‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 42 sur 122 · DES EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

DES EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS

les jugements arbitraires et erronés; et d'autre part, il condamnerait les prélentiens illégitimes et souvent ridicules.

» Que pensez-vous de cette idée?

» 2,. s 50 ouvrages ont été exi<j)ua)cetl:e année; combien croyez- vous qu'il s'en présenterait en appel, si l'appel était admis?

» Je suis certain qu'il ne s'en présenterait pas un cinquième , car ceux qui maudissent avec le plus de bruit le tribunal qui les a condamnés ne roni ,pu tc^ujouri^ ceu^ qui v^i le mof n^ sévères pour euxmêmes dans le rccucUlèment de leuf cbnseieâce. '

» Ne serait-ce pas, en tout cas, une curieuse et instructive expérience à tenter?

» Tout à vous.

» ÉMILI DI GIIABD». »

A i'i3]^0(jQe où nous écrivions ce qu*oii vient de lire, en l$47,lepalaUdQiliidtt8trie»o«i immense bfttiment, n'avait pas encore été construit; il est si vaste que tous 1^ exposants y peuvent trouver place. Alors, à quoi bon.un jury.d'ad« mission ? Pourqjiaoji ne .pas Ici supprimer? Pourquoi ne pas adi^ettre iodistinctement tous les exposants,, sauf, tout en loaîQtQiia^ le clasaemeat. par oràre alphabétique, à donner, dans chaque saUe^ les meilleures pla^s aux tahdeaux jD^gés les meilleurs par la Direction' généç^e: des.muséps ?I«iberté. .pour tous d'exposer, et le public pour seul juge : ne seraitce pas, après avoir » longtemps toqrué autour, l'idée lapins simple, la plus juste? ., ., :

LA LOGIQUE DES CHOSES

24 mai, 1863.

Contre la logîqoe des ^oses, l'inooitséqaenoe des hommes floit toujours par a^r lorC.

Lorsque, par le progrès de toutes les sciences appliquées, les choses marchent en avant, les hommes, sous peine d'être brisés et emportés par elles, ne peuvent fdus marcher en arrière. Ils ne peuvent même plus rester stationnnaires, q[u'ils se nomment pape, sultan, czar, empereur, roi, grand-duc, duc, prince, président, ou autrement, peu importe I

Les barricades de la révolution vengeresse revendiquant la liberté, ce sont les pavés.

Les barricades delà civilisation pacificatrice revendiquant la liberté, ce sont les chemins de fer.

Devant la civilisation, eflace-toi donc, révolution, car tu n*es à la civilisation que ce qu'une ville est à Tunivers, que ce qu'un homme est à l'humanité, que ce que la force limitée d'un bras est à la science qui est la force sans limites !

Révolution, sois modeste! dépose ta fronde! donne ta démission : car les canons, pointés dans les rues droites, tout-puissants contre tes barricades, sont impuissants contre les chemins de fer qui, à chaque heure du jour, mêlent l'Anglais au Français, le Français au Belge, le Belge à l'Allemand, l'Allemand au Russe, le Russe au Turc, le peuple

LA LOGIQfTB V£S CHOSES 195

libre nn pei^Ae qui ne Test pas encore, cefaii qui Test le pins à celui qui Yesi le moins.

RéTolution , tes barricades de payés sont les châteaux de cartes des peuples enfants. Un boulet qui passe les renverse ; tandis que le chemin de fer qui a été coupé la veille, partout et toujours est rétabli le lendemain par la force même des besoins qu*il a développés ou créés.

C'est que le chemin de fer, où il a paru, ne peut plus disparaître. Où il a pénétré, la barbarie ne tardera pas à n'être plus quHme date , le despotisme ne tardera pas à n'être phis qu'un mot. C'est en chemin de fer que la liberté fera le tour du monde. Chacun à nos^tations, sachons donc attendre patiemment son passage. Ce n'est plus maintenant qu'une question de longueur de rails.

Révolution, ton œuvre est finie! Repose-toL

Civilisation, ton œuvre est sans fin! Ne te repose jamais. Mais tu le voudrais, que tu ne le pourrais pas, car le progrès nait du progrès, comme la génération qiii suit naît de la génération qui précède.

Ce que je viens de dire à la révolution, je le dis pareillement au despotisme. *

Despotisme, ton œuvre est finie! Transforme-toi ou tombe! Par un décret, tu peux bannir la liberté; mats, bannie par un décret, elle rentrera par un progrès. Qu'y gagneras-tu? Les progrès sont les décrets de l'humanité; or l'humanité est supérieure à toute souveraineté.

