ET
LA aOESTION D£ L*UIK1TÉ ITALIENNE
• Les Uitt ont m» logtqae inexonble. •
t/EMPCKBOIl NaPOLBOH HI AO F^PS PiS IX.
(31 décembre 1859.)
5 décembre 1862.
Écoutez les Italiens, écoutfez le comte de fiavour, ce grand ministre mort à la peine prématurément; écoutez son successeur, le baron Ricasoli; écoutez le successeur de son successeur, M. Rattazzi, qui n*aura été ministre que juste le temps de faire tirer sur ses propres troupes; tous, hormis le comte de San Martino, sont unanimes à déclarer que l'Italie ne saurait se constituer si elle n'a Rome pour capitale, pour siège de son gouvernement, pour siège de son Parlement. Cette opinion a pour échos et pour soutiens en France, dans le Sénat, un puissant orateur, le prince Napoléon, qui a exposé à la tribune comment il comprendrait le partage de la ville de Rome entre le chef de la catholicité et le chef de l'Italie; au Corps législatif, les rares représentants de l'opposition démocratique; dans les conseils de l'empereur, la moitié des ministres, et dans cette moitié, le plus éloquent d'entre eux, M. Rouher; dans la presse parisienne, le Journal des Débats, le Siècle, YOpiniati nationale, le Temps, la Presse. On peut ajouter, sans crainte de rien exagérer, que cette opinion a pour elle au moins la moitié de la France, et si l'on allait aux voix, peut-être même rallierait-elle au scrutin une majorité considérable !
Écootei le deiigé français, à pes d*«eep(ion8 près; éeou* tes 1m presque imiiiriititté du Sénat; écoutez rimmense majo* rite du Corps législatif; écoulez cinq ministres sur dix; èooalez dix penonaes sur Tiâgt dissertant, à Paris, dans les salons; éeoutez (rente mendires sur quarante de F Académie firançaise, devenue FhMel des Invalides de la politique : vous leur entendrez dire que donner à Tltalie Rome pour c^itale , ce serait Mer à la papauté la puissance temporelle ; et que Fen dépotriDer, ce serait la chute de la puissance spiritneSe... Cette opinion a pour échos et pour soutiens, dans ht presse parisienne, le ÈÊomde, VUnkm, la GauiU de France et laFVwue.
Le ComHMkmnel et le Pay$ attendent, pour avoir une opînioa appréciable, que le ManHewr unwenel, qui est encore à l'état de sphinx, se soit clairement exprimé. Ceci n'est pas mi bUme, c'est un fait.
S'il est une question douteuse , où le pour et le contre se balancent, c'est donc la question connexe de Tunité ita- Senne et de la pmssance papale.
Ainsi s'expliquent les irrésolutions de Tempereur, remplaçant, il y a peu de mois, à Rome, M. le duc de Gramont par M. le marquis de la Valette, rappelant M. le général de Goyon, puis remplaçant aux affaires étrangères M. Thou* venel par M. Drouyn de Lbuys, et à ^ome M. le marquis de la Valette par M. le prince de la Tour d'Auvergne.
Mais les irrésolutions, si longues qu'elles soient, n'ont jamais qu'un temps, et Toccupation de Rome par nos troupes ne saurait durer indéfiniment. T6t ou tard^ il faudra que cesse cette occupation. Même indéfinie, Foccupation ne serait pas une solution , car la puissance temporelle du pape n'est qu'un mot s'il ne peut l'exercer et la conserver qu'en s'appuyant sur des baïonnettes étrangères.
E^-il acquis à la discussion que si nos troupes, qui ont ramené en 1849 le pape de Gafite à Rome, se retiraient, le pape n'aurait que le temps de s'enfuir de nouveau? — Oui^ car notre occupation ne se justifie que par cette extraite.
4S ISOf»
De quelque façon qu'où la qualifie, cette extrémité n'est niée par personne, ni par ceux qui attaquent Toccupation, ni par ceux qui la défendent.
