LE DÉCRET DU %3 JUIN
pereur et raclion personnifiée dans les ministres spéciaux. Le ministre d*État, qui n*était rien, devient tout. Il juslifie son titre. Ce titre sera lourd^ très-lourd à porter, mais c'est affaire qui ne nous regarde point et qui regarde uniquement celui qui Taccepte.
L'empereur ne pouvait choisir deux interprètes de sa |)ensée plus habiles que MM. Billault et Rouher. Ce ne sera donc point par l'expression que péchera la politique in)périale, si elle venait à pécher.
Les élections de Paris, ne dussent-elles avoir que ce seul résultat : suppression des ministres sans portefeuille et sans fonction, que cette simplification dans Fappareil gouvernemental nous paraîtrait déjà un progrès, un progrès infiniment plus sérieux et plus considérable qu'il ne le paraîtra généraieincntà sa naissance et qu'il ne nous convient de le préciser, si peu de gpûC cependant que nous ayons d'ordinaire pcar* te vague.
On verra si l'expérience dément cette appréciation sommaire.
Mais ce progrès, auquel nous donnerons la date et le nom de 1 Décret d» 23 juin », ne s'arrêtera pas à un changement d'engrenage et à la suppression de deux poulies folles; M. Rôuher portera certainement au conseil d'État, dans l'étude et dans la rédaction des lois l'esprit de liberté dont il a fait preuve dans la rédaction des traités de commerce conclus entre la France et l'Angleten^e. La liberté est comme la science... si peu qu'on y touche, elle vous modifie. Nous considérons M. Rouher, ministre politique, comrfle un homme nouveau, et nous serions grandement trompé, nous Tavouons, si M. Rouher et si M. Billault, répondant à l'appel de l'ttnpereur, du 26 janvier dernier, ne tenaient pas à honneur d'attacher leurs noms à une politique de conquête intérieui'e et de pacification féconde qui ne s'appellera pas la liberté anglaise, mais qui s'appellera :
La liberté française.