IV. Deus Deus meus. Et omnes adorent ipsam crucem
[Ant.] Crucem tuam adoramus... [Ps.] Laudate Dominum de cclis.
[Ant.] Laudamus te Christe...
[Ps.] Cantate Domino.
Deinde cantent. Ant. ante crucem. 0 quando in cruce...
R7, in choro.
Ant. Omncs gentes.
11 os y. Popule meus... Quia...
Agios...
Ant. Ecce lignum... [Ps.] Deus misereatur... Agios...
Ant. Adoramuscrucem tuam. ..
I's. Deus Deus meus respice.
Ant. Crucem tuam adoramus... I's. Laudate Dominum de celis.
Ant. Laudamus te Christe... I's. Cantate Domino... laudatio.
Ant. Omnes gentes...
Ant. Omnis terra...
Ant. 0 quando in cruce...
Ant. Cum Rex glorie...
Ant. Cum Fabricatormundi...
Ant. greca ante cruce. 0tin to stauron...
Ant. latina. 0 quando in cruce...
Ant. Cum Rex glorie...
Ant. Cum Fabricator mundi . . .
Ante crucem. Ecce lignum...
Agios... Popule meus... Quid...
Improperium. Ego proptcr te... Popule.
Ant. Panta ta eny...
Ant. Omnes gentes.
Finito hoc tune sacerdos seu episcopus induatur sacris vestibus & dicatur Oratio quomodo ni Sacramentario continetur & dicatur a diacono. Flectamus genua. Et orent. Pater noster.
Et postquam oraverint. Pater noster. Rj. alias diaconus. Erigamus nos.
Postea perçât sacerdos ad altarc et dicat. Oreraus. Preceptis salutaribus moniti. usque.
Pax Domini sit semper vobiscum. \tj. in choro. Et cum spiritu tuo.
Et Communicent omnes.
Finito deinde dicatur a sacerdote. Oremus. Preceptis salutaribus. usquequo expleatur Oratio dominica. Fxp/ela Oratio do?ninica. Jtj. clerici. Sed libéra nos a malo. His dictis iterum dicat sacerdos. Libéra nos quesumus Domine ab omnibus malis. usque. Per Dominum nostrum Iliesum Christum Filium tu um qui tecum vivit & régnât Deus in unitate Spiritus Sancti per omnia secula seculorum. R7. Amen. Et non dicatur a sacerdote. Pax Domini. nec a cleris. Agnus Dei. Tune sacerdos sumat de Sancta qui pridie constitutus est & mittat exinde in calicem faciens signum crucis nihil dicens. l^unc sacerdos communicet tant se quant & populum de Corpore Domini qui pridie fuerit constitutnm.
Item Vesperum.
Item. Ant. ad Vesperum.
LA TRADITION BENEVENTAINE.
Mont-Cassin, 546
Rome, Vat. lat. 6082
Rome, Vat. Ottob. 576
Rome, Vat. Barb. 603
Fepia VI.
Fepia VI.
Hora sexta legatnr. Passio D.N. J.C. secundumMarcum...
Feria VI. Parasceve.
AdSextam. Passio D.N. J.C.
SECUNDUM MARCUM...
In Paraseeve Domini.
Tr. Domine audivi...
Tr. Eripe me...
Ad Officium hora nona.
Lectio Osée Prophète. Hec dicit Dominus. In Iribulatione...
Tr. Domine audivi...
Sacerdos dicit. Oremus. Et diaconus. Flectamus genua...
Or. Deus a quo & Judas...
Lectio i.ibri Exodi. In diebus illis. Dixit Dominus ad Moysen & Aaron...
[Tr.] Eripe me...
Passio D. N. J. C. secundum Johannem. ..
Deinde dicit Orationes iste. Oremus dilectissimi nobis...
Hora nona pergant o?)ines ad ecclesiam & induat sacerdos cum diaconus & subdiaconus & accédant ad altare cum summo silentio inchoante lector lectio ista.
Lectio Osée Prophète. Hec dicit Dominus Deus. In tribulatione...
Tr. Domine audivi...
[Or.] Deus a quo et Juda...
Lectio i.ibri Exodi. In diebus illis. Dixit Dominus ad Moysen & Aaron...
Tr. Eripe me...
Passio D. N. J. C. secundum Johannem...
Expleto (sic) passione mitte (sic) sindonem super altare & incipit. Orationem. Oremus dilectissimi nobis...
