‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 123 sur 157 · Vinea enim Domini exercituum domus Israël est · texte numérisé non relu

Vinea enim Domini exercituum domus Israël est

sustinui ut faceret judicium fecit autem iniquitatem ; et non justitiam sed clamorem.

5. Quoniam sustinui ut faceret judicium, fecit autem iniquitatem; et non justitiam sed clamorem.

et expectavi ut faceret judicium, et ecce iniquitas; et justitiam, et ecce ciamor.

La remarque faite précédemment à propos du texte des deux traits Domine audivi invite à examiner de plus près les autres du même point de vue. On trouvera donc dans le tableau ci-dessus le texte du Vinea romain et du Cantabo bénéventain, mis en parallèle avec celui de la Vulgate et de l'ancienne version, ce dernier emprunté a l'édition de Sabatier(i). Il est ainsi facile de se rendre compte que, malgré certaines différences de composition, les deux traits se suivent bien, dans toutes leurs parties communes, et se rattachent tous deux à l'ancienne version.

Contentons-nous pour le moment d'enregistrer cette seconde constatation, assez différente pour le Domine audivi et le Cantabo (2).

(1) Bibliorum Sacrorum latinœ Versiones antiques, Paris 1 75 1, t. II, p. 525.

(2) Avant de quitter ces deux traits, observons que, sous leur forme bénéventaine, ils présentent par rapport aux suivants, Y Attende (p. 369) et le Sicut cervus (p. 371) une différence assez remarquable : c'est qu'ils étaient très probablement exécutés sous forme responsoriale.

Bien qu'on n'en ait aucune preuve positive dans les textes eux-mêmes, il paraît assez vraisemblable, en effet, que ce premier verset, tant dans le Domine audivi que dans le Cantabo, ne servait pas seulement d'introduction à la pièce elle même, mais qu'il était aussi repris après chacun des versets suivants; on ne s'expliquerait pas autrement que le compositeur l'ait doté d'une mélodie particulière. Comme nous aurons l'occasion de l'observer sous peu, les deux autres traits bénéventains ne comportent pas de semblables versets liminaires : leurs premiers versets sont construits sur la même formule-type que tous les suivants. Quelle peut être la raison de cette différence de traitement entre des pièces toutes semblables, et qui devraient donc, semble-t-il, être composées selon les mêmes principes? Il est possible qu'on doive la chercher dans ce fait que la répétition n'était prévue que lorsque vraiment elle était justifiée par le texte lui-même. Dans le trait Cantabo, le verset liminaire n'est qu'un prélude au cantique proprement dit ; il n'y a donc rien d'anormal à ce que cette petite introduction, qui annonce la pièce tout entière, et d'abord son premier verset, annonce aussi les suivants, renouvelant en quelque sorte avant chaque verset l'intention exprimée au début par l'écrivain sacré, en même temps qu'elle maintient en haleine l'attention des fidèles et leur permet de participer au chant par la reprise de cette unique phrase, toujours la même.

C'est une raison analogue qui aurait fait adopter le même principe d'exécution pour le trait Domine audivi. Là aussi, quoique avec une légère nuance, le premier verset annonce ce qui va suivre : « Domine... consideravi

LA TRADITION BENEVENTAINE.

fS»

;*at

Ai

jVi-K* i%3j^

i. At-

tende

cse-

lum

et

lo-

quar.

Page 1