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porter toutes ses forces sur Smoiensk par la rive gauche do Omeper, en teur FaisaDt franchir ce fleuve à Orcha, Dombrowna et Rosasna.
Le corps de Davout pouvait être considéré comme tout transporté, car il se trouvfùt, le 7 août, dans les positions suivantes : la cavalerie de Grouchy, à Nova-Toufchinîa ; la cavalerie de Pajol, en avant de Dombrowna, sur la route de Ladi ; la cava* lerie de Bordessoulle, à Lamienka, sur la route de Gorki ; les ^fiàons Claparède et Dessaix, au-delà de Dombrowna, sur la ihe gauche du Dnieper ; la division Gompans, en arrière de Gronchy, sur la rive droite; la division Valence, en arrière de Gompans ; le corps westpbalien, h Orcba ; la division polonûse, i Chklow et à Mohilew.
Le corps de Ney, cantonné tout près de celui de Davout, suivrait vite son mouvement, auquel se conformerûent trés-fadlement la garde impériale, Murât et te prince Eugène, bien qn'ils fussent un peu plus éloignés du fleuve.
Napoléon donna tous ses ordres dans ce sens, et cette marche de tonte l'armée Irançaise sur Smoiensk s'exécuta avec la plus grande rapidité.
Pendant ce temps, la brigade Pajol, destinée à faire encore l'avant-garde, battait l'estrade avec un redoublemeut d'activité. Le 9, ses reconnïûssances sur Romanovo s'avançaient jusqu'à Londinskie, où elles rencontrèrent les Cosaques sur la rive ilroite de la Mereja et à Baïevo. Cette dernière ville étidt le canlODoement d'un putk, auquel appartenaient tous les éctaireurs répandus jusqu'à Rosasna. En outre, les habitants du pays affir-
K^ de b Doorriture. Par luite de la mortalité do chevaux, la miie k pied d'uoe (Otieae la caralerie « l'impouibilité de 6ure régulièrement le senice dei riww, ttoùmi le relichement de la diKipline et faYorifèrem, aurtoul poimi lei corps <>mi(Qi, l'abaDdon du drapeau. Plui l'armée s'éloignait de m base d'opérationi rt de m nugarïiis, plus ces causes de dissulutiou devenaient acIÏTes. L'effectif det curft lalHMUl une réductiou effrajuile. Dani la marche du Niémen au Dnieper et k k Dwint, plus de 150,000 hommei avaient déjà dbparu des raugs. Mapolcon était faitani plus inquiet de cette situation, que Uennemi qu'il poursuivait était iniaitital>ic,elqDe l'avis de ceux qui Gonidllaient de (aire le vide autour de l'armée frantÙK semblait avoir jusque-là prévalu dans lex déterminations de l'élat-major russe. Pmr relever le moral de ses troupe). Napoléon avait besoin d'une victoire éclattDle: il tqiérait qu'après la réunion des deux armées russes, Barclay de Toll; et Bipiliaa accepteraient enGn la bataille.
muent qu'il y avait beaucoup (le troupes ennemies en position en arrière de Ladi.
Le iO août, le général Pajot reçut l'avis de sa nomination au grade dégénérai de division. Il dut cesser immédiatement son service au i"* corps et se rendre auprès du roi de Naples, pour y recevoir un commandement dans le corps de Montbrun. Il quitta, ce même jour, la brigade qu'il commandait depuis plus d'un an. U l'avait amenée de Danzig à Ladi, et conduite, depuis le commencement de la campagne, avec l'entrain et la bravoure que toute l'armée lui connaissait.
Pajol avait éclairé la marche du 1" corps de Wilna à la Bérézina et de Mohilew à Ladi ; il avùt précédé et protégé tous ses mouvements. Davout lui devait d'avoir toujours connu, aussi exactement que cela est possible à la guerre, les positions de l'epnemi. Aussi, ce maréchal faisait-il grand cas du général d'avant-garde à qui il venait de laîre obtenir un avancement mérité ('}.
('} \ou Pièett jiiilifieallva, s* A.
Pijd, Dommé général de dif uioa, pr«ad le eommtndement de la dÎTisiOD légère du 1* corps de ctnlerle. — Son arrivée, le H loAl, 1 Roudnia, oii cette diviuon ttiil établie. — L'Empereur porte loui les corpi sur U rive gauche du Dnieper, — La divilioD Pajol rcile à RoudnU. — Hisùoii qui lui ett fooGéc. — Kraiooë est occDpé par lea Fran^ii, te U août. — Napoléon entre « Smoleosk, le IS août, ■ptês une bataille de deux jours. — Pijol pourchasse les CouqiKs ripandiu inr la rire gauche du Dnieper. — La diTÛioa Pino est enTojée de Smolentk i Roudnia, pour reolorcer ta diiiiion Pajol. — Sernce de ce jietit corps d'armée, jusqu'au i septembre. — L'armée rranqwie réunie lur le cbamp de bataille de la Hoakowt, où Pajol arrive le 6 septembre. — Bataille de la Hoilcowa (7 septembre).— béleda corps de Vonlbron. — Pajol a son cheTal tué sous lui. — Marche sur ll<iaîsk. — La di*ision Pajol forme la léte du eorpt d'avaDt-garde. — Combat it bimskoîe [10 septembre). — Pajol j est gricrement blesiË et quitte ttra coansBd^unt. — Il est transporté à Hoscflu eu voilure. — Incendie de Uoacou.— Sijourde l'armée françtise. — Ëvacuatioii de Uouou, le 18 octobre. — Pajol, toujourt soufiranl, suit l'année en voiture, puis i cheval. — Retour à Smolenik. — Arrivée sur U Bérézini. — Pajol, consulté par l'Empereur sur les pointa de panage de cette rivière. — Ponts jeté) a Studienki. — Passage de la Bérézina (M, ÏT, !8 novembre). — Pajol arrive à Wiln* le 7 décembre. — Arrivée é Ganbinnen vers le IS déceubre. — Pajol le rend ensuite à Elbing par Insler- Ixogi ESniplierg et Bnndenburg. — Il est atteint de la Gévre cérébrale et reste > Qbing jusqu'au nument de son départ pour U France.
Le général Pajol, Dommé général de division par décret daté deVitebsk, le7 août 1812 ('), remplaça le général Sébastianî dans le commandement de la dÏTlsion légère du 2' corps de r^rre de cavalerie, aux ordres deMontbnin ('). Cette division M composait des trois brigades des généraux Saint-Geniez, Berthe et Subervic. La brigade Saint- Gêniez comprenait le
(') Voir PUctiJuitiJlcaiiret, a- 6 et 8.
(') Pendant toute la campagne, le général Pajol porta le dolman bleu de roi des lioniards, avec les trois étoiles sur In manches, comme marques distinctives de son Cnde; k U retnUte. une polonaise bleu de roi, avec tresses en or, et im sabre damas 'cMi.cDurbe, cadeau de la princesse Pauline.
11* chasseurs (colonel Désirât) et le 12' (colonel Guyon] ; la brigade Berthe était formée du S* hussards (colonel Meuzeau] et du 9' (colonel Meunier); la brigade Subervic, dite étrangère, se coDQposfût de trois escadrons du 10" hussards polonais (colonel Uminsky), de trois escadrons du 3" chasseurs wurtembergeois et de trois escadrons de uhlans prussiens.
Ces troupes étfdent campées aux environs d'Inkovo et de Molevoboloto, où elles avùent essuyé, le 8 août, un rude échec. Le général Sébastiaiii s'était laissé surprendre par les Cosaques de Plalow, qui formaient l'avant-garde des Russes, exécutant contre le centre de l'armée française un mouvement offensif. ■ Cet échec n'eut pas de suite, d'abord parce que Montbrun accourut avec tout son corps d'armée, ensuite parce que Platow reçut l'avis que l'armée russe ne poursuivrait pas son attaque, et qu'elle rentrerait à Smolensk.. En arrivant à Roudnia, le 11 août, Pajol y trouva donc sa division, retirée des avantpostes, dans un assez grand désordre.
À ce moment, Napoléon exécutât son mouvement latéral de la Dwina à la rive gauche du Dnieper. La cavalerie de Murât, dont fusait partie le corps de Hontbrun , prenait la tète de colonne et s'acheminait vers Khomino; mus la division Pajol fut laissée à Rouduia pour protéger les communications avec Vitebsk, ramasser les traînards et surveiller par ses patrouilles les Cosaques répandus aux environs.
Le général Montbrun , trouvant qu'après l'évacuation de Lozno par les troupes du prince Eugène, cette division serait très-isolée, en référa au roi de Naples. Murât prescrivit, le 13 à neuf heures du soir, à Pajol de mai'cber sur Khomino, pour y passer le Dnieper, à la suite des deux autres divisions du 2' corps de cavalerie. L'Empereur jugea autrement de la situation : il envoya contre-ordre dans la nuit même, 'et enjoignit i Pajol de rester sur la rive droite, afin d'y remplir la mission dont il avait été primitivement chargé : recueillir les traînards et couvrir les commutùcations avec Vitebsk.
Le général Guyot, parti de cette dernière ville, le 13, avec 600 chevaux, devait concourir au même but; et le major leski, aide de camp du roi de Saxe, attaché au quartier impérial, avait été envoyé à Roudnia avec des iustructions verbales trës-
précises, qui contentent, entre autres recommandations, l'avis de surveiller attentivement des mouvements de Cosaques atgnalés SOT la Bérézina.
Le 14 août au soir, toute la grande armée (173,000 hommes) était transportée sur la rive gauche du Dnieper, et son avantgarde avùt déjà chassé de Krasnoô la division russe de Newerollstoi. Les points de passage se trouvant alors dégarnis, Pajol Tut obligé de faire occuper le pont de Khomino, pour assurer ses commmiications avec l'Empereur. Ce détachement, fort éloigné, le gênait beaucoup; il demanda au prince Eugène d'envoyer à ce pont une garde suflisante. Le prince fît partir de Ladi une brigade de cavalerie, qui releva h. Khomino le piquet de Pajol ; mus il prévint ce général que ce détachement n'y resterait pas longtemps, car il senût ohÛgé de le faire rentrer dès que son oxps d'armée reprendrmt sa marche vers Smolensk.
Le 16, l'armée française arrivait sous Smolensk, où les Russes, rentrés la veille par la rive droite du Dnieper, se disposaient à une vigoureuse réâstance.
Le 17, la ville fut attaquée, et la lutte, qui dura toute la jooruée, fut des plus acharnées. Le lendemain, l'ennemi se retirasor Moscou, et nous entrâmes dans Smolensk au milieu des fianunes dlumées par nos obus et par l'armée russe en retnùte.
Pajol, pendant ce temps, était aux prises avec les nombreux partis de Cosaques qui, égarés pour la plupart, parcouraient le pays jusqu'à Loubavitche, semant la terreur et la ruine sur leur passage. Il les pourchassait dans tous les sens par de fortes patrouilles, qui allaient à Lozno, communiquer avec le général Goyot, et à Khomino, ravitailler le détachement de la division qui remplaçait, depuis le 18, celui du prince Eugène.
Les Cosaques, mnsi traqués et dispersés sur tous les points où ils se présentaient, ne se montrmeDt plus qu'isolément. Après la prise de Smolensk, ils apparurent de nouveau en forts détachements, dans la direction de Porietcbe ; ce qui donnait à penser qu'un corps ennemi se relinùt de ce cAté. Prévenu de ce (ait, Ni^léon avait établi le corps du prince Eugène en avant de Smolensk, sur la route de Porietcbe, que ta cavalerie de Grouchy parcourut jusqu'il Stabna, où elle prit position ; il plaça de pins, momentanément, le général Pajol sous les ordres du
prince Eogène, aCn de donner plus d'ensemble anx mouvements à exécuter sur Porietche. La division Pajol devait appuyer à gauche, vers Iakovo, d'où elle pousserait des partis & K&splia et à. Momochlû, pendant que le général Grouchy chercherait à se rapprocher de ces points.
Le 20 août, l'Empereur acquit la certitude que l'armée russe tout entière se retirait sur Moscou, et qu'il n'y avait sur la route de Saint-Pétersbourg que des détachements égarés, dont on devait craindre encore les attaques, maïs contre lesquels un (pund déploiement de forces ét£Ùt inutile. Il résolut donc d'organiser un corps mobile d'infanterie et de cavalerie, qui les contiendrtùt et les disperserait. La division du général Pino fut, en conséquence, acheminée, le 21 à trois heures du matin, sur Inkovo, pour s'y réunir à la division Pajol et former, avec ta cavalerie du général Guyot, un corps de 8,000 hommes.
Le 24, la jonction de toutes ces troupes fut opérée. Le général Pino en prit le commandement et les répartit entie Souraj, Kasplia, le Dnieper et Vitebsk. Il se proposait à la fois de couvrir ies communications de )a grande armée, et de ramasser tous les grains qu'il serait possible de trouver, pour approvisionner Smolensk, où ils manquaient déjà ('). Le service de ce petit corps d'armée fut donc des plus actifs : la cavalerie lançîût des reconnaissances dans tous les sens ; l'infanterie faisait de nombreuses patrouilles, organisait des convois, les conduisit, et gardait une foule de postes. Malgré ces dispositions, les Cosaques se rencontraient encore sur ta plupart des routes, qui n'étaient guère sûres pour nos soldats isolés.
Pendant ce temps, la grande armée française marchait vers Moscou. Les Russes, depuis le combat sanglant de Valoutina (19 août), se retiraient lentement, et témoignaient par leur contenance que bientôt ils s'arrêteraient pour tenir tête. Napoléon, en quête d'une grande batfûlle, appelait de tous ses vœux cette résolution des Russes, et il marchait, tous ses corps réunis, dans l'espoir qu'U n'aurait plus longtemps à poursuivre un ennemi qui lui échappait toujours. Dans cette prévision, il fit rejoindre tout ce qu'il avait Imssé en arrière, entre autres les divisions
(<) yeiiPiieet iiuiififiïptt, n» T.
Pajol et Piao, dont la présence n'était plus indispensable entre Vitebsk et Smolensk. De Roudnia, ces deux divisions se portèrent droit devant elles sur Viastna, par Doukbowstchina. Pajol devança l'infanterie, et rejoignit, le 6 septembre, le corps de Montbrun, campé près du village de Doronino, en arrière de la redoute de Schwardino.
On était à la veille de cette grande bataille que Napoléon av^t cm trouver d'abord à Dorogobouge, puis & Viasma, puis à Gbjat. 140,000 Russes attendaient, dans une position choisie et fortifiée, l'armée française, dont l'eflèctif ne dépassait pas 127,000 présents au drapeau. L'armée russe, récemment placée sous le commandement en chef du général Kutusof, était établie en arrière du village de Borodino, à cheval sur la route de Moscou. Sa droite, couiposée de l'armée de Barclay de ToUy, Était couverte par la Kolocza, petite rivière qui coule dans un ravin profond, depuis Borodino jusqu'à son embouchure dans la Moskowa. Sa gauche, formée par l'armée de Bagration, s'étendait dans l'intervalle compris entre la nouvelle route de Moscou et l'ancienne. Aucun obstacle naturel ne prot^eait cette aile, qui était seulement abritée par un système de redoutes établies sur son iront et sur son extrême gauche; une nombreuse artillerie gamissfût ces ouvrages de fortification.
Napoléon, arrivé en vue de cette position dans la journée du S, fit, tout d'abord, enlever la redoute de Schwardino, qui, par sa aituaUon avancée, gênait le déploiement de l'armée française. Le lendemain matin, il reconnut lui-même les emplacements de l'ennemi. L'Empereur jugea promptement qu'il fallait négliger l'ule droite, dont la position escarpée était protégée par le lit profond de la Kolocza, et porter ses efforts sur l'aile gauche, où le terrain commençait à être plus abordable. Il résolut donc de lûaser reposer ses ti'oupes pendant toute la journée du 6 et d'attaquer le leudemain, de la manière suivante : le corps du prince Eugène, renforcé des divisions Morand et Gudin, masquerait l'ùle gauche des Russes, s'emparerait de Borodino et ferait une fausse attaque sur la nouvelle route. Après cette première démonstration, le prince lancerait deux de ses divisions plus à droite, afin de concourir avec notre aile droite à la prise des redoutes. C'est contre ces ouvrages que s'exécuterait la vérita-
ble attaque, confiée aux corps de Ney, de Davout et de Murât. Le corpa de Poniatowski, qm avait toujours formé rextrème droite de l'armée, filerùt, & travers bois, sur l'ancieDDe route et tournerait la gauche des Russes.
Le 7 de grand matin C), les mouvements commencèrent : le prince Eugène vint se placer en face de Borodino; Ney et Davout rangèrent leurs corps au pied des hauteurs que couronnaient les ouvrages qu'ils devùeot enlever. La cavalerie fut établie en arrière des lignes d'infanterie : le corps de Nansouty, derrière Davout; Montbrun, derrière Ney; Latour-Maubour^, en i-éserve plus en arrière ; Grouchy, avec le prince Eugène. La garde impériale et la division Priant formèrent la réserve, et furent placées, en dernière ligne, auprès de l'Empereur, qui s'installa h la redoute de Schwardino.
Le corps de Montbrun 3e trouva établi sur les mouvements de terrain séparant deux petits ruisseaux qui traversent les villages de Schwardino et de Semenowskoïe. Sa gauche, formée par la division Pajol, se prolongeait jusqu'aux pentes assez abruptes qui dominent la Kolocza ; et sa droite s'appuyût à la redoute de Schwardino. Cette position était dominée par les trois flèches qui couvraient, en avant de Semenowskoïe, la gauche del' ennemi, et par la grande redoute qui couronnait le premier monticule à la droite de Borodino.
