‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 55 sur 122 · ÉTATS DE PAIT ET QOÇTSRNEMENTS DE FAIT · texte numérisé non relu

ÉTATS DE PAIT ET QOÇTSRNEMENTS DE FAIT

les usurpations beurenues. 1m tyrannio» duraUei , le c<»iir monisme légal» rimmolation de l'invidabilité indifidiieUe à la prétendue infaillibilité collective aussi solennelleotent que faussement décorée du nom de salut public? A-t*il empêché» pour ne citer qu'un seul fait, les trois partages de la Pologne consommés en 1773» en 1793 ^t en 17957 U n'a rien empêché, et il a tout souffert, tout pardonné, tout justifié. Ce qu'il avait prodamé juste et yrai, il Fa 14obe^ meut déserté, il l'a impudemment dén^nti, il l'a îgnomi-nieusement abjuré, il Ta arbitrairement décrété impossible et faux, léguant au dii-neuTième siècle les mêmes iniquités^ les mêmes erreurs, les mêmes violences que celles dont il avait hérité de tous les siècles précédents.

Gloire du dix*buiUème siècle , tu n'es qu'un mot imposteur sous lequel il n'y a rien l

Sans m'y arrêter plus longuement, je passe donc à l'amendement que me propose le rédacteur en chef de YKurope. U propose de dire :

c La Canfédératicn européenne doit être basée sur les ftuts aeeom^

pH», QUI m SONT QUI LU DIOITS COMACmU, »

Si j'admettais, si je pouvais admettre l'amendement inconsidéré de M. Grégory Ganesco, quels seraient les c droits consacrés» qui, cités au tribunal du droit pur, c'èst<A-dire du droit exempt de tout abus de la force, échapperaient à une condamnation? -

• Droits consacrés ! vous n'êtes qu'une menteuse expression qui, ramenée à son origine historique la plus favorable, signifie : Violences oubliées. Je défie qu'on vous trouve une autre signification sans que celle*ci soit Içi condamnation de l'histoire tout entière. Mais alors que deviennent les droits CONSACRÉS ? Ils ne sont pas même les faits prescrits : ils ne sont que les faits accomplis.

Ayons donc la sagesse d'appliquer aux faits accomplis dans l'ordre politique, c'est-à-dire aux Ëtals de fait et aux gouvernements de fait, les principes pacificateurs qui dans

Tordre civil protègent la propriété et interdisent, après un temps fixé assez court, d'en rechercher l'origine et d*en contester la légitimité.

A l'expiration de ce temps fixé, est-ce que la propriété de fait ne derient pas la propriété de droit, sans distinction entre celle qui a été laborieusement acquise par le travail et celle qui a été violemment conquise par la guerre, ou donnée par des monarques à leurs maîtresses, à leurs mignons, à leurs favoris, ou dérobée à la bonne foi parla fraude, ou, enfin, surprise à l'équité des juges par des' plaideurs plus heureux qu'honnêtes?

Est-ce qu'il n'est pas souverainement sage et souverainement bon qu*il eh soit ainsi? S'il en était autrement, sous prétexte de faire triompher le juste et le vrai, que deviendrait et que serait la société? N'en serait-ce pas la destruction et la fin ?

Rechercher l'origine des gouvernements de fait pour en contester la légitimité, ce serait rallumer les guerres civiles et les révolutions ; rechercher l'ongine des États de fait pour en contester la légitimité, ce serait recommencer des guerres européennes sans nombre et peut-être sans fin... Et où serait la certitude que ces révolutions et ces guerres respectassent dans l'avenir la liberté et l'équité plus scrupuleusement qu'elles ne les ont respectées dans le passé? Contrôla force, quelles garanties a-t-on jamais? Il n'en existe aucune. Il ne faut donc rien demander à la force ni rien espérer d'elle, alors même qu'elle se déguise hypocritement sous les masques de la liberté violée, de l'équité outragée ou de la nationalité opprimée.

La force, qu'elle se nomme guerre ou révolution, n'engendre que la force , comme la justice n'engendre que la justice, comme la liberté n'engendre que la liberté. S'il est des faits accomplis qui aient été et qui soient encore iniques, il ne faut en demander le redressement qu'au progrès de la ciyilisation, laquelle n'est ^elle-même que la justice et la science à l'état de faits accomplis.

Page 1