‹ Pages détachées, notes de voyageChapitre 20 sur 33 · LI · texte numérisé non relu

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Les rameurs se courbent sur les avirons en poussant des cris sauvages, et, portée par l'énorme vague qui déferle en écumant, notre baleinière file comme une flèche et vient enfoncer son avant dans le sable à quelques mètres de la plage.

Nos Marquisiens sautent vivement à l'eau, soulèvent à bras l’embarcation et déposent sur le rivage contenant et contenu.

Le fils de la vieille reine Vackau nous attend; il nous a préparé un repas avant notre départ pour la cascade d'Acahui que nous venons visiter.

C’est un homme d'environ quarante ans, de haute taille, à la démarche un peu gauche, à la physionomie un peu inquiète, mails non sans

expression et sans intelligence.

Grand mangeur d’opium et non ennemi de la dive bouteille, il est, au demeurant, bon prince et tout à la disposition de qui a besoin de ses services.

I! parle assez correctement le français et est toujours strictement vêtu à l’européenne, ce qui n'empêche pas qu'il soit, comme ses sujets, complètement tatoué, à l'exception des mains et du visage.

Notre hôte nous conduisit à sa demeure, où le repas avait été servi par les soins de sa femme. Celle-ci, d’une dizaine d'années moins âgée que son mari, est d’une taille au-dessus de la moyenne et aussi d'un embonpoint peu commun parmi ses congénères. Avec un masque impassible et empâté pour visage, la petite pipe traditionnelle des Marquises à la main ou aux lèvres, elle a toujours l’air béatement plongée dans une profonde rêverie.

Par moments, à quelque plaisanterie, un gros rire ébranle toute cette masse gélatineuse qui ballotte et dont les oscillations s'arrêtent

ensuite peu à peu.

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