L'action s'engagea de bonne heure à Borodino, que le prince Eugène enleva vaillamment ; tandis que Ney et Davout se précipitaient sur les Russes avec leur vigueur accoutumée. Les flèches, ' défendues avec le plus grand courage par l'ennemi, ne furent emportées qu'au prix d'eiforts inouïs. Davout, blessé, dut quitter son commandement. Ses deux divisions passèrent aux ordres du maréchal Ney, qui se trouva un moment seul pour diriger de ce côté les attaques, où le combat se soutenait avec des chances diverses. Mui'at survint, avec la cavalerie légère du
(<)Hon pérc'm'iMUTeDt raconté que, pu- unchcureoM coîncideace, j'iUuiK le jour minH! où il ftit Dommé génénl de division (T août ISll), et qu'il apprit cène .boDDe naoïelle le Iwplcmbre, avant la bataille de la Hoskowa. Sam Hr* lupentitieui, il y vil un heureux préiage. Auul, quand je vititai Borodino, en 18t!, ce champ de bataille, par ce« wavenira, m'atlirait tout partkuliéranenL Je ne pou- Tiii en détacher ma regirdi ni ma peuée.
géDéral Bruyères, daas ODe de ces altematives de retours offeosils, où DOS soldats ét^ùent chassés de l'une des flèches ; il recon- . qnit l'ouvrage et, se réunissant à Ney, il prit, de concert avec loi, la direction de la bataille i l'idle gauche; il se trouva, de feit, remplacer Davout.
La division Pajol, immobile à l'endroit où elle avùt été placée, recevîut de tous côtés une grêle de boulets et d'obus, qui lui Taisait le plus grand mal ; le colonel Désirât, du 11' chasseurs, avait été tué ; Daubenton, aide de camp du général, avait été grièvement blessé au bras gauche ; beaucoup de cavaliers étfùent mortellement atteints. Voulant soustraire ses soldats à cette destruction inutile, Pajol envoya son deuiiëme aide de camp, le c^itaine Biot, pour reconnaître, dans la directioa de la Kolocza, un emplacement moins découvert, où il lui fût possible de ■déployer la division. Au moment où cet ofScier s' approchât de l'endroit désigné par le général, il vit arriver la légion de la Vistule, que le général Claparède veualt y établir pour former la jonction entre Ney et le prince Eugène. La division Pajol ne pouvùt plus faire le moindre mouvement, ni à droite, ni à gauche.
Quelques instants après, le général Montbrun arriva devant le front de cette division ; il trouva qu'elle perdait trop de monde pour ne prendre à l'action qu'une part tout à fait passive ; il eut aussi l'idée de la porter im peu plus à, gauche derrière un léger pli de terrain, qui la protégerai. Pajol l'informa que la division (le la Vistule s'installait sur cet emplacement. Montbrun voulut voir par lui-même, et il se dirigea de ce côté, accompagné de Pajol. A peine avait-il fait quelques pas, qu'il tomba frappé au flanc droit par un boulet de trois, qui lui resta dans le corps. On l'emporta immédiatement à l'ambulance, où il expira quand on voulut extraire le projectile. La cavalerie perdait en lui un de ses généraux les plus distingués.
Cependant le roi de Naples avait ordonné au général Pajol de prendre le commandement de la cavalerie en position devant loi, c'est-à-dire delà brigade Wolf (i" et 2* hussards westphaliens), de porter toutes ses forces en ligne et de se tenir prêt à charger.
Ce général ât avancer ses trois brigades à hauteur de la bri-
U ■ PAIOL.
gade Wolf, qui était pied à terre derrière une petite éoiioeace. hea hussards westphaliens montèrent à cheval et prirent la gauche de Pajol, dont la division se trouva déployée eu face des flèches, dépassées depuis longtemps par l'infanterie de Ney, qui occupait le versant oriental du ravin de Semenowstoïe.
A ce moment, la brigade de cavalerie du générât Beurmao (1", 2* et 3' chasseurs wurtembei^eois), ramenée par un retour vigoureux de l'ennemi débouchant de la grande redoute du centre, arrive dans le plus grand désordre sur la gauche des troupes de Pajol. A ce spectacle, Pajol se jette au milieu des fuyards, qu'il parvient à rallier, réprimande vivement le général Beurman et lui ordonne de reprendre la charge. Elle est poussée avec une telle violence, que l'ennemi s'arrête court, pour ne plus avancer de ce côté. Pajol, qui suivait attentivement ce mouvement, se disposant à le* soutenir avec toutes ses forces, quand le roi de Naples lui eipédia l'ordre de ne pas bouger et de lûsser charger les divisions de grosse cavalerie des généraux Wathier et Defrance.
L'élan furieux de ces cavaliei'S parvint d'abord à rompre la cavalerie russe ; mais, trouvant l'appui d'une infanterie solidement établie, elle se reforma et ramena en désordre carabiniers et cuirassiers.
Pajol pensait que son tour allait bientôt venir; il parcourait le front de sa divlâon et excitait l'ardeur de ses soldats. Parvenu à la brigade Subervic, il s'entretenait avec sou chef, quand un obus, éclatant près d'eux, emporta la cuisse de son cheval et tua celui du général Subervic. Pajol, relevé sun et sauf, remonta sur un autre cheval; le général Subervic s'était blessé dans sa chute, et dut quitter le champ de batmlle.
A ce moment, Ney et Murât, qui faisaient des prodiges de valeur depuis le matin, voyant le centre de l'armée russe autour de Semenowskoïe se dégarnir pour la seconde fois, envoyèrent demander & l'Empereur de faire donner ses réserves pour se jeter au milieu de la ligne ennemie et déterminer une déroute complète. Napoléon quitta alors Schwardino, dir^eant sur Semenowskoïe la division Glaparëde et la jeune garde. Tout à coup un grand mouvement se produisit sur notre gauche. C'était la cavalerie de Platow et d'Ouwaroff, qui, ayant passé la
Kolocia bien au-dessus de Borodino, tombât sur le corps du prince Eugène pris à revers. L'Empereur arrêta la garde, ne sachant d'abord s'il faudrait la porter sur Semenowskoîe ou sur Borodino. De ce cAté, le combat se rétablit bien vite à notre avantage ; les attaques de Platow et d'Ouwaroff furent repoussées. Mais Napoléon avait perdu plus d'une beure à attendre des nouvelles du prince Eugène. Dans cet intervalle, le centre de l'ennemi s'était renforcé, et le projet de Ney et de Murât n'était plus exécutable.
11 fallait pourtant terminer cette bataille si meurtrière et qui semblait encore indécise , tant était énergique la contenance, des Russes, éf^'asés par le feu violent de notre nombreuse arUUerie. L'Empereur ordonna de réoccuper la grande redoute, tandis que Murât et Ney feraient un mouvement décisif sur Semenowskoîe. En conséquence, la grosse cavalerie du 2" corps de léserve fut destinée à faire un premier effort. Les 5", 8' et 10* cuirassiers, conduits par le géoéi-al Auguste de Caulaincourt, qni avait remplacé Montbrun, s'élancèrent au-delà du ravin, entre la grande redoute et le village de Semenowskoîe, suivis des carabiniers de la division Defrance. Nos cavaliers renversèrent les lignes ennemies, se jetèrent, par un à-gauche, sur la grande redoute, qu'ils avaient dépassée, et pénétrèrent dans l'ouvrage par la gorge, au moment où l'infanteiîe de Morand en escaladmt les parapets. Le général Caulaincourt paya de sa vie ce brillant succès.
Les troupes de Pajol n'avment pasbougé de l'emplacement sur lequel elles av^ent été portées au moment où elles avaient dû charger ; elles continuaient h être criblées de boulets et d'obus ; caries coups de l'ennemi, en position entre la grande redoute et Semenowskoîe, arrivaient en ligne directe sur cette infortunée division, qui était décimée sans pouvoir rien faire.
La bataille, cependant, touchait à sa fm . Les derniers ellorts du prince Eugène, de Ney et de Murât avaient porté leurs fruits : l'armée russe se retira tout entière sur la route de Moscou, et iln'y eut plus, jusqu'à la nuit, qu'une épouvantable canonnade. Les troupes françaises bivouaquèrent sur le champ de batmlle ; la division Pajol, à l'endroit où elle se trouvât. Le lendemain, 8 septembre, cette division se mit en marche
vers Mojaïsk, formant l'avant-Rarde du corps qui devait poursnivre l'ennemi, sous les ordres du roi Murât. Le! i'chasseura, qui formait tête de colonne, à une assez grande distance des autres régiments, était parvenu, après une heure de marche, au milieu d'une forêt que traverse la route entre Tatarinovo et Mojaïsk, lorsqu'il fut assailli par une nuée de Cosaques. Pajol, qui çondaisait lui-même ce régiment, lança deux escadrons en fourrageurs; miùs les hommes et les chevaux étaient si fatigués qu'ils ne purent éloigner les Cosaques. II fallut rallier les deux escadrons et faire ouvrir contre les cavaliers ennemis un feu de carabines. Ce moyen ne réussit pas davantage. Les Cosaques abordèrent le 14* chasseurs, et l'on se battit corps à corps. Au piilieu de la mêlée, un sous-oflicier de Cosaques se glissa derrière le général; it allait le percer de sa lance, lorsque le brigadier Huam, du 5' hussards, qui faisait partie de l'escorte, étendit roide mort l'audacieux Cosaque. Le gros de la division, averti de ce qui se passait, accourut au galop, et dégagea le générai Pajol ainsi que le tt* chasseurs, qui avait été fort maltraité.
Le 8, au soir, on arriva devant Mojîusk, que l'ennemi occupât encore. L'attaque fut remise au lendemain. Les Russes se ■-étirèrent pendant la nuit, et notre avant-garde ne trouva dans i ville que quelques Cosaques attardés.
Le 9, la division Pajot continua son mouvement en avant sur i route de Moscou, serrant de près l' arrière-garde ennemie, vec laquelle elle avait de fréquents engagements.. Le 10, cette rriëre-garde s'arrêta à KrimskoTe, dans l'intention de nous 3nir tète. Pajol suspendit sa marche, disposa ses r^iments droite et à gauche de la route, et fit prévenir Murât. Le roi de [aples arriva aussit6t avec de l'infanterie, et ta lutte s'engaea vivement.
Les régiments de Pajol déployés sur le cûté gauche de la route ouffraient beaucoup du feu de tirailleurs ennemis embusqués errière des broussailles et des meules de foin. Le général, voumt se rendre compte de leur position pour lancer des fourraeurs contre eux, s'avança vers une de ces meules ; il reçut, resque à bout portant, un coup de feu qui lui cassa le bras. On ! transporta dans le château voisin, où les premiers soins lui
foreat doDDés. La gravité âe sa blessure ne lui permettait pas d'exercer son commaudement, qui fut coDÛé au général Exelmans.
Le premier pansement fait, Pajol fut placé dans sa voiture et suivit l'armée, qui continuât sa m^che.
Le 14, au moment où les Russes sortaient de Moscou, Hurat yeatraït, h la tête de notre avant-garde, et l'armée française, couronnant les hahteurs qui la séparùent encore de la ville, apercevait la vieille cité moscovite et la saluût de ses acdamaâoDs. Oubliant les soufirances endurées, les dangers courus, les soldats étaient ivres de joie et d'enthousiasme. Cette c^itale, qu'on ne supposait jamais attendre, leur était représentée couune le terme de leur périlleuse entreprise. Elle éuùt là devant eux, avec ses sept collines, comme Rome, et ses innombrables églises surmontées de clochers ou de dômes dorés ou peints, qui étincelaîent au feu d'un beau soleil de septembre.
Le 14 au soir, Pajol avait remplacé le quartier impérial dans les décombres de la maison de campagne du gouverneur de Moscou. Le comte de Rostopcbine (') avait fût mettre le feu à son tid)itaUon, pour ne pas la voir souillée par la présence des Français. C'est ce qu'indiquait un poteau planté au milieu des ruines. Au moment où Fajol arriva, le général Durosnel partùt, avec les derniers bagages du quartier impérial; il put
(') BattopchÏBe (Théodore) luquil, le 13 nan i^6b, d'une [imille apparlcnanl à Micrteedetiaix RoMciqaicoiuen'elMiniaiindeiTulaBes. Lieuteoant aux prdet hcobnjeniki. il lervit prèi de SouTirow, cd 1791 ; puù quitU U urrière militaire, « fia uoauné gentilhomme de la chambre par l'impératrice Catheriae, morte le Imaobre 1796. De celte époque datent us rclaliaiuavtc]'empereurPuill'',alon paad^ac héritier, qsi (ut awaisiiié ]e !t mar» (SOI, par Pahltn, Soubow, Benùpea et une trentaine d'ofSders fiiunt partie du complot. Roitopchiue fut mi> unie de* aftÏTcs étnngirei. Ati commeacement de ton règne, Alexandre le nomma liMial d giand chambellan, fonctioni qu'il n'eier^ pas. Pour toute faveur, il tetnda la pcrmiulon de te retirer de la politique el du monde, dans sa terre de TmaoTopràdeHoscau-Aamoi* de {érrier ISIÎ, il fut nommé gomemenr général tt MoKmi, litre qui Ini donnait toute autorité «ur les proiinces environnautet tWM mr la lille. Il quitta ces fonctions a la conclusion de la paix en IStt. Horl It 10 janiier 1816. C'était un homme iosU'uit, familiarisé avec toutes 1(^ Tmenei de ftipiit Eran^aii, d'une belle iolelligencc. Sous l'influencG d'une exaltation patrioti^ il ordonna l'iocendie de Uoscon, pour venger et sauver sa patrie. Que celui fD M sans horreur de l'invaiion étrangère, sans haine pour l'envahisseur, le juge elle condamne.
donner quelques nouvelles de l'armée au blessé, el lui promit, comme il était nommé gouverneur de Moscou, de lui déâgner un bon logement, où il pourrait se guérir et se remettre de ses fatigues.
En conséquence, le capitaine Biot partit en avant, le J5 septembre, de grand matin. Quand il parvint à joindre, dans Moscou, le général Durosnel, cet ofiicier lui dit que, aucune autorité russe n'étant restée dans la ville , il n'était pas possible d'établir régulièrement le logement ; qu'il devait faire comme tout le monde : chercher une maison à sa convenance et y installer son général. Alors le capitane Biot commença ses recherches. Dans la grande rue de Sûnt-Pétersbourg, il rencontra le prince Eugène, qui, suivi d'un cavalier, était également en quête d'un hôtel. Reconnaissant l'aide de camp de Pajol, le prince s'informa de la santé du général, et souhaita qu'il pût s'établir près de lui : « car, dit-il, je le considère toujours comme apparn tenant à l'armée d'Italie. »
Biot se dirigea vers une rue voisine, où il 8t choix d'un splendide hdtel, dans lequel se trouvait un intendant parlant bien le français, qui se dis^t frère d'un chef d'escadron du 5' hussards, tué à Wagram. Comme partout ailleurs, les maîtres étaient partis, mais les domestiques étaient restés, gardant les meubles, l'argenterie, la vaisselle et le linge, qui avouent été laissés. L'installation paraissait donc très-bonne. Après avoir mis un écriteau sur l'entrée et placé une ordonnance, le capitwne Biot alla au-devant du général, qu'il trouva à la porte de Smolensk, et le conduisit au l(^ement choisi. Pendant que son cuisinier préparait le dîner, Pajol, que la fracture de son bras n'empêchait pas de marcher, voulut visiter les quartiers avoisina^ts. 11 remarqua un superbe palais de marbre, où it entra. La splendeur des appartements intérieurs le saisit d'admiration. Il était décidé à venir l'occuper, lorsque les flammes, s' élevant de toutes parts, embrasèrent cette magnifi(|ue demeure. Pajol et le capitaine Biot n'eurent que !e temps de s'élancer dans la rue ; ils s'aperçurent qu'un immense incendie dévorait toute la ville.
Le général regagna sa première habitation, que le feu envahissait également, et dont il fit sortir en toute h&te les voitures, encore chaînées. Il voyagea toute la nuit, avec ses équi-
pages, à travers la ville embrasée ; au petit jour, il arriva au làiÂout^ de Kalouga, que les flammes avùent épai^né ; il s'y insUUa dans uo bAtet, où il demeura jusqu'à l'évacuation de Moscou.
Pajol n'eut dès lors d'autre occupatioD que de soigner sa blessure, qui était fort grave.
Napoléon ne se faisait pas iUu»on sur les desseins de l'en- Demi; il sentait la nécessité de se rapprocher de ses magasins et de ses ailes, et preoîùt les mesures pour son mouvement rétro- 'grade. Le départ, d'abord Fixé au i 3 octobre, fut retai'dé de (pielques jours. Dès le 15, les malades et les blessés furent dirigés sur Smolensk, ainsi que les trophées de Moscou. Pajol, bien que sa guérison parût encore éloignée, refusa de faire partie du convoi, tant il avait hâte de reprendre un commandement.
Le 18, il se rendit au Kremlin, dans l'intention d'assister au lever de l'Empereur, qu'il voulait remerder de ses bontés. Au moment où la réception allait commencer, M. Bérenger, oBider d'ordonnance de Murât, apporta de mauv^ses nouvelles : l'ennemi avait passé la Nara; Sébastian! s'était lusse surprendre à Wtnkovo (*), et le roi de Naples avait couru les plus grands ^gers. Au lieu d'un lever, il y eut ua conseil de tous les maréchaux.
Dans la soirée, le général Pajol fut prévenu que le lendemain, 19 octobre, le quartier impérial quitterait Moscou, pour se porter vers Kaloi^a. Napoléon le laissait libre de le suivre ou de rester au Kremlin, que le maréchal Mortier continuerait d'occuper avec la jeune garde. Pajol préféra partir. Il voyagea en voilure, avec tous ses équipages, derrière l'armée, que suivait une interminable colonne de bagages. La route se fit dans d'assez bonnes condiUons jusqu'au 23 octobre. A cette date, l'ennemi
(') km catte camptpie, SébaitiiDi k laiua nirprendra tnûi foû. Sa belle-mère, ■** de Coi§iij, ditiit tpirituellcinenl i ce sujet : ■ Mon g«ndr«, i la guerre, marche * <k tarpriie en Mrpràe. ■
Kalpé cette ineptie mililairc, SébaBliaui [ne enCoriele 10 novembre I1T2) nit, fw m fineMC diploDMiique, arriver au maréclialal et pouuer >od frère au grade de |>»énl de diTÛiiM). Ce fut un malheur pour la bmîlle d'OrUtni d'avoir placé ce '"«lu iB commandement de la première divUion militaire ^ox joumm de fétrier Itlt. Col ainti que, par le favoriliame, ec perdent lei djoaslies.
lu. 1
étant venu nous barrer le chemin, une sanglante batùlle de deux jours fut livrée aoz environs de Malo-laroslawetz, et nous dûmes reprendre la route de Smolensk. Les Cosaques poursuivirent l'armée française avec leur activité habituelle : ils se jetaient sur les bagages, avides de se partager nos dépouilles, et massacraient impitoyablement les traînards. Ces alertes mettiûent le plus grand désordre dans la colonne des bagages et occasioDnaient des paniques terribles. Pajol avait cédé sa voiture au capitaine Biot, devenu très-soufîrant, et il voyageait à cheval, avec le bras en écharpe.
