TROISIÈME PARTIE
française) : « Quoicfue d’un abord facile par sa conformité avec notre ronde , les formes que cette écriture a retenues, en grande partie, de celles qui l’ont précédée obligent à commencer par elle, si l’on veut être amené sans brusquerie et graduellement à la lecture de l’écriture du xvi® siècle , et du xvi® au xv«, ainsi de suite jusqu’au ii®: cette marche rétrograde, qui pourra d’abord surprendre, est la plus rationnelle ; elle fait passer du connu à l’inconnu. L’enchaînement qui existe dans les écritures de siècle en siècle a cela d’avantageux, en ce que l’étude de l’un facilite l’accès de l’autre. Cela doit bien se concevoir; car, comme dit dom de Vaines * : a Les figures ou formes d’éléments n’ont pas fini tout à coup avec un siècle, elles se sont perdues insensiblement au commencement ou au milieu du siècle suivant; p
Et que, « si nous nous sommes arrêté au xi« siècle, c’est d’abord que, une fois arrivé là, on doit être d’une certaine force, dans la lecture, à pouvoir pénétrer plus avant, et qu’ensuite, passé cette limite, les titres deviennent plus rares, p
On devra donc se mettre à la lecture des écritures de chaque siècle, sans intervertir l’ordre qui leur a été assigné dans les planches; car, autrement,
1 Dict. de diplom,, art. Ecrit,
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ce serait s’écarter de la marche méthodique et progressive d’où dépendent les succès de cette étude.
Quand on sera suffisamment familiarisé avec nos spécimens, on pourra s’exercer sur les originaux eux-mèmes. C’est par eux qu'on achèvera de se perfectionner dans le déchifirement.
Une fois arrivé à ce point, pour faciliter la lecture de ces originaux, après avoir déterminé à quel siècle ils appartiennent, soit par la date qui s’y trouve exprimée, soit par comparaison avec nos planches, on se mettra en regard du spécimen qui correspond, pour le siècle, aux originaux à déchiffrer Survient-il dans la lecture une difficulté matérielle ? Aussitôt la planche en donne la solution. Est-ce une difficulté de style, d’orthographe ou d’abréviation î Recourez au texte à l’aide de la table des matières, et vous saurez comment l’expliquer. Par ce moyen, il est peu de titres, quels qu’ils soient, qu’on ne puisse déchiffrer.
* S’il arrivait que l’écriture d’un titre fût totalement ou en partie etbeée , on pourrait la faire revivre en passant sur les endroits faibles ou altérés un pinceau trempé dans une dissolution hydro-alcoolique de noix de galle, qu’on obtient en faisant macérer, pendant trois à quatre jours, dans ISS gram. d’esprit de vin b SS degrés six iioix-galles grossièrement pulvérisées.
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TRANSCHIPTION
Dans la transcription des anciens titres, il faut bien se garder d’altérer en rien le style et l’orthographe qui les caractérisent. C’est un vernis d’antiquité qu’il faut d’autant plus respecter qu’il constate, en l’absence des originaux, l’époque à laquelle appartiennent ces titres, et par conséquent donne un caractère d’authenticité aux copies.
Lorsqu’il s’agit de rétablir dans son entier un mot abrégé, appartenant surtout à notre vieille langue, on doit l’orthographier conformément aux mêmes mots qui se trouvent exprimés en toutes lettres dans le titre; par exemple, je trouve : lad., sach., relig., tesm., toum., etc.; j’écrirai suivant les indications que me fourniront les mêmes mots entiers, ou, à leur défaut, l’orthographe du temps ; ladicte ou ladite, sachez ou sachies, religious ou religieux, tesmoings ou tesmoins, toumoiz ou tournois, etc. Quant à la ponctuation et à l’accentuation, on ne s’y conformera qu’autant qu’on le jugera nécessaire; mais ce qu’on ne devrait pas se permettre de changer, ce sont les u en v, les i en j , et vice versà.