Subordonnant, immolant même la question de l'unité it,alienne à la question de la puissance papale, est-ce avee fondement, est-ce avec une probabilité, si faible qu'elle soit, qu'on peut espérer de rétablir l'accord dans les Ëtats romains entre le souverain et son peuple? — Non, car toutes les tentatives, depuis 1849, pour obtenir du gouvernement romain des réformes, ont été infructueuses. Moins que personne, le prédécesseur et le successeur de M. Tbou* venel, M. Drouyn de Lhuys, peut s'abuser à cet égard, car s'il n'a pas réussi à arracher au souverain détrôné, au souverain réfugié à Gaête la plus minime promesse, la plus légère espérance , il ne réussira pas mieux près de ce souverain ramené à Rome et rétabli sur son trône. Nous devons le dire, le refus, refus invincible, de Pie IX, avant son retour à Rome, de céder aux instances dont il fut l'objet de la part de MM. d'Harcourt et de Rayneval, est un trait qui honore son caractère. Ne voulant pas tenir, il n*a rien voulu promettre. S'il n'a rien donné, il n'a rien promis. Nul autre souverain détrôné ne se fût peut-être conduit ainsi. Ce que d'autres nommeront opiniâtreté, nous le nommerons conscience. Quel nom plus juste donné à l'opiniâtreté, quand une conviction et un intérêt étant en lutte, l'intérêt s'immole à la conviction? Le refus invincible de Pie IX, réfugié à Gaëte, est indéniable, car il est longuement consigné en ces termes dans la défiêche du 9 mai 1849, adressée à MM. d'Harcouil et de Rayneval par M. Drouyn de Lhuys, aloi*s, comme aujourd'hui, ministre des affaires étrangères :
a On D*a pu obtenir du stint-père aucun manifeste, aucune déclaration, aucfOM parole, Mâait veibau, qui rassurent cette portion nombreuse de la population romaine dont la modération, tout en détestant le régime de l'anarchie , redoute presque également le retour de celui qui a marqué d*un si triste caractère le règne de Grégoire XYI, de ce régime qui, à la mort de ce pontife, avait rendu
on cbaBgnnent de tystème «bfolunent ioéTÎtable, et qui, en provoquant une réaction yioienle , a bien aiitremenl contribué aui malheurs de ces derniers temps que n'a pu le faire la précipitation de quelques réformes accomplies peut-être avec trop peu de réfleiion... Ce qui nont afflige plus profondément encore que les défiances qu'on persiste k nous témoigner à Gaëie , et dont le temps aura bientôt (ait justice, c'est la nature des influences qui prévalent évidemment dans les conseils du saint-siége. A mesure qu'on semble approcher du dénoùment, on voit se dessiner avec plus de netteté de dangereuses propensions qui y d'abord, se déguisaient sons des prétextes 'plus ou moins spécieux. Pour se refuser à toute déclaration préalable des intentions du saint-père, ses conseillers parlent de l'inconvénient de loi lier d'avance les mains. Cette objection pourrait avoir quelque valeur s'il s'agissait de poset en détail les bases d'un régime nouveau ; Moif iorêfue nous demandons seulement qu'on indique la voie dans laquelle on se propose de marcher après le rétablissemenl de VautonU du saint-siège , comment comprendre qu'on persiste à se renfermer dans un silence absolu, à moii>s qu'on n'ait la pensée secrète de revenir purement et simplement k tous les abus de l'ancien régime? Le respect que nous avons pour le saint-siége ne nous permet pas d*admettre que les institutions qu'il avait données à sou peuple aient été complètement annulées par le fait des déplorables événements dont Rome a été le théâtre depuis le mois de novembre dernier. La pensée que le régime antérieur à 1846 se relèverait à Rome n'eut jamais entrée dans nos prévisions ni dans nos calculs. »
Il faut être juste : Pie IX à Gaéte n'ayant rien promis, et le siège, la prise de Rome par nos troupes ayant eu lieu néanmoins, la France est sans titre pour rien exiger. Mais ce serait raisonner incomplètement et faussement que de ne pas admettre toutes les hypothèses, quand on raisonne uniquement pour découvrir le vrai. Nous admettons donc qu'au lieu de refuser les réformes qui lui étaient, qui lui sont encore demandées par M. Drouyn de Lhuys, Pie IX les ait octroyées à son peuple. Ces réformes n'émanent pas dé l'initiative du souverain, ces réformes lui ayant été dictées, son peuple lui en eût-il su gré et tenu compte? N'en eût-il pas toujours suspecté la sincérité et mis en doute la durée? Nous admettons que le soupçon n'eût pas été fondé ; nous admettons que Pie XI cédant eût été aussi sincère que Pie IX résistant : eût^il trouvé les hommes nécessaires à tous les degrés pour accomplir les réformes qu'il eût décrétées?
Partûul, iHème à Tnm, les homiMS capables, ks hommes à Fa fois pradcnts et entreprenants sont rares. A quoi a servi, à quoi a abouti r intervention, en 1823, de la France en Espagne, quoique cette intervention ail eu pour eatk^ seîller et pour défenseur un. homme iRostre, Gbateavh briandf Que le pape accorde enfin les réformes que la France lui demande ou qu'il persiste à les refuser, la ques^ tîon âeaie«re absolument la même; ear si le pape les accorde, ce sera une raison nouvelle ponr que la France lui continue Fassistance de ses baïonnettes. Quelle que soît celle des hypothèses qu'cm admette», au fond de toutes, on le Toit, reste tovfours l'oecmpatîon de Rome par une armée étrangère.
Plus cette occupation de Rome par une armée éti*angète se prolongera, et plus fl deviendra diffieik qu'elle cesse, car les griefs du peuple romain contre son souverain ne feront que s*en accroître.
Ce que nos troupes gardent à Rome, ce n'est plus un trône, c'est un tombeau.
