‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 124 sur 157 · Oui- a nomen Do · texte numérisé non relu

Oui- a nomen Do

mi-

învo-

ca-

bo.

Bien que conçu dans un style tout semblable à celui des deux traits précédents, V Attende bénéventain s'en distingue toutefois, outre l'absence de verset liminaire propre,

opéra tua et expavi ». Vient alors l'énumération de ces œuvres de Dieu, au souvenir desquelles le prophète demeure en admiration et comme interdit. Aussi, ici encore, n'y a-t-il rien d'anormal à voir répétée cette exclamation du prophète, après chacune des œuvres énumérées par lui, et comme pour introduire celle qui va suivre. Au contraire, on ne trouve rien de semblable dans les deux derniers traits, Attende et Sicut cervus; ou plus exactement, on peut dire que le premier d'entre eux ne constitue tout entier qu'un prologue qui, sous sa forme liturgique, n'introduit rien du tout. Pratiquement, dans ce qui nous en reste ici, le prophète se contente de dire, sous des formes assez multiples, qu'il va parler; pour savoir ce qu'il avait à dire, c'est au texte biblique qu'il faut se reporter. En l'espèce, il n'y avait donc aucune raison de reprendre le premier verset, déjà répété en substance dans la série des versets suivants.

Quant au trait Sicut cervus, c'est tout simplement une prière psalmique, qui se présente immédiatement comme telle, et sans avoir besoin d'être annoncée. La première phrase en est d'ailleurs coupée, et distribuée sur deux versets, en sorte que la répétition du premier n'aurait aucun sens.

Il reste — car nous ne voudrions pas avoir l'air de glisser sur une difficulté — que le chant alterné avec reprise du premier verset, impliqué par la composition même de nos deux premiers traits, semble incompatible avec l'idée traditionnelle que l'on se fait habituellement de l'exécution de ce genre de pièces : « Hoc differt inter responsorium, cui chorus respondet, et tractum, cui nemo » {P. L., t. CV, col. 1121). A cette objection, on pourrait répondre immédiatement que la définition précédente est d'Amalaire, et que, par conséquent, elle ne porte pas pour le répertoire bénéventain, mais seulement pour le répertoire romain; distinction qui n'est pas sans précédent, puisque, nous l'avons vu, contrairement à l'introït romain, Vingressa bénéventaine ne comportait ni psalmodie ni répétition de l'antienne. Mais on peut ajouter que les traits romains eux-mêmes ont parfois été chantés sous forme responsoriale; c'était précisément le cas pour le trait Domine audivi, comme on le voit attesté, par exemple, à Corbie (Martène, De Antiquis Ecclesiœ Ritibus, t. IV, Anvers 1738, col. 391), à Cluny (Cf. VOrdo Cluniacensis de Bernard, dans Hergott, Vêtus Disciplina monastica, Paris 1726, p. 316 et les Consuetudines C/uniacenses d'UDALRic, dans le Spicilegium de Dom Luc d'Achery, t. IV, Paris 1661, p. 57, ou la Patrologie latine de Migne, t. CXLIX, col. 661), à Saint-Germain des Prés (Cf. Bouili.akt, Histoire de l'Abbaye de Saint-Germain des Prez, Paris 1724, p. cxlviii) et à Farfa (Cf. Hergott, op. cit., p. 44 ou la Patrologie latine de Migne, t. CL, col. 1201).

Paléographie XIV

par la brièveté de ses versets, divisés cependant comme eux en deux demi-versets, dont le premier comprend une formule d'intonation et une formule de médiante. réunies par la récitation en podatus. bien connue désormais. Quant au second, il commence directement sur la récitation, et se termine par une vocalise, celle-là même dont nous avons déjà vu doter les versets impairs du Cantabo et le dernier verset du Domine audivi. Le mélisme final n'est d'ailleurs donné intégralement que pour le dernier verset ; pour tous les autres, il est écrit sous forme suspensive, comme nous l'avons indiqué. Un simple détail à signaler : le départ sur la de loquar, au premier verset, au lieu de si ; variante qui s'explique d'elle-même en raison de la brièveté du texte (i).

Ancienne version

Trait bénéventain

VULGATE

Attende eœlum, et loquar :

audiat terra verba ex ore meo.

Exspectetur sicut pluvia eloquium meum :

et descendant sicut ros verba mea.

Sicut imber super gramen,

et sicut nix super fcenum ;

quia nomen Domini invocabo.

Date magnitudinem Deo nostro :

Deus vera opéra ejus. et omnes via: ejus judicia.

Deus fidelis, et non est iniquitas in eo : justus et sanctus Dominus.

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