Cependant, après avoirsurmonté des diflîcuhés inouïes, l'armée approchait de Smolensk ; elle espérait trouver dans cette ville le repos dont elle avait besoin et les vivres qui lui inan> quaient. Les provisions emportées de Moscou avaient été per- , dues ou consommées enroule. L'espoir de nos' pauvres soldats fut déçu : Smolensk ne contenait presque plus rien, Pajol, qui avait recueilli depuis plusieurs jours dans sa voiture M. Viennot de Vaublanc, inspecteur aux revues, reçut, grâce à ce fonctionnaire, l'hospitalité cheï M. Lucet, sous-inspecteur aux revues. M. Lucet ne possédât que très-peu de ressources. Heureusement, le maréchal Mortier put donner au général Pajol un sac de froment et la moitié d'un bœuf, qui, bien ménagés, dnr^vnt jusqu'à Bobr.
Après les teiribles combats autour de Ei-asnoé [16 et i7 novembre), comme l'armée arrivait à Lochnitse (23 novembre), on apprit que Tormasoff s'était emparé de Minsk, en se plaçant sur nos communications. Ce fut une cruelle déception : on croyait avoir devant soi le 9' corps (Victor), à droite le 2* (Oudinot) et le 6' (Gouvion Saint-Cyr), à gauche l'armée de Schwarzenberg. La coostemation fut à son comble quand on sut que la division Dombrowsky, du 5* corps, postée sur la rive droite de ia Bérézina, avsùt été forcée de se retirer, en abandonnant à l'ennemi la tête de pont de Borisow. Comment et oà franchir cette rivière?
Le 2* corps, arrivant de Vitebsk, le 25 novembre, fut d'abord dirigé sur Borisow, pour reprendre ce point, puis il fut arrêté) en attendant une nouvelle destination. Alors l'Empereur manda auprès de lui les généraux Pajol et Bordessoulle, qui, au com-
mraceoieat de la campagne, avaient si longtemps manœuvré snrlaBéréÙDa. Le26, ces deux généraux joignirentle quartier impérial, et donnèrent à Napoléon les dét^ls tes plus précis sur cette rivière. Pajol proposait de remonter la Bérézina, de rallier les 2", 6' et 9' corps, avec lesquels on se jetterait sur Wittgens- Edo, arrivant par le nord ; puis, son armée culbutée, on gagnerait Wilna. L'Empereur trouva ce projet inexécutable, et résolut d'efTectuer le passage à Studienki, où l'opération présentait plus de chances de succès. A quatre heures de l'après-midi, les ponts construits par le général Ëblé étaient terminés. Le 27, P»jol arriva avec ses équipages sur la rive gauche de la Bérézina, en face des ponts; il dut attendre jusqu'au lendemain, tant l'eacombrement était grand. Le 28 au soir, le moment paraissant favorable, il fit approcher ses équipages, qui se composaient d'un coupé, deux calèches, un fourgon et 20 chevaux de main ; il lit atteler les chevaux de devant de chaque voiture au trùn de derrière de celle qui précédait, afin que la fde ne fût pas coupée. Comme on les engageait sur le pont , l'artillerie du 9* corps se présenta pour franchir la rivière. On allait lui céder la place, lorsque le capitaine qui commandait la batterie, croyant que ces équipages appartenaient at; général d'artillerie commandant le parc, les fit intercaler entre ses pièces; et ils se trouvèrent ainsi transportés sur la rive droite.
Le général Pajol fit bivouaquer ses chevaux et ses voitures à trois kilomètres de la rivière. Le lendemmu 29, il les dirigea, à lasnite de l'armée, vers Zembio, k travers une série de ponts et déchaussées en hois de sapin, établis au milieu des marais. Le défilé s'effectua péniblement, car on était exposé aux attaques des Russes, que conlsnaient difTidlement les corps qui avaient si vaillamment protégé) le 28, en avantde Studienki, le passage de la Bérézina. On atteignit à Molodetschna la grande route de Wilna. Pajol» pressant la marche de ses équipages, parvint heureusanent dans cette ville le 7 décembre; il en partit le lendemain, laissant le fourgon* ^ue les chevaux ne pouvaient plus trôner. Ce fourgon, mis en route deux jours après, tomba aux mùns de l'ennemi, au pied de la montagne qui forme la berge gauche de la Wilija à la sortie de Wilna.
A Kowno, un inspecteur des vivres de la connaissance du gé'
néral l'invita à dîner, ainsi que ses aides de camp, et lui donna du pain blanc, du rhum, du vin et de la viande en assez grande quantité pour qu'il pût gagner Gumbinnen. A son arrivée dans cette ville, il dut abandonner M. Viennot de Vaublanc, qui, tombé en enfance, épuisé de fatigue et miné par la dyssenterie, mourut deux jours après. De Gumbinnen, Pajol se dirigea par Insterburg, vers KOnigsberg, d'où il fit partir pour la France son coupé, avec le capitùne Daubenton.
Le général séjourna quelque temps à Konigsbei^. Il avait été installé dans un bon logement, où il reçut, ainsi que son ûde de camp Biot, une hospitalité généreuse et réparatrice. Ils rencontrèrent dans cette ville le bailli de Brandenburg, chez lequel le général av^t logé avant son entrée en campagne ; ce brave homme, heureux de témoigner h Pajol combien il avait été touché de ses procédés lorsque ses troupes étwent cantonnées à Brandenburg, voulut à tout prix l'emmener chez lui.
Pajol resta plus d'une semaine chez le biùlli, qui le soigna avec ta plus touchante sollicitude, puis il se mit en route pour Ëlbing, où il arriva sans accident.
Là se termina pour lui cette désastreuse retraite, qui l'avait rendu fort souffrant, car sa blessure n'était pas guérie, et sa vigoureuse constitution était fortement ébranlée.
Depuis le passage de la Bérézina, la grande armée avait Gnl de se dissoudre sous l'action des intempéries et d'une marche sans repos. Chaque jour apportait un surcroît de souffrances et emportait de aouveUes victimes. Nos malheureux soldats n'avûent plus ni la force ni le courage de disputer leur vie au froid toujours croissant, aux Cosaques qui les harcel^ùent sans relâche. Napoléon avait quitté l'armée à Smorgonie, le S décembre, pour rentrer en France, et remis le commandement au roi de Naples. Mais, dans l'état des choses et des esprits, Murât n'élût pas plus capable de commander que de se faire obéir. Aussi, à l'arrivée à Witna[8 et 9 décembre), il n'y avait pas un seul corps dans lequel il restât quelque ombre d'organisation. A l'évacuation de cette ville, Murât perdit une vingtaine de mille hommes, le trésor de l'armée, les trophées de Moscou et les drapeaux enlevés à l'enneioi. Les journées du 10. du 11 et
du 12 furent employées à parcourir, sous un froid de 30 degrés RéaDinur, les cent kilomètres qui séparent Witoa de Kowno. Pour donner à la foule des traînards le temps de s'écouler, Ney et Gérard furent cbai^ de disputer le Niémen aux Cosaques. Ib tioreot pendant toute la journée du 1 3, avec S à 600 hommes, qui, la nuit venue, se dispersèrent. Restés seuls, avec quelques ofBciers, le maréchal Ney et le général Gérard se réfugièrent à EOuig^rg, où l'état-major s'était déjà rendu, après avoir assgDé aux troupes des points de ralliement sur la Vistule. A partir du Niémen, il n'y eut plus un seul corps armé. La retraite s'acheva pnr petites bandes.
Des 533,000 hommes qui étaient entrés en Russie, 400,000 au moins y ét^ent restés, morts ou prisonniers.
A quelles causes attribuer tant de calamités? Après le vice de l'»)treprise, politiquement déraisonnable, milittûrement téméraire, la faute dominante, celle qui détermina la plus horrible des catastrophes, fut la prolongation du séjour i Moscou. Le dépnrt de Smolensk peut se comprendre : Napoléon courait après une grande bataille, dont l'eFTet moral lui semblait nécessaire. Le séjour d'un mois à Moscou reste inexplicable et inexcusable. Ce D'est pas l'incendie de cette capitale qui fut la cause de nos désastres. Les flammes n'av^ent privé l'armée française de rien de œ qui lui était indispensable : il restait assez de toits pour l'abriter, assez de vivres pour la nourrir. L'acte de Rostopchine poav^t même contribuer à notre salut : en fournissant à Napoléon un motif pour quitter immédiatement Moscou, il lui donnait on moyen de réparer la faute qu'il avait commise en y venant. ^ Moscou n'eût pas été brûlé, l'armée y aurait peut-être passé l'hiver. Sa ruine n'en était pas moins certaine. Sans communications avec la France, sans rapports avec les corps détachés sur ses ûles, la grande armée se serait trouvée bloquée par toutes les forces russes, que Kutusof aurait eu le temps d'organiser et déconcentrer.
En tout état de choses, le séjour à Moscou était donc une luite militaire. Y rester après l'incendie étut un aveuglement déplorable. Car Napoléon ne pouvait espérer sur ces ruines ni la paix, ni la victoire. Si les Russes n'avaient pas voulu la lutte
k outrance, ils n'auraient point sacrifié c«tte seconde capitale. Le sacrifice fait, ils ne devaient rien négliger pour en recueillir les fruits. Si l'acte de Rostâpchine n'avait point produit, matériellement, tous les résultats que l'auteur en attendait, il avait eu moralement des conséquences incalculables. Attribué aux Francis, l'inpendie de Moscou «avùt ranimé l'énergie de l'armée russe, en réveillant sa fureur et une haine implacable contre les envahisseurs (').
Napoléon 'U'avait qu'un moyen de sauver son armée, sa gloire militaire peut-être : rentrer en Pologne avant la mauvaise s^son. Voyant le danger de rester à Moscou, il y resta, pour ne pas avouer qu'il était forcé de battre en retraite. Cet orgueil perdit l'armée et l'Empire.
{') Lors de ma miuion mililaire en Rusiie, en I84Î, aprài avoir tisislé aux grandei manœuvrai de Krunoë-Seloë, el pru congé, à Saint-Péleribouif , de Temperenr Nicolu, je gaguai Hoicou.
Déjà, i CEtle époque (IS42}, grice à U rlcboie du commerce el i riocrofable actiiité des Ruuei, la cité inotcoviK aoilail de tes ruinei. Ce que l'Incendie avait dévori était raconitruit. Le faronche patriotitae de Roslopckioe a peut-être sauTc la Ruuie. Qu'importe le chiCTre des pertes P Une grande natioD <kiil-el]e calculer, quand il «'agit de ion honneur eldetoutalut?
^dbyGçOglc
(Voir les n« O, iO. 11, 1-4, 16 et le de la oarte.;
1.0 débm de l'umée btn^aÛB itkcuent défiuîtîvemeiit U Rouie. — Le roi de Naplei, rannuDduit en chef. — Le gfnénl Pijol tombe nitlade k Elbing. — Il eit Inniparté à Dadôe, d'où il gigne Berlin. — Dm mid i Bcmoçod, «n congé de coQvileKence. — Sa équipagei lant iniUllii à Deiuu. — Le prince Engtee a prit l« commandement de l'innée (17 janvier) et la nmène lur l'Elbe. — Le* équlpafti et lei eheriui du gèoénl Pajot lODt traniporth k Hantu. — Ordre du ■inistre preMTÎTaiiti cet officier génÈral de le rendre à Hagdeburg. — Sonélatde aanté ne le lui pennettanl pai, il eit maintenu en congé juiqu'au ï" mai. — Opérations du prince Eugène lur l'Elbe et la Saale. — Oifiniaalion de !a grande année d'Allemagne. — Jonction de Napoléon avec le prince Eugène. — Bataille de Lutien (3 nui). — Rentrée de» Fnn^ k Dreade. — Bataille de Baiitzen (10 et 11 mai). — Anniatice de Pleiuwitx. — Arritée i Dresde dei renforb de caTalerie. — Pijol ut nommé au commandement du !■ corpi de marche. — Son arrivée iDrede. — Pajol commande une diviaiou de cavalerie légère destinée k turreilter lea défilé* de la Bohême. — Son arriiée a Freiberg. — RéparlilioD dce troupes lur la frontière. — Leur lerTice. — Renieignementi obleoua. — Fonoation du 1 4* corpt d'armée (f aolll). — La divition Pajol en fait partie.
Axa. derDÎera jours de l'année 1812, les malheureux débris de noscorps d'armée étaient enfin sortis des neiges de la Russie et avaient atteint, les uns la Pologne, les autres la Prusse orientale.
Le roi de Naples, chat^ du soin de rassembler les troupes, de les reconstituer et de leur assigner des positions où elles retarderaient, autant que possible, la marche des Russes, avait, de son quartier général de Konigaberg, donné les points de réunion suivants : le {" corps se réunirait à Thorn ; le 2*, à . Marienburg;le 3*tàElbing; le4*,àMarienwerder; le 5', à Varsovie; le 6% à Plotzk ; le 9*, à Oanzig; la garde impériale, à KOnigsbei^. Les autres corps, déji en dehors de l'action de Murât, s'étaient retirés d'eux-mêmes : le 8', en Westphalie ; le 7', îi Vengrod ; le U", à Berlin; et le corps auxiliaire autri-
chien, à Ostrolenlca. Quant au 10* corps, qui semblait être oublié à Tilsil, il se replia, après la défectioD des Prusàens, sar Konigsberg.
Le général Pajol, sans commandement, avec le bras droit cassé, avait suivi, comme on l'a vu plus haut, la retraite du quartier impérial et était parvenu à gagner Elbing. Le lendemain de son arrivée dans cette ville, il fut atteint de la fièvre cérébrale, ditê/îA^re de congélation, qui décimait l'armée. En quelques jours, la maladie fit de rapides progrès et menaça sérieusement sa vie, alors qu'il était urgent de chercher un asile plus sûr; car l'ennemi n'était pas loin, et l'armée françiùse ne pouvait tarder à évacuer Elbing. Les équipages, chevaux et domestiques du général durent, dès les premiers jours de janviers 1813, être acheminés vers Berlin, sous la conduite du deuxième aide de camp, le lieutenant Tavernier. On ne garda qu'une calèche, quatre chevaux, un cocher et deux domestiques. On redoubla desoins, afm de mettre promptement le général Pajol en état de supporter le transport. Tous ceux qui le connaissaient s'intéressaient vivement à son sort : le roi de Naples avait envoyé son chirui^ien ; tous les généraux et officiers de l'armée faisaient prendre souvent de ses nouvelles. Vers le lOjanvier, l'ennemi se montrant plus entreprenant, il fut question de l'évacuation d'Elbing sous quarante-huit heures. Le général I^ison, gouvemeur de la ville, en prévint le capitaine Biot, premier aide de camp de Pajol. Cinq médecins furent immédiatement réunis en consultation : trois pensèrent que le malade ne pouvait être transporté ; deux fuient d'avis de tenter l'aventure, espérant que le changement d'air amènerait une réaction favo- 'rable. Le général paitagea cette dernière opinion, et tout fut préparé pour le départ, qui s'effectua le lendemain par un chemin de traverse, la grande route de Danzig étant interceptée par des partis de Cosaques.
Le 11 au soir, Pajol arrivât sans accident k Neutechl, où le général Albert était en position avec 600 hommes (c'était tout ce qui restait de la division Legrand). Cette première étape avait ' été bonne ; le malade se trouvait un peu mieux; il avait trèsbien supporté le passage de la Nogath à Robach, trajet qu'il avait fallu exécuter sur la glace, en faisant d'abord traverser
les chevaux puis ia voiture, eten portant le général sur an brancard improvisé.
Le 12, vers dix Ëeures du matin, Pajol se remit en route, et coucha le soir à Dirchau, où lechef de bataillon Meurice remplissait les fonctions de commaDdant de place. Le lendemain, il fallut partir de bonne heure, car les Cosaques étaient signalés^ et il importât de gagner Danzig. Le général arriva dans cette ville le jour même, au moment où le corps du duc de Tarente )f eotriùt.
Ce voyage avait fait disparaître la fièvre ; la vigoureuse conslicutioD et l'énergie de Pajol avaient bien vile surmonté la faiblesse résultant de la maladie et des fatigues. La place de Daozig allait être bloquée. Le général ne devait pas y séjourner trop longtemps, s'il voulait profiter en France du congé que le maréchal Bertbier lui avait donné, le 16 janvier, au nom de l'Empereur. Le général Rapp, gouverneur de Danzig, ami de Pajol, ne lui dissiibula pas la position, et l'engagea vivement à partir. Il se décida à se faire conduire en poste h Berlin, oii son aide de camp devait le rejoindre, avec les quatre chevaux que le général abandonnait k ses soins. A Berlin , Pajol retrouva ses équipages et le lieutenant Tavernier ; mais il attendit vaiaemeot le c^itaine Biot pendant huit jours : cet officier n'avait plus été libre, deux jours après le départ de Danzig, de choisir son itinéraire.
L'ordre se rétabliss^t dans l'armée. Une fois nos troupes âerriëre la Vistule, le roi de Naples avait été soudain pris d'un violent désir de retourner dans ses États. Le prince Eugène, qui avait dû le remplacer dans le commandement en chef, le (Tjanvier, avait massé aatour de son quartier général de Posen les tristes restes des 1", 2*, 3*, 4' et 6" corps, formant environ 17,000 hommes. Il en avait tiré 11,500 hommes capables de servir activement, et il les avait organisés en trois divisions. Tons les dépôts et les cadres des corps que l'on venait de fondre furent envoyés sur les derrières, wnsi que les malades, les écloppês et les isolés de toutes sortes. La route militaire tracée à tous ne passait plus par Berlin, afin de ne pas donner aux habllaoïs de cette ville, déjà si heureux de nos revers, la joie de contempler les débris de nos armées.
flO PAJOL.
