USITÉS PAR LES SCRIBES ET LES COPISTES DU MOYEN AGE
Combien d'erreurs n'a pas produites la témérité des copistes anciens et modernes lorsqu'ils ont voulu rendre des abréviations qu'ils n'entendaient pas.
Nouv. Diplom. des BB.
Les diplomatistes bénédictins ont dit, en parlant des notes de Tiron :
<( Il n'est pas surprenant qu'on ait fait si peu de progrès dans la connaissance de cette ancienne tachygraphie. Dans la science des notes tironiennes comme dans toutes les autres, il n'est pas possible
de réussir si l'on ne découvre une bonne méthode pour les expliquer par principes. Il faut savoir d'abord quelle est lg, nature des signes constitutifs de ces notes, ensuite les distinguer les uns des autres, les décomposer et les anatomiser. La ferme persuasion où l'on a été jusqu'à présent que la plupart ne sont pas des lettres, mais des signes purement arbitraires, au moins dans leur première institution, a été cause que l'on s'est contenté de rechercher leur signification dans quelques anciens manuscrits, où elles sont rendues en latin, et d'en composer des listes alphabétiques, sans expliquer ni pourquoi, ni comment telles et telles figures ont la valeur des lettres qu'elles expriment et des mots qu'on leur fait signifier. »
Ce qu'on vient de lire sur les notes de Tiron ne peut-il pas s'appliquer aux abréviations des chartes et des manuscrits, qu'on a toujours regardées comme arbitraires, et dont on n'a jamais débrouillé les règles qui servent à leur construction ? C'est ce que nous allons essayer de faire dans cette deuxième partie.
Pour rendre le travail de la transcription moins pénible et plus expéditif , surtout dans un temps