Le pouvoir temporel du pape n'existe plus.
Et lorsque naos nous servons de cette expression de c pouvoir temporel du pape » , nous soBunes loin de lui accorder persomellanoit rim|KHtaDce qu'on kù donne 0fcnénlemenL
C'est à nos yeux le très-petit cMé de la qoestîon ronMîne.
En réalité, qu'est-ce que le pouvoir temporel du pape? C'est le droit de gouverner un peu plut ou un peu moins mal tes 692J0OO habitants dont se composent les États romains (i ). Pmmoir itmp&rel ne signifie donc rien de plus que paumâf hemi. Le grand edté de la question, c'est le dMé qu'on délaissfs,. c'est le côté auquel on a donné le nom de
(1) ÉYATft MMâJJIft :
Population avec Ict aDcieimta frontière* . . 3» 124*668
A retrancher : Pbp:irat*on Je rÉmilie, des Marches et de TOmbrie, nonéa an BiTanM drUaéit 3^2^68
a«tfe. 699,996
tpiïïHmL Hooie D*iiitéreMe la IVaiiee que par ee
dernier côté. S'il n'existait pas, la France ne songeraîl ni à protéger le sod^crain ronMÔa contre son people, ni le pen^e romain contre se» souverain. SUe n'inÉer^iendrait pas depuis treize ans^ comme elle le fût^ pour arracher des réfonaes ipi'elle n*n ancon étoit d*eiiger et auenn isiérèl à obtenir. La France n'intervient dans les Ëlats romains qae parce que le p^>e,. dans nne certaîoe mesure, est soufcrain ckez eBe. Si l'empereur a une armée qm occvpe RcHne, le p^>e a,, à son toar» une aimée qui oceopt la France : ee sont les évèques et leurs cnrès. L'empefeu a-t-il iniérèt à partager ain« sa sempciainelé avec le pq^e! Nous arcBS cherché Tainement qnel pooraît être cet intérêt. Noos le dédarons» nous ne l'arons pas trouvé , à moins qae ce ne soit pour mériter le titre de Fila atné de TÉgtise. Si l'empereur des Français tient k mériter ce titre» alo» noas ne CMBprenons pas qu'il ait toléré qse le Piémont enlevât aa pape r£milie, les Marches et l'Ondirie.
n est irai que nons ne comprenons pas de situation interanêdiaiie entre le cathoMqne sounns et le libre penseur.
Nous soanmes caflbolique de naissance ; si nous l'étions aussi de cnq^ance, novs obéirions scrupideasement à tons les cemnaandements de l'Église, nous prieriaas Bien le matin ^ le soir, nous nous confesserions,, nous comnmnierioais , el nous demanderions humblement, si on voulait. nous l'ae* corèer, mie place dans la rédaction du journal d'où M. Veuillot a dû disparaître, et où il est probable qu'il serait encore s'il tti resté fidèle à la liberté de la jmsse dont notis nous sourenoDS qu'il fat a?€C noos l'un des plus énsfgiqigs défenseurs, du 24 féirrier au 10 (i^embre 1848L
Le pape ayant la convictiott, comme il l'a, que tontes les réformes qu'il accorderait affaibliraient son autorité temrporelle, nécessaire, intispcnsaUe, selon loi, à hi consermfiott et à rexerdce de son autorité spirituette, nous ne nous expliquons pas qu'un catholique veuille en remontrear à aM pape, ee cathoEqne s'appclàt-il IL Dnm]^n de Lbuys
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et fût-il ministre des affaires étrangères d'une grande puissance.
Un catholique sincère prouve sa foi par sa soumission.
Un catholique , se glorifiant de ce nom , qui a la prétention de mieux connaître les intérêts de TÉglise que le pape, qui, au lieu de s'incliner sous sa parole, la contredit, la combat, la condamne, la met à Tindcx politique, la qualifie d'erreur, est un autre pape , moins l'élection du conclave. Entre ces deux papes, qui sera juge? Que devient alors la hiérarchie? Si la foi cesse d*étre l'humilité et se change en présomption, si la foi lève les yeux au lieu de fléchir les genoux, si la foi agit comme l'incrédulité, qu'est-ce que la foi?
Que le gouvernement anglais et que le gouvernement prussien qualifient d'entêtement la résistance du pape, nous le comprenons parfaitement; ils ne voient en lui exclusivement que le souverain temporel , que le chef d'un petit État en opposition avec l'immense majorité de son imperceptible population ; mais que le gouvernement français et que le gouvernement autrichien aient la prétention d'imposer leur volonté au pape et de vaincre sa résistance, nous ne le comprenons pas, nous ne saurions le comprendre, car ce sont deux gouvernements catholiques, tenus conséquemment à donner à leurs peuples l'exemple de la soumission à celui qui est universellement le souverain spirituel.