Le capitaine Biot. voyageant isolément, fut, par suite de ces nouvelles dispositions, dirigé sur Magdeburg par Rathenau et Brandenburg. Aussi Pajol, fatigué de l'attendre, fit partir les équipages sous la conduite du lieutenant Tavernier, et se mît en route pour Besançon, où il arriva dans la première quinaùne de février. Le lieutenant Tavernier rencontra le capitaine Biot à Brandenburg, et l'informa que le général avait prescrit d'installer les équipages à Dessau, quartier général de ce qui restait du 2' corps de cavalerie légère. Cette installation terminée, le capitaine Biot devait se rendre à Besançon. Au commencemeot de février, les deux aides de camp parvinrent & Dessau. Tavernier y mourut le lendemain de son arrivée, enlevé en quelques heures par le typhus. Le capitaine, resté seul, ne put rentrer en France et dut s'occuper des équipages du général, de ses domestiques et de ses chevaux, qu'il fallait faire vivre.
Le prince Eugène s'était maintenu sur la Vistule jusqu'au 12 février. Il fut forcé de se retirer devant l'armée russe, qui reprenait son mouvement offensif. Arrivée à Berlin le 20t notre armée s'accrut de la division Grenier et de tout le 1 1* corps ; son effectif monta & 26,000 hommes d'infanterie et {,000 cavaliei-s. Cet accroissement de nos forces et l'attitude ferme du commandant en chef continrait l'ennemi, qui ne tenta rien de sérieux contre Berlin etcontre nos positions en avant de cette capitale. Mais, le 4 mars, le prince Eugène jugea prudent de se retirer derrière l'Elbe, afin d'éviter tout engagement qui aurait pu compromettre une situation déjà, améliorée. Il transporta donc, le 9 mars, son quartier général à Leipzig, et répartit ses trois divisions sur le cours de 1 Elbe, de Dresde k Dessau.
Cette dernière ville, qui se trouvait située à l'extrémité de la position des troupes françaises, n'était plus an asile bien sûr pour les équipages du général Pajol. Aussi le capitaine Biot reçut-il du colonel Wathier, chef d'état-major, l'ordre d'aller attendre son général à Hanau. Arrivé dans cette ville vers la lin de mars, Biot envoya deux chevaux à Besançon. Sur les vingt-huit qui restîùent, onze périrent en peu de jours du farcin, de la morve et de la péripneumonie, suites des privations éprouvées et du changement dç nourriture.
Quelque temps auparavant, le général Pajol avait reçu du ministre de la guerre un ordre, daté du 26 février, qui lui prescrivait de se btiuver à Magdeburg te 7 mars, et d'y prendre le commandement de la 2' division du corps de cavalerie de Sébastiiini ('). La santé du général, rentré k Besançon depuis un mois à peine, ne lui permettait pas de se remettre en campagne. Sur sa demande, il fut maintenu en congé jusqu'au l" mai (').
Le prince Eugène avait pris position, avec les troupes à ses ordres, sur la rive gauche de l'Elbe, qu'il occupait de Di'csde h Dessau. Daos cette àtuation, il couvrit : 1* le 3* corps, formé par le prince de la Moskowa k Wûrtzburg ; 2* le 6' corps, oi^a- Disé par le duc de Raguse à Francfort, où se réunissait aussi la garde impériale, commandée par le duc d'Istrîe ; 3' le corps du prince d'ËckmObl, & Leipzig; 4* le 2' corps, réorganisé à Bemburg par le duc de Bellune ; 8° le 1" et le 2' corps de cavalerie, que reconstituaient les généraux Latour-Maubourg et Sébastian!, en Hanovre, à Wilrtzburg et à Magdeburg ; 6* enfin il couvrmt aussi la marche du 4* corps, qui, sous les ordres du général Bertrand, arrivait d'Italie par le Tyrol.
Sur ces entrefaites, la Prus&e fit défection complète à notre alliance, se joignit h la Russie et nous déclara la guerre le 17 mars. Ses troupes se réunirent aux Russes, et les toras combinées de ces deux puissances se mirent en marche vers l'Elbe. '
En présence d'un ennemi très-supérieur en nombre, le prince Eugène ne pouvait songer h défendre ce fleuve de Dresde à Magdeburg. Il ne voulût ni risquer une aflaire, ni occuper une ligne trop étendue ; mais, d'autre part, en continuant à se retirer, il découvrait les corps en formation et abandonnait la place importante de Magdeburg, Par suite, il résolut de prendre une position oblique à la direction que l'ennemi aurait k suivre s'il voulait se porter sur Mayenceet le Rhin. Aussi, le 21 mars, il transporta son quartier générât de Leipzig à Magdebui^, et toutes ses troupes furent rangées derrière la Saale et l'Ëlbe, de Werben à Bemburg.
(I) Voir Piicttjuitificativt; n" 8 ei ».
\(ia Piieet jmli/italii'tt, n"* 10, 11 et 13.
Les Alliés partirent de Berlin le 30 mars, et se dirigèrent sur LeipEÏg. Dans le but de tus rappeler devant Magdeburg, le viceroi soriit de cette place, le 2 avril, menaçant Berlin, et livra la bataille de MOckem, qni força Wît^eustein à revenir sur ses pas. L'armée française rentra dans Magdebui^. Cette manœuvre, qui avait divisé les forcée ennemies, n'avait cependant pas empêché Winzengerode d'entrer à Leipzig, le 1" avril.
Le prince Eugène remonta la haute Saale, et plaça tous ses corps en position derrière cette rivière, sa droite aux dernières pentes du Harz, sa gauche se liant à Magdeburg. Il fit alors de fréquentes reconnaissances en avant de son front, paraissant à chaque moment vouloir reprendre l'offensive; il tint ainsi les généraux ennemis dans une incertitude continuelle, força les corps qui avaient passé l'Elbe àattendre le reste de leurs armées pour f^ir, et conserva pendant un mois la bonne position qu'il avait prise.
(t Napoléon n'avait pas p^du de temps : il avait rassemblé les restes épars de sa grande armée, incorporé des levées considérables, reformé la garde impériale. Le 15 avril, après avoir conféré la régence à l'Impéralrice, il était parti pour Mayence. Là il avait vérilié par lui-même l'organisation des troupes dirigées sur l'Allemagne, l'avait complétée ou rectifiée, et, le 25, il se mettait en marche avec 150,000 hommes pour rejoindre, sur la.haute Saale, ie prince Eagêne. La jonction s'opéra te 29 et te - 30 avril.
DèsieSmai, l'Emperéurmit son armée en marche sur Leipzig et Zwenckau, où elle devùt franchir l'Elster, pour se porter ensuite, parla rive droite de cette rivière, sur le flanc des corps russes et prussiens. M^s l'ennemi avait deviné ce mouvement tournant ; il franchit, le même jour, l'Elster à Pegau, et tomba sur le Qanc de nos colonnes en marche. Arrêtant immédiatement le corps de Ney à Lutzen, Napoléon en forma son centre, qu'il doubla de la garde impériale ; sa tète de colonne était déjà maîtresse de Leipzig; il la fit redescendre vers Lutzen, et en composa sa gauche ; la queue de la colonne constituait l'aile droite. Attaqué vigoureusement, notre centre tint bon, et les mouvements convergents des mies de l'armée française mena-
çant d'eafemier l'eanemi dans ud cercte de feu, les Coalisés se décidèrent à la retraite, après huit heures d'une lutte acharnée, et repassèrent en toute bâte l'Ëlster d'abord, puis l'Elbe.
La victoire de Lutzen ramena nos troupes à Dresde, où l'Emperenr entra le 7 mai, après avoir poursuivi sans relâche l'armée rosso-prussienne, qui disputa faiblement le passage de l'Elbe et se dirigea sur Bautzen.
Napoléon, revenu sur sa grande ligne de l'Elbe, laissa quelques jours de repos à l'armée, fit rentrer à Dresde le roi de Sajte, que les séductions de l'Autriche avaient attiré à Prague. Ed même temps, de nouveaux détachements de conscrits renforcèrent les régimenls, et la cavalerie de I^tour-Maubourg prit rang dans l'armée. Après douze jours passés à Dresde, l'Empereur s'achemina, le 18, vers Bautzen. Ses corps étaient déjà presque tous en vue de cette ville et à une très-faible distance de l'ennemi, installé dans une tiès-bonne position défensive.
Le 20 mai, le passage de la Sprée fut forcé, malgré la résistance énergique des Russes et des Prussiens, et, le SI, les AJliés forent chassés de toutes leurs positions. L'ennemi se mît en retraite, poursuivi sans relâche par nos corps, dont Napoléon en personne commandait r«vant-garde. Les Coalisés ne s'arrêtèrent plus que derrière l'Oder, et firent alors proposer un armistice, qui fut signé à Pletsswitz, le 4 juin. Sa durée était de quarant&cinq jours, plus àx jours pour la dénonciation.
La cessation des hostilités sauvait les armées coalisées, qui auraient pu èti'e encore battues et rejetées en désordre sur la Vistule. Mais Napoléon avait aussi des motifs puissants pour désirer et accepter l'armistice. 1* L'armée française se composait eo grande partie de tout jeunes soldats, qui s'étaient certainement bien conduits au feu, mais qui étaient iatigués des marches forcées exécutées depuis le milieu de mars; ils avaient besoin de repos, de ce repos qui fait disparaître la fatigue phyùqoe, rend le calme b. l'esprit, et donne au soldat la consdence de sa valeur comme de sa force. 2* Le manque de cavalerie ou l'inexpérience de celle qu'il possédait avaient privé Napoléon( à Lutsen et à Bautzen, des résultats décisifs qu'il tirait ordinairement d'une victoire. Il voulait organiser les régiments de c«tte aruie et leur donner la solidité nécessaire. Il fallmt, en
outre, compléter les armements de toute nature sur l'iiumense ligne d'opérations de nos armées, afin de tenir tète même à l'Autriche, qui, Uraiilée en sens contraires, paraissjùt vouloir se joindre, contre la Fi'ance, à la Prusse et à la Russie.
Sous ce double point de vue, l'armistice de Pleisswitz servait les projets de Napoléon.
Sentant le vide que le manque de cavalerie laissait dans les ressources de l'armée, l'Empereur n'avût cessé de donner des ordres pressants pour qu'on lui envoyât celle qui se formait sur les derrières. Déj& le duc de Plidsance avait amené à Dresde, pendant le séjour qu'y fit l'armée, deux divisions de marche, commandées provisoirement par les généraux Milhaud et Saint- Germain. Une de ces divisions, destinée au corps du général SébastJani, devait l'augmenter lorsqu'il arriverait à Wittenberg; les détachements de l'autre furent fondus dans le corps du général Latour-Maubourg, de manière à remettre ensemble les escadrons de chaque régiment. Ce corps aviùt assisté à la bataille de Bautzen. L'Empereur l'avait essayé dans sa poursuite de l'ennemi, mais il ne l'avait pas trouvé assez solide encore pour l'employer avantageusement.
En arrière du corps de marche du duc de Plùsance, il s'en formût un autre, qui avait été mis sous les ordres du général Pajol (']. Ce corps se composait de deus divisions de marche, destinées au 1" et au 2* «corps, et comprenait quatre brigades, commandées par les généraux Thiry, Queunot, Piquet et Paultrc. La plupart des détachements des régiments devaient se réunir à Hanau, du 15 mai au 10 juin, et se mettre ensuite en marche, après avoir reçu une organisation provisoire.
Pajol partit de Besançon, le 18 mai. Il ne trouva personne à Hanau ; car, depuis le départ du duc de Plaisance, le 2H avril, le commandant de cette place avait reçu l'ordre direct du major général d'expédier sans retard à Dresde toute la cavalerie destinée au 1" corps. En conséquence, des colonnes avaient été formées en hâte et acheminées successivement, depuis le 18 mai, vers la capitale de la Saxe. Le général Pajol se rendit donc à Dresde, avec son aide de camp et ses équipages. Il y arriva au
(') Voir Fiitti juitificaliMi, a- 13 el U.
moment de la signature de l'armisfice. Il resta disponible au quartier général impérial.
Vers la fin de juin. Napoléon lui confia le commandement d'une division formée du 7' régiment de chevau-Iégers (lanciers polonais, colonel Stokowsky), du 2' régiment de chasseurs italiens (colonel Laval) et du 14' régiment de hussards (colonel Garavaque); en tout, 2,233 hommes et 2,366 chevaux. Avec cette division, dont il devait hâter l'oi^anisation, Pajo) irait occuper, dans les montagnes de l'Erz-Gebirge, h l'extrême limite de la Saxe, les défilés qui conduisent en Bohème. Vers le milieu de juillet, les régiments ayant reçu à peu près tous leurs détachements et la division présentant presque son effectif, elle quitta Dresde, et gagna rapidement Freibei^, où Pajol installa son quartier général. Il garda auprès de lui le quart de sa division. Les trois autres quarts, commandés, chacun, par un colonel, furent acheminés : un sur Dippodiswalda, un sur Marienbei^ et un sur Annabei^. Le général indiqua à chaque chef de détachement, avant de l'envoyer, les petits postes qu'il devait établir en avant de sa position ; llluiût connaître la mission confiée à tous, aux petits postes comme aux gros détachemenis, comme aux forces du quartier général. La division, occupant les défdés qui, à travers un pays montueux et difGcile, font communiquer la Saxe et la Bohême, devait observer les mouvements des Autrîchiens, pour les porter à la connaissance de l'Empereur, et ne point lîûsser passer d'un pays dans l'autre les denrées coloniales prohibées. Pour remplir cette double mission, il fallait beaucoup marcher, afm de beaucoup voir et de beaucoup entendre. Une grande vigilance était recommandée, car la division devenait la ligne des avant-postes de l'armée, si l'Autriche se joigoùt à la Coalition.
Dés que les gros détachements furent arrivés dans leurs positions, ils établirent leurs petits postes. Le 18 juillet, toutes les troupes de Pajol étaient réparties sur la frontière.
Le détachement de Dippodiswalda avtdt envoyé un petit poste àDittersdorf, pour garder la route de Tëplitz; un autre à Bôrnersdorf, pour surveiller le pays jusqu'à la route de Pirna à Tëplitz.
Le détachement de Marienbeig, maître de la route de Komo-
tau à Cbemnitz, avait établi six petits postes : l'un à ZOblitz, sur la route de Komotau à Frsiberg ; l'autre à Olbemhau, dans la vallée de la FlOha ; le troisième à Sayda, sur la route' de BrGx à Freiberg ; le quatrième à Rechenberg, dans la vallée de la MUlde ; et tes deux autres à Hermsdorf et Schoureld, sur les deux routes qui, parlant de Tëptitz, conduisent k Freiberg et à Dippodiswalda.
Enfin le détachement d'Annaberg, à cheval sur les routes qui mènent de la Bohême sur Ghemnitz, avait installé six petits postes : le premier à Arnsfeld, commandant la vallée de la Pressnitz, et dans la direction de Marienbei^ ; ie deuxième à Schlettau ; le troisième à Markersbach, gardant toutes les routes de Pressnitz à Zwickau ; trois à Johann-Geoi^enstadt, Klingenthal et Mark-Neukirchen, couvrant les routes qui de la Bohême, et particulièrement de Garlsbad, débouchent sur Zwickau; enfin le septième à Adorf, sur la route d'Eger à Plauen.
Tous ces postes se liaient entre eux, et correspondaient soit avec le centre d'où ils étaient détachés, soit avec le quartier général de Pajol, qui, à mesure qu'il recevait des renseignements, les transmettait à l'Empereur. En outre, tous les deux jours, Pajol adressait au major général et au général Belliard, à Dresde, des rapports détaillés.
Les postes avancés que nous venons d'énumérer, avec le poste de Heltendorf, occupé par les gendarmes d'élite, et ceux de Hennersdorf et Neu-Struppen, occupés par de l'artillerie, constituaient, sans interruption, un cordon d'observaUon depuis l'Elbe, entre Pima et KOnigstein, jusqu'à Hof exclusivement. Les troupes ainsi réparties sur l'extrême limite de la Saxe observaient attentivement ce qui se passait en Bohême, et arrêtaient toutes les denrées coloniales exportées d'un pays dans l'autre.
Par cette ot^aiiisatïon du service, l'Empereur sut que, dans la dernière quinzaine de juillet, des bataillons autrichiens, au nombre de quatre d'abord, bordaient la frontière de Bohême, soutenus par quelques piquets de uhlans de Mersfeld, renforcés bientôt de cinq régiments de cavalerie, de 1 ,500 hommes chacun. Cette avant-garde était aux ordres du général Uardegg. Les rapports spécifiaient que des troupes, venant d'Iglau, étaient airi-
vées, vers le 13 juillet, à Prague, uù se trouvaient rassemblés 30,000 hommes, le 1" août, et que beaucoup d'artillerie se réunissait à Têplitz.
Dans les premiers jours d'août, le général Pajot, ayant eu des données plus précises, fait connaître au major général la situation exacte de l'avant-garde autrichienne en face de lui. Le 3 août, son rapport mentionne : « 600 hommes d'infanterie à Tetschen, qu'on ne foitifie plus ; 400 hommes d'infanterie, dont 200 du bataillon de chasseurs à pied, à Graupen et dans lesvill^es environnants; 400 fantassins et des hussards à Gaslorf ; quatre régiments d'infanterie et deux de hussards à Meiaikjoùl'on a construit deux ponts de bateaux surl'Elbe et fortifié le château ; 300 pièces de canon en batterie h. Theresienstadt, qui renferme des magasins considérables, et où l'on a fait entrer l'Elbe dans les fossés de la place, dont les ponts sont toujours levés; quatre régiments occupent Leitmeritz, avec beaucoup d'artillerie ; 4 à S,000 recrues sont exercées à Lobositz ; il y a une grande quantité de troupes à Raudnitz, et le quartier général de l'empereur d'Autriche est à Brandets. n
La division de Pajol, composée de douze escadrons présentant un effectif total de 2,300 hommes, n'était plus, en raison des préparatifs de l'Autriche, une force sufRsante dans les défi* lés de l'Ërz-Gebirge. Rentré k Dresde le 4 août. Napoléon signa le décret de formation du 14' corps, dont le commandement fut donné au maréchal Gouvion Saint-Cyr. Ce nouveau corps, dont les divisions s'organisaient sur les derrières, fut destiné à renforcer dans ses positions la cavalerie de Pajol, qui en fit partie. En conséquence, ses divisions reçurent l'ordre d'Être rendues : la i2' à Freiberg, le 7 août ; le 8, la 43', à Ghemnitz, venant âeBaireath ; la 44', à Auma; la 43*, à Schleiz. La cavalerie ■esterait dans ses positions et constituerait l'avant-garde du fi' coq)s d'armée.