Or. Deus a quo et Judas.
Lectio Osée Prophète. Hec dicit Dominus. In tribulatione...
Tr. Domine audivi...
Or. Deus qui peccati...
Lectio libri Exodi. In diebus illis. Dixit Dominus ad Moysen et Aaron...
Tr. Eripe me...
Passio D. N. J. C. secundum Johannem...
Oremus dilectissimi nobis...
Ant. Ecce lignum crucis...
Ps. Beati immaculati.
Tune vadant III clerici ante crucem et cantent. Agios... Popule meus... Quid...
Et alii III cantent. Improperia. Ego propter te... et Mi in choro. Popule meus...
. Et alii III cantent. Pange lingua...
Qttibus finitis sacerdos accipit crucem in manibus sustentatam hinc & inde a dnobus acolytis versus ad chorum dicit alta voce. Ecce lignum crucis.
totuni. Et cum dicit. Venite adoremus. mox omnes in choro tJexis genibus adorent ipsam crucem.
Et surgentes répétant. Ant. Ecce lignum. cum psalmo. Beati immaculati...
Agios. .. Popule meus. . . Quia. . .
Improperia. Ego propter te...
Popule meus...
Crux fidelis... Pange lingua...
Expletis (ms. : explic.) orationibus induti II clerici sacris vestibus teneant hinc & inde crucem & dicant hanc Ant. Ecce lignum crucis... Ps. Beati immaculati... /// vicibus. Agios...
Popule meus... Quid...
Ymn. Crux fidelis...
Ymn. Pange lingua. per unurnquemque versus.
Ant. Crucem tuam adoramus... Ps. Deus misereatur.
Deinde pergant duo clerici rétro altare & appréhendant crucem et dicant. Popule meus...
Agios... Quia...
Ant. Ecce lignum... Ps. Beati immaculati... Tune adorent otnnes crucem. Pange lingua.
y. Crux fidelis.
Ant. 0 quando in cruce...
Expletis his omnibus calcient se sacerdos cum ministris.
Dehinc lotis manibus diaconus & subdiaconus ab altare pergant in sacrarium ubi positum est Corpus Dotnini quod pridie remansit. Et accipientes illud in duabus patents diaconi quidem ipsas patenas subdiaconi duos calices cum vino non consecrato.
Mittentes ibi aqua ad altare déférant. Tune diaconi ofl'erant ipsas patenas sacerdoti qui ponet eas super altare. Calices vero diaconi de manu subdiaconorum accipientes ipse super altare ponat. Tune sacerdos dicat. Oremus. Preceptis. Pater noster.
Deinde. Libéra nos quesumus Domine. Post hec tollat particulam de Corpore Domini & mittat in calicem nihil dicens. Et sic cornmuni cent omnes cum silentio.
Oremus. Preceptis salutaribus.
& Pater noster. Sed libéra nos a malo. Deinde in modum orationis. Libéra nos quesumus Domine. Post hec particula de Corpore Domini & mittat in calice.
Deinde ponatur Corpus Domini super altare dicens. Hoc corpus...
Tune dicat sacerdos. Oremus preceptis. Pater noster.
Or. Libéra nos quesumus Domine. Per omnia secula seculorum. Amen.
Non dicat. Pax Domini. nec pacem detur.
Or. Domine Iliesu Christe Filii Dei vivi. Corpus Domini mei.
Sanguis. Tune communicet.
Postea vero cantent Vesperas Uni voce.
Ant. ad Vesperas...
Deinde dicatur Vespentm.
On le voit, la simple liste des pièces bénéventaines, au moins dans l'ordre où elle figurait dans la première transcription, ne pouvait suffire : non seulement les indications qu'elle fournissait n'étaient pas suffisantes, puisqu'elle ne comportait aucune rubrique relative à leur utilisation, mais encore elle pouvait induire en erreur, en laissant croire que l'ordre d'emploi de ces pièces était précisément celui de leur transcription, ce qui est inexact.
Ainsi donc, nous avons ici deux groupes se faisant suite, et qui sont constitués chacun par un ordo romain suivi d'un ordo bénéventain. Dans chacun des deux, la fonction romaine ayant été conservée, avant-messe et Adoration de la Croix, on s'est contenté d'y adjoindre purement et simplement l'ordo bénéventain. Ajoutons que en raison de l'intérêt que présentait pour nous l'ordo bénéventain proprement dit, c'est le second groupe que nous avons seul reproduit dans le premier tableau, pages 296-297. Pour avoir le témoignage intégral du manuscrit, on pourra se reporter à la transcription que nous avions donnée précédemment, pages 291 à 295.