Nous savons que l'opinion que nous soutenons ici n'est pas celle qui a été soutenue dans la Presse, plus particulièrement en ces dernières années; mais si c'était pour ne rien changer à l'esprit de la rédaction , à quoi servirait d'avoir changé le personnel des rédacteurs? Assurément, ce n'est pas nous qui prétendrons mettre au service des idées que défendait M. Peyrat un plus grand talent que le sien. Il était impossible d'attaquer la puissance papale et le parti clérical avec une vigueur plus soutenue » avec des armes mieux fourbies.
Ce n'est point la foi, encore moins l'hypocrisie, qui nous
interdît de les lui emprunter et de les employer; c*est la logique.
Avant tout» il faut être jusle!
Logiquement, le pape fait ce qu'il a le droit de faire.
Logiquement, le clergé, qualifié de c parti clérical », fait ce qu'il a le devoir de faire.
Us sont conséquents.
Demandez donc à un ministre, à un magistrat, à un préfet, à un général commandant un département, à un chef de corps, quel qu'il soit, d'abandonner volontairement une de ses prérogatives, fût-ce la plus mince! Vous verrez quel accueil sera fait à votre demande et quelle suite lui sera donnée. L'opiniâtreté que met le parti clérical dans la prétention de régner & Rome n'est pas plus grande que la résistance qu'oppose le génie militaire à la démolition du plus petit pan de la fortification la plus inutile, alors même qu'il s'agit d'empêcher une ville d'étouffer dans son' enceinte, alors même qu'il s'agit d'assainir un quartier et d'y diminuer la mortalité.
Les corps les plus différents ont tons et partout le même esprit. Cet esprit se nomme l'esprit de corps. Il est immuable, il est invincible. L'unique moyen de le dissoudre, c'est de dissoudre le corps. L'expérience enseigne qu'il n'y a pas d'autre moyen.
Attaquer le pape, attaquer le parti clérical, les injurier, ne sert qu'à en stimuler les défenseurs et à en grossir le nombre en ralliant les traînards et réchauffant les lièdes. Cest donc aller contre son but. L'injure n'est qu'une forme adoucie de la persécution. Elle agit dcTla même façon.
On le voit , nous cherchons ici à dégager la question de* toutes les passions qui s'y sont associées : passions dites cléricales et passions dites libérales. Nous n'y apportons ni les unes ni les autres. Où sont les idées ne sont jamais les passions. Gelles-14 éteignent toujoui*s celles-ci. Nous cherchons uniquement le vrai : l'avons-nous trouvé?
La logique et la foi, d'accord toutes deux» n'admettent
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qu'un seul moyen de dénouer les nœuds de la question romaine: c*est de procéder par ordre, c'est de commefto^ par le commencement.
La première chose que devrait fsûre le gouvemement français, s'il veut sortir de cette situation doublement fausse qui ne lui permet ni d'occuper Roohi indéfiniineiit ni de l'évacuer, ce serait de revenir à la législation de l'an III, à la séparation radicale de l'Ëtat et de l'^iise. II ne s'agit pas là d'une innovation qui n'a jamais été tentée ; il s'agit d'une application qui a déjà été fai4e et que le succès a pleinement couronnée de 1795 à 1802» c'«st*4«dire pendant sept ans%
Ce qui est plus important et plus urgent que de aéparer à Rome le temporel du spirituel, c'est de séparer, en Franoe, dans la personne du chef de l'État, l'empereur et le catlKK lique. Que l'empereur soit l'empereur^ qu'il agisse comme tel exclusivement et n'intervienne jamais dans les affaires de cultes ; qu'il y reste toujours absolument étranger ! Gatho* lique, s'il est fervent, qu'il se conduise eh catholique pieux: qu'il prie» qu'il entende régulièrement la messe, qu'il se confesse^ qu'il communie; mais que ce soit uniquement pour le compte personnel de sa consdenoe, que ce soit toi^jours comme simple catholique et jamais comme eoipereiir régnant !
Dès qu'il en serait ainsi , la question complexe qui paraissait et qui étâût en effet inextricable, se simplifierait immédiatement et d'elle-même,
L'Élat n'ayant plus rien à démêler avec aucun cuUe, la France n'aurait plus <ie motif peur occuper Home. « Elle cesserait donc de l'occuper.
Le souverain des États romains se réconcilierait avec son peuple ou se retirerait de Rome, comme s'est retiré dernièrement d'Athènes le roi de Grèce* Ce «erait chose qui le regarderait et où la France n'aurait plus àe'inuniscer. Si le souverain des États romains quittait Rome, il ne serait plus souverain^ maia il resterait pontife, il continuerait d'être
chef de la grande communion catholk[ue. n fixerait naturellement sa résidence là où foule liberté lui serait le plus solidement et le plus complètement garantie. Peut-être serait-ce finalement en Italie? Oà il aurait fixé sa résidence, il recevrait la contrilmtion volontaire que ne manqueraient pas, je le suppose, de lui envoyer les catholiques fervents de tous pays. Cette contrâmtion serait selon la foi. Aussi longtemps que la foi serait grande, la contribution serait considéraUé. Ce serait donc au pape et à ses successeurs, ce serait au clergé catholique en tous pays à se bien garder de rien faire qui pût atteindre ou seulement attiédir la foi catholique.
