LA RÉPONSE DE L'EMPEREUR AU SÉNAT
il n'eût pas battu tous les ennemis de la France et remporté les innombrables vicloires qui Font rendu immortel, s'il ne fût pas sorti de Tornière, s'il n'eût pas dérouté les traditions (i), s'il eût Tait la guerre comme l'avaient foite ses devanciers et comme elle était enseignée dans les traités! Il n'a été vaincu par tous les souverains coalisés qu'après leur avoir appris l'art de vaincre, tel qu'il l'avait conçu, tel qu'il l'avait renouvelé. Sire, votre oncle l'empereur Napoléon I*, ses victoires l'attestent, ent raison de ne pas suivre la routine de la guerre ; vous aussi, vous avez raison de ne pas suivre la routine de la paix... Dans la voie neuve où vous êtes entré résolument, les mêmes succès vous attendent, si vous ne permettez pas au doute de pénétrer jusqu'à vous, au doute qui agit sur l'esprit comme la paralysie sur le corps!
Mais le succès ftt-il défaut à vos intentions, qu'elles n'en resteraient pas moins louables» moins glorieuses; que tous les peuples et que l'histoire ne vous en tiendraient pas moins universellement et éternellement compte!
Si la guerre s'allume, que ce soit en Allemagne, en Italie ou ailleurs, que ce soit pour une question de traité ou que ce soit pour une question de nationalité, que ce soit pour une question de fait ou que ce soit pour une question de droit, la responsabilité en retombera sur tous les souverains qui auront rejeté ou éludé la proposition du Congrès; ne fût-il versé qu'une seule goutte de sang, qu'elle ferait tache sur leur manteau sans faire tache sur le vôtre, Sire, car, grâce à vous, il aura dépendu d'eux qu'elle ne coulÂt pas !
Sire, par la lettre du 4 et le discours du 5 novembre, votre responsabilité devant tous les peuples et devant l'histoire est pleinement dégagée ! C'est là ce qui fera réfléchir l'Angleterre et l'Autriche.
Restreint ou non restreint» que le Congrès reste ouvert et le Congrès aura lieu.
(1) • On noot a envoyé pour nont combattre vu Jbunb érooAiiBAD qui nont
atuqac à droite, à gauche, par dernot, par derri^Te; on ne tait plus ^uefiUr$! •
L*nfPUEua MàPùLiom, MimoHai de StmUe^HMtê, I** décembre 1SI6.
Une épreuve se Térifie et se complète par la contre* épreuve. L^exécution du Danemark est la contre-épreave de la proposition du Congrès.
L'impuissance des baïonnettes k résoudre la question des duchés est ce qui démontre, avec toute la clarté de Téridence, la nécessité d'un Congrès, où chaque État deira faire, s'il y a lieu, le sacrifice qui sera ta sanction des principes dont la justesse aura été préalablement j>econnne et prodamée, et dont f adoption formera le nouveau droit des gens.
La question des duchés contient enferme toutes les questions politiques : question dliértdité ; question de constitution; question de possession territoriale; question de revendication nationale; question d'accès à ta mer; question de droit ancien ayant pour fondement le respect des traités ; question de dix>it nouveau uyant pour fondement le respect de la volonté des peuples , maîtres de dianger leurs gourernements; sous ce rapport, la quc^ioti des duchés vient à point , aussi justement que si on avait su l'attendre. A l'œuvre nous allons voir ce que fera l'Angleterre, alliée du Danemark et antagoniste de la Oonfédération germanique! A rœuvre, la baïonncftte au bout du fu^l , nous allons voir ce que feront l'Autriche et la Prusse, signataires du trailé de Londres et instruments de la volonté fédérale ! A l'œuvre, la baïonnette au bout du fusil , nous allons voir conunent ces deux puissances, aux prises avec la douMe difificolté de constitution et de succession, s'en tireront; comment elles sépareront ce qui est inséparable , oomment elles concilieront ce qui est incondiiabte!
Si l'Angleterre d'une part, et «i l'AnCridhe et la Prusse d'autre part, échouent, ne sera-ce pas la contre-épreuve la plus décisive en faveur de la proposition d'un Congrès groupant toutes les questions i>our les pondérer, et les pondérant pour les résoudre , l'une aidant l'autre ?