Pajol, général en chef;
Oi^anintioD de l'armée fnnç>i>e deatiDèe à reipédilion de Buuie. — Le l" corp* et Pajol aoat portés de Daiuig i Kunigiberg, — Rénuioii de rannée ea fice de Kowno, >ar lu Fiiemen. — DiTout occupe Wllna, le IT juin. — Marche du ■ •' corpi contre l'année de BigralioD. — Pajol a'empare d'Ochmiana, le 30 juin. — Le \" cvrpa ne peut couper U retraite à Dokloro», et occupe Olckani, le I jaillel. — Entrée de Pajol i Hinak, le 8 juillet. — Bagralioa dirige alors aei tnnipei «ir Bobniûk. — Davout léiounie quelque tempi à Himk, tandis que Pajol s'atiDce loujoun vers Bobniisk. — Il parvient à Ighoumen, le U juillet.
Davout espère airiTer sur la Bérczina aTsat Bagration, qui se trouvera prU
CDire le 1" corps et edui du roi Jérôme. — Psjol, porté à Ukchitse le là juillet, sundlle la Bérézina. — La lenteur du roi Jérôme i se porter dam la direetioD de Bobruisk fait échouer le projet de Davout, qui, le 16 juillet, achemiiie ses troupes vers Hohilew. — Pajol reste eu position i Ukchitse jusqu'au îï. — Combat de Soltanowka (33 juillet). — Séjour du I" corps a Mohiiew jusqu'au J8 juillet. — Pajol est aui avant-poste» sur le Dnieper. — Marche sur Orcba, pour rallier U grande armée. — Bsgralion s'est échappé et s« dirige sur Smolensk. — Cantonnements du 1" corps aui environs d'Orcha. — Pajol est chargé seul de couvrir ce» canlonntCDeots, tar la rive droite. — Jonctioudu 1" coip* avec la gnnde armée. .
Au commeDcément d'avril 18i2, la plupart des corps français desUoés à former la grande armée de Russie arrivaient au centre de l'Allemagne : le maréchal Ondinot était sur la route de Munster & Berlin ; Ney, à Toi^au, sur l'Elbe ; le vice-roi d'Italie, près de l'Oder, que les Saxons avaient déjà franchi.
Le maréchal Davout, poussé en avant par ce mouvement, achemina ses cinq divisions et sa cavalerie vers la Vistule. Il avait ordre de marcher droit aux Russes, s'ils prenaient l'offensive ; il devait se contenter de les observer, s'ils ne passaient pas leurs frontières.
Vers la fin d'avril, quand on apprit que le czar avait quitté SîÛQt-Pétersbourg pour se rendre au milieu de ses armées, à Wilna, notre mouvement vers le Niémen s'accentua davan-
tage. La brigade Pajol (2' chasseurs, colonel Mathys ; 9* lanciers polonais, colonel Psichikonsky), formant avec celle àa général Bordessoulle l'avanUgai'de du 1" corps, sortit de Danzig, passa la Vistule à Dirchau et vint cantonner à Elbiog. L'infanterie de Davout fut concentrée au-delà de la Vistule, entre Marienwerder, Marienburg et Elbing.
Le corps auxitiidre prussien, couvrant Davout, s'avançait jusqu'au Niémen; Oudinot (2* corps) venait à Danzig ; Ney (3' corps), à Thorn ; le prince Eugène, à Plock, avec les- Bavarois (6* corps) et les Italiens (4' corps); le roi Jérôme, à Varsovie, avec les Polonais (5* corps) , les Saxons (7" corps) et les Westphalien3(8* corps); enfin la garde impériale se rassemblait & Posen, tandis que les Aulrichiens, alliés de Napoléon, se préparaient à déboucher de Gallicie en Volhynie.
La concentration de notre armée ét«t donc à peu près complète au moment où Napoléon quitta Paris, le 9 mai. Le 16, il arrivât à Dresde, où il reçut la visite de presque tous tes souverains de l'Europe. Le 29, il se portfut sur les bords de la Vistule, pour commencer les opérations.
Arrivé à Thorn le 2 juin, Napoléon fixa au 6 le mouvement général de la Vistule au Niémen. Le roi Jérôme devait, avec les Westphaliens sous ses ordres immédiats, avec les Saxons sous Reynier, et les Polonais sous Poniatowski, se porter par Pultusk, Ostrolenka, Goniondz, sur Grodno. Reynier seul (7° corps) s'écarterait un peu de cette direction par un mouvement à droite, et remonterait le Bug, pour donner la main au corps auxiliaire autrichien. Le prince Eugène, avec les Italiens sous son commandement direct, avec les Bavarois sous Saint-Cyr, devait partir le 6 de Soldau, passer par Ortelsburg, Elastenburg, Olezkow, et aboutir au Niémen dans les environs de Prenn. Les maréchaux Oudinot, Ney, Davout, la garde, s'avanceraient parallèlement, de nianière à venir border le Niémen de Tilsit à Kowno: Ney, en passant par Osterode, Schiupenbeil, Gerdaun; Oudinot, pnr Marienwerder, Liebstadt, Eytau, Vehlau ; Davout, par Elbing, Braunsberg, Tapiau. Comme le I" corps (Davout) était le plus à gauche, il fut porté sur Konigsberg, et Pajol occupa successivement Preuss-Holland, Wormditt, Mehtsack, Zenten, Brandenburg et Lichtenhagen.
Après avoir inspecté toutes les places de la Viatule, Napoléon étut venu à Danzig ; il se rendit ensuite ii Konigsberg, pour passer en revue ses troupes en position sur la Pregel et les porter sans retard vers le Niémen, où il voulait les trouver réunies le 32 juin. Ces troupes, dont il se réservait la direction immédiate, présentaient un effectif de 200,000 hommes, répartis entre les corps de Davout, Oudinot, Ney, la garde impéri^e, et deux corps de cavalerie de réserve. Cette masse s'avancerait par Kowno sur Wilna. Un peu plus éloignés de l'Empereur se trouvaient : le corps de Macdonald (30,000 hommes), dirigé par Tilsit sur la Gourlande; celui du prince Eugène (80,000 hommes), qui devait passer le Niémen &Prenn,etceIuiduro!JérAme (70,000 hommes), qui déboucherai par Grodno.
C'étaient donc, en y comprenant les deux corps fournis par la Prusse et l'Autriche, 400,000 combattants, qui allaient envahir l'empire des czars.
Napoléon voyait dans la Russie la seule nation qui pût soutenir l'Angleterre dans sa lutte contre lui et menacer la France et l'Europe elle-même, quand son génie viendrait k lui manquer. Le besoin d'étonner le monde, le désir d'affermir sa dynastie pai' de nouvelles conquêtes, précipitèrent cette aventure désastreuse.
A l'attaque formidable de Napoléon, la Russie aviùt à opposer deux armées, sous les ordres de Barclay de Tolly et de Bagration.
La première, forte de 150,000 hommes, avait été rassemblée snr la Dwina, de Vitebsk à Dwlnaburg, d'où elle s'était avancée jusqu'à Wilna, envoyant ses avant-postes à Kowno et le long du Niémen.
La seconde armée, de 100,000 hommes environ, avait été réunie sur le Dnieper, de Smolensk à Rogbatschew, d'où elle avait été portée à Miosk, avec des avant-postes près de Grodno.
D'après cet emplacement des forces ennemies. Napoléon résout de marcher immédiatement sur Wilna avec la plus grande partie de ses troupes, de s'y placer entre Barclay de Tolly et Bagration, afin de les séparer dès l'abord, pour avoir plus facilement raison de chacun d'eux.
En conséquence, le corps de Davout, déjà porté à Gumbinnen, par Wehlau et Inslerburg, fut acheminé, le 19 juin, dans la dî-
fi PAJOL.
rection de Kowno t la brigade légère du général Pajol parUt de Niebuszen et s'arrêta à Plllkallen, après avoir traversé BrakupOhnen, Tutschen et lentkutkampen ('). Le quartier général du corps d'armée était installé, ce même jour, à StallupObnen, au centre des cantonnements de l'infanterie.
Le 20, Davout continua son mouvement sur Wilkowiask, où il arriva le soir. Pajol se portait à Schirwindt et Neustadt, par Szieden et Willuhnen, occupant les points les plus rapprocbés du Niémen, qu'il observait déjà, depuis la veille, par un escadron envoyé à Szaki. Ce détacbement s'était établi au village et avait lancé des patrouilles le long du fleuve, entre lurbork et Viliona, afin de surveiller les points où l'ennemi pouvait tenter le passage. H était expressément défendu aux éclaireurs de se porter sur la rive droite ; ils devaient se borner à signaler tous les mouvements des Russes, soit en avant, soit en retraite.
Napoléon employa les journées du 21 et du 22 à rapprocher de la forêt de Wilkowiszk le 2* corps (Oudinot)et le 3' (Ney), la garde impériale et la réserve de cavalerie. Le 23, à la tète de cette masse imposante, ïl déboucha de la forêt, et vint se déployer audessus de Kowno, en face du fleuve qu'il allait franchir. Trois ponts furent jetés par le général Éblé à six kilomètres en aval de Kowno, d^ns un coude très-favorable de la rivière, près du village de Ponemoni, Le 24, à la pointe du jour, la brigade Pajol passa le fleuve, suivie bientdt par la cavalerie de Bordessoulle et toute l'infanterie du 1" corps. Aucune troupe ennemie ne s'opposa au passage ; Kowno et les ponts de la Wilija tombèrent en notre pouvoir. Sans perdre de temps, le maréchal Davout fut acheminé sur Wibia, où se trouvait l'empereur Alexandre.
Resté près des ponts. Napoléon veillait à l'exécution de ses ordres et indiquait à chaque corps, au fur et & mesure du passage, la route qu'il devait suivre : Oudinot ('), formant Taîle gauche, marchait sur 'Vilkomir; Ney devait se porter à droite
(') Voir Plèeet jutlijiealires, d° 1.'