Ni révolution ni despotisme! Tel est, de toutes parts, le cri de la raison éclairée par la science. Ce n'est pas sans peine, mais enfin les peuples commencent à comprendre que ce qu'A y a de plus sage et de moins douteux, c'est de se croiser les bras et de laisser faire les choses; elles font nûeux et plus sûrement les affaires des peuples qu'ils ne les feraient eux-mêmes. Oter à la révolution ses armes, c'e^ Mer les siennes au despotisme. La peur qu'elle cause e^ l'unique raison qu'il a de subsister. Que cette peur tombe, «t M tombera avec elle.

.196 M^mm ' ^

Sinon le réTolutionnaire wsA airriéré que le .dfsppifi, tous deux fils de la même mère, la violence,. rien ne^ietft plus retarda Tavénement de la liberté.

. Liberté» tu es la logique de la eiTÎlisation ! i

Givilisation, tu es la logique des choses! r

. Par.fies conséquences, sinon imt son origine, le •décret 4u 24 noYembre 1860, dont nous ne croyons pas qu*il sent inutile de railler ici les dispositions^ appartient à la logâiue ;^ choses : r • •

ff AIT. 1^. Le Sénat et le Corps législatif voteront tous les ans, n l'ouverture de la session, une adresse en réponse li ndtre diëcôars.

» AIT. S. L'adresse; sisra discutée en présence des cfonMAimes du gQ,i|v<;pn^i]ient, qui donneront aux Chafubres toutes les e^pllcafiaiis nécessaires de là politique, intérieure et extérieure de i'empirç. ^ 9 AIT. 3. (Réunion dtt Corps législatif en comité secret.)

» AIT. 4. Les comptes rendus des séances du «Séfi^t et du. Corps ^é^p^M,^tJ r44^§^ par des sécrétai res-rédaç)p«^s pif^<{^ sou^ij*? uliiritc du président de chaque assemblée, sont adressées chaque jour,à tous-' les journaux. En outre, les débats de chaque séance sont réproduits 'par la sténographie et insérés in extenso Ainm le journal ôfficid dn .Icndemsîn. 'j " *i î

,» AIT. 5. L'empereur désignera les ministres s«ns<porii;f|Builie^ur défendre devant les Chambres, de concert avec le préfidcut et les membres du conseil d'État, les projets de loi du gouvertTetkient.

» AIT. 6. Letf ministres sans portefeuille ont le rang et le traite- •ment des ministres en fonction; ils font partie du coAsetl dos ministres et spnt logés aux frais de l'État.

M Signé : Waliwski. »

Dès qu^ la discussion et le vote de Tadresse étaient constitutionnellemçnt rélablis, dès que des minisfiros orateurs étaient créés popr soutenir le débat, dès que le compte rendu des séances «passait de la troisième (personne à la. première et de l'analyse sommaire : à la reprpductipU' tid^ie, il découlait de soi qu'aux prochaines élections g^érales, tous ou presque tous les orateurs des régimes précédents

LA LOGIQjUB QfS CHOSES 197

qui s^étaicnt aQqui& un gmiid rçaom parlementaire ne réskt^i^pl pas :an -djtefr de rentrer ;par cette brèche dans renceinic où leurs Y(^i vivaient souvent retenti. De: toutes les l|a))itii<)^, la.[)|i^;l<Wg:u€[.et Vbl ^diis lUfficile à perdre est celle des applaudissements qi(an s*edt eatercé à mériter et qu'on s'est aecoutuiné à. recevoir. . ': 1

Aus^iy le JQpr même où venait de paratti^' le décret du 24 novembre 1860» répondtmes-nous suas, hésitation à un i

prince son approbateur que cela nous pat^aissait trop ou trof ) peu« car ce n'était plus le régime personnel de 1852, et ce |

n'était pas le régime constitutionnel emprunté à l'Angleterre j

par la France, ^e {181;5 a 1848, et condamné (1) en ces termes par H. de Persigny : < Régime fatal pour la i

> France, régime flatteur pour la vanité de qudquesnms

> et funeste au bien de tous, qui déplace l'autorité de su » bffe n^relle pour )a jeter en pâture aux passions de la

* tiibui;ie, quj remplace le mouvejment fécond, de l'action » par l'agitation stérile de la parole, qui pendant dix- » huit ans n'a produit que rimpuissance au dedans et la » fa^bless^ au. dehors, et qui, commencé dans l'émeute,

* continué aux bruits de l'émeute, a uni par l'émeute. » Ce que nous ajoutâmes, nous ne pourrions pa^ te répéter impunément ici, nous le passons donc forcément Sous sHence, .mais notre mterlocuteur le sait et s'en souvient.

