TROIS
R Maintenant, nous le répétons avec une nouvelle énergie, nous voulons la Pologne libre ; nous voulons la Pologne satisfaite dans ses droits et dans ses vœux; loutcs nos sympathies sont pour ce peuple de héros et de martyrs; toutes nos convictions sont contre la Russie, contre ses actes, contre ses violences. Mais précisément parce que nous désirons le triomphe de cette noble cause, nous ne voulons pas qu'on la compromette par les impatiences de la révolution, ni par des témérités qui, en isolant et en exposant la France, exposeraient au lieu de les servir les intérêts de la Pologne.
» La guerre ! nous ne la repoussons pas; mais il n*y a qu'une situation dans laquelle elle est possible :
» C'est que les puissances qui ont uni leurs efforts pour la paix unissent leurs drapeaux pour la lutte.
» La France, qui a été la plus vaillante dans l'action diplomatique, serait aussi et certainement la plus résolue dans l'action effective.
» Mais elle ne peut pas , elle ne doit pas se séparer de ses alliés. Nous sommes trois, nous ne voulons pas être un. La guerre à trois pour un intérêt commun, ce serait peut-être un devoir et une conclusion logique de l'échec des négociations communes.
» La guerre isolée, dans an intérêt qui n'est pas plus spécialement français qu'il n'est anglais ou autrichien, ne serait qu'une naaoÏQCE roui. »
La France déclare qu'elle veut la Pologue satisfaite dans ses vœux et dans ses droits. La Pologne ainsi satisfaite, c'est la Pologne de 1772 : donc l'Autriche, l'un des trois termes indispensables de la trinité martiale, entrerait en guerre contre elle-même, à moins qu'elle ne commence par renoncer à la possession de la Gallicie et à l'incorporation de Cracovie.
Et cela fait, à quel titre l'Autriche continuerait-elle de garder la Yénétie, qui n'a pas moins de droits que la Lombardie à être délivrée de la domination autrichienne, de la domination étrangère? La Fronce déclare que ce que veulent la Patrie, le Journal dei Débats, le Siècle et Y Opinion naihnale serait une hèroIûue folie ; mais ce qu'elle veut est aussi une folie, moins le mot héroïque.
La GUERRE A UN Serait ime témérité, mais la guerre a trois est une chimère.