{') Oudinot (Nicolw-Chirie*) niquit à Btr-1e<Duc (H«uw), le 2i avril 1767. D'un canctère tirdeni, il faisùt oublier >e> étaurd«rie«, «u coltêgt de Toul, pir m franchÎBcet la droiture de ion cœut. Il l'engi^et. le I juin l7St,dai»)er£siiiiaDlde Hidoç. Quoique appirleauii à uoe famille honorable du commerce, it n'était que
d'Oudinot, pour l'aider k pousser dev&nt loi le corps ennemi de Baggowoutb, qu'on rejetterwtsur Wittgenstein, contre lequel le maréchal Macdonald, qui devait franchir le Niémen à Tilsit, élait dirigé avec 11,000 Polonais et 17,000 Prussiens. Enfin Murât fut réuni à Davout et envoyé sur la route de Wilna ; il coucba, le 25 au soir, ainsi que le l" corps, h Zizmory..
Le 26, Mural et Davout s'avancèrent sur lewie, qui fut occupé le 27 ; le lendemùn, après un léger combat livré par la cavalerie du général Bruyères, ils entrèrent à Wilna, abandonnée par l'armée de Barclay de Toliy, qui avait brûlé les ponts de la Wilija et les magasins de vivres et de fourrages que contenait la ville.
Cette armée, séparée désormais de celle de B^ration, qui n'avait pu rejoindre k Wilna, se retirait dans le camp retrandié
■ergeni aprèt trait antde Krvicc 11 quitte l'*Tmée le 6 *eplembi« 1787, et rerint à Bir-le-Duc. Ses piTcnta reuTo^rèrent àNancf pour apprendre le commeTce.
Lanjue le gouvcmement ordonna daoi le) proviaeet la IbniutioD d'iia corpt •oldé, Oudiool fut proclamé capilaioe dani la milice ritoycDDe, le 15 juillet 179U, Le T novembre, il était, à l'unanimité, nommé chef dn 3* bataillon des voloniiiret de U Meuse, et appartenait à l'armée de La Facétie. Général de brigade, le U jnin 179t, à vingt-iept aoi; le 18, prisonnier à l'afTaite de Keckerau, il reitei Ulm jusqu'au 7 janvier 179G ; commande la I" division de l'armée de Ha^ïmce et du haut Rhin, jusqu'au 6 octobre 17S8; général de divition, le 13 avril 1799; , maréchal, le 13 juillet 1809, aprè* la bataille de Wagram.
Le 23 décembre IBIO, Louia XVlll le nomma inspecteur général des gardes Dationalea du royaume, «t commandant en cbef de la garde nationale de Paria. Gnod chancelier de la L^on d'honneur, le 17 man 1B39. Le 31 octobre I8t3, il remplaça te maréchal Uoncej au gonvernemcnt des Invalides, Mort le 13 ieplembre 1841.
Sa taille, mojuine, était droite et bien prise ; ton froot découvert, avec dei aourdli bien arqués; les jeui vib et pénétrants, laissant voir, àtravers la liin|ùdité d« Un regard intelligent et franc, tonte sa loyauté. Le coin de ta bouche légèrement rcIcTé et ta lèvre inférieure nn peu avancée donnaient à ta physionomie une inrue extr&ne de teinte lardonique. Un grand air de bonté, qui éuit le fond de ' ton caractère, tempérait tes dispositions un peu railleuses.
La maréchale Oudinot, duchesie de Reggio, était morte le 32 mai 1810. Le maréchal épouM en secondet Docet, le 19 janvier 1B12, Eugénie de Couey, qui dniul prantère dame d'honneur de S. A. R. madame la duchesie de Berry. Il en rat quatre enfants, deux lillei, et deax Cts : Charles, mort chef de bataillon de uuvM, et Henri, général de brigade. Du premier mariage, il avait eu quati« Elles, dont ma mère était l'ainée, et deux &ls : Auguste, colonel du 3' régiment da ebaMcun d'Airique, tué au boit de Huley-lsmaïl, le 36 juin 1835; et Victor, gcnènl de division, mort le 7 juillet 18(3, dont le petit-lilt, Charles, sert dan* nos
8 pa;ol.
de Drissa, sur la Dwina. Le plan de Napoléon avait réussi en partie. Pour assurer )e succès, il fallait continuer le mouvement entre les detu pnncipales armées russes. Napoléon résolut donc, tandis qu'il arrèterut sa gauche (Macdonald, Oudinot, Ney) devant Barclay de Tolly, pour rallier la queue des colonnes et des bagages, de pousser vivement sa droite ( Davout, et plus loin Jérdme ) , alin d'intercepter la route que devait suivre Bagration. Pour relier ces deux aites, peu éloignées l'une de l'autre, il prescrivit à Murât d'étendre sa cavalerie de Gloubokoe à Wileika.
Le mouvement de Davout commença le 29 juin, vingt-quaft-e heures après son entrée- à Wilna. Les deux brigades de cavalerie furent lancées en éclaireurs, celle de Bordessoulle sur Roudomina et Lida, celle de Pajol vers Ochmiana et Lavarjikki. Elles avaient ordre de s'informer de l'ennemi, et de ramasser les petits détachements russes qui passenùent & portée et chercheraient à rejoindre l'une ou l'autre armée. L'infanteiùe du l" corps suivrait de près, à un ou deux jours d'intervalle, par la route qui semblerait la meilleure pour atteindre Bagration.
Le général Pajol alla coucher, ce même jour, à un village situé à une lieue eç avant de Miedniki ; il battit l'estrade, chemin faisant, et il apprit que Ochmiana avait été évacuée depuis quinze jours par l'infanterie; que vingt-quatre pièces de canon, sous le commandement du colonel Ostropof, en étaient parties huit jours auparavant, se dirigeant sur MinsX par Smorgonie. It sut enfin que, la veille à quatre heures du soir, le régiment des dragons de Moscou, et une assez grande quantité de ba^î^es, qu'escortait de l'infanterie, s'y étaient installés, venant de Grodno. Ces forces paraissùent être l'avant-garde d'un corps important.
D'après ces renseignements, qui lui furent transmis sans * retard, l'Empereur ne douta plus qu'on ne fût en présence des têtes de colonnes de Bagration, cherchant à rejoindre Barclay de Tolly, ou de l'extrême gauche de ce dernier, manœuvrant dans le but de rallier Bagration. Il fit partir Davout avec la division Gompans pour soutenir Pajol, dirigea la division Dessaix, du côté de Bordessoulle, et conserva à Wilna la division Morand, afin de la lancer où besoin serait.
Pajol s'était mis en marche le 30 juin au matin de très-bonne heure, gagnant Ocbmiana avant le gros des forces ennemies. Il se fit précéder par une avant-garde de 400 cavaliers, pris moitié dans le 2° chasseurs, moitié dans le 9* lanciers polonais, sous le commandement dn chef d'escadron de Canouville, du 3* chasseurs.
A peu de distance d'Ochmiana, cette avant-^arde signala un détachement russe, qui se composât du régiment des dragons de Sibérie, de c«lui des hussards de Maryampol et de quelques ceotunes de hussards bleus (parements rouges). Pajol se porta immédiatement à sa tète de colonne, qu'il lança sur l'ennemi; les Russes furent culbutés dans ta ville; on leur tua unednqnantaine d'hommes et on leur fit douze prisonniers.
L'ennemi, s' apercevant de la faiblesse du détachement français qui l'avait fait reculer, se reforma en dehors d'Ochmiana et ramena nos escadrons d'avant^arde. La brigade prit alors l'offensive et réoccupa la ville, dont les Russes furent expulsés.
Cette escarmouche nous eoûta un capit£Ùne de lanciers et quatre chasseurs du 2' régiment tués, un officier (Dalognier) et plusieurs cavaliers blessés (').
I^ détachements ennemis auxquels on venait d'avoir affaire arrivaient de Grodno par Olchani. Les prisonniers déclaraient qu'ils étaient suivis des dragons d'Irkoutsk, d'Orenburg et de KaDsky, de viogt-quatre bataillons d'infanterie et de chasseurs
(■) Dana ce dJUchement du !* régiment de cbasseun, qui se cooduiiit avec tant ie bnToure, ne irouviiit te jeune camie de Crillon, descendant du Tameui. Critlon. ' Crilloo (Louii-Marie-Proiper Berlon de Balbes de), ué k Paris le 30 juillet 1781, mu-lieulcDBiit au 2' cbnucun le 30 mars 1B03, fut compmdanila liitedei Jeunet pm de grande famille et de l'anrienne arislocralie restée en dehors du GouverneiMnt euiqueli l'Empereur envoya des lirevets d'olficier. La Itochejaquelein , de Bolun-ChabDl, de Castries, Chabanacs, de l'Espinay, Caslelbajac, etc., furent de ce MDbre. Capitaine aide de camp du marée liai duc de Heggio, le !! seplemlire 1813, Crillontut blessé à Polotsk, et décoré de la Ijégion d'bouneur. Coioi>el le 30 juin ISM ; matfcbal de camp, le 30 mai lB!!i ; commande une brigade de cavalerie à Uné\ille, le 37 mai 1811 ; lit valoir ses droits a ta retraite en 1818. Horl à Paris, le i mars 1 869.
Sa seconde lîtle, Amélie, d'un teiiit bnin , d'une jolie figure, pleine de douceur, de beauté, el d'une grande dûtinction, aujourd'hui duchesse de Polignae, ■ us deui Qls dans l'année. Son mari, le duc de Polignac, est le Gis aiué du mi- ■ittre prés'ident du Conseil.
(i pied, de deux régiments de hussai'ds de Soumy, enfin d'une nombreuse artillerie.
Ces forces comprenaient les corps de Doktorow et la cavalerie de réserve du général Pahlen, extrême gauche de Barclay de ToUy. Il eût été facile de détruire ce corps, si Davout avait eu à proximité de Pajot une ou deux divisions d'infanterie ; malheureusement, la division Gompans arrivait seulement à Roukoïni ce jour-là, vers cinq heures du soir.
Réduite & ses propres forces, la brigade Pajol dut être arrêtée & Ochmiana, avec des avant-postes à Novosiolki : on ne pouvait songer à l'engager davantage. L'ennemi s'était peu éloigné et gardait une attitude menaçante. Pajol, tout en demandant du secours au maréchal Davout, voulût garder ses positions et se mettre en communication avec le général Bordessoulte, ^rivé à Soletchniki; en même temps, il cherchait à correspondre avec le prince Pouiatowski, qui occupiût Grodno.