Toute foj-me d^ gouvernement est un mécanisme qui a ses ipiç, ,'|ois^;qu'oa ne peut compliquer, encore moins fausser

U respf^nsahUité mini^lféqelle est la loi de tout gouvernement où rimp6t est awuellement voté par une Assemt^lée éinie, qpi, après discussion, peut soit l'admettre, soit le rejeter ; ce qui constitue en fait la souveraineté parlementaire d^coulaat delà spuy^raineté électorale. Quoi. qu'on dise, qQoi qu'on Cgis^, quoi qn'on essaye pour remplacer ce

(1) Letire de M. de Pcrstsny à M. llaiiMmann. 31 in:ii 18(i3.

pivot par un pWot différent, s'imaginer qu'on a abouti à on autre résultat qu'à appeler la même chose d'un autre nom, est une illusion entée sur une erreur.

Même le régime du 14 janvier 1852, quoiqu'on prétendit alors que c'était le régime repréteniaiif et que ce n'était phis le régime parlementaire, n'était que ce dernier régime, modifié plus en apparence qu'en réalité, ce qu'on reconnaissait distinctement dès qu'on 7 regardait de près, à plus forte raison le régime du 24 novembre 1860.

Entre le régime de 1852 et lerégimedel860, la différence importante c'est que le premier, par le manque de publicité des débats, tenait éloignées de l'enceinte législative les anciennes notabilités parlementaires, tandis que le second, par le rétablissement du compte rendu textuel des séances, les conviait à reprendre la parole.

La logique des choses les eût amenées là aux élections de 1863, alors même que M. de Persigny— nommé ministre de l'intérieur le 24 novembre 1860, en remplacement de M. BillauH, ministre de l'intérieur, nommé par le même décret ministre sans portefeuille — ne se fût pas empressé d'adresser aux préfets, le 6 décem1)re 1860, sous forme de circulaire, l'appel conçu en ces termes : « Beaucoup -» d'hommes honorables et distingués des anciens gouver- » nements, tout en rendant hommage à l'empereur pour les Y grandes choses qu'il a accomplies, se tiennent encore à » l'écart par un sentiment de dignité personnelle. Témoi- » gnez-leur les égards qu'ils méritent : ne négligez aucune » oecasiùnde ke engager àfcàre prtffUer le paye de leun lumièrei ^ et de leur esopérienee, «( rappelex^-lew que, s*il est noble de • conserver le culte des souvBNms, il est encore phu noble (Titre

» miLE A SON PAYS. »

La logique des choses, qui a tracé la pente établie entre la Constitution du 14 janvier 1852 et le décret du 24 novembre 1860, ne s'arrêtera pas là, car elle ne peut point s'y arrêter.

Si MM. Barrot, Berryer, Dufaure, Marie, Montalembert, Rémusat, Thiors sont nommés, et si MM. Favre» Ollivier et

LA LOGIQUE f>eS CHOSES y 9

Pkard sont réâus, il est tors de doute que M. Barodhe, déjà président fort occupé du conseil d'État, et que M. Billanl ne suffiront pas & la tAche de ministres sans portefeuille, ayant à rendre à de nombreuse et retentissants discours dimt il faudra absolument qu*ils détruisent ou tout au iMim qu'ils «tténnent reffet.

Déjà gravement entamée dans la personne de I. Magne, appelé à défendre, contre sa pit)pre opinion, le successeur ftii Favafit condamnée, l'institution des ministres sans portefeuille est un rouage — inaorais rouage ! — qu'il va Moir absolument et sans retard remplacer.

Gomment ie rea^rfaeera-t^n ?

Sera-ce en doublant chaque ministre secrétaire d'État d'un sous^eerétaîre d'État-omlMir, dioisi,.à son arrWée, par le ministre, tohasigé fmt celui-<;i de défendre ses actes et son budget, et se retirant avec lui ? Ou sera-oe en rêvenant purement et simirtement à l'anden usage des ministres défendant eux-mêmes leur administration devant les deux Chambres?

Notre avis est que le premier de ces •deux modesserahle meilleur; mais le second, nous le reconnaissons, a sur le ppemier un avantage, c'est d'avoir été pratiqué et d'être en vigueur en AngikBtenre, en Belgique, en Espagne, en Italie, tu Portugal, partout enfin t)ù fonctionne plus on moins .FéguUèremeiEt le gouvernement parlementaire.

Toutes les probabilités sont éaac pour le second de ces ^ux modes caotre le premier.

