QUESTIONS TOUJOURS, SOLUTIONS JAMAIS
aurait dû commencer? A Athènes, n'est-ce pas le vote populaire qui rature un protocole diplomatique? Qu'importe le choix qui sera fait! Ce qui importe, c'est qu'il se Tasse librement. Les princes passent, les principes restent. A Rome, u'est-ce pas la logique qui , s'élevant au-dessus de toutes les prétendues solutions proposées jusqu'à ce jour, condamne souverainement, dans le même arrêt, et l'évacuation de Rome par nos troupes au nom de l'expédition de 1849, et l'occupation de Rome par nos troupes au nom de l'expédition de 1859 ? Si le gouvernement français, sans se contredire, ne peut ni demeurer ni évacuer, qu'a-t-il à faire ? Il y a dix ans, il a fait entendre cette parole que l'histoire a enregistrée : c Je suis sorti de la légalité pour rentrer dans le droit. » Ce qu'il a fait en 1852 à l'intérieur, qu'il le fasse en 1862 à l'extérieur : qu'il sorte de l'expt'dient pour rentrer dans le principe. Qu'il fasse non plus un coup d'État, mais un coup de raison ! SeiTé entre deux inconséquences aussi étroitement qu'entre les deux branches d'un étau dont la vis se referme, qu'il les brise l'une par l'autre et qu'il s'en délivre ainsi! Ce n'est point pour raser le pré, comme l'oie effarouchée, que l'aigle a des ailes; c'est pour s'élever au-dessus des obstacles les plus hauts, c'est pour planer. Qu'il plane! Dès qu'il aura atteint une certaine hauteur, il ne sera plus étonné que d'une chose : ce sera seulement de la petitesse des difficultés qui ont trop longtemps arrêté son essor. Tout ce que l'Empire a spontanément et résolument tenté de hardi l'a grandi et lui a réussi. Toujours le succès a été en raison non de la réflexion qui l'a retenu, mais de l'inspiration qui l'a poussé. A chaque gouvernement sa loi. Délibérer beaucoup, agir peu, n'oser rien, est la loi des gouvernements de discussion. Agir beaucoup, délibérer peu, oser tout, est la loi des gouvernements d'action. Un gouvernement de discussion qui se conduirait comme un gouvernement d'action se compromettrait certainement ; un gouvernement d'action qui se conduirait comme un gouvernement de discussion se discréditerait immanquablement. Chacun de ces deux modes
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de gouvernement a ses avaatages et ses inconv^iients, i|ai peuvent tenir entre eux la balance indécise. Le gouvernement de l'empereur Napoléon III est vn gouvernement d'action* Qu'il soit donc le mouvement démontré par le mouvement! Qu'il soit là solution successive de touies les 4|uestions simultanées, l'une aidant l'autre! Qu'il soit enfln le règne des solutions si impatiemment attendu, succédant au règne des questions infiniment trop prolongé!
LA QUESTION ITAIIEME
Là OAlISSION DS M. ftATTAZZI
é déoemlireJ S62.
QadiSKceaRiiraartM. lattaEâ? Cestoe^pae seéenaident tous ies jonruau», Nous x'vrom aucun goÉEt pour ia potttiqne 4e oonjectines, et »ras n'^ouvom aoctm besim d'aller am-de^md du fait aocompIL Si nous frÈtiaas TopeâSt à ce que nous enlaaàow^j nous Tépéterions que H. itattan se s'est retiré qw xpour veattrer :& la tâte d'an cAkiatiMKimm, fi«6 «près »iaîr laissé tontes les antres conMnaiscu sninisl^ridles s'essayer ^ démantr^lenr faiblesse pan* lenr ayortemeoL Si naos consoUicNas ta logique des situaftiess, jimis dirioDS qne le seol sooonseur de M« Sattacn, natureliement îndiqné par la force des choses, >est 3L de San Maitino, qui^ pro^^iwé l'année dernière à pareille épo«pe par M. Bkasoli fMnr le remplacer, osa -fomanler et ^préseaUcr le prognmme snitant : c Noos devons non faire petits pomr » lions &ire forts, renonoer pour qnilque temps à nons B renaner et à &lb% du fcraîft, et adopter la anarche leste, » praéenle «et ofrre que suivit le Piémont en 1849, apràB 3 mojBJPt. CSonséqueBimeiit, abandon immédiat dn sifalènie M d'aimemeoit natinnai de iterre ei de mer; liœncaiflBt » des fardes nationales mobilisées*; stricte économie du» » les finances : tout cela pour trois ans. Renonciation à > l'aide, et à l'appui du parti araiioé ; appel «msk imnoesiles
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» plus conseryateurs (1). » M. de San Martino est rbomme qui» après 1849, a réorganisé le Piémont au point de vue de Tordre intérieur et de la sûreté publique. ,
Le plus pressé pour l'Italie, c'est une bonne organisation. Que le gouvernement de l'Italie provisoire ne tombe pas, en 1862, dans la faute qui a perdu, en 1848, le gouvernement provisoire de la France ! Ce qui était urgent à décider, on l'ajournait jusqu'après la convocation de l'Assemblée constituante ; à son tour, l'Assemblée constituante ajourna ce qui était urgent à faire jusqu'après le vote de la Constitution; après ce vote, remise nouvelle jusqu'après l'élection du président de la république. Que le gouvernement italien n'ajourne pas jusqu'à ce qu'il siège à Rome les mesures à prendre pour mettre en équilibre son budget des dépenses avec son budget des recettes, car l'heure d'un nouvel emprunt aura sonné à Turin avant que l'armée française ait évacué Ronje. Ce ne sera point par le recrutement, le déficit et l'impôt que se fera l'unité italienne ; ce sera par les travaux publics, sous toutes les formes, les chemins de fer dans tous les sens, l'économie et l'emprunt. On ne prête à bon marché qu'aux riches. Être riche pour emprunter et emprunter pour être plus riche : telle est, en matière de crédit, la théorie d'accord avec le fait.
M. Rattazzi, en donnant sa démission de premier ministre, a déclaré que le gouvernement n'était possible qu'avec l'appui d'une forte majorité. C'est avec peine que nous entendons ceux qui se donnent le nom d'hommes d'État débiter toujours et partout avec le même succès les mêmes lieux communs, sans tenir aucun compte de Texpérience qui les a souverainement usés et condamnés. Si l'Italie ne peut se constituer qu'à la condition d'avoir Rome pour capitale, que le ministère italien ait cent voix de majorité ou qu'il n'ait qu'une seule voix, quelle influence cela exercera-t-il sur les résolutions de la France, si elle ne croit pas qu'elle doive
(1) OitUmm Mfjomi^, n* du S8 d^embre 1861.
évacuer la ville où elle est entrée en 18i9 par un siège ? Quel pas. cela fera-t-il faire à la solution de la question de la puissance papale? Cent voix de majorité et un trésor vide mettront-ils Farmée italienne en état de soutenir une guerre à la fois contre la France et rAutriche? Ce qui fait la force d*an gouvernement aux prises avec des difficultés sérieuses, ce n'est pas le chiffre de la majorité du Parlement, c*est la supériorité du ministre placé à la tète du conseil. M. Guizot avait cent voix de majorité quand il a perdu le pouvoir; Casimir Perler n'avait qu'une voix de majorité quand il Ta pris, et il l'a gardé jusqu'à sa mort.