Doktorow, se croyant en présence de forces nombreuses, agrandit son cercle autour de Wilna, afin de rejoindre sans retard Barclay de ToUy. Il arrêta ses troupes en marche vers Ochmiana, rappela ses avant-postes de Novosiolki et, couvert par la cavalerie de Pahlen, il se porta sur Daniouchew et Smorgonie, où il avait l'intention de franchir la Wilija. Sa 24° division, arrivée à Olchani, fut acheminée sur Smorgonie par . Borouni.
L'extrême gauche de l'armée de Barclay de ToUy {arrièr&garde du corps de Schouvaloff, cavalerie de Korff et 8,000 Cosaques de Piatow) se trouva complètement coupée. Elle se rabattit sur Bogdanow et Volojin, où elle fut recueillie par Bagration.
Sentant que le corps de Dolctorow lui échappait, Davout voulut chercher à atteindre son arrière-garde : le i" |uillet au matin, i! envoya «ne reconnaissance de cinquante cavaliers sur Soli, afin de connaître le point vers lequel l'ennemi se retirât; tandis que Pajol, à la tête de tous ses escadrons et soutenu par de l'infanterie, marchait sur Olchani. De plus, le maréchal faisait arriver en toute hâte à Ochmiana ses deux divisions, arrêtées la veille à Miedniki. Il était ainsi prêt à se porter, suivant les drconstaoces, sur Smorgonie ou sur Olchani.
Parvenu à Kamiouka, village situé à une lieue et demie avant
Olcbani, Pajol fut vigoureusement attaqué par 5 à 600 Cosaques ou hussards, qui lui blessèrent très-brièvement trois ofilciers et une douzaine d'hommes. Le terrain coupé et hoisé qu'occupât une infanterie assez nombreuse, dont tes feui nous faisaient beaucoup de mal, ne permit pas au général Pajol de déployer ses escadrons; il dut rétrograder jusqu'à Poleniki, où il trouva l'i^jpui de son infanterie, qui arrêta la poursuite des Russes et leur ât essuyer des pertes assez considérables.
Cette escarmouche pouvait faire croire que Doktorow était encore là. M»s la reconnaissance sur Soli rendit compte que de nombreuses troupes avaient défilé, la veille, à Smorgonie et franchi la Wilija siir le pont, qui avait ensuite été brûlé. Le doute n'était plus possible : grâce à la rapidité de ses mouvements, Doktorow s'était échappé, et Davout n'avait devant lui qo'une arrière-garde perdue, ou l'avant-garde de Bagration, occupant non-seulement Olcbani, mais encore Borouni, où une reconnaissance envoyée par Pajol n'avait pu pénétrer. Un détachement dirigé sur Graoujichki n'avait pas rencontré les troupes du général Bordessoulle, arrivé cependant depuis la veille à Soletchniki.
Le maréchal Davout avait à peu près toutes ses troupes sous la main : il n'hésita plus à se porter en avant, certain de pouvoir faire face à toutes les éventualités, malgré la difficulté du pays où il opériût. Il rejoignit avec ses deux divisions d'infanterie son avant-garde, chassa l'ennemi de ses positions et occupa Olcbani le 2 juillet.
D'Oichiwi, la cavalerie de Pajol fut lancée en reconnai^ance dans toutes les directions : sur Trahi, Soletchniki, Borouni et Bogdanow. L'ennemi ne fut signalé que du cAté de Bogdanow, à deux lieues et demie d'OIcbani ; mais on n'avait point de nouvelles des troupes de Bordessoulle, pas plus que de la divlsâon Groucby. Malgré cette absence de renseignements sur la partie la plus importante de sa cavalerie, Davout, convaincu que le prince Bagration prenait la route de Minsk, se décida k précipiter sa marche et à le devancer dans cette ville. Il se mit en route, le 3 juillet, avec la brigade Pajol, la division Compans et les cuirassiers de Valence, sur Bogdanow, Vichniew et Volojin. Pajol prit la tète de colonne, et partit à deux heures du matin.
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soivi de près par l'infanterie. Vichnïew fut occupé le même jour ; un avant-poste de cavalerie conduit par le capitaine Daubenton fut établi à Maghientse, avec mission de chercher à connaître la position de l'ennemi du côté d'Iewje ; une reconnaissance fut lancée sur Smoi^onie. Le reste de la brigade d'avant-garde, remis en route, le 4 au matin, dépassa Votojin , et s'arrêta à Polikstchizna, I>e maréchal Davout arrivait le même jour à Volojin.
Le poste de Maghientse signala l'ennemi à louratsichki et à lewie. Dans cette dernière ville il y avùt, au dire des habitants, un camp de 30,000 hommes d'infanterie et de cavalerie. Il paraissait certain que des troupes nombreuses', venant de Grodno, étaient en mouvement de Novogrodek sur Stolotse. Davout se trouvait maintenant devant l'ai'mée de Bagratton. Le gros des forces du général russe était encore éloigné, mais son intention évidente était de gagner ou Minsk ou Bobruisk. Les détachements ennemis signalés 4 Iveniets appartenaient au corps de DorokofT, chargé par Bagration de masquer son mouvement.
Deux ou trois régiments de Cosaques harcelaient la droite de Davout. Désireux d'établir ses communications avec le prince Poniatowski, le maréchal résolut de balayer ces éclaireurs. Afin de n'être pas pris au dépourvu s'jl rencontrait un ennemi plus nombreux qu'il ne le supposait, il arrêta ses troupes et leur fit prendre position derrière l'Islotch, Son avant-garde, composée de la brigade Pajol et de la brigade d'infanterie du général Dupellin, se porta, le 5 juillet à trois heures du matin, sur Perchai, et s'y installa, & cheval sur les routes d'Iveniets et de Rakow;une,reconna!S3ancede cavalerie fut jetée, à quatre heures du soir, sur chacune de ces routes, et soixante cavaliers furent lancés du'côté de Minsk à la poursuite d'un convoi ennemi qu'on disait égaré. On trouva à Perchai, ainsi qu'à Don, occupé le raême jour par un bataillon d'infanterie et un escadron de cavalerie, des magasins assez considérables de froment, de seigle et d'avoine, ressources fort utileâ aux hommes et aux chevaux, car la disette de vivres et de fomrages se faisait déjà sentir.
Le corps de Dorokoffétait toujours en force sur la rive gauche de l'Islotch et à Iveniets, où la reconnaissance envoyée par
P»jol l'avait trouvé très-bien établi. Cette circonstance détermina le maréchal Davout h faire dans cette direction une démonstration plus imposante, aCm de connaître les intentions de l'ennemi. Le 6 au matin, le cbef d'escadron Lacroix partit avec trois escadrons et un bataillon d'infanterie; il suivit au milieu des bois la route d'Ivenietâ, rallia la reconnaissance qui, la veille, étaitentrée dans la ville, malgré les Cosaques, mais n'avait pu s'y maintenir. Assailli par une très-vive fusillade, le commandant Lacroix fut forcé de s'arrêter et de se' réfugier, avec le bataillon du 25° de ligne, dans les bois, pour ne pas être tourné et coupé. Les renseignements qu'il recueillit auprès des habitants le convainquirent de la présence, sur ce point, d'un corps ennemi nombreux, qui semblait se retirer vers le sud-est. Il rejoignit la brigade, toujours à Perchai. Son rapport confirma ce que Davout savait, d'autre part, sur la marche des Russes. Persuadé que le corps de fiagration filait sur Minsk eu se couvrant sur sa gauche, le maréchal comprit qu'il n'aurait pas d'affaire sur l'Islotch, et qu'il devait gagner Minsk, au plus vite, afin de détourner Bagration vers le sud. Il résolut, en conséquence, de se porter à Rakow (').
Le lendemain?, la brigade Pajol, soutenue par le 23° de ligne, quitta Perchai et s'avança vers Rakow, où le corps d'armée se rendait par Dori. Fajol avait mission d'éclairer le front de la colonne et son flanc droit, sur lequel pouvaient déboucher, à chaque instant, les éclaireurs ennemis. Un poste de cinquante cavaliers laissé à Perchù devait les signaler s'ils venaient d'iveniets. Du reste, l'arrivée prochaine de la cavaJerie de Montbrun devant Kamien éloignermt les Cosaques de cette position.
Le service de l'avant-garde était fort pénible : il fallut exécuter chaque jour, avec des chevaux mal nourris, des courses trèslongues. Aussi la brigade Pajol était loin de présenter l'effectif qu'elle comptait, trois mois auparavant, au passage de la Vistule. Si àl'actton dissolvante des marches forcées et du service des reconnaissances on ajoute la tendance qu'avaient les généraux de division, ou même de brigade, à fùre courir à
(') Voir Pièeeijailifica/ifei, n" î.
droite et à gauche les cavaliers qu'ils rencontment, et dont le régiment u'avût plus de nouvelles, on comprendra combien le général Pajol fut eOrayé de voir ses effectifs si réduita, au moment où il avait plus que jamais besoin de tout son monde. Il s'en plaignit au maréchal, et le pria d'arrêter c«3 infractions aux règles de la hiérarchie ; il prescrivit de plus & ses cavaliers de n'obtempérer qu'à ses ordres.
L'avant-garde du 1" corps entra dans Rakow, le 7, sans trouver de résistance. Le lendemÛD, Pajol, qui venait d'être rejoint par la brigade Gaulhrin (6* hussards et 8* chasseurs), momentanément placée sous ses ordres, marcha sur Minsk. Au dire des habitants, le gros des forces de Bagration se dirigeût vers cette ville. Afin de ne pas s'en approcher à l'aventure, Pajol se fit précéder par une reconnaissance de 200 chevaux du 6* hussards et du 2' chasseurs, aux ordres du capitaine Biot, son fùde de camp. Ce détachement traversa Minsk au grand trot, mît en fuite un colonel russe, qui, avec quelques Cosaques, était venu requérir des vivres pour un des corps de B^ration, et s'an'ëta seulement au-delà de la porte d'Ighoumen. Là, Biot fut rejoint par toutes les troupes de Pajol, qui, s' attendant à. voii" paraître l'ennemi, prirent une solide position. Maïs déjà Bagration, prévenu de l'entrée des Français à Minsk, faisait filer tous ses corps sur Bobruisk, en évitant soigneusement toute rencontre avec Davout, qu'il croyidt à la tète de 70,000
En eiTet, les reconnûssances portées dans la direction d'Ighoumen et au sud de Minsk allèrent & Samokhwalovitche et à Smielovitche sans rencontrer l'ennemi ; de plus, les habitants du pays déclarèrent que des troupes russes appartenant aux corps de Dorokoff et de Platow avaient défilé les jours précédents, se rendant de Koidanow à Igfaoumen, d'où elles se dirigeaient sur Bobruisk.
