‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 36 sur 157 · ROME · texte numérisé non relu

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1. Les péricopes n'étant connues que par les antiennes de Benedictus et de

Magnificat

il n'est pas possible

de savoir d'une manière certaine si celle-ci correspond à 13 ou à 13*.

2. Ce manuscrit ne comportant pas la partie correspondant aux péricopes 1

7 et A, il i

l'est pas possible de

savoir si elle comportait ou non, entre les deux, la péricope CL Selon le cas, ce m

anuscrit au

'ait été du type v ou

du type f.

3. Ce fragment ne comportant pas la péricope précédente, il n'est pas possibl

e de savoir

si le manuscrit doit

être rattaché à l'une des quatre premières colonnes ou à l'une des trois dernières.

4. Ce fragment ne donne que la fin de la péricope 13 ; il n'est pas possible de

savoir s'il s

agit de 13 ou de 13*.

Les Évangiles des Dimanches après la Pentecôte dans les manuscrits bénéventains.

Paléographie XIV. 18

Comme nous l'avons noté pour les listes précédentes, il apparaît aussi dans les séries bénéventaines une certaine dissemblance, selon la manière dont elles se terminent, quelques manuscrits ajoutant à la péricope 25 la lecture D (types v, ç, p, œ et 6), un autre (type y.) taisant même suivre cette dernière de la péricope 20.

Mise à part cette source de variété, il ne subsiste entre les manuscrits bénéventains

4 qu'une seule divergence: Dans plusieurs d'entre eux, les deux péricopes

5 17 et A sont séparées par une autre péricope : G. Mais l'insertion de cette 3 lecture surnuméraire est très facile à expliquer : il s'agit tout simplement 2 de l'évangile du samedi des Quatre-Temps que ces manuscrits ont aussi G utilisé au dimanche suivant, tout comme le Missel Romain a répété au 7 IIe dimanche de Carême l'évangile du récit de la Transfiguration selon § S. Matthieu qui, primitivement, ne servait qu'au samedi des Quatre-Temps. 9 En réalité cette péricope ne fait donc pas partie de la série dominicale;

13* aussi la répétition qu'en font certains manuscrits n'altère-t-elle en aucune

H manière l'unité du témoignage bénéventain.

Quelques manuscrits comportent une lacune dans cette région; il n'est 14 donc pas possible de savoir à quel. type ils se rattachent; nous les avons

,- décalés, dans le tableau, de manière à laisser demeurer l'indétermination.

1G A ce détail près, le témoignage de la tradition bénéventaine est d'une

17 unité plus parfaite encore que celui de la tradition universelle : on peut le

a résumer en un tronc unique (fig. 25) dont certains manuscrits n'indiquent

,g pas soit la dernière, soit les deux dernières lectures (1).

22 Bref, si l'on étudie, du point de vue de l'organisation des lectures

23 évangéliques, le témoignage de la tradition manuscrite, du Xe au XVe siècle,

24 on se trouve en présence de deux types bien caractérisés et qui ne B semblent pas réductibles l'un à l'autre, encore que la plupart des péricopes 10 qui les constituent leur soient communes : le type bénéventain et le type C non-bènéventain (2).

25 (- et w : 3 mss.) Nous avons résumé (page 135 et ci-contre) ces D (v, ç, p, <p et «|* : 8 mss.) deux systèmes différents et indiqué, entre parenthèses, 20 (u : 1 ms.) ^ hauteur de la dernière péricope de chaque sous-type, la

Fig. 23. lettre figurative correspondante. L'unité de chacun d'eux

La séné des Evangiles des es^ ajnsj ^-]en mjse en évidence, ainsi que l'irréductibilité

Dimanches après la Pentecôte dans

les manuscrits bénéventains. "e ' un a autre.

(1) Pour éviter des complications inutiles, nous nous sommes borné à donner les deux séries bénéventaine et non-bénéventaine telles qu'elles se présentent dans les manuscrits, mais sans indiquer aucune numérotation des dimanches correspondants, celle-ci variant parfois dans les manuscrits, selon les différentes manières de les compter; les séries des péricopes dominicales, elles, sont au contraire d'une très grande stabilité.

(2) A ce dernier se ramène très simplement, par la substitution de la péricope 4 à la péricope 1 et le glissement qui en est la conséquence, le type du Missel Romain, déjà constitué, comme nous l'avons dit, au XIVe siècle.

LA TRADITION BENEVENTAINE. 139

La question qui se pose — c'est là que nous voulions en venir — est maintenant de savoir quelles sont les raisons de ces divergences.

