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LA GUERRE ET LES PETITES NATIONS OQ

vaient soutenir la lutte des armes etle travail des populations que dans des conditions absolument défavorables et aux prix des plus terribles difficultés. En outre, le territoire dont ils disposaient étant très étroit, la moindre faute dans la composition des plans d'opérations, la plus petite lacune dans leur exécution, le retard ou le peu de sincérité des secours attendus, risquaient de les livrer, avec ou sans l'armée, aux mains des ennemis.

Cependant, les petits peuples ne pouvaient refuser leur sacrifice. Quelles que soient les critiques qu'on fera demain lorsque tout sera fini et que la lumière du résultat — - qu'en vain les prophètes de la politique cherchent à deviner — éclairera Tinconnu des causes, il était impossible de suivre une autre ligne de conduite. La voie douloureuse, impatiente et pleine d'espoir, qui demandait justice, ne pouvait se faire entendre d'une autre manière. Les brochures de propagande et les discours ne prouvaient plus rien ; seuls les sacrifices suprêmes, quoi qu'il arrivât, étaient susceptibles de faire valoir et triompher les revendications de chaque peuple, par la démonstration éclatante des capacités de chacun. Le sacrifice d'une génération était nécessaire; elle n'avait pas le droit de le refuser.

Et heureuses les petites nations qui se trouvaient en relation directe avec les grandes, qui, pour les aider et les protéger, n'avaient pas besoin

de faire elles-mêmes appel à d'autres! Heureuses celles qui, suivant loyalement des principes adoptés avec la ferme volonté de ne les jamais abandonner, sentirent à leurs côtés des peuples dont la vieille civilisation, la solide organisation matérielle et la santé morale constante permettaient une collaboration loyale, de tous les instants, jusqu'à la réalisation de l'idéal commun! Heureuses les petites nations qui, au moment où sur le sol national il n'y a plus de salut, voient du moins s'ouvrir devant elles les routes de l'exil — même tortueuses et dures comme celles où les Serbes s'engagèrent à travers l'Albanie, — les routes qui mènent vers ces bons, ces sûrs amis, qui savent récompenser les souffrances des faibles mille fois mieux que les peines les moins douloureuses des forts ! Heureux Serbes, heureux Belges, à qui il est permis d'unir leurs derniers et fidèles efforts à la puissance formidable des grandes armées, au sein desquelles des siècles de collaboration intellectuelle, politique et sociale de tous maintinrent ferme et haut l'instinct de l'honneur, que rien ne saurait fléchir et encore moins tuer !

Mais la petite nation qui ne connaît rien de tous ces avantages, qui, sans industrie, sans approvisionnements, sans nourriture, sans routes ouvertes devant elle, ne trouve pas pour s'appuyer le bras sûr d'un ami sincère, mais qui, bien au contraire, ne rencontre dans l'attitude de son allié que menaces pour la lutte qu'elle s'obstine à soutenir, et,

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