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TURC

A Decamps le village, la ferme, la cour et la bassecour, le fumier, la masure et la loque, l'écurie, Fauge, la bauge et le chenil!

A Decamps la chasse, la perdrix au blé, le canard au marais, la quête et l'arrêt! A Decamps le chien! chiens de plaine, chiens de bois, et les bassets tors!

A Decamps, le singe, la comédie simiesque! et macaques et guenons, une ménagerie de grimaces.

A Decamps, le choc des peuples et des hordes ! les harnachements sauvages, les catapultes grossières, les chars barbares, le carnage de la guerre en enfance; les cirques bornés par l'accumulation des montagnes, le sang qui brunit le terrain de cuivre et monte voiler le firmament de la pourpre de ses fumées! A Decamps, trois armées qui se broient, deux mondes qui se dévorent! A Decamps, la Panique poussant dans le ravin la défaite trépidante! A Decamps, les roulées d'hommes, de chevaux et de bœufs, emportant, dans le flot de leur terreur, le désespoir des femmes!

A Decamps, la Bible! les pierres énormes semées sur la terre pour le sommeil des Jacob! A Decamps, les peupliers et les amandiers maigres des montagnes de Galaad, les citernes économes auprès desquelles s'aplatissent les chameaux ismaélites chargés d'aromates ! A Decamps, le troc des Joseph

DECAMPS

contre vingt pièces d'argent! A Decamps les cavernes profondes oii Israël fuyait Madian ; les roches d'Élam, où le douzième juge reposait sa force! A Decamps, les travaux du Nazaréen, la mâchoire du poulain d'ânesse, les mille hommes tués de Lechi, et Dalila, et le temple du Dieu-Dragon qui croule !

A Decamps, les mers bleuissantes ourlées de lumière; les campagnes embrasées, craquantes et dartreuses! A Decamps, le paradis torride, fleuri, emperlé, éblouissant, l'Éden incendié! A Decamps, l'Orient!

A Decamps, le soleil!

POÉSIES EN PROSE

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