La future femme de Robert Schumann
In best verwahrten, deinantartgen Schrein,
Und warf den Schli'issel in das Mcer und staih.
Die Menschlein niiihen sich geschâftig ab,
Umsonst, kein Speerzeug lôst das harle Schloss,
Und seine Zauher sclilafen wie ilir Meister.
Ein Schciferkind, am Strand des Meeres spielend,
Sieht zii der hastig unbcfufnen Jagd,
Sinnvoll gcdanhenlos, u'ie Miidchen sind,
Senkt sie die aeisse7i Finger in die Flut,
Und fasst, und kebt, und hat's. Es ist der Schlùssel!
Auf springt sie, auf, mit Iiœherni Hei'zensschlagen,
Der Schrein blinkt »de aus Augen ihr entgegen.
Der Schlùssel passt, der Deckel fliegt. Die Geister,
Sie steigen auf und senken dienend sich
Der anmutreichen, unschuldsvollen Herrin,
Die sie mit weissen Fingern, spielend, lenkt.
« Un euchauleur, las du monde et de la vie, renferma ses sortilèges dans une cassette de diamant dont il jeta la clef à la mer et mourut.
« Les pauvres humains s'épuisèrent en vaines recherches ; aucun instrument n'ouvrait la forte serrure, et les enchantements dormaient avec leur maître.
« Une enfant des vallées se jouant au bord de la mer, voit ces inquiètes et inutiles poursuites. Rêveuse, insouciante, comme toutes les jeunes filles, elle plonge dans les flots ses doigts de neige, rencontre un objet inconnu, le saisit, le tire hors de loude.... O surprise, sa main tient la clef magique!
« Elle s'élance joyeuse; son cœur palpite plein d'impatients désirs ; la cassette luit pour elle d'un éclat merveilleux; le ressort cède.... Les génies s'élèvent dans l'air, puis s'abaissent respectueusement devant la gracieuse et virginale souveraine, qui les conduit de sa main blanche et les dirige à son gré, en se jouant. »
Je retrouvai au théâtre italien, qui est fort à la mode, la troupe de Milan augmentée de Poggi, dont le talent et les succès n'ont point trompé mon attente. Dans les salons, j'entendis avec un plaisir
LETTRES d'un BACHELIER ES MUSIQUE 289
très vif et souvent une émotion qui allait jusqu'aux larmes, un amateur, le baron de Schonstein, dire les lieder de Schubert. La traduction française ne nous donne qu'une idée bien imparfaite de ce qu'est 1 union de ces poésies presque toutes extrêmement Ijelles, avec la musique de Schubert, le musicien le plus poète qui fut jamais. La langue allemande est admirable dans l'ordre du sentiment; peut-être aussi n'y a-t-il qu'un Allemand qui sache bien comprendre la naïveté et la fantaisie de plusieurs de ces compositions, leur charme capricieux, leur abandon mélancolique. Le baron de Schonstein les déclame avec la science d'un grand artiste, et les chante avec la sensibilité simple d'un amateur qui se laisse aller à ses émotions sans se préoccuper du public. Un des meilleurs souhaits que je puisse vous faire, mon ami, c'est que vous alliez à Vienne, ou qu'il aille à Paris, et que nous ayons alors le bonheur de l'entendre ensemble.
Ne me demandez rien de plus sur Vienne, je ne saurais vous parler ni des hommes que je n'ai vus qu'à la hâte, ni des choses que je n'ai point vues du tout; toujours entouré d'excellents amis qui ne s'occupaient que de moi, toujours obsédé par le bruit de ma propre musique, toujours à la veille ou au lendemain d'un concert, j'y ai vécu d'une façon beaucoup trop excentrique pour avoir le droit d'en dire autre chose, si ce n'est que j'emporte les meilleurs souvenirs de mon séjour et le regret qu'il ait été de si peu de durée.
Adieu encore une fois; voici un post-scriptum plus long que ma lettre; je me hâte de jeter tout ce paquet à la poste, afin de n'être point tenté de vous faire entre parenthèses le récit d'un voyage à Constantinople.