Tous ces renseignements concordaient : ils prouvaient que Bagration, ayant renoncé àl'idée d'occuper Minsk, s'était résolu à franchir la Bérézina à Bobruisk, d'où il se porteriùt, par la vallée du Dnieper^ sur Vitebsk et le camp de Drissa. Pour exécuter cette périlleuse marche de flanc en présence d'un homme de guerre tel que Davout, il avait besoin de toutes ses forces ;
î] s'arrêta donc à Niesvîj, afin de donner aux corps attardés dans leur marche le temps de le rejoindre- Dorokoff et Platow, qui ament, jusqu'à ce moment, servi de rideau à son mouvement, eurent ordre de se porter à Bobraisk et d'y préparer tous les moyens nécessaires au passage de la Bérézina.
Davobt devina les intentions de son adversaire. Mais la désorgamsaUon des régiments, la fatigue des hommes et des chevaux, l'éloignement du S' corps, le foi-cërent à ralentir sa marche. Afin de rallier le tiers de ses soldats resté en anière et de donner au roi Jérftme le temps de se rapprocher, le maréchal s'installa à Minsk et disposa ses divisions aux environs de la ville : la division Compans sur 1b route d'Ighoumen; la division Des- SEÛx sur les routes de Borisow et de Koidanow; la division Glaparède- en réserve k Groudek ; la division Valence entre l' avantgarde de Pajol et la division Goinpans; la division Grouchy fut placée, partie sur la route de Koidanow, partie sur celle de Borisow, partie k Groudek, d'où elle devait se mettre en communication avec le général Colbert, qui occupait Wileika.
Les ressources trouvées à Minsk (') permirent de faire d'abondantes distributions aux hommes et aux chevaux. G'ét»t une bonne fortune ; car depuis quelques jours les vivres manquaient. Il en résultait dans les régiments une désorganisation qui menaçait de réduire à rien les ^ectiâ. Le maréchal, après avoir ^t distribuer sept jours de vivres de réserve aux hommes et dix jours d'avoine pour les chevaux, prescrivit, dans tous les corps, le letonr immédiat à la plus stricte discipline; il veilla lui-même au rétablissement de l'ordre et prit contre les maraudeura les mesures les plus sévères.
Pajol ne restait pas inactif; il lançait des détachements dans tontes les directions : du cAté de la Bérézina, afm de soulever le pays au nom de l'indépendance polonaise ; du cdté de Bobruisk, pour avoir des nouvelles de l'ennemi et intercepter ses conv(»8. Le 10, ses reconniùssances dépassfùent Smielovitche sans rencontrer l'ennemi, et signalaient un convoi d'artillerie venant de Niesvij et se rendant à Poukhovitche. Désireux de ne pas
(') 3,600 quÎDlaai de brine, 300 quintaux de gmau, 21,000 boiueaux d'avoioe, 4,000 ijuÎDlBin de foin, de 16 iSO btrriqnea d'eiu-de-rie.
laisser échapper cette proie, Pajol lança dans cette directioQ un fort détachement bien monté et vigoureusement commandé.
Les renseignements recueillis par les postes et les grand' gardes semblaient confirmer que Uagration projetait de gagner Bobruisk, où se rentlaient déjà les troupes qui avaient flanqué sa gauche.
Le mai'échal Davout recevait en même temps la nouvelle que les tètes de colonnes du corps de Jérôme arrivaieut à Mir. Il crut qu'il allîtii pouvoir atteindre le but qu'il se proposât depuis son départ de Wilna :' devancer l'armée de Bagration sur la Bérézina et lui fermer le passage, pendant que le roi de Weslplialie l'attaqnerait par derrière, la forcer de mettre bas les armes on de se sauver dans les marais de Pinsk. Il résolut d'accélérer sa marche sur Bobruisk, et mit en route, le 10 juillet à une heure et demie après midi, la brigade Pajol, qui s'avança à Nertscheia, occupant Tghoumen par ses avant-postes. En même temps, la division Valence marchait sur Smielovitche, et un régimeut de la division Grouchy se portait à Doukora, d'où il se lierait avec Pajol par Mikhaleva.
Au moment où ces mouvements commençaient, la reconnaissance lancée vera la Bérézina rentrjût à l'avant-garde ; elle avait traversé Liadi, Dratchkow, Pokalin, Chipianska, et avait regagné Minsk par la grande route de Borisow. Dans son long circuit, elle n'av^t pas rencontré l'ennemi; les renseignements qu'elle avait recueillis signalaient sa présence à Borisow. On supposait qu'il n'y tiendrait pas, car il annonçait déjà sa retraite sur Smolensk. Ces forces russes, qui devaient être l'extrême arrièregarde de Doktorow, ne pouvaient gêner la marche du 1" corps.
Le général Pajol, se couvrant seulement en avant et sur sa droite, se porta, le M , à Ighoumen, où il fit préparer 50,000 rations de pain et 15,000 rations de foin et d'avoine. Malgré la fatigue des chevaux, il envoya des reconnaissances : vers Doukora, où l'on signalait la présence d'un régiment russe égaré; sur Poukhovitche et du côté de la Bérézina, à Iakchilse; déplus, il expédia des Polonais à Bobruisk et à Sloutsk, alin d'avoir des nouvelles positives de Bagration. Pendant ce temps, le mouvement dn général Valence sur Smielovitche éiiùt achevé ; les 3,000 chevaux de Grouchy se trouvaient répartis de Minsk à
DouLora, et Davout se disposait à soutenir ses avant-gardes, si elles étaient sérieusement menacées.
Le 12 au matin, la marche en avant continua : la brigade Pajol fut portée au-delà d'Ighoumen, avec des postes avancés k latchitse, Poukhovitche et Lapitche. Les renseignements rapportés par les cavaliers battant l'estrade s'accordèrent à signaler ta suspension des travaux aux fortifications de Bobruisk, où il n'était encore arrivé que très-peu d'infanterie, en dehors des dii-huit bataillons d& garnison. Il devenait probable que Bagralion, marchant de Niesvij par Sloutsk et Ghlousk,-traverserait la Bérézina sur les ponts de Bobruisk et se porterait te plus rapidement possible sur le Dnieper.
Davout attendait à Minsk depuis le 8. Il écrivit à l'Empereur que, l'armée du roi Jérdme n'arrivant pas, il ne pouvdt, avec deux divisions françaises d'infanterie, arrêter et accabler la deuxième armée russe sur la Bérézina; qu'il allait chercher à devancer Bagration àMohiIew, en se dirigeant en toute hâte sur- Kochanovo, où il porterait en trois jours les troupes qui s'étwent emparées de Borisow, et en cinq jours celles qui occupjûent Minsk. A peine ce nouveau plan était-il soumis à l'Empereur que le prince Poniatowski annonçait, le i3 juillet, au maréchal, l'arrivée h Niesvij du 8* corps, prêt à marcher sur Bobruisk. Davout reçut en même temps, de Napoléon, l'avis qu'il pourrmt prendre, aussitôt la jonction des deux corps effectuée, la.^ection Supérieure des opérations ; et que des ordres pressants étaient adressés au roi JérAme pour lui faire accélérer sa marche. Le chef du 1" corps reprit confiance. Apprenant qu'on était à la veille de se réunir sous Bobruisk, il se décida à porter sur-lechamp ses trois divisons d'infanterie (Gompans, Dessaix et Glaparède) à Ighoumen.
Leur mouvement, couvert par la division Valence, s'exécuta promptement, et poussa l'avant-garde à Iakchitse. Pajol fut alors chargé de chercher sur la Bérézina, de Iakchitse à Bobruisk, les points où le passage de la rivière pourrait s'effectuer dans les conditions les plus favorables.
Davout donna avis de ces dispositions au roi de Westpbalie, et lui communiqua là décision de Napoléon pour le cas de réu- DioQ des deux corps d'armée. Profondément irrité de la position 1)1. 2
subordonnée qui lui était infligée comme une puniUon, Jérôme résigna son commandeoient et le remit à son chef d'ét^-major, )e général Marchand.
Le général Pajol continuât son service de reconnaissance sur laBérézinaet sur son affluent, laSvislotch. Un de ses détachements en vint aux mains avec les Cosaques entre Lapitche et Kholoui ; un autre, commaBdé par le capitaine Vaudois, du 2* chasseurs, s'empara, dans cette dernière ville, après un combat trës-^f, du parc d'artillerie de cent dnquante voitures que l'on poursuivait depuis le iO. Les chevaux des attelages ayant été dispersés dans le combat, et les harnais perdus, il Tut impossible d'enlever les caissons, qui restèrent parqués auprès de la ville; né^uimoins nos chasseurs ramenèrent 400 chevaux environ et la plus grande partie de l'escorte. Ce convoi avait quitté Niesvlj le 9 juillet, avec ordre de se rendre à Minsk. Averti, en route, de l'occupation de cette ville par les Français,
' il avait changé d'itinéraire pour gagner Bobruisk.
Ce même jour, 13 juillet, de nombreux partis de Cosaques traversèrent la Svislôtch et nous attaquèrent. L'attitude menaçante de nos avant-postes détermina la retraite de ces bandes, qui repassèrent la rivière en toute hâte, pourchassées par uo détachement de lanciers poionûs.
Arrivé le 14 à Ighouiùen ('), Davout conservât encore, le 15 au matin, l'espoir découper Bagratlon de Bobruisk. Voulant être prêt à tout événement, il porta la brigade Pajol à lakchits^, lui adjoignit le 2S* de ligne, commandé par le général Dupellîn, et une compagnie de pontonniers, afin de jeter immédiatement un pont au'dessus du confluent de l'Ouza. Pendant ce temps, de fortes reconnaissances de la division Chastel étaient dirigées du côté de la route de Bobruisk à Ghiousk et vers Lapiti^e; car 00 signalait de grands mouvements de troupes dans ces direc-
' tiens.
