A M. LAMBERT MASSART
En vérité, mon ami, c'est un grotesque personnage jue celui de musicien-voyageur. Je n'en connais joint qui fasse une plus piteuse figure, une plus âcheuse contenance, alors qu'il s'en va de contrée n contrée, de ville en ville, de bourgade en bourgade, merveille ambulante au milieu des immuables nerveilles de la nature, célébrité d'un jour passant i l'ombre des grands noms qui ont traversé les iècles ; inutile baladin, troubadour malencontreux, nêlant le son de sa o^uitare au bruit des discordes îiviles, au retentissement des luttes et des déchirenents qui travaillent le monde.
Le peintre qui voyage ne s'engage point dans l'aussi choquants contrastes; il vit indépendant et solitaire; la nature extérieure, qu'il aime, qu'il