Dans cette compilation intégrale des deux fonctions romaine et bénéventaine, le nombre des avant-messes est ainsi porté à trois. Ces trois avant-messes — dont deux consacrées à l'Adoration de la Croix, — auront paru au scribe du Graduel VI. 39 de Bénévent une superfétation quelque peu indiscrète; aussi a-t-il supprimé tout simplement la première fonction bénéventaine. La place qu'il assigne à la seconde est d'ailleurs assez mal choisie ; il l'a insérée un peu au hasard au milieu de l'avant-messe romaine, séparant d'une manière absolument arbitraire de la leçon d'Osée le trait Domine audivi qui la concluait normalement : maladresse intéressante, de notre point de vue, puisqu'elle permet de saisir sur le fait l'interpolation d'une partie de la fonction bénéventaine au cours de l'ordo romain traditionnel (1). Quant aux trois antiennes « ante crucem » qui précèdent la fonction dans le Graduel VI. jp, elles ne sont pas bénéventaines mais romaines; nous les retrouverons à la même place dans le Graduel VI. 34, où ne subsiste à peu près rien de l'ancienne liturgie locale.
Si l'on étend l'enquête aux autres témoins de l'école bénéventaine, on constate une tendance de plus en plus nette à l'abandon des usages anciens pour se rapprocher insensi-
(1) Ajoutons que cette disposition singulière pourrait avoir été motivée par l'influence d'un manuscrit analogue au codex Vat. lat. 10673 dont nous analysions le témoignage il y a un instant. A considérer matériellement ce dernier on pourrait conclure de l'insertion des deux traits romains — seconde édition — après les pièces de chant propres à la liturgie bénéventaine que leur exécution avait lieu après la seconde avant-messe. Mais ce serait là voir les choses superficiellement et ne pas s'être rendu compte que le Graduel de la Vaticane contient deux fois la compilation romano-bénéventaine, et que, dans les deux cas, c'est l'ordo romain qui passe le premier; on serait donc mal venu de vouloir souder les traits du second ordo romain à la série des pièces de chant du premier ordo bénéventain; il est clair qu'il y a solution de continuité entre les deux groupes. Le Graduel VI. jç confirme d'ailleurs, à sa façon, la même interprétation des faits, puisque c'est par la fonction romaine que commence la compilation telle qu'il l'a comprise. Celle-ci est interrompue, il est vrai, après la première leçon, et le trait qui suivait rejeté après la deuxième avant-messe. La transposition n'a donc porté que sur les pièces de chant ; et c'est la raison pour laquelle, malgré tout, cette irrégularité peut être due au témoignage mal compris d'un manuscrit analogue à celui de la Vaticane — nous n'osons dire : à ce manuscrit lui-même.
LA TRADITION BÉNÉVENTAINE. 303
blement de la liturgie romaine pure et simple (i). On pourra s'en rendre compte en examinant le second tableau, pages 300-301, où nous avons confronté le témoignage de huit d'entre eux : à gauche, trois manuscrits bénéventains au sens strict — les Graduels VI. 34, VI. 35 et VI. 38 de Bénévent, — auxquels nous avons joint l'ordo de Lucques; à droite, trois manuscrits cassiniens — le Graduel Mont-Cassin, 546 et les deux Missels pléniers Rome, Vat. lat. 6082 et Vat. Ottob. 576, — auxquels nous avons ajouté le Missel de Caiazzo, codex Barb. 603 de la Bibliothèque Vaticane (2). Comme on peut le constater, les quatre derniers manuscrits se rattachent exclusivement à l'ordo romain ; on n'y voit figurer aucune pièce qui rappellerait, même de loin, la tradition bénéventaine (3). Les quatre autres, au contraire, nous présentent différents compromis entre l'ancien usage bénéventain et la tradition romaine.
Le Graduel VI. 34 est ici à peu près entièrement romanisé; on n'y voit plus subsister, de l'ancien répertoire bénéventain, que la seule antienne gréco-latine Omnes génies, appartenant à la seconde Adoration. Comme nous l'avons déjà précisé à propos du Graduel VI. 39, les trois antiennes qui ouvrent la fonction dans le VI. 34 ne sont pas bénéventaines, mais romaines.