Le général Pajol, installé i Iakchitse, le IS dans la matinée, envoya à Svislotcb, avec Uervo, aide de camp du maréchal, un fort détachement, qui devait se rabattre ensuite à Kholoui, pour détruire le convoi qui y avait été abandonné. Cette reconnais-
{') Voir Piieei jullijltalirti, 0* I.
sauce trouva l'enDemi une heure avaat d'arriver à Svislotch, et dut se replier sans avoir accompli sa mission. Heureusement, le apilaine qui avait été laissé avec 50 hommes h la garde du convoi, s' étant vu attaqué par un grand nombre de Cosaques, av^t, avant de se retirer, fait sauter la plupart des voitures ; et l'ennemi, manquant de chevaux, s'ét^t décidé h détruire le reste. Le but était atteint : le convoi n'existait plus. L'aide de camp du maréchal put lui en porter la nouvelle.
Ce développement notable des efforts de Tennemi prouvait que l'armée de Etagration approchait, et que la positioD de Pajol, si souvent reconnue par les Cosaques, l'inquiétait beaucoup. Aussi le maréchal se tenait-il prêt à s'élancer sur Bobniisk, quand il reçut de Jérdme l'avis qu'il se démett<ùt de son commandement. Le v» de Westphalie avait quitté l'armée le 46, après avoir fait opérer à ses troupes une espèce de mouvement rétrograde pour gagner Bobruisk par Ighoumen. Ce détour, que les difficultés du terrûn expliquaient, n'exigeait paa moins de quatre jours. Davout comprit que tout était manqué sor la Bérézina, et qu'il fallut songer au Dnieper. 11 prescrivit à Pajol de iaire passer, comme l'on potu*rait, quelques hommes SOT la rive gauche de la Bérézina, pour s'enquérir de l'état des routes conduisant h. Mohilew ; de plus, il ordonnait de presser la construction du pont commencé le matin. Les éclaireurs ainsi lancés à l'aventure rentrèrent, après cinq ou six heures de courses trës<pénibles ; ils avaient rencontré l'eonemi à Ostrow et trouvé une contrée très-boisée, dans laquelle la route de la Béréiiua à Mohilew et celle de Iakchitse à Pogosts étaient seules praticables. C'était de ce côté que le 1" corps allidt agir.
Le 16, instruit que de fortes colonnes ennemies étaient en marche de Gblousk sur Bobruisk, Pajol dirigea une reconnaissance sur Gorodok, h travers bois, afm de vérifier le fait, et de s'assurer si BagraUon se disposait à franchir la Bérézina. Klle apprit que de grandes masses de troupes étuent signalées aux environs de Bobruisk, et qu'elles devaient traverser la rivière ie lendemain ou le surlendemain.
Davout n'hésita plus à conunencer son mouvement : il porta deux divisions d'infanterie et la cavalerie de Valence à Pogosts. Pajol, avec sa brigade, le 1" chasseurs et le 2S* de ligne, fut
I^ssé à Iakchitse, pour manœuvrer sur les deux rives de la Bérézlna, dont la commuDication était assurée par le pont de , bateaux, et pour couvrir la marche du 1" corps ainsi que Ighoumeu, où l'armée polonaise ne devait pas tarder à arriver, lia position faite au détachement placé sous les ordres du général Pajol n'était pas sans danger ; car il allait se trouver fort éloigné du 1" corps et ne pouvait encore compter sur l'appui des Polonais, Si Bagration, poussant une pointe de douze lieues au nord, avait eu l'idée de se ruer sur Iakchitse, la situation de Pajol eût pu être compromise. Le général ennemi songeait à autre chose, et s'estimait heureux d'avoir sa retraite assurée s^r le Dnieper.
Le 17, te maréchal Davout se transporta, de sa personne, à Pogosls et fit avancer ses troupes au-delà de celte ville, dans la direction de Mohilew. Pajol, franchissant à Iakchitse le pont, qui venmt d'être terminé, parcourut à ta tète de ses reconnaissances la rive gauche de la Bérézlna ; il poussa à Ostrow sans rencontrer l'ennemi, mais il apprit par des habitants venant de Bobruîsk que les troupes russes y entrwent.
Le lendemûn, tous les avant-postes français sur la Svislotch et 6 Ostrow furent attaqués, vers une heure du matin, par des forces très-supérieures ; ils durent se replier sur les escadrons de soutien que le général avait échelonnés en arrière. Cependant l'ennemi ne poursuivit pas; après quelques charges, Il se retira, et nos postes reprirent leurs emplacements. Cette alerte et les rapports recueillis de tous côtés Qi-ent penser à Pajol que Bagration n'était pas encore à Bobruisk, et que les troupes entrées la veille étaient peut-être celles de Dorokoff, formant l'avant^arde. C'était vrai, en effet, et ce fut seulement dans ta journée du IS que l'arrivée & Bobruisk de la plus grande partie de l'armée russe fut positivement annoncée. La ville était encombrée de soldats, pour lesquels on av^t fait venir des vivres de Rogbatschew. Le même jour, les éctfûreurs de Pajol disséminés sur la rive gauche rencontrèrent l'ennemi à Maksimovitschi et signalèrent la présence de nombreux Cosaques de ce côté.
Le 20 juillet, à deux tteui'es du matin, tous nos avant-postes furent de nouveau attaqués. Le général Pajol, croyant à une démonstration sérieuse de l'ennemi contre ses positions, se mit en mesure de résister; les divers r^iments sous ses ordres
occopërent tes emplacements de combat désignés à l'avance ; de forts détachements d'éclaireurs se portèrent au-devant des Russes, les repoussèrent et rétablirent nos avant-postes sur les points où ils se trouvaient avant l'attaque. Svislotch fat réoc- CDpé ainsi que Ostrow, sur la rive gauche, où une compagnie d'infanterie s'installa pour enlever les farines trouvées en cet eodroit. Cette pointe de notre cavalerie fit connaître que les flanqnenrs de l'ennemi tenaient Okhotitche^ Des troupes russes nombreuses franchissaient la fiérézina à Bobniisk, sans que rien indiquât encore si Bagration se dirigerait sur Mohiiew ou sur Koghatschew, pour se porter ensuite vers Krasnoë ou Smoleosk, S'il gagnait Mohiiew, il chercherût probablement à remonter le Dnieper et ferwt vers Orcha sa jonction avec Barclay deTolIy, an cas où Davout ne lui barrerait pas le chemin ; s'il franchissait le Dnieper à Roghatschew, ce serait dans le but d'éviter une rencontre avec le 1" corps, et de se jeter dans la vallée du Soj, qui le condairùt à Smolensk. Dans cette dernière hypothèse, il avût à parcourir un chemin considérable, et l'on ne serait pas de longtemps inquiété par son armée.
Bagration connaissmt alors la force réelle du 1" corps ; sachant d'ailleurs que l'armée polonaise était encore très-éloîgnée , il Décrut pas devoir s'éloigner autant du théâtre des opérations. Il résolut de s'engager dans la vallée du Dnieper en gagnant Mofaiiew, où il dirigea par Etikhow sa 26* division d'infanterie, aux ordres du lieutenant général Raeffskoi ; iaunédiatement après, marcbait la 12* division, suivie, à distance, de toute l'armée russe.
Davont ét^t arrivé à Mohiiew le 20. Des lettres saisies sur UD courrier fait prisonnier lui apprirent les projets et les mou- Tements de son adversaire. Dans l'attente d'un engagement sérieai, i) expédia au général Pajol l'ordre de quitter sur-le-champ ses positions sur la Bérézina,pourvenir le rejoindre par la route la plus courte, tout en évitant l'ennemi. Il lui prescrivit de se porter à Sermiajenki, s'il y avait de lakchitse lui chemin praticable. Pajol serait ainsi promptement lié au I" corps, et manœuvrerâtsur le flanc gauche des Russes avec d'autant plus de rapidité qu'il opérerait sans les bagages, envoyés d'avance h Bîalenitche. Le prince Foniatowski, prévenu de ces dispositions, deTait hâter sa marche sur Mohiiew.
Les ordres du maréchal parvinrent & Iakchitse dans la matinée du 21 seulement. Le général Pajot se mit immédiatement en ronte vers Pc^osts, malgré les représentations du général Marchand (successeur du roi Jérôme), qui le priait de ne pas laisser à découvert le flanc droit du corps westphalien, enmarche de Smielovitche à Borisow.
Arrivé à Senniajenlti le 22, Pajol y reçut l'ordre de se diriger, le plus rapidement possible, par Bialenitche sur Kuiajitse, où iï devait se trouver le 24. Il choisit ses cavaliers les mieux montés, et laissa en arrière l'infanterie du général Dupellin pour ramasser les traînards et surveiller les bagages. Il prit alora la direction qui lui étfût assignée et se trouva ainsi, par son in- Tanterie et sa cavalerie, maître de tout le pays compris entre Sermiajenkl, Bialenitche et Kniajitse. Il protégeait l'aile droite du 1" corps, qu'il pouvait rallier au premier signal.
Pendant que Paj'ol exécutât ces mouvements, Davout livrât batûlle, le 23, à Soltanowka, à une forte partie de l'armée de Bagration, conduite par le général Raeiïskoi. Après une lutte qui dura toute la journée, il parvint à rejeter l'ennemi sur Novi-Bikhow, où Raeffskoi trouva l'appui de toutes les divisions russes restées en arrière. Il y avât lieu de s'attendre à un retour oEfensàr, le lendemain. Pajol reçut l'ordre de traverser Kniajitse, pour venir prendre, au sud-ouest de Mobilew, la droite du 4" corps. Use dirigea sur sa droite, vers le village de Stbeglitse, tout en coDservont, par Bialenitche, où était établi un poste de cent chevaux, ses communications avec le prince Poniatowski.