Pajolt encore Uvré à ses propres forces jusqu'au 6 août, «Mitinua le service qu'il faisiût depuis vingt jours. Il avait su Pgner l'affection des habitants, en ordonnant à ses troupes de respecter les propriétés. Leur reconnaissance se traduisait en ■^seignements sur ce qui se passât en Bohême. Ce fut par un des principaux personnages du pays saxon, qui se rendit lui-
iDÈme à Prague, que Pajol connut, un peu plus tard, la marche de l'armée russe sur cette vîUe, sa jonction avec l'armée autrichienne et le projet de rompre l'armistice avant son expiration. Le général Pajol avait aussi été très-utile aux troupes sous ses ordres : il avait remonté le moral de toute sa division ; en s'appliquant à faire nourrir ses hommes d'une façon plus réconfortante, il leur avait rendu la santé et la vigueur. Sa réputation militaire avait inspiré de la confiance aux officiers et aux soldats ; ses manières afiables et bienveillantes pour tous lui attirèrent vite l'affection de ses subordonnés, qu'il traitùt toujours avec bonté, tout en maintenant avec fermeté la plus exacte discipline. Les trois régiments qu'il amenait au 14* corps aviùent donc, à ce moment, 7 août, une valeur et une solidité qu'ils étùent loin de présenter à l'époque où ils avaient été endivisionnés.
bMnlenedePijoHait^TtieâaH* coq». — Elle l'éundjotqu'i l'Elbe, — ArrÏTée du miréchal Gontion Saint-CjT i Freiberg, où U Saint>Nipoléon est célébrée le 10 loAt.— RecooDaiiHiice faite par Gounon SaiDI-Cfr.~EDipUcement* oeeupéi parles troupe* de ton corpt d'armée, le 15 Bodt. — Rupture dci cDpférencei it Prague. — L'Autriche entre daoi U Coalition. — OuTerture dei bottilitéa.
— Forces fran^bet. — Force* enuf mie*. — ■ GouTioa Saint-C|rïeut Iranaporter la rhclln de la guerre en Bohème. — ReconnaiiMnce de Napdéon uir Cabel. — OféiaiioDi contre Blùcher. — OflcDiiTedeSchwanenbergeD Saxe.— Relraile du H* corpi rnr Dreade. — Sa poùlion. — Balaille de Dresde, le 36 et le 21 aoilt. ~ Raie de la dÎTiùon Pajol. — Retraite de l'eunemi, pouTMiin par l'année frantiiK. — ArbiredeKnlm. — Retraite du 14* corps sur Pima. — Poûtion en avant deDohna. — Combat deDolma,le8 septembre. — Ha reba «d avant. — AnÎTée du 14* corpa an col du Geyenberg. qui ne peut être (ranebi. — Retraite lur Borna, — Reprite de l'offeiuive, le 15 «eptembre. — Le 14* corpa s'anite ii Ebcndorf et au Geyertberg, pour la lecoude roii. — Nouvelle retraite lur Pima.
— hjol eat naauné au commandement du S* corps de caTalerie.
Le général Pajol ^vait signalé, le 7 août, la concentration de l'armée autricbienoe, dont le quartier général était à Ueben, près de Prague. Les renseignements qui lui étaient parvenus ea évaluaient la force à 70,000 hommes, cantonnés de manière à être promptement réunis et à déboucher par Leitmeritz. Les projets de l'ennemi étaient faciles à pénétrer : il voulait se porter sur Dresde, afin de couper l'armée française de sa communication avec le Rhin. Aussi l'Empereur et Gkiuvlon Saint-Gyr jugèrent-ils à propos de masser davantage le 14' corps, entre l'Elbeet Ghemnitz. La division de cavalerie eut ordre d'appuyer i gauche, et de relever les postes occupés de ce cAté depuis peu par la cavalerie de la garde, qui fut retirée en arrière ; la 42* division fut amenée au camp de KOnigstein, où elle remplaça la division d'infanterie de ta garde (') ; les 44* et 4S* divisions se
(') V«r Piiert jatiipealint, n- IS M IR.
mirent en marche pour arriver à Chemnilz, le i 2 et le i 3 août ; enfin la 43' division vint à Freiberg, le 40 août.
A cette' date (10 août), le congrès de Prague se séparait sans avoir conclu la paix; l'Autriche entrait dans la Coalition et faisait ostensiblement ses préparatifs. L'empereur François passât ses troupes en revue; il visitait les fortifications des places de l'Elbe, dirigeait sa cavalerie sur Tfiplitz et formait deux camps de 30,000 hommes chacun, l'un de Komotau à DQx, l'autre à Kirschberg ('). De plus, l'armée russe entrait en Bohême. Il n'y avait plus de doute, à l'expiration de l'armistice au plus tard, les hostilités recommenceraient.
Le maréchal Gouvion Saint-Cyr était arrivé, le 9, à Freiberg, et avait pris le commandement de son corps d'armée; le 10, il avait assisté au grand diner donné par le général Pajol, à l'occasion de la Saint-Napoléon. La solennité avait été avancée de cinq jours, à cause de la reprise certaine des hostilité vers le 15 ou le 16 août. Après le dîner, un magnifique bal avait réuni ^ l'hôtel du maréchal les notabilités de la ville et les officiers présents du corps d'armée. Ces fêtes terminées, le maréchal Gouvion Saint-Cyr pEu-courut te pays dont la défense lui était confiée, et reconnut les positions à occuper pour garder efficacement les débouchés de Bohême en Saxe. Il désigna les cantonnements de chacune de ses divisions d'infanterie, laissant sa cavalerie dans ses emplacements, car il la trouvait bien répartie, m^s trop peu nombreuse, ce dont il se plaignît vivement à l'Empereur dans le rapport où il rendait compte de ses dispositions.
Le choix des dispositions et la combin^son des cantonnements avaient été arrêtés par le maréchal avec cette sûreté de coup d'œil qui caractérisât sa haute intelligence militaire. Son corps d'armée se trouvait en mesure d'éclairer les mouvements de l'emiemi, qui menaçfùt surtout la gauche de la grande année françïûse, par la direction de Tëplitz et de Peterswalde; déplus, il aurait l'avantage de garder derrière lui d'autres positions, que l'on pouvait, à la rigueur, occuper successivement en couvrant Dresde. Ces dispositions de Gouvion Saint-Cyr
(') Voir Piquet Juilijlealirei, n" 17.
furent rapidement exécutées, et son corps d'armée occupait, au IS août, les positions suivantes;
La 42' division était sur la rive droite de l'Elbe, de Neustadt à KOoigstein, détachant deux bataillons sur la rive gauche; le quartier général s'établit à Hohenstein, qu'occupaient encore 400 chevaux de la division Lhéritier (5' corps de cavalerie). La 43* division couvrait les défilés de Peterswalde, Hellendorf et Berggieshilbel. La 44° division s'échelonnait sur la vieille route de Têplitz, de Breitenau k Liebstadt. La 4S', moins quatre bataillons laissés avec la cav^erie de Pajol, bivouaquait dans les environs de Dippodiswalda.
La division Pajoi continuait à garder les débouchés depuis Hof jusqu'^ Sayda, où sa gauche ét^t maintenant placée, les postes de l'Elbe à Sayda ayant été relevés par 500 chevaux aux ordres d'un général de brigade de la division Lhéritier. Ce détachement était placé entre Frauenstein, Liebstadt et Hellendorf; il communiquât, par un poste établi à Nassau, avec Sayda, où Pajol se tenait de sa personne, bien que son quartier général fût toujours à Freiberg, où il avait laissé quatre pièces d'artillerie à cheval et deux batteries.
Les régipieots de la division Pajol (1 0° division légère) étaient ainsi répartis : le 7° lanciers, à Marienberg ; le 2' chasseurs italiens, à Sayda, Olbemhau et ZOblitz; le 14* hussards, à Ghem- DÎtz, avec le général Stedman, seul général de brigade qu'il y eût alors à la division. •
La cavalerie du 14" corps avait été provisoirement augmentée de la division Lhéritier, dont le quartier général était à Dohna. L'Empereur avait reconnu que le maréchal Gouvion Saint-Cyr avait nùson de se plaindrede la faiblesse de sa cavalerie.
Depuis le 1 août, jour de la dissolution du congrès de Pr^ue, les avant-postes autrichiens serraient de plus près les frontières de la Saxe. Le général Pajol s'attendait chaque jour à être atta* que par ces forces ennemies, qui étaient ainsi réparties en avant de son front: 30,000 hommes d'Elbogen à Eger; de grandes masses d'infanterie et de cavalerie aux environs de Tëplitz ; beaucoup d'artillerie à Dûx et à Brilx. En outre, des centaines de paysans travaillaient aux chemins qui conduisent de Schlackenwerth à Weypert et de Kaaden i Marienberg, L'attaque, de
ce côté, était donc imminente. Cependant les hostilités ne devinrent effectives que le io au matin, lorsque les patrouilles autrichiennes franchirent les limites de la Bohême, pour connaître au juste les emplacements de nos avant-postes. C'était la rupture de l'armistice sans dénonciation.
Si les Alliés avaient rassemblé leurs forces, celles de la France étaient prêtes aussi; nous occupions ta rive gauche de l'Elbe depuis son embouchure jusqu'à la Bohême, plus, sur la rive droite, une grande partie de la Silésié.
Les troupes dont disposait Napoléon formaient, en y comprenant la garde impériale, douze corps d'armée, commandés par les maréchaux duc de ïrévîse (Mortier), duc de Raguse (Marmont), duc de Bellune (Victor), prince de la Moskowa (Ney), duc de Tarentie (Macdouald), duc de Iteggio (Oudinot), Gouvion Saint~Cyr, et par les généraux Vandamme, Bertrand, Lauriston, Reynier, prince Poniatowski ; plus cinq corps de cavalerie, y compris r«lle de la garde, aux ordres des généraux Nansouty, Latour-Maubourg, Sébastian!, duc de Padoue (Arrigbi), comte de Valmy (F.-E. Kellermann) : en tout 371 bataillons et 391 es- ' cadrons, soit 260,000 hommes d'infanterie et 42,000 hommes de cavalerie. Plus tard seulement, le corps du duc de Gastiglione (Augereau), entrant en ligne, auguienta l'eflectif de 30 bataillons et de 46 escadrons, ou 2 1 ,000 hommes d'infanterie et 3,000 de cavalerie.
L'armée coalisée, comprenant- l'armée autrichienne et l'armée russo-prussienne avec ses réserves, l'armée de Siiésie et l'armée du Nord, formait vingt-six corps, qui présentaient un effectif de 541 bataillons et de 667 escadrons, soit 406,000 hommes d'infanterie et 100,000 de cavalerie. Les principaux commandants en chef étaient : le prince de Schwarzenberg, le général Barclay de Tolly, le général BlUcher et le prince royal de Suède (Bernadotte).
La disproportion était grande entre les deux armées belligérantes. Napoléon comptait suppléer au nombre en prenant comme centre d'action Dresde, d'où il se porterait successivement sur chaque armée ennemie manœuvrant isolément. Il espérait se présenter partout en nombre égal à l'adverswre et le battre, pendant que ses lieutenants contiendraient les autres corps.
liC maréchal Gouvion Saint-Cyr, informé par les rapports de Pajol des mouvements de l'armée de Bohème, ne doutait pas qu'elle ne se portât sur Dresde, par les défilés de l'Erz-Gebirge. Il aurait voulu la saisir dans ces défilés, descendre sur Prague, changer le théâtre de la guerre, faire vivre l'armée aux dépens du pa^ ennemi, puis marcher sur Vienne et forcer les Austro- Russes à truter. L'Empereur parut un moment décidé & suivre ce plan; it se rendit à GOrlitz le 18 août, et le major général y prépara l'ordre de porter le 44' corps sur Sebnitz et Nixdorf, afin de se lier au quartier impérial à Zittau, pour opérer ensuite du côté de Tetschen, avec Vandamme, Poniatowski et Victoi'. Mais Napoléon changea tout à coup de résolution, et il fit, seulement avec quelques escadrons, une reconnaissance jusqu'à Gabel. Ayant appris que les Prussiens avaient rompu l'armistice et forcé nos quatre corps à se replier derrière le Bober, il se porta contre eui avec de grands fenforls, et les obligea promptement à battre en retraite.
Pendant ce temps, l'armée du prince de Schwarzenbet^ faisait ses- derniers préparatifs pour envahii' la Saxe, que défendit seul le 14' corps. Le maréchal Gouvion Saint-Cyr, dont le quartier général était à Pirna, avait pensé que l'ennemi ne s'éloignerait guère de la rive gauche de l'Elbe ; il avait occupé par trois divisions le pays compris entre cette rivière et Dippodiswalda depuis FQrstenwalde jusqu'à Pîrna. Sa cavalerie éclairât de Sayda à Chemnitz -, car on sav^t que des colonnes ennemies étaient en marche de Laun et Saatz sur Komotau, pendant que de petits détachements de cavalerie, éclîûrant d'autres colonnes, apparaiss^ent sur les hauteurs entre Oelsa et Peterswalde.
Le 20 et le 21 août, toute l'armée de Schwarzenherg, s'avançant sur quatre colonnes, franchit les frontières de la Bohème : la colonne de droite, commandée par le comte de Wittgenstein, s'engagea sur la route de Lobositz à Pirna; la deuxième, composée du corps de Kleist et des réserves russo-prussiennes, prit la route d'Altenberg et de Glashûtte ; la troisième, formée des corps de Colloredo, de Chasteler et de Giulay, ainsi que des réserves autrichiennes, se dirigea sur Sayda et Dippodiswalda ; enfin la colonne de gauche, commandée par Klenau, partit de Komotau et fit un long détour par Marienberg et Fieiberg.
Prévenu du uiouvement ofiensif de l'ennemi, Gouvion Saint- Cyr réclama impérieusement à Vandamme aa 42" division, un moment détachée au i" corps, et la plaça au camp de Lilienstein et à KOnigstein, afin d'empêcher l'armée alliée de pasïwr sur la rive droite de l'Elbe; puis il prescrivit à ses divisions qui gardùent les défilés de tenir ie plus longtemps possible dans leurs positions, et d'efTectuer ensuite leur retraite sur Dresde.
Le 22, Wittgenstein força la position de Berggieshâbel. La 43' division, qui l'occupîut, battit en retraite sur Zehista, où, réunie h la 44*, qui avait également dû abandonner Borna, elle contint l'ennemi. Le lendemain, les deux divisions françaises purent se retirer sans être trop pressées. La 45* division, attaquée par Kleist, aux environs de Glashûtte, soutint bravement les efforts de l'ennemi, et vint, le 24, prendre position à Mcknitz, près de Dresde, à la droite de la 44°.
La cavalerïe de Fajol avait été attaquée, le 21 à huit heures du matin, sur tout le front de sa ligne. 2,000 cavaliers et deux bataillons d'infanterie autrichienne, du corps de Klenau, s'étaient portés sur Marienberg, occupé par le 7* lanciers. Ce régiment fit bonne contenance et maltr^ta fort le régiment de chevau-légers de Rosenberg; mais il ne put tenir longtemps devant des forces très-supérieures, et dut se retirer à Brand, un peu en avant de Freiberg.
Le 2" régiment de chasseurs italiens fut moins heureux : les Prussiens ie surprirent dans ses cantonnements de ZOblttz, 01bernhau et Sayda ; il fut ramené sur Freiberg en grand désordre par 1,500 dragons, hussards et uhians, que les deux bataillons d'infanterie postés à Brand, avec deux pièces de canon, parvinrent seuls à arrêter.
Enfin le 14' hussards avait évacué Chemnitz et, sous les ordres du général Stedman, s'était dirigé vers Oederan. La présence de l'ennemi sur ce point l'obligea à se jeter sur la route de Nossen, sauf à rejoindre plus tard.
Avec deux régiments de cavalerie (7* lanciers et 2' chasseurs italiens), 2,000 hommes environ d'infanterie et son artillerie, Pajol se disposait, le 22, à défendre Freiberg, lorsque le maréchal Gouvion Saint-Gyr lui donna l'ordre de se retirer à Rabenau et de prendre position entre cette ville et la Mûlde. La route
était déjà interceptée; i! dut s'acheminer directement sur Dresde, sans avoir pu rallier le général Stedman, dont il n'avait pas de nouvelles. L'attitude résolue de la colonne de Pajol lui épargna une poursuite pressante. Chaque fois que des partis . l'approchaient trop , quelques chaires vigoureuses les éloignaient. Elle gagna donc facilement WilsdrulT; le lendemam, elle arriva sans être inquiétée à Dresde, où elle retrouva le U* hussards, que le général Stedman avait runené sans accident. -
Le 24 août, tout le 14' corps, moins la 42° divlBÎon, laissée sur la rive droite de l'Elbe et k Konigstein, était déployé devant Dresde: la 43' division occupait les fauboui^ et les redoutes; le 44* était eu avant et à gauche de Gross-Garten, jusqu'à l'Elbe ; la 45', de Gross-Garten à Plauen ; la cavalerie de Lbérîtier, à Leuben, sur la route de Pirna-, la cavalerie de Pajol gardait les débouchés de Freiberg et de Tharandt.