Ce qui précède n'est pas une solution que nous proposons; ce n'est qu'une conséquence que nous tirons de la liberté de conscience plus sincèrement proclamée, de la liberté des cultes plus véritablement pratiquée.
Nous ne proposons pas de séparer Rome en deux parts, de donner la plus grande au roi d'Italie et de laisser la plus petite au chef de la catholicité; nous ne proposons pas de Caire de l'Italie trois Ëtats : un royaume de l'Italie du Nord, un royaume de l'Italie du Sud, dont le chef serait k élire^ et mi Ëtat du pape en équilibre au milieu; nous ne propo^ sons pas de fouler aux pieds le fait accompli et de renier oe que viennent de reccMmattre l'Angleterre, la France, la Prusse, la Russie; nous ne proposons pas de maintenir au pape l'apparence de la souveraineté en lui en enlevant la réalité; nous proposons encore moins de réunir sur la tète de l'empereur des Français le pouvoir pontifical avec le pouvoir politique, comme en Angleterre et comme en Russie : cette dernière proposition serait une inconséquence dans laquelle nous serions honteux de tomber si nous avions combattu, comme dangereuse et caduque, la réunion du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel sur la tète du souverain pontife à Rome. Nous écartons toutes ces prétendues solutions, qui ne seraient que d'inextricables oon^ications.
Nous proposons ce qui a été de 1795 à 1802. Bien de plus.
Nous demandons en 1862 ce que demandait M. de Montalembert en 1830 dans le journal YAvenir.
Qu'on y réfléchisse bien, et l'on reconnaîtra qu'il n'y a que deux conduites à tenir : ou d'agir en libre penseur ou d'agir en catholique soumis, ou de séparer FËglise de l'État ou de subordonner l'État à l'Église, ou d'être la tête d'un peuple ou d'être le bras d'un pape.
Rome évacuée, l'Italie se constituerait selon la forme la plus propre à son plus rapide développement; ce serait chose qui' la regarderait et dont la France n'aurait plus désormais à se mêler.
Le prêtre dit : Hors de l'Église point de salut !
Nous disons : Hors de la Liberté point de solution !
Non, en effet, point de solution hors de la liberté, qu'il s'agisse de l'Église ou de l'État, de la république ou de la monarchie, de la pensée, de la parole ou de la presse, de l'industrie ou du commerce, du commerce des grains ou du commerce du monde.
Quiconque cherchera le salut hors de la liberté, si haut qu'il soit placé, si puissant qu'il se croie, si inébranlable qu'il paraisse, tombera, périra, disparaîtra.
L'Autriche et la papauté en font en ce moment, à leurs dépens, l'éclatante et douloureuse expérience.
La liberté eùt-elle, ce qu'elle n'a pas, des périls, quels périls plus grands eussent assailli l'Autriche et entouré la papauté que les périls sous lesquels ces deux alliées sont près de succomber ?
La société, comme la nature, a ses lois, que des lois positives peuvent condamner, oui; mais supprimer, non. La terre se meut en vertu d'une loi naturelle que la loi positive a condamnée; mais en condamnant cette loi naturelle, qu'a
LA QUESTION ITALIENNE tl
fait la loi positive? Elle s*est vouée au ridicule et au mépris à perpétuité et a fait tomber la religion au-dessous de la science. La liberté est la loi naturelle en vertu de laquelle l'homme se meut dans Forbite de sa raison. La loi i>ositive peut continuer de condamner cette autre loi naturelle; mais, en la condamnant, que fait-elle? Elle se condamne ellemême. La liberté est la loi de Thomme, comme le mouvement est la loi de la terre. Aveugle qui ne le voit pas ! Aveugle est la papauté, qui nie l'une après avoir nié l'autre !
- Ce qui distingue la vérité de l'erreur, c'est que la vérité n'a besoin d'aucunes lois positives qui l'imposent, d'aucunes lois pénales qui la protègent. Elle s'impose d'elle-même par sa seule évidence et suffit à se protéger. Elle ne craint ni l'examen ni la discussion : au contraire, elle y gagne l'éclat d'une lumière plus vive.
Le pape, qui personnifie la foi, douterait-il que la religion dont il est le dépositaire suprême soit la vérité ? Il le semble, car il agit comme si elle était l'erreur : il lui faut des soldats, des geôliers et des bourreaux.
Pourquoi des bourreaux ?
Pourquoi des geôliers ?
Pourquoi des soldats ?
Pourquoi, enfin, tous les attributs de la souveraineté ?