Ces divers mouvements, ordonnés en vue d'une nouvelle attaque des Russes, amenèrent les troupes de Pajol aux avantpostes du 1"' corps, sur le Bnieper; Mobilew devint le quartier général du maréchal, qui y demeura jusqu'au 28 juillet. A cette date, l'ennemi ne faisant plus aucune tentative de ce côté, Davout résolut de remonter vers Orcha, afm de ae rapprocher de la grande armée, qui arrivait k Vitebsk. Les divisions d'infanterie et de cavi^erie furent réorganisées. Le corps de Pajol fut dissous : le 2S* de ligne, traversait Mobilew, rejoignît sa division sur la route de Chklow ; le 1" chasseurs rallia sa brigade ; il ne resta plus au général Pajol que ses deux régiments de cavalerie, avec lesquels il devait fonner l'arrière-garde, eo
jetant sur la rive gauche du Dnieper des partis qui marcher^ent isft hauteur. Il pourrait ainsi avoir clés renseignemeats sur la marche de Bagration, qui, après avoir franchi le Dnieper & Novi-Bilthow, se dirigeait par Propoisk sur Mstsislaw et Smolenak.
Le 28, Davont se mit en mouvement sur Orcha, avec les dirisioDS Oessaîx, Gompans, Glaparède, et la brigade Pajol. Le prince Poniatowski resta à Mohilew. Le 1" corps arriva tout entier, le 30, à Orcha, sans avoir été attaqué, mais non sans inquiétude, car l'ennemi paraissait suivre les colonnes, sur la rive opposée du Dnieper. C'était Platow, qui, accompagné des troupes légères de Dorokoff, avait franchi le Dnieper à Vorkolabow, le 2S juillet, et se rendait par Gorki à Dombrowna, pour y repaser le Dnieper et rejoindre l'armée de Barclay de ToIIy. Les Craaques flanquant celte marche hardie n'avaient cessé de se montrer au 1" corps, pendant tout son mouvement de Mohiten i Orcha ; ils t)arvinrent môme & surprendre, k Chklow, une grand' garde de deux escadrons du 2* chasseurs, aux ordres du chef d'escadron Josselin.
Ce détachement de la brigade Pajol avut rdevé an détachement du 8* chasseurs, commandé par le chef d'e&cadron de Lahorie. Avant de partir, cet o^icier avait donné au comnaandant Josselin les renseignements les plus précis sur l'attitude des Cosaques, dont on voyait les bivouacs de l'autre câté de la ritiëre, guéable sur pluàeurs points avoisinants. Pour n'être pas surpris, il fallait donc se tenir constamment sur ses gardes. Le commandant Josselin ne partageait pas les craintes de son prédécesseur ; il se contenta d'établir des petits postes, et il se logea dans Chklow, avec le gros de sa troupe. Les Cosaques, s'étant aperçus de sa faute, traversèrent le Dnieper dans la nuit du 38 an 29, replièrent facilement les petits postes et les vedettes et 96 jetèrent sur la ville, où ils surprirent nos cavaliers endornùs. Beaucoup d'entre eux furent pris ; les autres se sauvèrent comme ils purent et à la débandade. Plusieurs officiers s'efforcèrent en vain de rallier les fuyards, afin de délivrer leurs ca- Diarades faits prisonniers.
En rendant compte de cette fâcheuse aventure, le général Pajol essaya d'atténuer la faute du commandant Josselin ; mais
Davout, qui ne pardonnât pas de semblables négligences, infligea à cet oflîcier sapérieur nne pooition très-sévère.
Cet inddent et les renseignements recueillis sur la rivegau- , che du Dnieper ne laissèrent plus de doute à Davout sur la marche de Ptatow vers DombrowDa. SitAt après son arrivée à Orcba, il songea donc à faire occuper }a route qui de Dombrowna conduit à Babinovitcbe, point par lequel il voulait se lier à la grande armée.
Le 30 au matin, il dirigea Pajol avec sa brigade, renforcée du 25* de ligne (général Dupellin% sur Téolino, afin de former encore l'avant-garde et d'éloigner les Cosaques qui avwent franchi le Dnieper. Le général Gérard fut porté avec 400 cavaliers vers Babinovitcbe. Comme la route qui conduit d'Orcha à Babinovitcbe pouvait Être déjà interceptée par les Russes, son mouvement devîùt se combiner avec celui de l'avant-garde. Pajol s'arrêterîdt à l'embranchement de cette route avec celle de Téolino, afin d'être prêt h appuyer Gérard, au besoin. Si ce général parvenait à Babinovitcbe sans difficulté, Pajol contijiueraît sa marche vers Téolino, en s" éclairant sur ses flancs.
Ces dispositions prudentes furent complétées par la mise en mouvement de tout le corps d'armée dans la direction suivie par l'avant-garde, tandis que trois bataillons westphaliena remontrent par la rive gauche du Dnieper vers Dombrowna, Tout le {''corps se trouva donc en position, le 31 juillet, de Dombrowna à Babinovitcbe, et en mesure de faire face à toutes les éventualités, Boit que Platow eût été suivi par t' armée de Bagration tout entière, soit que le corps de Doktorow, signalé par Grouchy dans les environs de Roudnîa, s'avançât contre lui. Pajol, installé ce même jour à Téolino, lançaitses reconnaissances dans toutes les directions : vers Babinovitche, Rosaana et Loubavitche ; aucune d'elles ne signalait l'ennemi en force.
Prévenu que l'année de Barclay deTolly se retirait, par Roudnia et Porietche, sur Smolensk, Davout résolut de s'avancer, par ses reconnaissances et ses avant-postes, jusqu'à la Bérézinia (pe< tite Bérézina], afin de couvrir ses positions, d'éloigner de ses cantonnements les flanqueurs des corps en retraite et de se lier solidement par sa gauche à la grande armée, établie en avant de Vitebsk.
^dbyGohgle
an. X5
Pajol reçut l'orilre de se porter à Stara-Toukhmia par Mardichevitche et Lobani. A Lobanî, il formerait deux détachements de doquante cavaliers chacun, qu'il dirigergit sur k Verkhita par Soudjilovitsche, Olkbowka et Sloboda. L'un d'eux s'établirait sur cette rivière, dont l'autre remonterait la rive droite. Ces détachements auraient mission de reconnaître le pays avec soin etde s'enquérir du général Grouchy, qui devait déboucher de Babinovitche sur ces points. A Stara-Toukhinia, le général Pajol détachenût en avant deux bataillons du 25* de ligne. Toutes ces dispositions exécutées, la cavalerie de Pajol se trouva, au 1" août, établie entre Dorotiiio, où s'étendait sa gauche, et le Dnieper, où s'appuyait sa droite ; les trois bataillons qui restaient du 25* de ligne furent campés en arrière.
Les reconnaissances envoyées dans tous les sens rencontrèrent les avan^postes de Ney à Loubavitche et ceux du roi de Naplcs à Roudnia, et complétèrent ia jonction du 1 " corps avec la grande armée.
L'isolement du corps de Davout (') n'avMt pins de raison
(') Pendant I* cunpsgne de Ruuic, duI corps d'arméfl ne fui (oumii k de plui ivàts rpreuTei que le coq» de IhiTOUl. C'est lui qui foraiti l'tiTtnt-giide de I* fnnle iitn^ et qui Bonlinl les premiers combali. Lorsque les autres corps entrécatco lice, celui du duc d'AuersIïdt avait déjà plu»eun lemaioes de fatigues.
Le inarécbal Davout Fut un énei^ique soldat, uu habile général. Sou génie mitiiiire H traduisait, au milieu des campt, par les miles habitudes d'une discipline lipiareuse. Son grand talent fut de mainteuir toujours daui ion. corps d'armée la tenue, la discipline. Cotuenant les soldats contre les maladies, son administralian lut Inir providenee.
De cette conduite, logique en état deguerre, à la dureté de caractère, il y a loin. Elle est donc imméritée, cette répulation de dureté impitoj'ahle envers les populations conquise) et les pajii occupés, réputation que Heine, dans son poème sur VjUttaïafKt, a coatriL>ué ■ faire nu maréchal Davout.
Le reproche que I'od peut adresser au prince d'Echmiihl, c'est de ue pas avoir su conserter, dans les retoun politiques de 1SI4 et )S15, la grande Ggurede commandemeat qu'il avait i ta tile de tes trois immortelles divisions : Morand, Gudin, FrisDt. .
Dtvout (L.-N.), né an petit village d'Annoui (Yonne) en 1770, lut élève à l'écde de Brienne en mime temps que Napoléon; fit les campagnes de 1793, I79t et |79S aui annéesde la Moselle et du Rhin, en qualité de général de brigade; contribua, en Egypte, k la victoire d'Aboukir, et fut, à sou retour en France, nommé général de division, Maréchal en 1804, il prit part ans victoires d'Ulm, d'Austerlitz (1S05),
d'être. Il 3'était séparé du gros des forces françaises, le 29 juin, pour couper et détruire l'armée de Bagration. La deuxième armée russe avMt été écartée, mais non détruite. La faiblesse du 1" corps, les lenteure forcées du roi Jérôme, ne permirent pas d'atteindre ce but. Le mouvement du 1" corpset la^ctoïre de mt & Soltanowka eurent du moins l'avantage d'obliger ration h un immense détour, pour ne rallier Barclay de ^ qu'à Smolensk.
la bataille d'Aucnlïdt (IgOfl), et, i la campagne de 1S09, fut nommé sur le p de bataille prince d'Eclunûhl) batlil Bagration ■ Soltanowka (ISIl), et dé*
(181 SI Hamburg avec un talent et un courage qui mirent le comble à m gloire. tre de la guerre pendant lei Cent-Ioun, commandant de l'armée de Pari» aprèt rloo, pair de France eu IB19; mourut en 1B93, dans m terre de SaTigoj e^et-Harne), biiaant deux RWea et un Tds, mort à vingt-deux ans. La atatue de it, leuvre de Dumant, a été érigée à Auxiire, i l'extrémité d'un vaile boule* de récente création.
