‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 56 sur 122 · ÉTATS DE FAIT ET GOUVERNEMENTS DE FAIT · texte numérisé non relu

ÉTATS DE FAIT ET GOUVERNEMENTS DE FAIT

Ce que le présent a de mieux à faire, c'est, au nom de TaTenir, d'amnistier le passé, de fermer l'ère de la force et d'ouvrir l'ère de la liberté. Ce que les peuples y gagneront en sécurité, les gouvernements le gagneront en stabilité.

De toutes parts, d'en haut et d'en bas, j'entends.demander que les gouvernements gouvernent de moins en moins. Ce vœu, c'est le mien ; mais, s'il doit prévaloir, moins les gouvernements gouverneront, et plus le titre auquel ils gouvernent perdra de son importance. Donc à quoi bon s'occuper tant d'eux, au lieu de ne s'occuper qu'à s'en passer? Ce qu'il faut, ce n'est pas les changer; on n'y gagne rien : c'est les diminuer.

Que la force dédaigne d'être logique, je le comprends; là force n'est pas tenue de raisonner; elle n'est tenue que de vaincre; mais que la logique qui raisonne dédaigne d'être conséquente, voilà ce que je ne saurais comprendre.

Hors de la doctrine des États de fait et des gouyemements de fait réputés États de droit et gouvernements de droit, il n'y a que la force usurpant le nom de droit, il n'y a que la guerre usurpant le nom de justice, il n'y a que la révolution usurpant le nom de liberté !

La doctrine que je soutiens, quoiqu'elle en paraisse la négation, est la seule d'où puisse sortir le triomphe, lent mais durable, de la liberté par la liberté, de la justice par la justice, et du droit par lé droit.

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