Les têtes de colonnes de l'armée ennemie arrivaient, le même jour, en vue de la ville, et couronnaient, le soir, de leurs Teux, toutes les hauteurs environnantes; sa cavalerie s'étendait au-dessous de Dresde, jusqu'à l'Elbe,
Le 25, les hussards de Groduo, du corps de Wittgenstein, firent sur Dresde une vigoureuse reconnaissance, rejetèrent la cavalerie du général Lhéritier sur Seidnitz et lui prirent trois bouches à feu. Vers quatre heures de l'après-midi, Wittgenstein vint à ûruna; Kleist, à Strehla; Golloredo, à Râcknitz; Chasteler, derrière Plauen, soutenu par Giulay ; enfin l'avant-garde de Klenau parut devant Lobtau, en face de Pajol, qui s'était établi un peu en avuit de ce village, la gauche presque à hauteur de Plauen, la droite à l'Elbe. Pendant toute la journée, sa cavalerie fut engagée avec l'ennemi ; le général dut se tenir constamment aux avant-postes, pour résister aux attaques réitérées du général Metzko, qui voulait à tout prix conquérir remplacement du corps de Klenau.
Le maréchal Gouvion Saint-Gyr, inquiet de se trouver, avec 20,000 hommes seulement, en présence d'une armée au moins quatre fois plus nombreuse, rendit tompte à l'Empereur de sa périlleuse situation et de la certitude qu'il avait d'être attaqué le lendem^n, 26. Napoléon envoya aussitôt un de ses aides de camp examiner les dispositions de défense adoptées par le ma-
réchal, qu'il préviendrait de l'arrivée de nombreux renforts. En effet, la cavalerie du général Latour-Maubourg, les corps de Marmont, de Victor, de Bertrand, et la garde impériale eurent l'ordre de 3e diriger, à marches forcées, sur Dresde. L'Empereur y arriva le 26 août ^ dix heures du matin. Le corps de Kleist avait déjà enlevé Gross-Garten à la 43' division. Mais ce n'était là qu'une attaque partielle, le prince de Schwarzenberg - ne voulant pas engager toutes ses forces sans savoir si le corps de Klenau approchait du champ de bataille.
Vers quatre heures de l'aprës-niidi, il donna le dgnal d'une attaque générale, qui fut effectuée par six colonnes, précédées chacune de 50 pièces de canon. L'indécision de l'ennemi avait permis à nos renforts d'arriver à temps. Après un premier succès sur notre aile gauche, les troupes alliées durent se retirer et reiitrer dans leurs positions, à la suite d'un combat trësachamé.
Notre aile droite, formée par la cavalerie du général Pajol, avait courageusement lutté. Le 14' hussards, conduit par le colonel Garavaque, avtût, au début de l'action, fourni une charge. magniUque : la cavalerie de la première ligne ennemie fut culbutée, et l'infanterie delà seconde ligne bousculée. Mais ce régiment, se laissant entraîner trop loin, alla se heurter sur une troisième ligne, composée de cavalerie, et fut ramené grand train. L'infanterie s'était reformée; elle cribla le 14' hussards, assailli en même temps par toute la cavalerie de la première ligne, déjà ralliée. ï>ajol fut obligé de charger à la tète de ses deux autres régiments, pour recueillir ses hussards ; dans cette charge, il eut un cheval tué sous lui.
A ce moment. Murai arrivait avec la cavalerie de Latour- Maubourg, suivie de deux divisions de la jeune garde. Les attaques devinrent alors extrêmement vives : malgré une pluie torrentielle, les charges de cavalerie repoussèrent les troupes de Metzko et de Giulay sur la route de Freiberg, et les positions précédemment occupées parla division Pajol furent reconquises. Ti'infanteries'y installa, A là nuit, toute la cavalerie fut ramenée au faubourg de Frederichstadt. Le roi de Naples en eut le commandement supérieur.
Rejetée, à là chute du jour, sur les emplacements qu'elle oc-
cupatt le matin, l'armée coalisée y passa la nuit. Schwarzenberg voulait recommencer le combat le lendemain. Napoléon s'y atleodait; il fît ses dispositions pour l'attaque. Il avait en ligne quatre divisions de la jeune garde, trots corps (le (4*, le 6' et le 2'), la cavalerie de Latour-Maubourg et de Pajol ; en réserve, U vieille garde et la cavalerie de la garde. L'ennemi pouvait s'augmenter du corps de Klenau seulement.
Pendant tonte la nuit et le jour suivant, 27 août, le temps fut aBreux. Les troupes bivouaquèrent dans la fange. Cependant, à sept heures du matin, le combat s'alluma sur toute la ligne. Les Autrichiens firent d'abord bonne contenance ; vers midi, ils tarent rompus, enfoncés, éparpillés dans le plus grand désordre. , Le roi de Naples avait exécuté, à l'aile droite, une manœuvre déciuve. Il avait franchi, parle petit chemin de Briessnitz, l'escarpement du coteau çt déployé ses soixante escadrons à droite de la chaussée de Freibei^, menaçant de tourner la gauche des Autrichiens. Les régiments Archiduc, Reynier et Lusignan, cédant it leur ardeur, s'avancèrent trop de ce côté ; ils furent entooréa, près de Rossthal, par trois régiments de cavalerie, un de cuirassiers saxons et deux de la division Pajol, qui enfoncèrent leurs carrés et les sabrèrent. En même temps, notre centre et notre gauche faisùent des progrès sérieux. D'un autre côté, Vaodamme, débouchant de Pirna, repoussait le général Oslermann et se plaçait h. cheval sur la route qu'avait suivie, pour venir, le corps de Wittgenstein.
Grognant d'être coupé de la Bohême, le prince de Swcharzenberg ordonna aussitôt la retraite. Toute l'armée rétrograda : le corps de Klfenau, qui venait d'arriver h. Kohlsdorf, retourna à Freit>e^, pour prendre la route de Marienbei^ et de Komolau ; Barclay de Tolly et Kleist s'engagèrent sur la route de Glashûtte et de Fûrstenwalde, tandis que le reste de l'armée autrichienne se retirait par Altenberg et Zinwald sur Tëplitz.
Les troupes françaises couchèrent sur le champ de bataille. Le lendemain 28, de grand matin, Napoléon les lança k la poursuite des Alliés. Le corps du duc de Bellune et le 1" corps de cavalerie furent engagés sur la route de Frciberg ; le corps du duc de Raguse marcha sur Dippodiswalda ; la garde, conduite par le duc de Trévise, sur Pïrna ; enfin le li* corps fut poussé
sur Maxen. La cavalerie de ce corps, qui avait comballii û l'îùle droite de l'armée française depuis deux joui-s, se disposait à suivre le mouvement du roi de Naples, quand l'Empereur l'arrêta sur les Iiauteurs de Leubnitz et lui fit prendre la tête de colonne du maréchal Gouvion Saint-Cyr, sous les ordres duquel elle rentrMt.
Dès le commencement de sa marche, le 14' corps trouva le terrain entre Leubnitz et Reick défendu par 60 bouches à feu, que protégeaient deux masses d'infanterie. Un combat très-vif s'engagea à Leubnitz, qui fut enlevé. L'ennemi se relira précipitamment sur la route de Maxen, Pajol le poursuivit l'épée dans les reins, et lui fit plusieurs centaines de prisonniers. A la fin de la journée, le maréchal Gouvion Saint-Cyr établit son quartier général à Klein-Sedlïtz ; sa tète de colonne bivouaquât en vue de Maxen.
Le 29, à la pointe du jour, le général Pajol avec toute sa division entra dans Maxen, défendu faiblement par une arrièregarde du corps de Kleist, qui fut faite prisonnière en grande partie. Le 14* corps suivait de près sa cavalerie; il ne tarda pas à déboucher, et vint couronner les hauteurs de Reînhar'dsgrimma, d'où l'on apercevait distinctement, en avant de Cunnersdorf, une colonne prussienne de 1,S00 hommes d'infanterie et de 2,000 chevaux. Gouvion Saint-Cyr prit sur-le-champ ses dispositions pour la couper, en la tournant par sa gauche. Mais l'ennemi jugea prudent de ne pas tenir tète à un corps d'armée tout entier ; il abandonna sa position et se retira sur Falkeinhayn. Le général Pajol, qui avait déjà commencé le mouvement tournant, poussa jusqu'à Ober-Frauendorf, où il trouva un bataillon russe et quelques centaines de Cosaques postés à l'enti'ée d'un bois ; il les rejeta sur Falkenhayn.
A ce moment, le 6* corps {duc de Raguse) débouchait de Dlppodiswalda pour aller coucher à Falkenhayn . Ce mouvement latéral obligea le 14* corps, pour laisser passer le 6*, à prendre position à Reinhardsgrimma et Luchau. Le même jour, la garde arrivait à Pirna, et Vandamme atteignait Kulm.
Le 30i le maréchal Gouvion Saint-Cyr, pour ne pas perdi-e la trace de l'ennemi, appuya à gauche, et se dirigea sur Glashtitte et Liebenau. Il prescrivit au général Pajol, resté sur la.
route d'AItenbei^, de venir prendre la tête de sa colonne. Pajol, devançant sa division, rejoignit, avec un piquet seulement, le maréchal sur une hauteur en arrière de Lauenstein. De ce point dominant on apercevait une masse désordonnée, qui paressait aanemie. L'officier du 7* lanciers qui commandait le piquet àa maréchal n'avût pu la reconnaître. Pajol eut ordre de se porter en avant et de fûre la reconnaissance de cette troupe. Le général s'avança donc dans la direction de Liebcnau, soutenu par un batûUon d'infanterie légère. Parvenu au centre de ce TÏIlage, qui est d'une longueur démesurée, il trouva les Gosaqaes qm avaient chargé le premier piqaet envoyé à la découverte. Le feu du bataillon d'infanterie les força de s'éloigner. Le reste du 14* corps arriva à Liebenau au moment où Pajol abordait les troupes qu'il étdt allé reconnaître. C'étaient les débris du fcorps et de la 42*division du 1 4' échappés au désastre de Kulm.
Voici ce qui était arrivé : Vandamme, lancé par Napoléon à la poursuite des Russes, avait atteint Kulm le 29, et s'était avancé vers le débouché de Téplitz. Les soldats du prince Eugène de Wurtemberg, les gardes d'Ostermann, sur lesquels il avait fait plusieurs milliers de prisonniers, s'étîûent arrêtés, lui avaient barré le chemin et l'avaient même obligé de rentrer à Kulm et d'y prendre une position défensive. Le 30, attaqué par des forces supérieures, il se disposait à se retirer sur Petersffalde, quand le corps de Kleist, échappé aux coups de Goovion Saint-Cyr, vint déboucher sur ses derrières et changer, pour le i" corps, une expédition d'abord heureuse en déroute complète, en sauve-qui-peut général. Vandamme (') et le général Haxo furent pris.
En présence de.la situation que la catastrophe de Kulm pouvait faire aux corps françùs, si l'ennemi poursuivait les résultats
(') Vmiliinnie ^Dominique), comte d'Unebnrg, at i, Caud en 1771, enira fort jcnoe «u service daoi un ré^jueat colonitl ; reiinr en France en 1789, foniu une compagnie franche, soai le nom de chasieuri du Mont-Cauel i fit ta campagne àK 179: ; général de brigade en 17S3 ; général de division en 1790 ; se distingua <l>iu les guerres de VKmpire jusqu'en 1809 ; par suite de difficultés avec le loi de Wesiphalie, fut disgradé, cl ne put prendre part à ta campagne de 1BI2. Vindamme ■>ail la rotation d'être pillard : rempercur Aleundre, devant lequel il fut coadiiit après la malheureiue affaire de Kulm, le re^ut avec hauteur et lui reprocha « conduite. Vaadaome, oDeuté, se pla^it du peu d'égards qu'où a«ait pour lui ; il
de sa victoire, le quartier général du i 4' corps fut reporté en arrière, à Dittersdorf; la cavalerie de Pajol et la 43' division d'infanterie furent placées à Fflrstenwaldc, à l'extrême avantgarde; la cavalerie eut pour miâsion de s'engager dans les gorges de la Bohème et de savoir si l'ennemi s'avançait ou s'il coDserviùt ses positions aux environs de Tëplitz.
Dès le lendemain, de nombreuses reconnaissances parcoururent les défdés environnants, de PeterswaldeèZinwald; elles recueillaient, & chaque pas, une quantité énoi'me de blessés et de traînards du naalheureux corps de Vandamme. Pajol s'empara d'Ebersdorf, sur la route de Tëplitz, et s'avança jusqu'aux environs de Kulm, qu'il trouva encombrés d'aflillerie et de bagages abandonnés par le 1" corps français et par le corps de Kleist Faute de chevaux de trait, il ne put les emmener. Une trèsforte arrière-garde russe gardait Kulm et Graupen, attendant sans doute les moyens d'enlever tout ce qui était resté sur le champ de bat£Ùlle. Pajol ne put aller plus loin ; mus il apprit des habitants du pays que l'ennemi paraissait se concentrer à Téplitz.
Les renseignements fournis par les divers partis de ta cavalerie de Pajol, pendant la journée du 3t août, ne laissèrent aucun doute sur ta prochaine rentrée des Alliés en Saxe. L'armée russe avait pris position sur les hauteurs de Kulm, détachant ses avant-postes en face des nôtres, jusqu'& Strecken ; l'armée prussienne était à Nollendorf, à cheval sur l'embranchement des routes d'Aussig à Dresde et de Kulm à Petersvralde, où se trouvait son avant-garde, qui inquiétait fort nos détachements à gauche de Fiirstenwalde.
Le maréchal Gouvion Saint-Cyr fut très-satisfait de l'activité du généi'al Pajol dans la diflicile mission qui lui était confiée. Le 31, il écrivait à l'Empereur, qui avait sans doute manifesté l'intention d'employer Pajol ailleurs : « Je supplie avec instances n réitérées Votre Majesté de me conserver cet officier général ;
■joula qu'il ne senil fis plus mallrailé s'il aiait usjuiiné lon'père. L'tlluùon (involontiire certkinemeDl) élait forte.
Auui eul-il beiucoup i souffrir pendtnl toute sa caplitilé. Il rtuira rn France, eu septembre tSIi ; apréi la campagne ik 1815, il se relira en Belgique, puis en Anériquei mort en France en 1S!4.
a il n'y en a pas OD autre capable de faire exécuter ane re- « connaissance ou un mouvement àe cavalerie d'une manière <i aus» satisfùsante ('). »
Cet éloge, dans la bouche d'un maréchal qui en était toujours très-sobre, prouve l'importance des services rendus par l'ofG' cier général qui en était l'objet.
Cependant l'Empereur s'ét^t arrêté à Pirna le 29, et y avait reçu de mauvaises nouvelles des autres théâtres de la guerre. Le maréchal Macdonald, battu par BlUcher sur la Katzbach, se repliait sur Bautzen; le maréchal Oudinot, malgré l'appui du prince de la Moskowa, n'avait pu conserver l'oOensive et s'était retiré sur Wittenberg. Napoléon retourne alors à Dresde, où il apprend le désastre de Kulm. Les 2*, 6° et 14* corps ne pouvaient se porter isolément sur l'armée du prince de Schwarzenberg, réunie entre Tëplitz et Komotau ; il les arrête immédiatement et leur prescrit d'abandonner les crêtes des montagnes de la Bohème.
Le 6* corps, destiné à une expédition en Silésie, dut s'acheminer sur Hoyerswerda ; le 2* se retirerait sur Freiberg, pour couvrir la route de Dresde ; le 14' viendraità Pirna, gardant le débouché de Peterswalde sur Dresde. Ces deux derniers corps devaient protéger la capitale de la Saxe , s'y retirer dans le cas où ils seraient forcés, et s'y défendre à outrance, réunis aa 1" corps, qui s'y réorganisait sous les ordres du général comte Lobau.
Le 1" septembre, Pajol annonça que ses rapports signalaient UD mouvement des Russes sur Altenberg et des Autrichiens sur Peterswalde. Dans une totumée faite aux avant-postes, il avait To lui-même l' avant-garde déboucher, sans que cependant elle se fût engagée avec ses vedettes. Il était temps que le 14" corps eOectuât son mouvement de retraite, s'il ne voulait se trouver seul aux prises avec toute l'armée alliée ; car Marmont rétrogradait déjà. Saint-Cyr donna ordre : h la 42° division, rentrée sous son commandement, du rester à Lilieustein et KQnigsteiu, où elle pouvût se réorganiser sans crainte d'être inquiétée ; à la 43' di-
(,')Vmi PiieeiJMiifiealini, n" 18.
visioD et à la cavalerie de Pajol d'occuper, le 2 septembre, Breitenau, OEIsa et Hellendorf. La 44' devùt prendre position à Berggiesbûbel, et la 45% déjà en route, s'arrêterait à Borna.
Le 2 septembre, ces mouvements furent exécutés, sons la protection de la cavalerie de Pajol, gui eut plusieurs engagements. L'ennemi commençai à nous serrer de très-près et voulait précipiter notre marche rétrograde.
Dans la nuit du 3 au 4, nos postes en avant de Breitenau furent forcés de se replier ; et le 4 au matin, le corps de Barclay de Tolly se trouvât tout entier en présence du corps de Gouvion Sùnt-Gyr, dontladroiteétaitàBorna, le centre à BerggiesbObel, la gaucbe à lilienstein, et l'avant-garde à Helleudorf, OElsa, Breitenau et Maien. 500 Cosaques percèrent, à la nuit, la ligne des avant-postes et pénétrèrent jusqu'à Biimersdorf, d'où les cavaliers de Pajol les eurent bientôt chassés.
Le 5, vers une heure de l'après-midi, Barclay de Tolly, soutenu par le corps de Wittgenstein, dont la tète de colonne formée par la division prussienne de Zietben dépassât Peterswalde,attaqua vigoureusement l'avant-gfu'de française, qui le gènmt. La 43' division et la cavalerie résistèrent longtemps à des forces très-supérieures; à neuf heures du soir, elles durent se retirer derrière la 45* division, en position à Borna.
Pendant ce temps, le prince Eugène de Wurtemberg, précédé par lacavalerie de Pahlen, déboucbait plus à gauche, dans la direction de Oippodiswalda; le général Elenau s'avançait de Komotau sur Cbemnitz; enfin le prince de Schwarzenberg, avec les corps autrichiens de Colloredo, Cbasteler, Giulay et les réserves, prenait la route d'Aussig, pour y passer l'Elbe et entrer en communication, par Zittau, avec l'armée de Blticher.