Dûpoaitkiti! d«Napo1éoD contre l'armée de Barcla; de Tollf . — Le quartier impé> liai IruttpoTté de Wiliu à Gloubokoé, le tS juillet. — La Russes évacuent le ramp de Driua et le retirent sur Vitebsk. — Napoléon les suit par la rive gauche de la Dwina. — L'amée russe ne tient pal à Vitebsk et bat en retraite sur SmoleusL, — Enir^ des Fran^ii i Vitebsk, le !B JiiilleL — Cautonnementi de raimée frauçaiseautoarde cette ville. — NapoléoD laisse reposer ses troupes dansées positions. — Pajol est toujours aux Bvant-posles,sur la Bérézinia(petiteBéréaiDï].
— Il est remplacé par la division Grouchy, et se transporte sur la rive gauche dn Dnieper.— Labrigade Pajol cantonnée à Roiasna. — Reeonnaiisances sur Ladi et Romanovo. — Constrnction d'un pont à Rosauia. — Davout, prévoyant un Bomement offensif de* Russes, rapproche la brigade Pajol de Dombrowna. — Dispositions de Napoléon pour se porter sur Smolensk par la rive gauche du Dnieper.
— Pajol, nommé gteéral de division, passe au corpadeHontbruD.
Napoléon, arrivé à Wilna le 28 juin, s'était décidé, en raison de la position des armées russes, à arrêter son ùle gancbe, tandis qu'il pousserait son ùle droite sur Bagration, qu'il était important de séparer de Barclay de Tolly, en cherchant à 1& détruire ou à l'annuler. La liûsoQ entre les deux ailes devait être momentanément assurée par la cavalerie de Murât.
En conséquence la garde impériale était restée & Wilna ; les trois divisions Morand, Priant et Gudin, distraites provisoirement du V corps, furent portées vers le nord, dans la direction de la Dwina ; enfin les corps des maréchaux Macdonald, Oudinot et Ney furentchargés de précipiter le mouvement de retraite des Russes, qui, sous le prétexte d'imiter la manœuvre de Wellington en Portugal, se retinûent dans le camp de Drissa, dont ils comptfùent faire de nouvelles lignes de Torrès-Vedras.
La marche de l'aile droite, aux ordres de Davout, s'eOécluant dans de bonnes conditions, l'Empereur fit rejoindre les traînards, hâta l'arrivée du corps du prince Eugène, destiné à former son centre, et se décida à exécuter, à son tour, dés que
le repos donné aux troupes aurait rétabli l'ordre le plus parfait dans son armée, une grande manœuvre contre Barclay de Tolly. Il résolut de se servir des corps de Ney et d'Oudinot, amenés en vue du camp de Drissa, comme d'un rideau, derrière lequel ildérilerait.avecla garde, les divisions Morand, Priant et Gudin, auxquelles il ferait franchir la Dwina sur un grand nombre de ponts, entre Polotsk et Drissa. MtUtre de la rive droite, il se jetterait dans l'intérieur du camp des Russes, qu'il espérait obliger à mettre bas tes armes, quand ils se verraient entourés de tous côtés, sur la rive droite et sur la rive gauche.
Pendant ce mouvement tournant, le prince Eugène s'avancerait, par Wileika, dans la direction de Babinovitche et relierait ie corps de Davout à la grande armée, laissant libre la cavalerie de Murât, qui suivrait l'Empereur.
Les dispositions préparatoires de cette savante combinaison s'exécutèrent dès le 15 juillet. Napoléon arriva à GloubokoS le 18. De là, il ordonna une plus grande concentration de ses corps aux environs de Polotsk, et fit défiler devantle camp de Drissa, dans une attitude très-menaçante, les corps de Ney et d'Oudinot. Le mouvement général ayant été caché, il voulait ramener le rideau à lui pour tomber, avec toutes ses forces réunies, sur les derrières des Russes. C'étut donc avec 190,000 combattants sous ses ordres directs qu'il allait franchir la Dwina, aux environs de Polotsk.
Ces préparatifs n'avaient point échappé à l'ennemi, qui jugea vite de l'étendue du péril. Barclay de Tolly n'hésita pas & abandonner ce fameux camp de Drissa, pour se porter sur Vitebsk et Smolensk, seuls points d'où il pouvait tendre la main à Bagration. Il lûssa Wittgenstein à Drissa, pour couvrir la route de Saint-Pétersbourg, et commença son mouvement avec le reste de son armée, le 19 juillet. Il remonta la Dwina par ses deux rives, tout en se tenant h grande distance des Français, qu'il cherchait à tromper par de nombreuses reconnaissances de cavalerie faites dans toutes les directions.
Le nombre même de ces reconnùssances frappa Napoléon : il se douta immédiatement de la résolution de l'ennemi, qui, ayant pressenti ses combinaisons, voulait lui échapper. Il se décida alors à remonter aussi la Dwina par la rive gauche et à
dépasser l'armée russe avant qu'elle eût atteint 'N'itebsk, où il exécuterait ce qui D'était plus possible à Pololsk. 11 laissa le corps de Macdonald en Samogitie, pour couvrir le Niémen ; le corps d'Oudinot à Polotsk, pour surveille^ le camp de Drissa, et mit eu marche, le 23 juillet, sur Besclienkowlczy tous ses anires corps (prince Eugène, Ney, Murât, garde impériale et trois divisions du 1" corps), qui se trouvaient concentrés entre Kamen, la Dwina et Gloubokoë.
Le 24, les troupes du prince Eugène, formant l'avant-garde, arrivèrent à Bescbenkowiczy. Elles jetëi'ent des ponts, afin de parcourir les deux rives de la Dwina et de reconnaître les deux routes qui, de ce point, conduisent à Vitebsk. En cet endroit, Napoléon crut avoir devancé les Russes ; il se porta de sa personne aui avant-postes, pour diriger ses colonnes et les retourner par un à-gauche contre l'epnemi. Mais il put se convaincre que les derniers corps russes étaient déjà engagés sur la route de Vitebsk : l'armée de Barclay de Tolly lui échappait, n'ayant laissé devant nous que l'arrtère-garde, aux ordres du général Doktorow. Sans se décourager, l'Empereur fit précipiter, par la rive gauche, la marche sur Vitebsk, afin de se placer entre celte ville et Smolensk et d'empêcher la jonction de Barclay de Tolly et de Bagration, qui venait, lui aussi, d'échapper à Davout.
Le 25, Ostrowno fut occupé, après un combat assez vif entre DOtre avant-garde et le corps d'Ostermann, formant l'arrièregarde ennemie sur la rive gauche- Le lendemain, nos têtes de colonnes eurent un nouvel engagement dans les mêmes condi- Ikms; le 27, un autre combat, en vue de Vitebsk, semblmt présager, pour le 28, une bataille, cai- on apercevait toute l'armée de Barclay de Tolly rangée en arrière de ta LouLcheza. La garde impériale et les divisions Morand, Priant et Gudin reçurent l'ordre d'arriver en toute hâte.
Pendant la nuit, Barclay de Tolly avait appris l'échec de Bagration eu avant de Mohilew. Voyant qu'il ne pourrait opérer sa joncdon avec la deuxième armée qu'à Smolensk, il résolut de se retirer encore, dans la direction de cette ville. 11 exécuta sa retraite eu trois colonnes : le S° et le 6* corps (Doktorow et la garde], par la route de Roudnia à Smolensk; le 3' corps
(Touschkoff), pai- Kolouichki sur Porielche ; le 2' et le 4* corps (Baggowouth et Ostermann], par lanovitschi sur Porietcbe.
Le 28, Napoléon, déçu dans son attente, trouva la route ouverte, et entra à Vitebsk sans coup férir. Il dirigea ses colonnes à la suite de Barclay de Tolly. Mais il jugea bientôt la poursuite inutile, car, si l'on empêchait la jonction des deux armées russes à Smolensk, elle s'effectuerait quinze ou vingt lieues plus loin. Ce mince résultat ne pouvait compenser l'inconvénient de fatiguer outre mesure notre armée, qui, après la marche rapide de Gloubokoë à Vitebsk, avait grand besoin de repos ('). Napoléon s'arrêta et cantonna ses troupes sur les emplacements qu'elles occupaient : la garde impériale fut installée à Vitebsk ; le prince Eugène, à Sountj ; le maréchal Ney, & Roudnïa, couvert par une grande partie de la cavalerie de Murât ; enfm les trois divisions Morand, Priant et Gudin, entre Vitebsk et Dahinovitcbe.
C'est dans cette position que Davout, à son arrivée à Orcha, trouva la grande armée, à laquelle il se réunit par les postes avancés du général Pajol. Le maréchal avait enfin ralÛé les Westpbaliens et les Polonais. Le pays compris entre Orcha, Babinovitche et la Bérézinia fut assigné au 1*' corps pour y établir ses cantonnements. Pendant la durée du séjour ordonné par l'Empereur, i( avait à remplir une double mission : réunir à Orcha tous les vivres que l'on pourrait tirer de la rive gauche du Dnieper ; explorer dans tous les sens, par de nombreuses reconnaissances, la contrée au-delà de ce fleuve, afin de préparer la marche de l'armée française sur Smolenst, par Ladi et Krasnoë. Le maréchal Davout devait donc, tout en assurant un séjour tranquille à ses troupes sur la rive droite du Dnieper, jusqu'à la Bérézinia, lancer de la cavalerie sur la rive gauche, que les éclaireurs ennemis parcouraient en assez grand nombre. Pajol fut chargé successivement de ces deux opérations.
Les troupes aux ordres de cet officier général (cinqbatmllons
[') t La combats livrés par la cBTalcric de Poniaton^ i Hir, par le corps de n Davout i Hohilew (Sollanowlu), par la grande ann^ à Ostrowno, par Oudioot
■ il Deweltowo, et par ditere corpi «n pliuieure autrei liaui, nom aTsieut tout au n plus coûté 6 à 7,000 hommu en maris ou en Meurs, et cependant l&0,000boi>iine»
■ «uviroa avaient déjà disparu dei rangs dans [es marches du Niémen au Dnieper et à •1 UDwina. - (Thien, HhtoîrtduContulatct dt tEmpirt, I. XIV, p. 1&9.)