(1) On pourra constater, de ce point de vue, la grande fidélité des manuscrits bénéventains à la tradition romaine elle-même. Ils sont parmi les rares témoins où l'on trouve encore attesté, le Vendredi-Saint, l'emploi du trait Qui habitat; il figure ici dans les deux Graduels VI. 38 et VI. 40 de Bénévent. Partout à cette époque il avait fait place au trait Eripe me, donné par le pseudo-Alcuin comme nuperrime compilatum. (P. L., t. CI, col. 1209). De fait, Amalaire ne connaît encore que le Qui habitat, auquel il fait allusion jusqu'à trois fois dans le De ecdesiasticis officiis, 1. I, c XIII; 1. IV, c. VIII et c. XXXIV (P. I., t. CV, col. 1025, 1184 et 1227). Outre les deux Graduels romains Vat. lat. 531c et F. 22 des Archives de Saint-Pierre, nous ne pouvons citer que trois manuscrits où figure encore au Vendredi-Saint le Qui habitat ; et ce sont précisément trois manuscrits de l'Italie Méridionale : l'ordo cassinien du IXe siècle publié par Dom Bruno Albers (Consuetudines Monasticœ, t. III, Mont-Cassin 1907, p. 21; cf. également Martène, de Monachorum Ritibus, Anvers 1738, col. 391) et nos deux Graduels VI. 38 et VI. 40 de Bénévent. Dans ces derniers, les deux usages sont d'ailleurs compilés, puisqu'on y trouve Y Eripe me transcrit en entier à la suite du Qui habitat, mentionné par son seul incipit. Ces deux manuscrits correspondent ainsi très exactement à la rubrique de YOrdo Romatius I : « Deinde sequitur altéra lectio post quam sequitur tractus Qui habitat, vel Eripe me » (P. L., t. LXXVIII, col. 953).
Les plus anciens témoins de X Antiphonale Missarum qui nous ont été conservés sont eux-mêmes ici moins archaïques que nos deux Graduels bénéventains; on n'y trouve plus trace, même au VIIIe siècle, de l'emploi du Qui habitat au Vendredi- Saint. Cf. à ce propos Y Antiphonale Missarum Sextuplex, Bruxelles, Vromant 1935,
PP- 94-95 et P- L,x-
(2) En ce qui concerne la tradition cassinienne, nous aurions pu faire appel à bien d'autres témoins, notamment au beau Bréviaire-Rituel de l'Abbé Oderise, codex lat. 364 de la Bibliothèque Mazarine. Tous ces documents ne diffèrent d'ailleurs que par quelques détails de cérémonies ; aussi nous a-t-il paru préférable de demeurer dans le cadre des manuscrits notés, qui est ici le nôtre.
(3) On peut en dire autant de deux manuscrits dont nous n'avons pas fait figurer dans l'un ou l'autre tableau le témoignage très bref : le codex VI. 2Ç de Bénévent — de tradition cassinienne comme nous l'avons déjà dit, — indique simplement, pour l'Adoration de la Croix : l'antienne Ecce lignum avec le psaume Beaii immaculati, le Trisagion, les versets Popule meus et les Impropères. Quant au Graduel Paris, B. N. n. a. 1669, on y trouve, après une lacune : la fin de l'antienne Cum descendisse^ les Impropères avec les reprises Popule meus, l'hymne Pange lingua et l'antienne Super omnia.
Ajoutons que la mention par les deux Missels cassiniens du chant de la Passion selon S. Marc à l'heure de Sexte n'est pas une particularité bénéventaine.
Beaucoup plus proche de la tradition bénéventaine, le Graduel VI. ^ nous présente une solution sensiblement différente de celles que nous avons vu adopter dans les manuscrits du premier tableau. Les deux fonctions bénéventaines y ont disparu en tant qu'avantmesses; on s'est contenté de conserver les antiennes qui, dans l'une ou dans l'autre, jouaient le rôle d'introït : les trois premières provenant de la première avant-messe; la quatrième, de la seconde; quant à l'antienne Omnis terra, absolument semblable, pour le texte et la mélodie, à l'antienne Omnes gentes, elle a évidemment été attirée à cette place par analogie avec cette dernière (i). Dans ce manuscrit, la fonction du Vendredi-Saint n'est donc plus double, mais simple, incluant en particulier l'Adoration de la Croix, dont le répertoire des pièces de chant a pu être enrichi par l'adoption des antiennes qui, à Bénévent, servaient respectivement d'introduction à la double Adoration.