Le pape craindrait-il qu'à son tour on ne le mit en prison t Est-ce que l'emprisonnement de Galilée a empêché la terre de tourner? Est-ce que remprisonuement du pape empêcherait le paradis, le purgatoire et l'enfer d'exister, s'ils existent en effet? Est-ce que toutes les persécutions que la science a souffertes pendant des siècles ne se sont pas lassées plus vite que ses conquêtes ? Est-ce que le martyre nuit à la foi? Il en est l'étincelle comme la controverse en est le souffle. La foi qui ne discute pas est une foi qui s'éteint.
Si la vérité réside dans le pape, il n*a pas besoin de la souveraineté ; cette souveraineté ne lui sert à rien ; il n'en
d besoin que sll est l'erreur, afin d'entourer celle-ci de prestige aux yeux de la foule ignorante et superstitieuse.
Mais que deviendrait la papauté si le pape n'avait plus d'États, ni grands ni petits, sur lesquels il régnât ? Subsisterait-elle ? S'anéantiraî^elle ? Si elle s'aaéantissait, le eatholicisme s'anéantirait-il avec elle ? Le mcHide sans le pape, serait-ce le paganisme , ainsi que l'a affirmé M. Louis Vettillot?(l)
Pdur l'Angleterre, pour une grande partie de l'Allemagne et de la Suisse, pour la Suède, pour l'Amérique du Nord, lM>ur la Grèce et la Russie, la papauté est cdname si elle* n^était pas. Eh bien ! est-ce que le paganisme règne en Angleterre ? Est-ce qu'il règne en Allemagne et en Suisse ? Sat-ce qu'il règne en Suède? Est-ce qu'il règne dans l'Amérique du Nord? Est-ce qu'il règne en Grèce et en Rusaie ? Est-ce que les Anglais tremblent sons le joug de Tibère ? Est-ce que les Américains vivent en proie aux c^rices et aux cruautés de Néron ? Est-ce que les Russes et les Polonais, sous l'empereur schismatiqne Alexandre II» ont moins de liberté que les Autrichiens et les Hongrois sous Temper^ir catholique François-Joseph ? La papauté disparaîtrait donc , que sa chute n'impliquerait nullement le retour du paganisme dans les pays d'où il a été diassé par d'autres croyances et de nouveaux dogmes. Gravement, très-gravement compromises sont les causes qui ne peuvent plus se défendre que par de pareilles exagérations !
Pour que la chute de la papauté impliquAt la chute do catholicisme, il faudrait admettre d'abord que le catholicisme et la papauté sont indivisibles ; il faudrait admettre ensuite que le catholicisme n'est pas impérissable. S'il n'est pas impérissable, il ne serait donc pas étemel, il ne serait donc |)as d'essence divine ! S'il est impérissable et que la papauté ne le soit pas, ils ne sont donc point inséparables ! Sérieusement, est-ce que l'existence du Père tout-puissant
(I) le Pope et laDiphmaHe, pnr M. Leoi» Tewllot , p. &4.
qui 9>t wx ciettx, du Fils coBsubstantîel au Père, de la irieife Marie et du Saint-E^krit, qui prooàde du Père et du Fils, peut dépendre de rexistence d*une institution soumise à la volonté d'un homme T
Eh ! pourquoi donc, dépouillée de toute puissance temporelle, la papauté ne subsisterait-elle pas ? Où sérail Tobstade f Cet obstacle, joie vois, subsiste tant que la liberté n*exlste pas; mais il ne subsiste plus dès que la liberté existe. Que r£tat restitue tout ce qu'il a usurpé; qui) ne soit plus que ce qu'il doit être : la ligue rationnelle de démarcation infranchissable entre la furfiMUfis MMse et la jwiiMfu^ indhidueUa qu'il cesse d'intervenir où il n'a ni qualité ni raison pour le {lire; qu'il ne soit plus qu'une assuranee nationale contre certains risques spécifiés ; qu'il raye de son budget la dépense des cultes ; qu'il laisse chaque communion l'étrlbuer le sien ; que, sur la voie publique ^ceptée, il n*empèehe personne de se réunir, soit pour prier, soit pour prêcher, soit pour enseigner, soit pour discuter; que la parole soit aussi impunément libre que la pensée, la presse aussi libre que la parole» l'enseignement aussi libre que la presse : et la papauté, en tout pays où cette liberté régnera, sera plus indépen* dante et plus en sûreté qu'elle ne f est à Rome I La liberté de réunion étant de droit individuel : où ee droit existera, s'il y a lieu pour élire un pape de convoquer un c(mclave, rien u'empéebera qu'il ne se réunisse; l'il y a lieu même d*assemMer un concile, rien ne s'opposera k ce qu'il s'assan^» Ue. Dwc ce qui est nécessaire à l'indépendance de la papoté, c'est moins le difficile exercice de la souveraineté que la pleine jouissance de la liberté. Nous le répétons, nous ue connaissons à la souveraineté temporelle du pape qu'unç raison de subsister. Cette raison» c'est que la souveraineté imirviduelle manque encore de garanties suffisantes , particulièrement dans les États catholiques. La souveraineté iodividuelle étant ce qu'elle devrait être, ce que, par la nature des choses, elle sera, un peu plus tôt, un peu plus tard, dans les États civilisés, quel besoin le pape aurait-*il de
retenir conTulsivement la souveraineté temporelle qui lui échappe des maitad, puisqu*en vertu de la souveraineté individuelle, rien ne s'opposerait à ce qu'il exerçât, dans sa plénitude, la souveraineté spirituelle ?