Ce retour à l'andenBe forme parlementaire , retour inévitable si les candidatures de MH. Barrot, Berryer, Dufaure, fiémusat, Thiers ont le.suocès dont elles paraissent assurées, sera-t-il pour la nouvelle dynastie un ébranlement, un affaiblissement, un danger? Noos le disons en toute sincérité et au risque d'être sur ce point d'une opinion opposée À celle de M. le ministre de l'intérieur, nous ne le crayons pas.

Ce sera, nous ne le nions point, une modification. impor*

laote «tle la Constitution du 14 janvier 1852. Mais est-ce qiié cette modification 3era la première ?

Sst-ce que l'article 2 de la Constitution, qui confiait pour dix ans au prince Louis Bonaparte, président de la repu* hUque, le gouvernement de la république française, n*a pas été modifié par l'article l^dusénatus-consulte du 7 novembre 1852?

, :Est-*cç.4ue l'article 6 de la Constitation n'a pas été largement étendu. par le.sénatus-coosùlte des 23*25 décembre 1852, sénatus-consulte qui a conféré au pouvoir exécutif le droit de modifier les tarifs stipulés dans les traités de commerce, en vertu de décrets qui auront force de lois? .. Ssi-ceque l'article 15 de la Gonstitatian n'a pas été abrogé et remplacé par un premier sénatus-consulte en date du 1« avril 1852 et par un second sénatus-consulte en date du 12 c^cembre.mâme année, portant que la liste civile de l'empereur edt fixée, à partir du l*' décembre 1852, pour toute la durée du règne ? - •

Est-ce que l'article 22 de la Constitution , qui déclarait gratuites les /onclioiu da sénateur, n'a pas été abrogé et remplacé par l'article 11 du sénatud^onsulte des 23-25 décembre 1852, qui affecte une dotation annuelle et' viagère de trente mille francs à la dignité de sénateur ?

Est--ce que l'article 24, qui déclarait non puMiqucs tes séances du Sénat, n'a pas été modifié par l'article 4 du décret du 24 novembre 1860 ?

Est-ce que l'article 37 de la Constitutien, qui déclarait que les députés ne recevaient aucun traitement, n'a pas été ab.i'pgé et remplacé par l'article 14 du sénatus-corisiilté des 23-29 décembre 1852, qui alloue aux membres du Oorps législatif, une indemnité de deux mille cinq cents francs par

mois pendant la durée des sessions?

. Est-ce que l'article 42 de la Constitution, qui restreignait )e compte rendu des séances du Corps législatif par les journaux ou tout autre moyen de publication à la reproduction du procès-verbal dressé, à Tissue de chaque séai^be,

LA LOGIQUE «es CHOSES .^

par les soins du président du^Cof-ps législatif, n*n pas é(é modifié par L'ai-ticle 4 du décret du 24 novembre 1860 ? "

Apuës. toiteA, ces 'modifications rapidement et peut-Àre inc<%Qi|iléleni»l énmnénéés ici, quel danger y aorait-irqne les arljrlos 5:d 44 de la Constitution (1) fussent abrogés et remplacé» par Farlicle 12 de l'ancienne Charte (2) dn 14 août 1830?' :' : : ; : ; < -

Nous le répétons, nons n*y voyons absolmnent aucun daoger, loin de là; mais y en eût-il un, on ne pourrait plus réviter qu'en abandonnant la forme anglaise de gouvernement plus ou moins altérée, pour remonter à Tancienne forme française antérieure à 1789, et mise en rap^ port avec les progrès du temps et le respect de la liberté.

La logique des choses est aussi inflexible que la lo^qu^ .des hommes l'est peu.

Ce n'est pas l'insurrection du 24 février 1848, c'est la logique des choses, c'est la violation de ce principe fondamental de tout gouvernement parlementaire : Le roi règne et ne gouverne pas, qui aminé et fait tomber la royauté de 1830, royauté que les émeutes et les insurrections de 1831, de 1832, de 1835 eX de 1839 avaient, au contraire, plutôt affermie :qu'él[>ranlée. ; . . > r . <

Ce n'est pas le coup d'État du 2 décembre 1851, c'est la logique des choses, c'est la concentration contre nature de toutes les forcer sociales dans les mains d'un pouvoir divisé' et su^or^onné qui a renversé la république de 1848; édifiée par les républicains en sens contraire de toutes les règles, à l'observation desquelles ce fut en v^i^ q^ie npasBipps efforçâmes de les rappeler, tous les jours, avant, pendant et jusqu'au voted'tihé Côhslilulion qui n'était pas née viable (3).