Le Missel de Lucques se rapproche du Graduel VI. 35, en ce que les deux Adorations bénéventaines s'y trouvent fusionnées, sensiblement de la même manière ; mais ce n'est pas là pour éviter d'avoir deux Adorations différentes : c'est pour éviter qu'il y en ait trois. L'Adoration sous sa forme romaine a été maintenue, en effet, mais on a cru bon de la reporter en tête de la fonction ; elle précède ainsi immédiatement l'avant-messe romaine. Cette dernière, on l'aura remarqué, a d'ailleurs subi quelques légères modifications : le répons Circumdedcritnt y est donné comme pouvant remplacer le premier trait; de plus, pour ne pas tout perdre des lectures bénéventaines, on a subtitué à la leçon traditionnelle de l'Exode le passage de la Sagesse qui appartient en propre à la première avant-messe bénéventaine. Bref, nous retrouvons ici deux Adorations distinctes : la première, sous la forme romaine, avant la fonction; l'autre, fusion des deux cérémonies bénéventaires, au cours de la fonction. On notera que, tout comme les manuscrits cassiniens — et aujourd'hui encore le Missel romain, — l'ordo de Lucques situe l'Adoration de la Croix après les Orationes solemnes; les manuscrits bénéventains au sens strict l'indiquent au contraire avant.
En raison de la disparition de plusieurs feuillets, jusques et y compris le début du trait Domine audivi, le cas du Graduel VI. 38 n'est pas aussi clair que celui des autres manuscrits. Cette lacune autorise à le rapprocher : soit du VI. 59, où n'aurait pas été insérée la seconde Adoration bénéventaine; soit du VI. 15, d'où auraient été éliminées, tant les antiennes gréco-latines que les pièces qui les précèdent immédiatement : versets Popnle meus, Trisagion, antienne Ecce ligniim; seul aurait subsisté le groupe des trois anciennes O quando in eruee, Cum Rex gloriœ et Cum Fabricator. Ces trois pièces, on le remarquera, constituent un groupe à part, qui suit immédiatement le trait Eripe me, dans le VI. 40 comme dans le VI. 38, tandis qu'il est reporté après la série des antiennes bénéventaines dans le VI. 35, où il termine la liste des pièces de chant affectées à l'Adoration de la Croix.
Malgré sa présence dans toute une série de nos manuscrits, on est ainsi amené à
(1) Les deux antiennes en question figurent habituellement dans les Antiphonaires romains pour l'Office de l'Epiphanie; et en outre l'antienne Omnis terra dans les Pontificaux, pour la Dédicace des Eglises.
LA TRADITION BENEVENTAINE. 305
considérer ces trois antiennes comme indépendantes de la fonction bénéventaine. La forme gréco-latine de la première dans le VI. 38 aurait pu incliner à la rapprocher du groupe des antiennes gréco-latines servant d'introduction aux deux avant-messes bénéventaines. Ce rapprochement serait inexact. Comme on le voit ici, en effet, les trois pièces en question suivent immédiatement l'avant-messe romaine dans le VI. 38 qui, apparemment, n'a rien conservé de bénéventain; c'est la même place qu'elles occupent dans le VI. 40 et dans le Vat. lai. 10673, OLl e"es précèdent immédiatement le groupe homogène formé par les deux avant-messes bénéventaines (1). Et, si le VI. 39 n'a conservé des trois que la première, c'est également après VEripe me qu'il l'a retenue, indépendante par conséquent de la seconde Adoration bénéventaine, insérée, nous l'avons dit, avant le trait Domine audivi.
De fait, ces trois antiennes ne sont pas propres à la liturgie bénéventaine. Les deux dernières se retrouvent même très fréquemment dans la tradition, non pas au Vendredi- Saint il est vrai, mais le plus souvent à la Procession du Jour de Pâques; et, si elles présentent dans la tradition bénéventaine des leçons propres, il ne s'agit là que de simples variantes; aussi est-il superflu que nous nous y arrêtions ici plus longuement (2).
La première, au contraire, est un tropaire gréco-latin que l'on rencontre à peu près exclusivement dans les manuscrits du Sud de l'Italie; c'est la raison qui nous porte à en donner ici la transcription, tant grecque que latine (3).
