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LA RIXE

A HOM AMI B. FALLEX.

Sur le pont d'un vaisseau, pour une bagatelle,

Deux matelots anglais se prirent de querelle.

On fit cercle : aussitôt ces robustes jouteurs.

Demi-nus, et pareils aux antiques lutteurs,

Sur leurs puissants jarrets brusquement s*affermîssent,

Se mesurent de Tœil, s'embrassent et s'unissent,

104 LA RIXK.

Et tous deux, confondus, l'un à l'autre enlacés

Ne forment plus qu'un corps, — vainqueurs ou terrass(^s.

D'abord ce n'est qu'un jeu dont la troupe s'amuse :

On applaudît la force, on admire la ruse;

Mais bientôt la colère aveugle les rivaux;

L'ivresse du combat monte à leurs lourds cerveaux

Où le gin a porté la vapeur qui les trouble.

On veut les séparer : leur furie en redouble;

C'est à qui frappera ces coups insidieux

Oui font jaillir le sang de la bouche et des yeux.

Insensés, rugissants, ils écument. se tordent,

Des ongles et des dents se saignent et se mordent :

Des lions au désert, pour un nègre abattu,

D'un plus terrible effort n*ont jamais combattu.

La lutte ainsi durait depuis quelques minutes;

Ils roulaient, se levaient, tout meurtris de leurs chutes.

Quand un coup plus hkbîle et prévu dès longtemps

Atteîirnît à la tempe un des deux combattants.

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