 » F 1 ] A ile L Dion. Fr À Œ 1 Vap U1] s UCS INLIIONS Gé LOLICS CECIAaIralenc ia TY »7- #e- ) Z « 4 ve ” 1) > pl ner qui S étendait comme une nappe d'huile. |

Dans le profond silence de la nuit, les coups

AT 4 ] " Le » 1 LI ? U1 » Ut ) lacnil | JULUS | 1 1: 1 A 1 : | C Y ' ] À : r 1

LL LDI AA ! 16059 I LE OLS (Ut 4! No U | | ( Ly | | ” L 1 1 n 1 . ;

nenrhé ” la “à | . DE pen [1] ( sur 1e6S$S Dastin ag ( sr CI rcnalent à d1is- | ” … Taies, A A p % ] |

tnguer le navire incendié, échangeant quel-

'æ) A 1 ques 1alCcs ICIIeXIOnNS de cet LC VOIX Dasse et | blanche ] ; POIIx [1 ‘ narlent Fe pe es j 134 ‘ | |

IGLILIIC URL LOU qui pPaliCliL UdliS id SOIILUUE . |

re

un Q ee TR rm

d’une nuit tranquille où le son de votre propre voix monte comme celui d'une voix inconnue.

Il n'y eut bientôt plus de doute : un grand navire brülait ; à la jumelle, on distinguait parfaitement sa coque au-dessus de laquelle courait une grande lueur, tandis que tout à l'avant un point brillait comme un phare.

Bientôt nous fûmes assez près pour nous figurer voir des ombres passer et s’agiter avec de grands gestes d'appel; mais à mesure que nous avancions, cette illusion s'évanouit.

Nous en approchâmes jusqu’à deux cents mètres à peu près.

Pas un bruit, pas un cri n’indiquait qu'il y eût un être vivant à bord; au point, d’ailleurs, où en était l'incendie, il ne pouvait plus y rester personne vivant encore.

Le point brillant de. l'avant était le mât de beaupré qui achevait de brûler. Le feu devait être à bord depuis déjà plusieurs Jours. C'était un grand navire à la coque et aux bas mâts en fer ; le pont défoncé n’était plus qu’une immense

fournaise: les hauts mâts en bois, à demi

brülés, s'étaient abattus et, retenus par les cordages d’acier, se balançaient lugubrement au gré de la houle; des chaînes pendaient, grinçant le long des flancs de fer du navire; des craquements semblaient comme des gémissements tandis que, par instants, de grandes gerbes de feu et de fumée montaient.

Une baleinière fit le tour du bateau; à l'arrière, on put déchiffrer ces lettres : IALEM; on héla à plusieurs reprises, aucune voix ne répondit; nous revinmes en route, et, peu à peu, sinistre épave, le navire incendié disparut dans le lointain.

Qu'était devenu l'équipage qui avait dû fuir dans des embarcations ?

On fit bonne veille, mais rien n’apparut; la terre la plus proche était à environ quatre cents lieues, et, pour y atteindre, du calme ou des

vents contraires (1)!

(1) Arrivés à Tahiti, nous signalâmes notre rencontre et nous apprîmes plus tard que le trois-mâts en fer portait le nom de Yérusalem et que son équipage avait pu

gagner, sain et sauf, les îles Gallapagos.

Hier, dimanche, nous avons enfin aperçu la terre. Il faut n’avoir eu pendant si longtemps que le ciel et l’eau pour tout spectacle pour comprendre avec quelle joie puérile nous fouillions l'horizon de nos jumelles et quelle tendre admiration j'eus pour le premier cocotier qui montra son panache dans la lentille de ma lorgnette.

Nous sommes passés à un demi-mille environ de l’île Tatakoto, l’une des Pomotou.

Elle nous apparut comme une étroite bande de terre très basse, couverte de cocotiers dont les têtes en parasol et les troncs élancés paraissalent sortir de la mer. Une longue ligne blanche la bordait de notre côté, formée par l'écume des énormes vagues qui venaient se briser sur sa muraille de corail.

Comme la forme annulaire de l’île se dessinait nettement, on voyait de l’autre côté de la bande de terre jaune et sablonneuse une sorte de lac aux eaux tranquilles, d’un vert clair, et miroitant aux rayons du soleil.

Au loin, de l’autre côté de l'anneau, dans

un brouillard transparent et comme lumineux, la mince silhouette d’autres cocotiers se distinguait.

Des milliers et des milliers d'oiseaux de mer couvraient le sable de l’île et tournoyaient à quelques mètres au-dessus du sol, tous dans le même sens, et incessamment comme emportés dans une ronde éternelle d’âmes de damnés. Quelques-uns, se détachant, venaient, avec de grands cris rauques, voler autour de nous.

