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Opéra de Donizetti

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les loges du cinquième, l'on soupe et l'on joue aux cartes), distraits, engourdis, enrhumés, viennent là non comme des artistes, mais comme des gens payés à 1 heure, pour faire de la musique. Aussi, malgré l'exagération de geste et d'accent imposée par le goût italien, rien n'est glacial comme ces représentations; de nuances, pas question; d'eÔets d'ensemble, pas davantage; chacun des acteurs ne pense qu'à soi, sans s'inquiéter de son voisin. A quoi bon d'ailleurs se donner de la peine pour un public qui n'écoute point ? La prima donna, dans la cavatine à la mode, a seule quelques chances de succès. Trios, quintetti, chœurs, finales, tout semble exécuté par des somnambules, et l'on peut dire avec vérité que les acteurs chantent à la fois, mais non pas qu'ils chantent ensemble. Pourtant, de peur que l'émotion ne soit trop forte, et afin de donner le temps aux imaginations trop excitées par l'intérêt dramatique de se calmer, il est d'usage, le premier acte fini, de représenter le ballet et de n'achever l'opéra qu'après les pirouettes. Le sujet du ballet que je vis était la Mort de Virginie. Des évolutions de chevaux, dans le style de Franconi, devaient nous transporter en esprit aux fêtes consulaires; une pantomime exactement astreinte aux temps de la mesure, des gestes carrés, précis, anguleux, nous apprenaient le rapt de la jeune Romaine; quelques entrechats admirables du danseur Brettin nous disaient le reste.

Et le tout a fini par un coup de poignard,

LETTRES d'un BACHELIER ES MUSIQUE l63

après lequel nous sommes allés prendre dessorbetti au jardin du Cava.

Je ne reste point à Milan : la chaleur y est encore

trop accablante; nous allons chercher un abri plus

frais sur les bords du lac de Como. A mon retour

seulement, je vous parlerai avec détail de l'état de

l'art dans la capitale de l'Italie musicale. Bon

nombre de gens à ma place ne se feraient pas faute

e jugements en dernier ressort et de critiques

éfinitives. Pour moi, je n'ai pas l'esprit aussi

)rompt, et je sens le besoin, avant d'asseoir mon

ugement, de regarder, d'écouter longtemps encore.

Je vous ai dit ma première impression : je ne vous

a donne ni comme juste ni comme fausse, mais

comme mienne. A une autre fois le long discourir.

Aujourd'hui encore un mot d'amitié et le plus

cordial shake hand que vous ayez jamais reçu et

que j'aie jamais donné.

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