‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 31 sur 122 · MM · texte numérisé non relu

MM

Dabreuîl ,

ouvrier,

Seine-Infërieure.

Gh. Dargent,

cultivateur,

idem.

Desmaret,

ouvrier.

idem.

Martiiiez,

idem,

idem.

Auberge,

cultivateur,

Seine-et-Marne.

Pigeon ,

idem,

Seine-et-Oise.

Lescuyer,

ouvrier,

idem.

Â. MarcuSy

ouvrier de port.

Var.

Armand ,

confiseur.

idem.

Pin,

cultivateur,

Vauclttse.

Perdiguier,

menuisier.

idem.

Nous puisons ces renseignements dans un numéro de la Démocratie pacifique, où il est probable que plusieui*s désignations d'ouvriers ont été omises. Les renseignements nous manquent pour faire le même relevé appliqué à l'Assemblée législative, où nous nous souvenons que le département de la Creuse envoya M. Nadaud, maçon, et que le département du Bas-Rhin se fit représenter par plusieurs ouvriers.

A l'Assemblée constituante, à l'Assemblée législative, où cependant le courant démocratique aurait dû être favorable, qu'est-ce que les quarante ouvriers qui furent élus représentants du peuple ont obtenu de plus que ce que M. Goûtant reproche si injustement à MM. Darimon, Favre, Hénon , Ollivier et Picard de n'avoir pas obtenu du Corps législatif? Quel progrès les quarante ont-ils fait faire à la question des salaires en dehors de la loi économique de l'offre et de la demande? Quelle influence ont-ils exercée sur l'Assemblée constituante et sur l'Assemblée législative ?

Nous nous souvenons encore, avec une impression pénible , de l'accueil aussi peu convenable que peu favorable fait par l'immense majorité de l'Assemblée législative aux discours de M. Nadaud, quoiqu'ils méritassent d'être entendus et qu'ils fussent dictés par les intentions les plus droites ,«les plus conciliantes.

De ce que les ouvriers sont les représentants d'une grande

LES ÉLECTIONS GÉNÉRALES DE 4 863 26d

cause, de la cause du travail, s'ensuit-il qu'ils en soient les avocats les plus habiles, les plus attentivement écoutés dans les Assemblées législatives, où tout intérêt spécial, qui est à la fois législateur et partie, est presque toujours suspect y C'est une illusion que n'aurait pas, c'est une illusion que n'aurait plus M. Goûtant, s'il eût fait partie, en 1848, de l'Assemblée' constituante , et, en 1849, de l'Assemblée législative.

Ce qu'il faut dans une Assemblée législative où la majorité est immense , où la minorité est imperceptible , ce sont des orateurs, les plus puissants qui soient dans 1er pays, des orateurs redoutés qui y débattent les questions, jamais à un point de vue spécial, toujours au point de vue général. Les questions y gagnent en ce que le gouvernement est obligé de les étudier, de les approfondir pour ne pas rester ni paraître au-dessous de ses contradicteurs.

Ce n'est pas notre faute, à nous, si l'avocat est à l'orateur ce que l'apprenti esta l'ouvrier; si, à de très-rares exceptions près, les orateurs ne peuvent se recruter en France que dans le barreau, et si l'exercice du droit de réunion n'en forme pas !

Si nous eussions connu un ouvrier exercé à l'art de la parole, un ouvrier né ou devenu orateur, il nous eût suffi de le proposer, nous en sommes certain, pour que sa candidature fût acceptée avec l'empressement le plus sympathique par le Siècle, par ï Opinion nationale et par les quatre députés de Paris; mais alors ce n'eût pas été comme ouvrier qu'il eût été proposé et accepté , c'eût été comme orateur.

Sur les champs de bataille, il faut des soldats qui se battent.

Dans les journaux , il faut des soldats qui écrivent.

Dans les Assemblées, il faut des soldats qui parlent.

C'est ce qu'ont parfaitement compris les dix-huit mille électeurs qui ont voté pour M. Jules Favre et qui n'ont pas voté pour M. Coûtant.

Tout ce que dît M. Coûtant sur ses obxc adhérents et sar son « qutitre-vingl^neufpopêlaire » eût pu paraître, en 1847, une idée; mais, après les élections de 1848 et de 1849, ce n*est qu'un anachronisme.

N'en parlons plus !

ttlwuk isos.

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