MADAME DE NOVES
Maison de Pétrarque.
Je ne suis point changeant comme la Durance, pourtant mon cœur est dévasté!
Pas un rameau ne me prête son ombre ; ce qui chante en moi ne trouve point de fruits qui le nourrissent. Dans ma course à travers une existence aride, je ne rencon* trerat jamais une oasis...
Vous avez ordonné, madame, à votre serviteur, d'illustrer pour vous des sonnels de Pétrarque et de vous les envoyer. Ils
sont là. Ai-je réussi à traduire les révoltes douloureuses, les langueurs molles, la désespérance attendrie de mon Maître en la souffrance d'aimer?
J'ai dessiné avec émotion les traits de Laure ; me pardonnerez-vous leur ressemblance?
Voici les deux strophes des sonnets que j'ai choisis :
« Quelle nymphe à la fontaine, quelle déesse au bois déroule une tresse d'or si fin, et quelle mortelle possède les vertus assemblées dans son âme? »
Et puis:
« Ne sait point comme amour guérit et tue, qui ne sait comme doucement Laure soupire, comme doucement elle parle et doucement elle rit. »