Dans cet ordre d'idées, s'il prévalait, où la liberté serait la plus grande et la mieux garantie, ce serait là que la papauté devrait logiquement transporter sa résidence. Si la liberté était plus entière en Italie qu'en France, la papauté y resterait; si, au contraire, la liberté était moins grande en Italie qu'en France, la papauté y reviendrait; si elle était plus complète en Belgique, ce serait en Belgique qu'elle irait, c Où est Pierre, là est l'Église », dit saint Augustin.
A cette solution la plus simple, qui, en même temps qu'elle permettrait à l'Italie de se donner Rome pour capitale, n'empêcherait pas que la papauté ne continuât d'y demeurer, si elle y jouissait d'une liberté égale à celle dont elle jouirait à Washington, quelles objections fondées pour* rait-on faire ?
M. de Gavour a proposé « la papauté libre dans l'Italie libre (1) »; nous proposons la papauté libre dans l'univers libre. Entre l'opinion de M. de Gavour et la nôtre, cette différence n'est pas la seule qui existe. M. de Gavour a proclamé la séparation de l'Église et de l'État ; il l'a proclamée, mais il ne l'a pas accomplie. Cette séparation n'existe réellement que dans les pays où la dépense des cultes est toute volontaire, et ne figure à aucun titre au budget de l'État; cette séparation n'existera en Italie qu'à l'époque où il en sera absolument ainsi, où le prêtre sera payé par le fidèle, comme le médecin est payé par le malade, l'avocat par le plaideur, le journaliste par l'abonné. Est-ce à dire que nous proposons de supprimer d'un jour à l'autre, brusquement, violemment, en Italie, en France, en Belgique et partout ailleurs, le budget des cultes, sans ménager aucune transition, sans tenir aucun compte des faits sous l'empire
(1) La CUit$a libero in libero Stûto.
desquels le prêtre fonctionnaire a voué sa vie, sa jeunesse, sa TieiUesse à Texercice du culte ? Non ; ce qui distingue les réformes des révolutions, c'est que les premières font au temps et à tous les intérêts la part la plus équitable qu'elles peuvent. Alors même que la fln en est excellente, les révolutions sont toujours un détestable moyen de Fatteindre, qui ne se justifie que par Fabsence de tout autre. Le jour où serait adoptée la véritable séparation des pouvoirs, non la séparation factice d\x pouvoir temporel et du pouvoir spirituel, mais la séparation naturelle du pouvoir indivii et du pouvoir individuel: le jour où la ligne de démarcation, indiquée par la nature des choses, serait enfin tracée ineffaçablement entre FÉtat et Findividu, il ne serait que juste et prudent de convertir en rentes viagères, inscrites sur le grand-livre de la dette publique, les traitements actuellement portés au budget de FÉtat et payés à MM. les évêques, curés et desservants. Ces rentes s'éteindraient avec eux. Ceux qui, plus tard, entreraient dans les ordres sauraient, avant d'y entrer, qu'ils n'ont rien à attendre de FÉtat, rien à réclamer du budget, rien à recevoir que ce qui serait volontairement donné au pasteur par le troupeau. Mais interdirez -vous, nous dira-t-on, les legs pieux ? — De quel droit mettrionsnous une restriction à la liberté de tester, qui, comme toute autre liberté, doit demeurer entière? — Mais alors ce serait le rétablissement des biens de mainmorte ! — Non ; car d'abord les biens possédés par le clergé, s'il lui en était légué ou s'il en achetait, payeraient Fimpôt, le même impôt que Fimpôt payé par les biens possédés par les autres citoyens; ensuite, ces biens seraient assujettis à Fexercice du même droit de préemption, lequel serait la garantie que les biens possédés soit par le clergé, soit par toute autre corporation, soit par Fassistance publique, ne pourraient donner lieu à aucun abus nuisible à Faccroissemept de la richesse publique. La préemption serait à la propriété ce que la concurrence est à l'industrie, ce que la supériorité est d^homme à homme exerçant la même profession. Ce serait le droit d'exploi-
talion individualisé et universaUflé pour cause d'utilité publique. Dans le régime de la liberté non limitée par des lois positives, toute liberté a son correctif. Ainâ la liberté de dire a pour correctif la contradiction; la liberté de faire a pour correctif Topinion ; la liberté de posséder, impU* quant la liberté de tester, a pour correctif la préemption. Qu'on cbercbe bien, et Ton trouvera qu'aucune liberté n'étant réglementée, toute liberté porte avec eUe*mème sa limite qu'elle ne peut francliir impunément, ou engendre une autre liberté qui lui sert aussitôt de contres-poids.