Toutes les îles, très nombreuses, qui forment le grand archipel des Pomotou ou Tuamotou ont une formation et une origine identiques.

C’est un immense anneau de corail plus ou moins irrégulier enfermant un grand lac intérieur aux eaux profondes, ne communiquant avec la mer que par quelques passes étroites là où, pour une cause quelconque, le corail a cessé de monter.

Presque toutes les îles de la Polynésie ont ainsi leur ceinture de coraux, ouvrage sécu-

laire d’infiniment petits, muraille gigantesque et infranchissable contre laquelle viennent se briser les efforts incessants de la mer.

Plusieurs théories ont été émises pour en expliquer la formation.

À Tahiti et dans les îles analogues, îles montagneuses et d’origine volcanique, on croirait voir émerger les sommets verdoyants de hautes montagnes à demi englouties et sur les flancs desquelles, sous l’eau, dans une zone déterminée, des millions et des millions de polypes ont amoncelé leurs débris. Et ainsi se sont formés ces magnifiques anneaux de récifs coraliens aux mille couleurs et aux grottes profondes, où l’on voit se jouer des troupes innombrables de poissons aux formes étranges et aux couleurs éclatantes.

Dans les îles, comme les Tuamotou, réduites à un simple anneau, on admet généralement, avec Darwin et Reclus, que la montagne centrale s’est effondrée, affaissée, engloutie peu à peu, tandis que la muraille montait toujours,

arrivait à fleur d’eau, recevant les détritus,

les épaves de toutes sortes, et n’enserrant plus que de vastes lacs dont la surface tranquille contraste avec l’éternelle agitation de la mer qui vient se briser sur le récif en hautes volutes écumantes.

Peut-être pourrait-on mettre en avant une autre hypothèse et, sans parler d'affaissement géologique, admettre que les flancs des monts immergés ont, comme ceux dont les sommets émergent, offert, à une certaine profondeur et dans une zone favorable au développement des animalcules, un point d’attache aux polypes coralfères. Ceux-ci, s'amoncelant, sont alors arrivés à fleur d’eau en anneaux plus ou moins irréguliers, selon la disposition

de la ligne d'implantation.

Aujourd’hui, pluie et orage, comme il y en a fréquemment dans ces parages.

Nous passons tout près d'une de ces îles.

Les vagues du large déferlent avec fureur sur le récif, avec un mugissement sourd et

continu qui vient jusqu’à nous comme une

menace. C’est une longue ligne blanche d’écume d’où jaillissent par instants, à une grande hauteur, d'énormes tourbillons, de véritables trombes d’eau; les embruns qu’emporte le vent font au-dessus comme une fine brume à travers laquelle on voit la tête échevelée des grands cocotiers qui ploient sous la rafale.

Dans quatre jours, nous serons à Tahiti.

Ce matin, 8 juillet, vers sept heures, nous avions par le travers le phare de la pointe Vénus, et la côte de Tahiti se déroulait à nos regards.

Le soleil était à peine levé depuis une heure, une brise légère et fraîche passait, et à ce moment délicieux du jour les détails de l’île nous apparaissaient avec une netteté merveilleuse. Son diadème de hautes montagnes si étrangement découpées se dressait tout en haut, au milieu de nuées légères et roses sous les rayons du soleil levant ; au-dessous jusqu’à la mer de longues vallées descendaient, et des

sommets jusqu'à la plage un immense et frais

tapis de verdure couvrait tout.

Les rayons du soleil presque horizontaux glissaient sur les plateaux, laissant dans l’ombre le fond des vallées, jetant une note claire sur le dos verdoyant des collines, s’accrochant aux arêtes qui laissaient derrière elles des traînées d’ombres pleines de vapeurs bleuâtres et diaphanes.

À quelque distance de nous une longue ligne blanche courait sur la mer où les vagues se brisaient, marquant la place de l’anneau de coraux à fleur d’eau qui entoure aussi Tahiti.

À dix heures, par une passe étroite, nous franchissions le récif et, dans ce magnifique bassin naturel aux eaux tranquilles et profondes, nous mouillions à cent mètres du quai.

Deux vaisseaux de guerre français et un américain étaient à l'ancre; le long du quai quelques navires de commerce débarquaient des marchandises.

D'un fouillis de verdure émergent quelques maisons, c’est Papeete, vu du bord.

Tahiti! Et les jolies et si fraîches pages de

Loti montent à notre mémoire ! L'Océanie, et

Page 1