Dans la transcriptiou des textes latins l’e souscrit
d’une sorte de cédille se rend par ce, et les e simples s’écrivent tels qu’ils sont.
Pour les difficultés matérielles ou accessoires de l’écriture qui surviendraient dans la transcription, faire comme pour la lecture, c’est-à-dire recourir au texte et aux planches.
COPIE DES PLANCHES ÉCItlTCRE DD XVII* SIÈCLE
Tracée avec hardiesse et netteté, quoique chargée de traits capricieux, cette écriture se laisse lire assez facilement par sa ressemblance avec notre ronde qui en dérive ; quelques formes gothiques et de fréquentes liaisons de lettres causent seules des difiicultés.
L’Ân de Grâce mil six centz vingt huict, le Jeudy vingt huictiesme jour de septembre, a Gisors, deuant nous Jullian Le Bret , sieur du Mesnil Guillehert , Conseiller du Roy, Viconte de Gisors et Grand Voyer en ladicte Yiconté pour le Roy nostre Sire et pour monseigneur le Duc de Nemours et de Chartres, Comte dudit Gisors. Sur la Requeste faicte par Benerend père domp Réné
TROISIÈUE PARTIE 71
A tous ceulz qui oes pr^entes lettres verront ou orront, le Garde du seel aux obligations de la Viconté d’Harcourt, salut : scauoir faisons, que par deuant Pierre Pinchon, TabelHoa audiot Harcourt, siège dudict lieu, et M» Jean Fouquet, prins pour adjoint, fut présente Catherine Bellet, veuve de feu Eustacho Guesnier, demeurante en la paroisse de Bray, laquelle a volontairement vendu
A nostre treschere fille en nostre Seigneur, sœur Renée de Haqneville, Religieuse professe de l’ordre de l’Annonciade [de] la Vierge sacrée Marie, au Monastère de saint Eutroppe, soubz Cbanteloup, nous vous avons commandé et commandons par ces présentes, en la Vertu de Sainte Obiédiance de vous transporter promptement au monastère de Gisors et vous instituons et déclarons par ces présentes, mère et supérieure des Religieuses dudit monastère. Allez donc, au nom de Dieu. Et ces présentes seruiront de tesmoignage de vostre religieuse , honneste et irréprochable conuersation, à tous ceux
ÉCHITl'RE POSTIFICSLE (PI.. IX)
Dans ce xvii® siècle , et même dans le xviii®, l'écriture de la chancellerie romaine affecte les formes lourdes et écrasées des écritures des xv* et xvi* siècles. Ce n’est qu’en étudiant avec soin les caractères
et les liaisons de cette écriture, aux formes parfois étranges, qu’on parvient à la lire.
Benedictus , episcopus , servus servorum Del , dilecto filio de Castagny, presbytero , perpetuo capellano in seculari et insigui collegiata ecclesia ad Sanctum Petnim Juniorem , nuncupatum Argentinenaem , in theologia
niHgistro , salutem et apostolicam benedictionem
Datum in Ârce Gaudulphi Albanensis diocesis, anno Incarnationis Dominice milleBimo septingenteaimo quarto.
Dictua Franciacus Alexiua preatabit nobia de '
verbo ad verbum per ejua patentea litteraa auo aigillo munitaa , profeaaionemque aie emiasam ad dictam aedem sine mendia cum aui ac archiepiacopi Rotiiomagensia aeu
ofticialia predicti anbscriptione quanto
(Oatum Rome, apud Sanctum Pelrum , anno Invarnationis Dominice M. DCC. IV.)
ÉCaiTUBE DO XVI* alÈCLB
Caractère assez lisible, étant écrit posément. Dans la cursive, les liaisons et divers traits de plume en altèrent la forme et rendent l’écriture confuse, surtout si l’on y comprend les abréviations, le défaut d’accents et de ponctuation.