La liberté n'est pas la vérité, mais elle est le chemin le plus droit et le plus court qui y mène. Cest donc celui-là qu'il faut suivre, à quelque solution qu'on veuille arriver. Sans la liberté de refuser l'imiiôt destiné au payement do culte qu'on considère comme une imposture, como^e une erreur ou comme un sebisme, que signifient ces mots : La liberté des cultes ?
Donc, la liberté des cultes commence par impliquer la séparation absolue de l'État et de l'Église»
Cette séparation opérée, la question de la papauté se vidarait exclusivement entre catholiques, sans immixtion de l'Ëtat, qui n'aurait plus jamais h se préoccuper ou à se mêler de ce que deviendrait le pape dépouillé de son pouvoir temporel.
La papauté serait ce que serait la foi catholique. Gelle**l& vivrait ce que vivrait ceUe*ci, et par la première on aurait la mesure de la seconde. Sans la foi, qu*est>ce que la papauté f
La séparation absolue de l'Ëglise et de l'État est donc la vraie question, la question fondamentale, la question préjoh dicielle ; la question du maintien ou de la disparition du pouvoir temporel de la papauté n'est qu'accidentelle et secondaire. Cette s^ration a existé en France , sous Tem* pire de la législation de Tan IXI, de 1795 à 1802. L'entière séparation de l'Église et de l'État aurait cet avantage qu'elle convertirait les catholiques en apôtres de la liberté, et qu'elle donnerait à la liberté la foi pour actif auxiliaire. Foi et liberté
LA QUESTION ITALIENNE fi
deviendraient infiéperables. Tontes denx j gagneraient. L'union de TÉglise et de T&at, lorsqne TÉtat ne salarie qu'un seul cuite, c'est presque toujours la persécution érigée en loi pénale; lorsque l'État salarie plusieurs cultes, il fait payer au catholique le culte du protestant, au protestant le culte du catholique, au catholique et au protestant le culte del'israélite, à l'israélite le culte du protestant et celui du catholique : ce n'est pas Fégalitè des cultes, ce n*est pas leur respect; c*est la condamnation de tous les cultes Tun par l'autre. Le vrai nom du budget des Cultes, c'est : budget de l'incrédttlité.
U Union, par la voix de son rédacteur en chef, M, Henri de Riancey, après avoir énuméré les lois des 26 germinal, 2 prairial, 5 ventôse et 20 fructidor an III, nous demande si nous acceptons « ioute celte législation-là. » Non certes ! Nous n'acceptons que ce qui est conforme à. la liberté ; nous repoussons tout ce qui lui est contraire. M. de Riancey, qui défend k puissance du pape, accepte-t-il Textermioation des hérétiques? En demande-t-il le retour?
Voici ce que nous approuvons dans la loi du 5 ventôse an III (21 février 1795) :
Art. 2. L'État ne salarie ancun culte.
Ait. s. U De fournil aucun local , ni pour Texercice du culte ni pour le log^eraent des ministres.
Akt. 4. Les cérémonies de tout culte sont interdites hors des monuments choisis pour leur exercice.
Ait. 5. La loi ne reconnaît aucun ministre du culte.
M. de Riancey, qui, apparemment, préfère à la loi du 5 ventôse an ni (21 février 1795) la convention avec le pape signée le 15 juillet 1801, communément nommée le Concordat, convertie, le 15 germinal an X (8 avril 1802), en
LOI RELATIVE A l'organisation DES CULTES, M. de Rîancey approuve-Uil les articles 6 et 7 de cette loi ?
Art. 6. Lesëvèques» avant d'entrer en fonction, prêteront directe^ ment , entre les mains du premier consul , le serment de fidélité qui était en usage avant le changement du gouvernement» exprimé dans les termes suivants :
« Je jure et promets à Dieu, sur les saints Évangiles, de garder » obéissance et fidélité au gouvernement établi par la Constitution » de la République française. Je promets aussi de n'avoir aucune » intelligence, de n'assister à aucun conseil , de n'entretenir aucune » ligue, soit au dedans, soit au dehors, qui soit contraire à la tran^ » quillité' publique ; et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j'apprends » qu'il se trame quelque chose au préjudice de l'État, jb lb riaAi
» SAVOIR AU GOCVSRNBMINT. »
Art. 7. Les ecclésiastiques du second ordre prêteront le même serment entre les mains des autorités civiles désignées par le gouvernement.
M. de Riancey approuve-t-il la délation ainsi imposée aux évèques ?
Nous passons aux articles organiques.
M. de Riancey accepte-t-îl les articles suivants :