(1) CQfii^nvTiOV pu 14 JAHVm ISôS. — Art. 6. L'empereur est re^pontable devant le peuple français, aMquel il a loujouri ledcoUxia foirè appel; - • •

An. 4i. Les ministrea ne peuveni être membres du Corps léf,is>at>f.

(2) CHARTE DU 14 AOUT 1830. — Art. 13. I.a personne du roî est nmoiable et sicrée. Ses aiinislres sont responsables.

(3) L AMB2«0BMB.^T ORSTY. — • Tous ccox qoi ne veuleat plus de la républiqae

Nous n'appartenons à aucan parti ; nous marchoos à l'écart des passions dans le sentier des idées , ce sentier que chacun se fraye à lui-même ; nous dierchons le vrai, eereando il veto, nous définit de la révolution qu'on exalte, autant que du despotisme qu'on décrie, car nous avons observé que la révolution finalement n'est jamais que le despotisme de plusieurs succédant au despotisme d'un seul ; nous n'admettons pas la distinction entre gouvernement de droit et gouvernement de fait, tout gouvernement de fait étant à nos yeux le gouvememœt de droit; nous n'excluons aucune forme de gouvernement qui n'exclut pas la liberté ; conséquemment, nous ne devons pas être suspect quand nous ne demandons aux gouvernements, dont nous sommes nalurdlement porté à souhaiter l'affermissement, qu'une seule chose : être logiques.

Leur est-il donc si difficile de l'être?

Est-ce que l'hérédité dynastique n'a pas tout à gagner à l'inviolabÛité constitutionnelle ?

Logiquement, point d'inviolabilité constitutionnelle sans responsabilité ministérielle.

Celte rectification, que l'élection de MM. Barrot, Berryer, Dufaure, Thiers, s'ils sont élus, rendra nécessaire, loin d'ébranler l'empire l'affermira.

Aussi ne comprenons-nous pas que M. de Persigny, ayant tenu le 5 décembre: 1860 le langage qui était le vrai relativement au décret du 24 novembre, ait tenu le 21 mai 1863

n'ont qu'lk repooner l'ammdement Grévy; sMl est rejeté, elle ne lai tanrÎTn pat. •

La Préiiêt 6 octobre 1S48.

CE qu'or a vori le 23 octobre 184S. ^ « La Constication est Totëe.

■ La retpottiabilité est d'essence républicaine, comme l'inTÎoIabilUé est d'essence monarchique. Qui dit hérédité dit inviolabUUéi qaî dit/msclian dit rtspantaèiWé.

• Au lieu d'un président responsable, qn'a-t-on fait?

• — On a Utit nn roi temporaire, nne royauté de troisième degré.

• Ce qa^one telle royanté durera, on le verra. »

La IVvm, S3 octobre 1848.

QVBartoiis ns mor temps, tome m, pages 658 et 716.

LA LOGIQUE DES CHOSES 308

un langage tout opposé, alors qu'il aurait dû, plus que jamais, persister dans le premier.

Une simple question va l'en convaincre.

Si l'empereur, si l'empire n'avaient plus devant eux qu'un ou deux ans d'existence et de durée, M. de Persigny croit-il que MM. Berryer et Thiers eussent déposé le serment qu'ils viennent de signer aux termes du sénatus-consulte du 17 février 1858? — Assurément non. Ayant attendu dix années, ils n'eussent pas hésité à demeurer à l'écart et à garder le silence quelques années de plus.

Donc le serment qu'ils ont déposé est un brevet de durée de l'empire, qu'ils viennent de signer aux yeux de toute l'Europe, prenant pour témoins de cette signature M. le comte de Ghambord et M. le comte de Paris, ces deux héri* tiers des deux dynasties rivales.

Applaudir, applaudir des deux mains à la candidature et àrélectioD de M* Berryer et de M. Thiers, voilà ce qu'à la place de M. de Persigny, ministre de l'intérieur, nous eussions fait.

Mais ce qu'à sa place nous n'eussions pas fait, ayant devant nous le chemin que la circulaire du 5 décembre 1860 avait si parfaitement tracé, c'eût été de quitter ce chemin et de nous laisser fourvoyer par l'appréhension de discours qui, quelque éloquents qu'ils puissent être, ne seraient redoutables que si l'empire s'engageait dans les voies d'une politique où il ne serait plus suivi par la France.

Or uu pareil danger est-il à craindre ? Un danger moindre, celui q^i consisterait à changer en majorité une imperceptible minorité, n'existe même pas.

M. de Persigny peut donc en toute sécurité se confier à la logique des choses, qui, sous le nom de M. .Thiers, mène l'empire au rétablissement de l'inviolabilité dynastique par le retour de la Responsabilité ministérielle.

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