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MÉLISSANDRE DE NOVES

TIBURGE GARDANNE Maison de Pétrarque, Ile de Sorgues, à Vaucluse

Château de Saint-Eslôve, octobre 18S2.

Prenez garde, mon illustre ami, vous me faites la couri Seule ici jusqu'à demain, je vous défends toute visite. Cependant je me laisse attendrir sur un point qui touche ma vanité. Je consens, puisque, selon vous, je sais décrire mieux que vous ne savez peindre, à tracer une esquisse du gai

manoir paternel. J'y mets une condition : vous m'enverrez, en retour, deux sonnets de Pétrarque illustrés.

Payez votre compliment ce qu'il vaut^ signé par vous.

Voici mon paysage :

« Entre les rives changeantes, sablonneuses, dévastées, de la Durance et les versants nus des Alpines, s'étend l'une des plaines les pl'i.& riches de notre Provence.

« Oasis dans laquelle se cache le châtelet de Saint-Estève.

« Au milieu des vastes prairies, un canal répand le limon jaune et fertile du fleiwe.

« L'eau chante plus clair, coule plus vite, devient plusl^èrelorsqu^dlle pénètre dans nos vergers, tandis que les oiseaux gazouillent plus lourdement dans les arbres aux ihiits nombreux.

<K Des platanes centenaires entourent le château et retiennent la fraîcheur qui monte des jardins arrosés. »

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