^dbyGowgle
mi. ■ 31
da 23' de ligne et deux régiments de cavalerie) étaient toujours établies entre Dorotiuo et Torkàtschi, avec deux détachements de cavalerie sur la Vei-khita et un d'infanterie à Gitschi. Les reconnaissances ayant rencontré les Cosaques dans différentes directions, Davout pensa qu'ils pouvaient appartenir à la coloDiie ennemie qui s'était retirée de Roudnia sur Smolensk par la rive gauche de la Bérézinia ; il voulut savoir si cette colonne n'était plus à craindre, et si les cavaliers signalés étaient des éclaireurs ou des traînards égarés. II porta Pajol en reconnaissuice, avec la plus grande parlie de son monde, de Zabienski SOT Torkàtschi. Cette ville fut occupée sans que l'on eût rencontré l'ennemi : la retraite des Russes sur Porietcbe et Smolensk ne laissait plus de doute. Pajol s'établit alors sur la rive droite de la Bérézinia, qu'il gai'dait depuis Cbilova jusqu'à son embouchure dans le Dnieper, formant ainsi ta continuation des avant-postes de Murât, cantonné en avant de Roudnia. Dans cette ntuation, il observait par sa droite la position de Ladi, de l'autrecôlé du Dnieper, où il y avait encore des Cosaques, contre lesquels il s'ét^t mis à l'abri en détruisant les bacs et bateaux entre Ehomino et Rosasna. C'était d'autant plus prudent que les cs[H0ns avaient signalé à Ladi six régiments d'infanterie et deux de Ck)3aques, sous les ordres du général Olenin. Ces troupes, qui avaient été tirées de la garnison de Smolensk, s'étaient portées, dès qu'on avmt connu l'arrivée prochûne de Barclay de ToUy, sur la route d'Orcba ; elles avaient d'abord occupé Rosasna, puis s'étment vues forcées de rétrograder k Khomino a. à Ladi, par suite du mouvement du f " corps. Il paraissait niSme fort probable qu'elles se retireraient à Krasnoë, car leurs Maireurs ne se montraient plus qu'en très-petit nombre sur le Omeper.
Le2 août, la brigade Gérard, de la dirision Grouchy, vint relever dans leurs positions les troupes du général Pajol, qui replia tonssesïMquetsetse reporta en arrière, vers Dombrowna. Il fut arrêté dans sa retraite par un ordre de Davout; le maréchal lu prescriv;ût de se porter sur Rosasna, en passant sur la rive ganche du Dnieper, qu'il devait explorer. Pajol s'établit donc, leSausoir, àNovar-Toukhinia, et ût sonder le gué. Le trouvant trop dangereux pour tenter de le traverser par une nuit très-
noire, il campa ses régiments sur la rive droite du fleuve et attendit le jour pour effectuer le passage. Vers le milieu de la nuit, il fut rejoint dans cette position par le général Lahoussaye, qui amenait deux régiments de dragons, formant, avec la diviûon Ghastel, échelonnée sur les bords de la Bérézinia, à peu près tout le corps de Grouchy, dérinllivement installé aux avant-postes de ce côté.
Le 3 août, la brigade Pajol franchit le Dnieper en face de Rosasna : le 9° lanciers polonais, au gué ; le 2' chasseurs, à la nage. Ces deux régiments furent immédiatement dirigés vers Ladi, que l'on occupa, après en avoir expulsé quelques pelotons de Cosaques. Cette ville avait été évacuée la veille par les troupes du général Olenîn, en retraite sur Krasnoé. Pendant sa marche sur Ladi, Pajol avait détaché vers Romaoovo une reconnaissance de 100 chevaux, qui devMt s'avancer jusqu'à ce qu'elle rencontrât l'ennemi.
Le corps de Davout étwt alors (3 août) établi dans les positions suivantes : la cavalerie de Grouchy, sur la rive droite de la Bérézinia, entre la Verktiita et Torkatschi, se liant par Sa gauche avec le corps de Montbrun ; les divisions Gtaparède et De3saix,àDombrowna; les divisions Valence et Compans, sur la rive droite, àlahauteur de Dombrowna; la brigade Pajol, sur la rive gauche du Dnieper, entre Rosasna et Ladi ; la brigade Bordessoulle, sur celte même rive, entre Orcha et Rosasna.
Pajol était allé jusqu'à Ladi. Renonçante s'y établir, à cause (le l'isolement dans lequel il se serait trouvé, il rétrograda vers Rosasna, où il installa son quartier général. Ses troupes furent cantonnées aux environs, dans des portions où elles pussent se refaire : hommes et chevaux étaient à bout de forces. A partir de ce moment, le service de la brigade se réduisit à de petites reconnùssances sur Ladi et Romanovo ; elle parcourait ûnsi le pays compris entre les deux rivières qui se jettent dans le Dnieper, l'une à Rosasna, l'autre (la Mereja) à quelques lieues audessous de Ladi. La brigade Bordessoulle, portée plus à droite, sur Gorki, Gori, et Romanovo, complétait l'exploration de la rive gauche du Dnieper.
Le général Pajol, qui devait occuper pendant quelque temps cette posiUon, prit Rosasna pour point de départ et d'appui de
tontes les recoaDaissances rayonoant autour de cette ville ; il songea à la protéger contre les surprises des Cosaques, qui se monlraîent encore de tous edtés. Il en ût fermer les issues par des barricades, et commença, avec le secours de pontonniers envoyés par le marécfaal, la construction d'un pont trèssolide sur le Dnieper. 400 hommes d'infanterie dirigés sur Rosasna par le général Grouchy fournissîdent des travailleurs pour le pont, en même temps qu'ils constituaient un poste de soutien fort utile.
Dans cette situation, la brigade Pajol peut être considérée comme t'avant-garde des troupes cantonnées à Dorobrowna, flanquant, au-delà d'un fleuve guéable sur beaucoup de points, la droite de Grouchy. Si elle était attaquée par des forces supérieures, elle repassait le Dnieper sur le pont nouvellement établi, et trouvait à Nova-Toukhinia l'appui des dragons du général Lahoussaye, auxquels pouvait se réunir tout le corps de Grouchy. Par suite de ces dispositions, le général Pajol fut placé momentanément sous les ordres de Grouchy, tout en conservant ses rapports directs avec le maréchal Davout.
Le 5 août, un juif de Krasnoë signala un grand mouvement de troupes russes dans celte ville. C'était te général Neweroffskoi qui venait, avec sa division et le ferment de dragons de Kharkow, remplacer la petite avant-garde du général Olenin. Ce mouvement et la certitude que Bagration avait, opéré, dans Smolensk, sa jonction avec Barclay de ToUy, ne laissèrent pas que d'inquiéter le maréchal ; îl prescrivit à Pajol de lancer quelques grandes reconnaissances pour avoir des nouvelles positives des Russes, dont il craignait une attaque par Krasnoë. Des détachements poussèrent à Kapleura et k Lisvatra sans rencontrer l'ennemi, qu'on signalait autour de Ladi et derrière la Mereja; mais la reconnaissance de 100 chevaux dirigée,' dès âx heures du matin, sur Ladi, trouva à une demi-lieue de cette ville 800 Cosaques, qui la ramenèrent à Asvatia, aux environs de Rosasna, Les cavaliers russes, craignant un mouvement de Pajol, s'arrêtèrent à Sloboda et Rastkova. De nombreux écladreors, poussés jusqu'au Dnieper, replièrent tous les piqueta français.
Ces démonstrations confirmèrent Davout dans la pensée que ni. 3
reDDcmi se disposait à une forte pointe contre lui : il se décida à rappeler à Dombrowna le général Pajol, eo lui faisant suivre la rive gauche, tandis que les troupes de Grouchy le relèverMent daos ses positions.
Les appréhensions du maréchal Stùent fondées ; car les deux armées russes, réunies à Smolensk, se dispos^ent & prendre l'oflensive vers Roudnia afin d'attaquer les cantonnements françids, que l'on supposât dispersés de Souraj à Mohilew. Croyant trouver en défaut son adversaire, Barclay de Tolly espérait arriver à percer notre centre et à battre successivement chaque fraction de l'armée de Napoléon. Dans ce projet, les troupes du général NewerofTskoi, servant de flanqueurs sur la rive gauche pendant le mouvement du gros des forces russes sur la rive droite, devaient, si le plan réussissait, se porter directement sur Orcha. Aussi, de ce côté, les écl^reurs se montrwent-ils plus audacieux et plus entreprenants contre les postes avancés de Davout.
Cependant Napoléon songent à sortir de son inaction forcée. Quand il vit l'ordre se rétablir dans son armée ('), il résolut de
('} Pour le pnlilk, pour U toute qui ne voit que U surface des chowB, j«iiuù unpigiie n'irait bit concevoir, lu début, d'aum brillantei ««pénncei. Le plus grand capitiunedei lempa modemet avait fraucbi le Niémen avec 500,000 hommes et I,!00 bouche* à feu. C'était comme nue croiude de l'Ocddent tout entier *e ruant aur l'empire du Nord. La campagne de Pologne (c'c*t le Dom qui fut donné à l'expéditîan de IS12 jutqu'à l'enU«e k Smolensk) était d'ailleun très .populaire dans l'armée &an^iie. Hoi loldati croyaient combattre pour la délivrance de ce malheureux pajii; et le rétsblimeineat de la uationalilê polonaiae D'à peut-être tenu qu'aux résultats trop incomplet! det combala d'Ûatrowno, de Hohilew, et de la bataille de Smolensk.
Hais les ofOcien eipèrimeotéa ne se dissimulaient ni les difGcullés ni les périls de l'entrepriae. U f avait, dans cette année de 500,000 hommes, trop de Jeunes soldats, trop d'éléments hétérogène* violemment arrachés à tous le* pafa et prédpitammeut enrégimentés, pour^ qu'elle pill résister longtemps i l'action dissolvante des marches rapides, des intempérie* et des prirations.
Du 3B juin au 2 juillet le temps fut alTreux: de* orages épouvantables éclatèrent sur toute la Pologne, avec tonoerre, ouragan, grêle, pluies torrmtiella.'Le corps de Davoul, la garde, le corps du prince Eugène surtout, qui fut surpris par la tempite au passage du Niémen, Grent de grandes pertes en hommes et en malériel. On ettime à plus de ts, OOO le nombre de* chevaux qui périrent dans les nuit* pluvieuses et froides du 38etdu 30 juin. Beaucoup déjeunes soldat* succombèrent 1 la dyi- ■enterie, causée par le brusque refroidissement de l'almosphère et la n