‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 122 sur 122 · LES QUESTIONS DE L'AN D'AJOURNEMENT · texte numérisé non relu

LES QUESTIONS DE L'AN D'AJOURNEMENT

été accueiUie, comme elle eût dû l'être, avec empressement par l'Europe tout entière, peut-être T Algérie, tombant exemplairement des mains de la France, eût-elle puissamment contribué à résoudre d'autres questions qui paraissent insolubles, mais qui ne le sont pas !

Maintenant parlons de la question de liberté!

S'adressant le 25 janvier 1863 à la France représentée par ses glorieux exposants, et leur montrant de l'autre côté du détroit la liberté, l'empereur Napoléon III leur en faisait Péloge en ces'termes :

a Vous avez dû être frappes en Angleterre de cette liberté sans restriction laissée à la manifestation -de toutes les opinions comme an développement de tous lea intérêts. Voilà à quelles eonditions existent en Angleterre cette merveilleuse activité, cette indépendance absolue... La France y parvieudra aussi le jour où nous aurons consolidé les bases indispensables à l'établissement d'une entière liberté. Travaillons donc de fous nos elTorts I imiter de si profitables exemples !••. »

Répondant à cet appel de Tempereur, la dernière législature faisait de la liberté le dernier mot de son adressé, elle écrivait :

« Alliance de votre dynastie et de la liberté. »

Par quelles traces, en 1863, la liberté a-t-elle marqué un progrès ?

Nous voyons bien que la minorité législative a grandi en talent plus qu'elle n'a grossi en nombre; mais nous ne voyons pas que le gouvernement, s*exprimant le 15 décembre 1863 par la voix de M. Rouher, ministre d'État, en réponse au très-remarquable discours de M. de la Guéronnière, soit disposé à faire pour la libei-té politique ce qu'im jour, tout à coup, il a fait pour la liberté commerciale.

On parle si souvent de transition, que nous -même, avouons-le,. nous nous étions laissé prendre au mot; un instant nous avions cru que M. Rouher, modifié au contact de H. Gobden, serait la transition politique entre la liberté anglaise et la prohibition française.

Cette illusion, nous ne Tavons plus, et, cependant, la liberté telle que nous la demandons, c*est la liberté qui aboutit à l'irresponsabilité des gouvernements, c'est-à-dire à leur stabilité.

La liberté est à la paix ce que la gloire est à la guerre.

Qu'est-ce que la guerre sans la gloire? — C'est raffaiblissement matériel.

Qu'est-ce que la paix sans la liberté ?-— C'est l'affaiblissement moral.

Conseiller à un gouvernement la paix sans lui conseiller en même temps la liberté, ce serait le pousser aveuglément, ou sciemment, ou perfidement à sa perte. Aussi ne séparonsnous jamais dans nos méditations ces deux mots : paix, liberté.

Dans ces deux mots, pour qui les a étudiés, pour qui sait les comprendre, il y a la solution de toutes les questions.

L'an d'ajournement 1863 n'a pas réussi à l'y trouver... Puisse l'an de Congrès 1864 être plus heureux!

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