Ces mouvements olTensifa très-accentués, aussi bien que le succès de Barclay de Tolly, avaient décidé le maréchal Gouvion Saint-Cyr à céder un peu de terrain. Les troupes de son corps d'armée se trouvaient, le 6 au matin, échelonnées sur la route de Dresde : le quartier général et deux bataillons de la 42' division étàent àPirna; la 44' division, en avant-garde sur le plateau de Berg^esbiibel ; la 45°, à, Biirkbardtswalde, détachant deux bataillons sur la route de Maxen ; enfin la 43' division et la cavalerie de Pajol, à Borna. Dans cette situation, Saint-Cyr
^dbyGooglc
I(itatta(|né à quatre heures, par 5,000 chevaux, douze batùlloDs d'infaoterie et 12 pièces d'artillerie, qui se portèrent sur la position de Borna, Impossible à défendre sans une nombreuse rav^erie. Le maréchal n'eut que le temps de se retirer en échelons, fusant charger sa cavalerie pour éloigner l'ennemi, qui le (atomiait. A Berg^eshQbel, la 44° division, attaquée en même temps, avait rétrogradé jusqu'à Zehista, où elle se reforma à la droite de la 43'. Epfinla 45' division, protégée par la cavalerie, Tint se placer en arrière de Znschendorf; mais bientôt Pajol, ' pressé par la cavalerie de Pablen et le 2° corps russe du prince de Wnrtemberg, dut rétrograder aussi jusqu'à Zuschendorf et s'appuyer à la 43* division. Ce mouvement entraîna la 45*, qui s'installa à Dohna, détachant trois bataillons à Heidenau. La réserve d'artillerie, gardée par les deux bataillons de la 42* diviâon, étîût portée à Sporbïtz. L'avant-garde de Wittgenstein prit position à Berggieshûbel.
L'Empereur avait quitté Dresde te 3 septembreet s'était porté svK sa ^rde, le 6* corps et la cavalerie de Latgur-Mauboui^, au secours du duc deTarente, vivement pressé par BlUcher, qui fut ramené derrière la Queiss.
Cette leçon donnée à l'armée de Silésie, Napoléon se retourna vers l'armée de Bohème, devenue très-entreprenante vis-à-vis de GoQvion Saint-Cyr, qui paraissait très-effrayé. lia garde revint à Dresde, que l'Empereur traversa dans la journée du 7, pour se rendre à Mtigein, quartier général du 14* corps. 11 parcourut les cantonnements de la 45* division, postée à Dohna, et les banteurs de Zehista et de Zuschendorf, occupées par la 43' division, que soutenait la cavalerie de Pajol, formant l'avant-garde. A peu de distance, et en face de notre corps d'armée, on distinguait les dnq divisions de Wittgenstein, déployées la droite à l'Elbe et la gauche à la Weisseritz; un avant-poste occupiût Pima. De plus, les renseignements recueillis par notre cavalerie signalùent une colonne de 60,000 Autrichiens marchant sur Ghemnitz, avec l'intention de se porter sur Leipzig, pour y laire sa jonction avec l'arméedu Nord. Les 12,000 hommes de t'ahlen et du prince de Wuftemberg, auxquels Pajol avait déjà eu alîaire, parùssment être les flanqueurs de cette colonne.
Après avoir tout vu. Napoléon rentra le soir même à Dresde i
il Tit hâter l'arrivée de sa garde. Le 8, au matin, elle att^gn^t Mûgeln, au moment où les avant-postes du li' corps, attaqués par des forces considérables, se repliaient sur la 43' division, qui, avec la cavalerie de Pajol, avait rétrogradé pendant la nuit et pris position, la droite appuyée & la Mûglitz, en arrière de Kottwitz, et la gauche à Gross-Sedlitz. Cette ligne, abordée vigoureusement par les troupes de Pahlen et une diviâon de grenadiers du 2* corps russe, dut se retirer à Dohna. Mais l'Empereur était arrivé sur le lieu du combat, précédant de quelques heures la garde impériale. Il forma immédiatement tout te ■ 14° corps en colonnes d'attaque. La 1" brigade de la 4S° division déboucha par Dohna ; la 2*, à gauche de cette ville, simultanément, et avec la cavalerie de Pajol ^ la 43° division et la 44*, également en colonnes par biigade, marchaient à la gauche.
L'ennemi ne put résister à la vigueur de cette offensive, à laquelle il ne s'attendait pas ; il perdit Gross-Sedlitz, et battit en retr^te, sans trop de désordre cependant, en arrière de Zaschendorf et de Zehista, où. il établit ses avant-postes. Le général Pajol, qui avait contribué au succès de la journée, se trouva, vers la fm du combat, en présence d'un gros corps de cavalerie prussienne qui essayait, en Retardant la poursuite, de protéger la retraite. Il fit avancer au-devant des cavaliers prussiens un escadron du 14° hussards, commandé par le capitaine Neuchèze, pendant que lui-même manœuvrait pour tourner la droite de l'ennemi et l'obliger à rétrograder. L'Empereur passait en ce moment, accompagné du major général et du roi de Naples. Morat, voyant l'escadron du 14° hussards en position, s'écria qu'il fallait le faire charger. « Non, non, dit Napoléon, Imssez « faire Pajol, il agit prudemment; » puis tous s'éloignèrent. Mais, quelques instants après. Murât revint et voulut absolument que l'escadron du capitaine Neuchèze fût lancé. Le général eut beau lui représenter qu'il fallait au moins attendre l'effet de son mouvement tournant, avant d'engager un. escadron dont les ailes étaient débordées par les tirailleurs ennemis. Le roi de Naples tint à son idée; et l'ordre de charger fut porté au capitaine Neuchèze, que Pajol fit soutenir par une compagnie d'infanterie déployée en tirailleurs. L'escadron s'élança bravement. Il n'en revint que le capitaine et le trompette! Le roi
de Naples partit, convaîDca de la ju3t«3se des observations de Pajol,
Le lendemain, 9 septembre, le 14* corps était sous les armes avant te jour; il avait devant lui deux lignes d'infanterie établies à Dohna, la' droite à la montagne et la gaucbe dans la direc^on de Borna; puis deux lignes de cavalerie en avant de Borna, couvrant toute la route de Peterswalde, sur laquelle doDEe pièces de canon ét^ent établies, protégées par trois ou quatre bataillons de tirailleurs. C'était une force de 20 à 25,000 hommes. Ces troupes ne paraissaient pas disposées à une longue réûstance, car il y avait un grand mouvement de vo^ures sur les derrières, dans la direction de Peterswalde (').
Napoléon avait fait venir le 1" corps de Dresde à Dohna; il le porta contre l'ennemi, sur la route de Pirna à Peterswalde, et dirigea le !4' corps, renforcé de la jeune garde, par la route de FOrstenwalâe. Il espérait que cette dernière colonne arriverait en Bohême avant Wittgenstein et lui couperait la retraite.
La cavalerie de Pajol, appuyée de quelques bataillons d'infanterie, entama le mouvement : les postes ennemis restés à Zoscbendorf et les flanqueurs établis à Nieder-Seidewitz furent bien vite repliés; puis on s'avança, sans trouver de résistance, jusque sur les hauteurs de Borna. L'Empereur ordonna une halte, pendant laquelle il renforça de ses escadrons de service et des gardes d'honneur la division Pajol, qui était très-fîûble. Le mouvement repris, ou dépassa Liebstadt, puis Breitenau. Le 14* corps bivouaqua, le soir, en avant de cette ville et à Ffirstenwalde, qu'occupèrent deux divisions d'infanterie et la cavalerie.
Kleist et Wittgenstein, que l'allure de nos troupes avertissait de la présence de l'Empereur, reculèrent jusqu'à Nollendorf ; ils crEÙgniùent à tout moment que le 14' corps, débouchant de Fùrstenwalde sur Peterswalde, ne tombât sur le tlanc de leurs colonnes. La nature du terrain les préservait de cet accident. D'ailleurs, Napoléon cherchait un résultat plus complet.
En effet, le 10 septembre au matin, Gouvion Saint-Cyr déboucha de Fùrstenwalde, s'empara d'Ebersdorf et se trouva au
(') Voir Pièct» jia^aiirti, n' 10.
pïed du Geyersberg. Les chemins devinreot alors très-difficiles. L'Empereur, se portant avec le maréchal au col qui sépare cette montagne' du Nollenberg, reconnut qu'il y avùt impossibilité absolue de iaire arriver l'artillerie. Cependant, comme on ^»ercevmt les tètes de colonnes ennemies, les minem^ se mirent à l'œuvre pour frayer le passage.
La 43° division «ut ordre de couronner le Geyersbei^, ce qu'elle fit rapidement, soutenue par la cavalerie. Bientdt le feu s'engagea avec les flanqueurs ennemis, que Pajol chargeùt quand le terrain le permettait.
La fusillade continua ainsi pendant trois heures, sans qu'on eût pu amener un seul canon. La 43' division, pressée vivement par la 2° division de grenadia^ russes, que le général Rajewski avait postée dans les broussailles, dut se retirer, avec la cavalerie, à Ebersdorf. Le 14* corps campa entre ce village et Fûrstenwalde; le 1" corps prit position & Nollendorf. Le 2* corps était venu le même jour k Altenberg. Les difficultés que présentât le passage du Geyersberg détournèrent Napoléon du projet de descendre en Bohême; il fit rétrograder la jeune garde à Pima, et prescrivit au 1" et au 14" corps de conserver lenrs emplacements le plus longtemps possible. Le 12 septembre, il rentrait à Dresde.
L'armée russo-prussienne se retira donc vers Têplitz sans être inquiétée davantage ; le 10 au soir, elle prit position, couverte par une petite rivière, ia droite sur les hauteurs de Sensel, le centre sur la grande route, derrière Sobochleben, et la gauche à Rosenthal ; des postes d'infanterie légère étaient placés en avant, à Graupen et à Mariaschein. Le 11 septembre, elle resta dans ces emplacements. L'armée autrichienne était revmue entre Têplitz et Dux ; le corps de Klenau occupait Marienberg.
Dès que Wittgenstein et Kleist se virent soutenus, ils se reportèrent en avant dans la soirée du 12, et firent attaquer la gauche du ] 4* corps par une colonne qui déboucha de Kulm sur Ebersdorf. La fusillade fut très-vive pendant toute la nuit ; mais renoemi ne put nous entamer, et un de ses bataillons fut fort maltraité. Les Russo-Prussiens se retirèrent, et le 13, les troupes de Gouvion Saint-Cyr tenment encore les positions suivantes : la 44' division ,' à Fllrstenwalde, détachait deux
batailloDS à gauche d'Ebersdorf, pour garder le défilé de Kulm , et communiquait, par sa droite, avec le 2' corps, établi en avant d'Altenbei^, et, par sa gauche, avec le i" corps, posté à Noliendorf; la 43' division étîùt en avant de Breitenauj la 45* s'échelonnait entre Liebstadt et Borna ; la 42* s'étîùt avancée à Lang-Hennersdorf j enfin la cavalerie de Pajol occupait FUrslenwalde, Liebenau et Breitenau, par un régiment dans chacune de ces villes.
Le 14 septembre, le prince de Schwarzenberg fit recommencer l'attaque qui avait échoué dans la nuit du 12 au 13. Il dirigea Wittgenstein sur Nollendorf, contre le 1" corps ; Golloredo sur Breitenau, et le prince Auguste de Prusse sur Ebersdorf, contre le 14" corps. La division Dumooceau ne put tenir à Nollendorf; elle se retira à Peterswalde, découvrant la gauche de Gouvion Saint-Gyr, sur laquelle Wittgenstein porta immédiatement, par Streckenwalde, del'infanterie et une grande masse de cavalerie, uhlans et chevau-légers. Les divisions du 14' corps se replièrent, et furent échelonnées: la 4^% à Breitenau, avec deux ré^ments de la cavalerie de Pajol ; la 43°, en arrière de Bômersdorf, avec un régiment de cavalerie ; la VS', au camp de Borna, où l'on élevait deux redoutes. En effet, l'Empereur, décidé à garder efficacement les défilés en avant de Pima, tv^t ordonné de fortifier la position de Borna et celle de BerggieshUbel ; tandis que la 42* division, sans abandonner KOnigstein et le camp de Lilienstein, établirait des retranchements à Lang-Hennersdorf et Hermsdorf, afin de se trouver, au besoin, dans ces deux positions, sur le flanc de l'ennemi marchait vers BerggieshUbel. Ces travaux de terrassements n'allident pas nte, parce que nos soldats, exténués par le manque de rivres, ne pouvaient supporter de nouvelles fedgues ajoutées aux entreprises continuelles de l'ennemi.
Le 15, impatienté de ce va-et-vient. Napoléon se porta de Dresde à BerggieshUbel, avec l'intention de rejeter tout à. fût l'emiemi en Bohème et de lui faire payer cher ses audacieuses tentatives. Il fit sortir le 1" corps de son camp de Berggieshtlbel, où il était depuis la veille, et le lança sur la tête des colonnes de Wittgenstein ; il ordonna k la 43* division de se porter sur leurs flancs par Lang-Hennersdorf et Bahra, pendant
que le 14' corps, i-eprenant sa marche en avaot, viendrait se masser à Breitenau, que n'avait pas évacué la 44' division.
Cette division avait été sous tes armes toute la jouraée, craiguant sur son front une attaque des Autrichiens, qui occupûent en force les bois de Breitenau à Fûrstenwalde, et, sur son Qanc, une attaque des Russes, qui, au nombre de 7 à 8,000, ét^ent en position à OËlsa. En présence de forces aussi considérables, la 44* division eût certainement été obligée de se replier, si le mouvement offensif de l'Empereur sur Hellendorf n'avait pas déjà fait rétrograder sensiblement l'ennemi. Le maréchal GouvioD Saint-Gyr ne connut la marche de l'Empereur qu'à quatre heures et demie ; il porta aussitôt la division Pajol sur Breitenau, où elle parvint seulement à la nuit, suivie des autres troupes du 14' corps. Sur ce point, nous ne nous trouvions donc pas plus avancés qu'auparavant, bien qu'à la hauteur et même plus en avant que Hellendorf, où se trouvait le l" corps.
Gouvion Saint-Cyr était inquiet de ce que les Autrichiens s'étaient montrés en arrière de sa droite, à D^bra, où ils avaient sabré des cavaliers du 2' régiment de chasseurs italiens. Il sut bientôt, par une lettre du duc de Bellune au général Pajol, que le 2' corps avait évacué toutes ses positions en avant d'Altenberg, dès le matin, pour se porter à Freiberg, en exécution des ordres qu'il avait reçus. Sa droite ainsi découverte, S^nt-Cyr craignait de ne pouvoir conserver sa position de Breitenau, car l'armée de Schwarzenberg tout entière était devant lui.
Cependant Pajol s'avança, le lendemain, 16, à Filrstenwalde; il y apprit que quatre régiments russes, prussiens et autrichiens, deux régiments de cavalerie et beaucoup de bagages s'étaient retirés par Streckenwalde ; que deux régiments de dragons autrichiens étaient passés à FUrstenwalde, se dirigeant sur Ëbersdorf. Alors il poussa un fort parti sur ce dernier village, dont i) s'empara, et d'où il se porta au bord du profond ravin de Dolmîtz sur le versant de la vallée de Kulm. De cette position, nos cavaliers purent voir la retraite assez désordonnée de l'ennemi ; mais ils furent chassés par une colonne de cavalerie, contre laquelle le général Berthezëue envoya de l'infanterie, avec ordre d'occuper de nouveau Ëbersdorf.
En effet, vers midi, malgré un temps horrible, Napoléon avait
repris soQ mouvement oOéDSif et obligé Wittgenstein & 3e repUer SDF' Kulm. La division prussienne Zîetben, qui formait son arrière-garde, s'arrêta derrière des abatis, entre Tellnitz et Knienitz. Le corps de Colloredo fut alors forcé d'appuyer à droite, à Strzizowitz, et celui de Bulow dut se retirer à Sieherten, devant TSplitz. Nos troupes occupèrent, le soir même, les hauteurs de Nollendorf.
Les journées du 15 et du 16 noas avùent ramenés sur les montagnes qui dominent les défilés de la Bohême ; mais la présence de l'armée ennemie entre Téplitz et Kulm en rendait les débouchés fort dangereux. Néanmoins Napoléon voulut . essayer de se porter sur Kulm, par le pied du Noilenberg, Il lança, le 17, une forte reconnaissance du 1" corps. Après avoir dépassé Dolmitz, elle dut revenir à Nollendorf. Ce même jour et te lendemain 18, la 44* division, appuyée d'une partie de la cavalerie, se porta sur le col du Geyersberg. Pajol, qui faisait ^avaD^garde, comme toujours, enleva Ebersdorf, que deux bataillons russes et prussiens occupaient : un de ces bataillons s'échappa par le Geyersberg, l'autre parles hauteurs entre te Geyersberg et le Michelsberg. La cavalerie déboucha sur la route d'Ober-Graupen, et le général put découvrir, & la droite du défilé, et placé en amphithéâtre sur la hauteur, un camp immense, qui paraissait contenir SO.OOO hommes d'infanterie ; À gauche se déployaient trois grandes lignes de cavalerie, Pajol s'arrêta, et rendit compte sur-le-champ de la position prise par l'ennemi.
Du c4)té de Nollendorf, l'Empereur avait aussi trouvé an déploiement considérable de troupes. Il comprit qu'il était en présence de toute l'armée de Schwarzenberg ; il renonça dès lors à déboucher en Bohème avec 60,000 hommes, contre 120,000 au moins établis dans de fortes positions. Le 1" corps fut ramené à Peterswalde, et le 14* laissé libre d'agir suivant les circonstances.