(1) A l'antienne O quando in cruce, le Graduel de la Vaticane substitue Ego sum alpha et w, inconnue des autres manuscrits, au moins à cette place. Cette dernière, figure en effet, la plupart du temps, parmi les pièces de chant réservées à la Procession du Jour de Pâques. On s'expliquerait déjà ainsi la présence de X alléluia à la fin de cette antienne ; mais il faut se rappeler en outre que les règles relatives à X alléluia n'ont pas toujours été ce qu'elles sont aujourd'hui. Au témoignage de S. Jérôme X alléluia était autrefois chanté à Rome pour les funérailles ; et nous savons, par le récit des obsèques de Ste Radegonde, qu'il en était de même en Gaule. Mais on s'étonnera moins encore de le trouver employé ici le Vendredi-Saint, dans une région à moitié grecque, si l'on se rappelle que les Grecs considéraient X alléluia comme un chant de pénitence, un chant de deuil. On pourra se reporter à ce propos au Dictionnaire d 'Archéologie et de Liturgie, art. Alléluia.
(2) Dans les planches qui suivent, on trouvera trois fois ces deux pièces : pi. 64-65 (Graduel Vat. lut. 10673), pl- XH-XIII (Graduel Bénévent, VI. 40) et pi. xxv (Graduel Bénévent, VI. 33). Cette dernière ne contient que la première partie de l'antienne Cum Fabricator.
(3) En dehors de l'école bénéventaine, nous ne connaissons que trois témoins de cette pièce; encore aucun d'eux ne l'indique-t-il dans les deux langues : le Missel plénier Vat. lat. 4770 et le Graduel Modine, O. 1. 7 donnent seulement le texte grec ; le Graduel Plaisance 63, le texte latin. Ajoutons que, dans le premier de ces manuscrits, le début seul du tropaire est noté, en sorte que nous ne disposons, pour la restitution mélodique du texte grec, que de deux manuscrits : Bénévent, VI. 38 et Modène, O. 1. 7. On constate entre eux un bon nombre de variantes de détail, qui laissent d'ailleurs intacte l'ensemble de la ligne mélodique. Malgré cette identité de fond, on ne voit pas — en dehors de la question de goût — sur quel critère s'appuyer pour préférer, dans chaque cas douteux, une leçon à l'autre. La question se présente de la même manière pour la traduction latine, avec cette différence toutefois qu'on dispose ici de six manuscrits bénéventains représentant une tradition parfaitement cohérente, et qui rend aisée l'établissement d'une leçon critique dont chaque manuscrit s'écarte fort peu. En face de cette tradition homogène, le Graduel de Plaisance se présente, comme tout-à-1'heure celui de Modène, avec une foule de variantes de détail qui, elles non plus, n'altèrent pas l'unité de fond. Comme nous ne faisons pas actuellement une monographie complète de la pièce en question, il nous a paru sage de nous en tenir ici à la tradition attestée par les seuls manuscrits qui nous intéressent directement, en faisant abstraction, pour l'une et pour l'autre version, de l'unique témoin non bénéventain.
Paléographie XIV. 39
C'est bien d'une simple transcription qu'il s'agit, pour la version grecque de ce tropaire. puisque, sous cette forme, il ne nous est conservé que par un seul manuscrit bénéventain. Pour donner de cette pièce à la fois une leçon exacte et une leçon intelligible, nous avons cru bon d'accompagner la mélodie d'un double texte : le texte grec très défectueux, écrit en caractères latins tel qu'il figure dans le Graduel VI. ]8. et puis, au-dessus, la restitution correcte en caractères grecs (i) :
"O-tov tw araupcô Tipoo^Xtoa-av racpà- vouoi tov Kûpt- ov ttjç oi\-r^, è-fiô-u. ïtpèç aû-roûç- O-tin to stau-ron prosi-losan para- nomi ton Kyri-on tis doxis, e-vo-a pros aptus :
Ti i>[j.-iz yioî-xr,o,a; r, iv xtvt Tiaoupriffa; Tlpô êjjuîD t£; 'ju.à; Épp-JuaTO Ix 9Xt- «pe-wç ; Kalyûvri Ti yma ydikysan? i en tini parogi-so? Pro emu tis imas e- risate ec klipse-os? Ke ni ti
-t- -, i , . Tj I —r~
"TTÏ^M"
(JlOl OtVT- a~0- Ol-OO-TE
mi ant-apo-dydo-te