‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 115 sur 157 · V.D. salutare. Te quidem · texte numérisé non relu

V.D. salutare. Te quidem

Communicantes & noctem...

Hanc igitur...

Non dicitur. Pax Domini.

Ad Vesperum. Alléluia alléluia alléluia. Ps. Laudate Dominum omnes gentes.

j^.ResurrexitDominus alléluia.

Ant. Vespere autem Sabbati.

Ps. Magnificat.

Post Communionem. Spiritum nobis Domine...

En ce qui concerne les leçons du Samedi-Saint, le Graduel VI. 40 de Bénévent ne diffère du VI. 38 que par l'absence de la leçon Hœc est bereditas. Mais il faut observer tout d'abord que cette leçon, qui appartient normalement à toutes les listes — du type grégorien comme du type gélasien, — ne figure pas non plus dans le VI. 40 à sa place romaine, comme cinquième lecture. Par ailleurs, d'accord pour l'ensemble avec les autres manuscrits bénéventains à douze leçons, il ne fait aucune allusion à la Bénédiction du Cierge pascal; on s'explique ainsi qu'il ait oublié l'incipit de la leçon Hœc est bereditas qui, à Bénévent, suivait normalement XExsultet (1). Il passe directement de la série des leçons et des traits à l'antienne Omîtes sitientes, qui était précisément introduite par la leçon Hœc est bereditas. Ici encore il faut conclure à une omission, et ranger le Graduel VI. 40 parmi les témoins authentiques de la liste bénéventaine.

Omissions également dans le Graduel VI. 39. Comme dans les manuscrits précédents, les leçons sont indiquées dans ce Graduel simplement par leur incipit suivi du trait correspondant, donné lui aussi par son seul incipit ou intégralement noté, selon qu'il s'agit d'une pièce figurant déjà dans le manuscrit ou bien d'un trait propre au Samedi-Saint. On s'explique ainsi qu'un incipit très bref ait pu être omis par distraction. C'est le cas pour la leçon Scripsit Moyses, dont le titre ne figure pas dans VI. 39, alors que les deux traits qui l'encadrent dans les autres listes bénéventaines, Ad te levavi et Attende, se retrouvent bien dans le manuscrit, mais l'un à la suite de l'autre, ce qui serait déjà anormal. L'hypothèse d'une omission devient d'ailleurs une certitude si l'on observe que le trait Attende est précisément le « cantique » de la leçon Scripsit Moyses. Leçon et cantique s'appellent l'un l'autre; aussi peut-on être assuré que l'absence de la leçon résulte d'un oubli purement matériel.

Une seconde omission pourrait sembler moins évidente : celle de la leçon Dixit Jeremias : Surgite et du trait Qui seminant, qui l'accompagne normalement dans la tradition bénéventaine. Mais il suffit d'observer que, pour tout le reste, la liste du VI. 39 est absolument semblable à celle du VI. 38; et que, d'ailleurs, l'absence de la leçon en question et du trait correspondant réduit à onze le nombre des leçons et des traits de cette liste, ce qui trahit évidemment une omission.

Bref, comme nous le disions en commençant, l'ensemble de nos manuscrits bénéventains à douze leçons : Vat. lat. ioôjj, Bénévent, VI. 38, Bénévent, VI. 39 et Bénévent, VI. 40, sans oublier les fragments de Farfa, témoignent tous pour un type commun, celui-là même qui n'est attesté, sans aucune lacune ou omission, que par le seul Graduel VI. 38.

(1) Il est possible que le scribe n'ait pas cru devoir reproduire dans son Graduel le chant de l'Exsu/tet, que l'on trouve souvent, dans l'Italie Méridionale, transcrit sur un rouleau à part. Omettant YExsultet dans la transcription du modèle qu'il avait sous les yeux, il aura oublié, sans s'en apercevoir, l'incipit très bref de la leçon qui suivait. Il suffît de se reporter ci-après à la planche XXVI, 5e ligne de la page de droite, pour constater à quel point il pouvait être facile d'omettre l'incipit Hœc est hereditas en même temps que XExsultet lui même qui le précédait.

LA TRADITION BENEVENTAINE.

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