Napoléon, dans une reconnaissance qu'il faisait ce jour-là en personne, ayant manqué d'être pris, par suite du peu de vigilance des piquets de sa garde, s'écria, devant tout son étatmajor, le prince Berthier, le maréchal Moriier et Gaulaiocourt, « qu'il n'avait plus de général de Cavalerie ; que Pajol seul
90 PAJfflL.
H savut Don-sealement se bien battre, mus ne pas dormir, se « bien garder et n'être jamais surpris. » Il lui fit expédier surle-champ l'ordre de se rendre près de lui, et le prévint qu'il allait lui confier le commandement du 5* corps de cavalerie. Le soir, l'Empereur rentra à Pirna. Le maréchal Gouvion Sdnt-Cyr dut songer à la retraite ;' car l'ennemi se montrait en force à Altenberg, où il avùt envoyé, le 17 au soir, un parti pour prendre à revers l'estrêm* droite du 14' corps, à Dîttersdorf. Le parti ennemi avfût été repou^ ; mus cette aile restait & découvert depuis la retrdte du duc de Bellune h Freibei^. .
Le 19, le i" corps rentra dans le camp de Berggieshûbel ; la garde, qui avait appuyé le mouvement olFensif de ces derniers jours, retourna à Pirna et à Dresde. Saint-Gyr laissa à Breitenau la 44° division, qui, par qaaire bataillons détachés à Hartmannsbach, près Gottleuba, appuyait les troupes du t*' corps ; il retira la 43* en arrière de BOmersdorf, établit en avant de Borna la 4o*, détachant un bat^ùllon à Liebstadt et deux à Berthelsdorf. La cavalerie de Pajo) fut disséminée sur la droite de ces divisions, éclairant et protégeant leurs flancs contre les partis lancés d' Altenberg.
lie 2' régiment de chasseurs italiens, établi à Waltersdorf, fut plus particulièrement l'objet de leurs attaques. Le 21 , ils se ruèrent sur ces avant-postes et furent repoussés; le 22, vers quatre heures du matin, au moment où ce régiment rompmt les rangs, l'appel terminé, une colonne de SOO chevaux fondit sur Waltersdorf, enleva les avant-postes et dispersa les chasseurs italiens ; abasourdis de cette brusque attaque, ils se sauvèrent en abandonnant leurs chevaux. Le colonel,- Mdé de quelques officiers, rallia une portimi du ré^ment et marcha résolument contre les cavaliers ennemis, qui se retirèrent, emmenant quelques prisonniers et quelques chevaux. Le 23, l'ennemi reparut devant les cantonnements du 2' chasseurs italiens ; il le trouva sur SCS gardes et n'osa rien tenter de sérieux. Le 24, une nouvelle tentative fut vivement et victorieusement repoussée. Les deux autres régiments de la division Pajol n'avâent point été attaqués.
Le 25, l'Empereur ordonna à Gouvion Swnt-Cyr de porter son quartier général à Pirna, et de laisser au général Pajol,
ÎDStallé à BOrnersdorf, le soin de couvrir avec sa cavalerie tous les débouchés ('). En apprenant la mission qui lui était confiée, cet olBcier général exposa au maréchal l'état dans lequel se trouTÙt sa division, en le priant de demander des renforts.
En effet, cette division, forte de 2,433 hommes et 2,366 chevaux au moment où Pajol en avait pria le commandement, dans le courant de juillet, se trouvait alors réduite des deux tiers. Le {4* hussards avait très-peu d'officiers et de sous-officiers capables, et ne présentait que deux escadrons, â(Hit les chevaux, déferrés pour la plupart et mal soignés, n'étaient plus propres à un bon service. Le 2° régiment de chasseurs italiens, qui avait eu souvent à souffrir des attaques de l'ennemi, comptait h. peine 200 combattants. Enfin l'effectif du 7' lanciers s'élevait tout au plus à 400 chevaux.
Cette division avait été épuisée et anéantie par son service journalier depuis le commencement des hostilités, le 18 août. SQe avait d'abord exécuté une retraite fort pénible sur Dresde, où elle avEÙt combattu pendant deux jours & l'aile droite de l'année ; elle avait fait l' avant-garde dans la poursuite de l'en- Demî, après les batailles du 26 et du 27 août, avût couvert la retrmte du 14* corps sur Dohna, après l'affaire de Kulm, pris la tête de colonne après le combat de Pima, prot^ la retraite sur Bffua, ouvert la marche dans la poursuite donnée & Wittgenstein ; elle était maintenant appelée, après cette dernière retraite, commencée le 19 septembre, & garder les défilés de la Bohême. L'ëDumération de ses travaux explique la réduction énorme de l'effectif des régiments, qui n'avaient jamùa été ravitaillés. Si, à la fatigue du service et des combats, on ajoute le manque de mvres pour les hommes et de fourrages pour les chevaux, on a'étonnera que la division ne fût pas complètement détruite.
On répondit au général Pajol qu'on ne pouvait pas lui envoyer de renforts. Malgré la faiblesse et le mauvais état de son corps, cet oflider continua, du 26 septembre au 4 octobre, à éclùrer aussi loin que possible les défilés confiés à sa garde. Ses recininmsances rencontndent presque chaque jour des partis ennemis, ramenaient quelques prisonniers et rapportment des
(■) Voir Piini jmllficaiim a* 20.
noDTelles de t'armée du prince de Schw&rzeoberg. C'est ûnâ que Pajol connut le mouvement de l'eanemi par sa gauche sur Ghemnitz et Zwickau, menaçant Leipzig; c'est ainsi qu'il put signaler l'arriTée de Benningsen à Tëplitz, le (" octobre. Il trouva m£me le moyen de lancer un détachement du 7* lanciers sur ta rive dfoîte de l'Elbe, & la suite d'une brigade de la 43* division. Ce détachement franchit le fleuve à Firna, et donna la chasse aux Prussiens qui inquiétaient nos travailleurs du pont et de la tête de pont.
Malgré l'insuffisance de ses forces, l'acUvité de Pajol ne se démentît pas un seul instant. Son dévouement répondit toujours à la confiance de l'Empereur.
A ce moment où la fortune de Napoléon semblût chanceler, si quelques hauts dignitaires de l'armée, enrichis par leur illustre chef, manifestaient trop ouvertement leur répugnance pour ta vie des camps et leur désir d'aller jouir dans leurs terres des bienfùts dont ils avaient été comblés, le général Pajol (son ùde de camp l'a souvent raconté) ne proléra jamais aucune plainte. II continuaità remplir ses devoirs avec une rigidité de consdence dont il ne s'est jamais départi dans le cours de sa carrière.
Le 5 octobre, lorsque Benningsen se mettait en route pour marcher sur Dresde, où tout le 14' corps devât se retirer, Pajol eut encore i. soutenir la retraite des 45* et 42* divisions, qui de Liebstadt et Lang-Hennersdorf devaient gagner Pima. L'ennemi, nombreux et pressant, poussait notre infanterie de mamelon en mamelon, sans laisser un moment de repos & nos troupes, qui avaient marché toute la nuit. Pour arrêter l'élan de l'offensive, Pajol établit ses escadrons en position sur un de ces mamelons, vers trois heures da matin, et fit placer des avant-postes par le commandant de sa première brigade, le général Jacquet. Ses troupes ainsi disposées en bataille, il va inspecter lui-même ses vedettes, qu'il trouve placées sur le versant du mamelon précédent, au lieu d'eu occuper la crête. Il charge alors avec ses vedettes, les étd)lit à l'endroit où elles auraient dû être primitivement placées, et retourne vers la division. Mais l'ennemi s'était déjà aperçu de la faute précédemment commise : par une attaque vigoureuse de cavalerie, appuyée d'artillerie, il replia ces avantpostes, fit prisonnier un escadron du 14* hussards et uriva en
présence de la division. Le génériil Pajol chai^;ea avec ses ofQdere, DaubentOD (') et de S^nt-Amand {'), et pMTFÎnt, après de grands efforts, & reprendre son ancienne ligne. Pendant ce temps, l'infanterie se retirait à pirna, oik il se rendit lui-même peu après. Tout le 14' corps se trouvait alors réuni.
Le maréchal Gouvion Saînt-Cyr fit venir Pajol, et lui remit les lettres de service qui le nommaient, à la date du 29 seplembre, an commandement en chef du 8* corps de cavalerie (') t il lui avoua « que, ayant ces letb^ depuis le 30, il n'avait pas t voulu consentir à son départ avant que son corps d'armée « tout entier fût ramené dans les portions de Dohna et de t Pima, » tant il avait su apprécier ce qu'on pouvtùt attendre du général Pajol, quand il couvrait une retraite.
En rendant aux corps d'armée qu'il était châtié de couvrir ou d'éclûrer les éminents services que le maréchal Saint-Gyr aimait à reconnaître, le général Pajol n'agissait évidemment que par amour du devoir et par esprit de sacrifice. A la tournure que prenaient les afiaires, il était impossible & un esprit clairvoyant de se faire illusion sur l'issue de la campagne et de ne pas pressentir la catastrophe finale. Si Napoléon n'avait consulté que le bonheur de la France et l'intérêt bien entendu de sa dy-
(') Daubenton (Pierre- Antoiue), ne à Bonleau:i k 3 avril 17TT. Entri lu lerike traîne voloDUire, H'igt de quinze aot, le I" mira 1786; >o>u-lieulcDuit à ConTidngons, cd 17ST ; émigré ivec troii de ses trirtt, el lert i Vtnaét du prioce de 'Cundé jusqu'au IG septembre 1703; p*ue, i cent dale, dans U légion de Beon, où ilreile jusqu'au licenciemeDt de celte iégiou; rentre eii France en 1793, aicc ripément île Louis XVIIi. La p«rle de >a forluDe l'obligeait de servir, ses bien* ■JlDt été confisqués et «endus pendant l'émigration ; il entra aux huisardi volonliira, le 16 mai 1800; saus4ieutenatit, le 23 juillet ISOO; lieutenant au B* chasmat, le 1" nctobre IBOOicapitaineaidedecam)) du générai Pajol, le 21 septemliKlSOS; chef d'escadron au 14* régiment de buiurds, le 19 leptenibre 1813. Oflkier plein de loyauté et d'honneur ; prit sa retraite le l'rmai ISlt, Mort i Chàteauroui en 1334.
Olmbert de Saint-Amtind, tié le 30 novembre 176B. Engagé au 8* régiment de eWenrs, te !4 novembre 1803; sous-lieulenant, le IS mai 1809; lieutenant au ï< chatteun, le 30 juillet 1S13; capitaine aide de camp du général Pajol, le 8 juillet 1813; major au 11< répment de chitueura, le IG man ISIT; lieutenant-colond, le 4 MptetDbre 1B30; colonel du!* régiment de dragons, le 7 juillet 1837; général de ■■rigide, le 33 aoilt 1846 ; mort le 39 nui 1664. OCGcier très-brave, blessé très-grièTc- ■ent à la bataille de Raab, i Wagram el à Krisnwi.
(') \mt Piieti jiulificeliviit, n" SI el !3.
nastie, les victoires de Lutzen et de Bautzen lui auràent procuré, h Prague, une paix qui n'était point sans gloire. Mus le l<Hig usage d'une autorité sans contrôle et sans frein avait, en quelque aorte, altéré, dans ce grand génie, la rectitude de l'esprit politique. Le dépit de recevoir des conditions de ceux mêmes qu'il venait de vaincre, et auxquels la fortune l'avùt habitué à imposer ses volontés, l'empêcha de profiter d'une occasion qui ae dev^t plus se présenter. Ne voulant d'autre paix que celle qu'il dicterait lui-même, il ne pouvait l'espérer telle qu'après avoir écrasé les forces de la Coalition. Or les chances d'un pareil succès diminuaient chaque jour. S'il avait repoussé de Dresde l'armée de Bohême, ses lieutenants avùent été battus à la Katzbach, à Gross-Beeren, à Kulm et à, Dennewitz. Il avait ou il allait avoir contre lui la Russie, la Prusse, la Suède, l'Autriche et la Bavière, pendant qu'au midi de l'Europe, l'Espagne, aidée de l'Angleterre, tenait ses armes en échec. Malgré tes eflorts héroïques de l'armée française aux plaines de Leipzig, la bataille des nations sera* bientôt suivie de l'invaâon de la France et de la chute de l'Empire.
LegcDcnJ Pajal prend le eomoiaïKleiiient du S' corps, 1 MîtlweydB, le 5 octobre. — MuMeavTis du roi de Naple» sur ta Flulu et RochliU. — Le &° corpi de cavalerie cbai^ d'éclairer le Oanc gauclie. — Combat de Borna. — CommeDcemeot de retraite lur Leipzig. — La cavalerie de Pajol aui avant-poitci. — Ses recpnnai»muccs cootre rcDDemi. — Position du corpide Horit derrière le Gosel. — Harohe réirogndei position de Wachau. — Bataille de Wacbau (13 octobre). — Pajol grièremeot bleue vers trois heure* de l'après-midi. — 11 est transporté à Leipzig. — Bataille du IS octobre. — Evacuatiou de Lûpdg, le 19. — Pajol Iraïuporté i Lntzen. — Son arrivée à Freiburf. — DiHicullês nombreuse* qu'il sunnoDte pour gagner HafeDce. — Son arriTce à Hayence, le 30 octobre. — ^ Coi^ de trois mois qui loi est accordé le 6 novembre. — fojol créé comte de l'Empire le 16 ooiembre 1B13.
Vers le milieu de septembre, de nombreux partisans, sous les ordres du général Tbielmano , s'étaient jetés en Saxe par la route de Komotau à Leipzig et par celle de Carlsbad à Zwickau, cherchant à couper nos communications et h soulever le pays sur nos derrières. L'Empereur avait dirigé contre eux une colonne de 7 à 8,000 cavaliers et 2,000 fantassins , commandée par le générai Lefebvre-Desnouettes, qui les refoula promptement sur Âlteobuig. Mais bientôt, tandis que Tbielmann tournait ce petit corps, Platow l'attaqua de front avec 10,000 hommes, et le força de battre en retraite sur Lidpzig, après lui avoir enlevé quelques centaines de prisonniers. L'arrivée du prince Ponia- Vmûi rétablit de ce cAté la situation : ayant repassé l'Elbe et rétrogradé jusqu'à Frobburg, il se jeta sur Tbielmann et Flatow, qu'il repoussa, après leur avoir tué 400 hommes et fait 500 prisonniers.
Ces engagements, tous tfès-sérieux, prouvaient que l'on n'avait plus afimre à des partisans, mais à l'avant-garde de l'armée de Bohême, en marche sur Leipzig, mouvement que Pajol avfût déjà annoncé dans les derniers jours de septembre. Aussi Napo^
léon, ne doutant plus de l'objectif vers lequel teodùt le prince de Schwarzenberg, résolut de placer sur lesTOutes qui menùent à Leipzig des forces sufCsaotes pour contenir l'armée de Bohême pendant qu'il irait opérer contre larmée de Silésie (Blûcher) et l'armée du Nord (Bemadotte].
It mit sous les ordres du roi de Naples les troupes du prince Poniatowski (8' corps d'armée et 4' corps de cavalerie), le 5' corps {Lauriston}, le 2' corps (Victor) et le 5* corps de cavalerie (général Pajol) ('). Cette masse, présentant une force assez considérable, fut groupée de Chemnitz à Mittweyâa et Altenburg ; elle devait tenir tète aux colonnes qui déboucheraient de la Bohême ; si elle était forcée de reculer, elle se replierait leutement, disputant le terrain pied à pied, de manière à toujours couvrir Leipzig, sans jamais engager une acUon générale qui eût pu lui être fatale et compromettre l'Empereur.
Pajol partit de Dresde le S octobre, sur l'ordre exprès de Napoléon, et se dirigea sur Mittweyda, où se trouvaient deux divisions de son corps d'armée, celles des généraux Subervic et Lhéritier ; celle du général Mîlhaud ne devait rejoindre que plus tard.
Pajol, traversant Frelber'g, y fut l'objet d'une sorte d'ovation populaire, bien rare à cette époque, où l'armée ne ménageait guère les habitants des pays occupés : le bailli, le gouverneur et les principales autorités de la ville lui offrirent un déjeuner improvisé, en remerciment des services qu'il avait rendus à la contrée, pendant son occupation du 15 juillet au 20 août, en préservant les propriétés des dévastations des soldats, et comme témoignage de l'attachement qu'il avait inspiré par sen alTabilité envers tout le monde. De semblables marques d'estime font honneur à l'homme qui les a méritées ; elles furent très-agréables au général Pajol, qui, quelques heures après le déjeuner, quitta Freibeiï, dont l'ennemi s'approchait. Le soir même il était à la tête du 5' corps de cavalerie.
Au 5 octobre, les troupes de Murât avaient déjà un peu reculé; et les colonnes ennemies débouchaient à Zwickau, Chemnitz, Zschopau et Schellenberg, Désireux de les arrêter dès
(') Voir Plècti juttlfiMtivet, n° 13.
l'abord, le roi de Naples se porta, le 6, sur C£deran et surla Fldha ; il attaqua la division Uurray, du corps de Giulay, qui était postée près de Schellenbei^, la rejeta sur Waldkirchea, et vint occuper Augustusburg. Puis, dans la soirée, il desceodit la rivière de Zschopau et s'établît à Mittweyda ; car la colonne qui suivait la route de Zwickau approchait d'AJtenbui^ et menaçât de le devancer sur Leipzig, bien qiie, de ce côté, le prince Poniatowski, occupaut Penig, fit bonne garde.
Le 7, le quartier général du roi était à Roclilitz, et le 5' corps de cavalerie (') bivouaquait à Thalbeim, entre Rochlitz et Mittweyda. La droite des Autrichiens ne fit, ce jour-là, aucun mouvement ; elle semblait s'immobiliser à Zschopau.
Le 9, Murât voulut s'établir avec toutes ses forces ii Frohburg, afin d'intercepter la route qui conduit par Komotau et Chemnitz à Leipzig. 11 dirigea sur ce point le prince Poniatowski et le 2' corps, pendant qu'il faisait éclairer sa gauche par la cavalerie de Pajol, lancée sur les routes de Géra et de Zwickau. Le 8' et le 2' corps avaient à peine dépassé Geithayn, lorsqu'on apprit que Wittgenstein avait déjà occupé Frohbnrg et s'était installé à Borna ; en même temps on connut l'évacualion de Peaig. Aussitôt le roi de Naples lance en avant le corps
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