ACTE PREMIER U
TONIO (avec douceur).
Ta voix s'est fait entendre, Vers moi le ciel a paru descendre !.» ,
NEDDA (riant avec mépris).
Ah ! ah ! de la poésie ! . . .
TONIO
Ne raille pas...
NEDDA.
Va, l'on doit t'attendre.
TONIO
Je suis, je le sais, un être difforme ! Objet de dégoût De mépris et d'horreur!
Pourtant .dans mon âme s'éveille Un doux rêve qui trouble mon cœur !* Et lorsqu'inhumaine, Tu passes hautaine, Riant de ma peine,
Sais-tu ma douleur?...
Ah ! malgré moi-même, Dans la lutte extrême
L'amour est vainqueur !
Laisse-moi, laisse-moi Te dire...
NEDDA (l'interrompant et se moquant de lui).
Je t'aime !
Ce soir tu pourras à loisir, Là-haut sur la scène !..,
TONIO
Nedda !
NEDDA,
Oui, ce soir, me peindre ta flamme.
TONIO
Ah ! ne raille donc pas l
NEDDA.
A ce soir.
TONIO
Vois-tu mes angoisses Et vois-tu mes larmes, Ne ris donc pas!... Prends gardai
NEDDA .
Là-haut sur la scène.,*