De prime abord, l'unanimité du témoignage de la tradition universelle opposée au particularisme bénéventain semble rendre superflu tout supplément d'enquête : un tel accord n'a-t-il pas la portée d'une preuve? Manifestement la liste bénéventaine ne saurait être qu'un remaniement de la série universellement reçue.

Mais nous connaissons déjà par expérience les surprises que révèle une étude plus approfondie des manuscrits de l'Italie Méridionale, si déconcertants lorsqu'on se contente de jeter sur eux un regard superficiel; aussi, une évidence de cette nature ne nous semble-t-elle pas du tout convaincante. Le supplément d'enquête est d'ailleurs facile à mener, puisque toute une série de documents demeure, auxquels, volontairement, nous n'avons pas fait appel jusqu'ici : nous voulons parler des lectionnaires, et, tout particulièrement, des lectionnaires anciens.

Effectivement, l'enquête, menée comme nous l'avons dit, ne portait, pour la tradition universelle, que sur les seuls missels pléniers; une simple raison de commodité avait dicté ce choix, et l'unanimité du résultat obtenu a prouvé qu'il eût été superflu d'interroger les autres groupes de manuscrits : lectionnaires, antiphonaires ou bréviaires. Strictement exacte, si l'on entend parler des manuscrits de la même époque que les missels interrogés, c'est-à-dire des documents qui s'échelonnent entre le Xe et le XVe siècle, la remarque n'est plus nécessairement vraie, si l'on fait appel à des documents antérieurs.

En d'autres termes, il nous a semblé nécessaire de bien situer deux questions qui, sans être étrangères l'une à l'autre, sont cependant distinctes : la dualité de tradition représentée par les témoins du lectionnaire romain au Moyen-Age, et l'origine de ce même lectionnaire (i).

(i) Pour n'avoir pas tenu compte de cette distinction, on a parfois été amené à des conclusions manifestement insoutenables. La plus grave a consisté à réduire pratiquement cette question des évangiles des dimanches après la Pentecôte à l'étude de la place qu'occupe, dans les manuscrits, la péricope Estote miséricordes. Poser ainsi le problème, c'est se laisser hypnotiser par la question du glissement de ces évangiles, et admettre, au moins implicitement, qu'il n'existe que deux séries de lectures différant uniquement par la place qu'y occupe YEstote miséricordes. On est ainsi conduit à considérer comme témoins de l'usage actuel tous les manuscrits où cette péricope figure au Ier dimanche après la Pentecôte, ce qui est tout à fait inexact, comme on peut s'en rendre compte par l'enquête d'ensemble dont nous avons donné le résultat. S'il existe un certain nombre de manuscrits anciens qui donnent Y Estote miséricordes au Ier dimanche, la suite des péricopes évangéliques y est sensiblement différente de ce qu'elle est dans le Missel Romain, de sorte qu'en fait, la série actuelle ne comporte pas un seul témoin antérieur au XIVe siècle.

Il demeure donc bien que, sur ce point, l'organisation du Missel Romain dérive directement du type non-bénéventain par la substitution de la péricope 4 à la péricope 1 et le glissement de toute la suite de la série à partir de la péricope 5. Cf. Dom Wilmart, Le Cornes de Alurbach, dans la Revue Bénédictine, XXX (19 13), p. 34, note 1.

Type non-bénéventa1n

COMES DE MURBACH

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(Joan. III, 1-16)

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(Dom. Oct. Petit.) Ebd. II post Pent.

Le fait de la dualité étant démontré, les documents plus anciens ont la parole pour nous aider à discerner lequel, de ces deux types, est le plus voisin du lectionnaire romain original.

Or nous connaissons un certain nombre de ces lectionnaires anciens, dont plusieurs sont antérieurs à la période carolingienne.

Ce sont eux qu'il convient d'interroger si nous voulons savoir, de nos deux listes de péricopes, quelle est la plus authentique ou bien dans quelle mesure chacune d'elles est dans la ligne de la tradition.

Le résultat de cette comparaison est singulièrement instructif, et, une fois de plus, en faveur de la fidélité de la tradition bénéventaine. Les deux manuscrits anciens les plus intéressants pour l'histoire du lectionnaire romain sont le cornes de Wurzbourg et le cornes de Murbach.

Or, si la série universellement reçue dérive du type Murbach, la série bénéventaine, elle, dérive du type IVurçbourg.

Les tableaux ci-contre (pages 140 et 141) démontrent, mieux que de longues explications, le double parallélisme auquel nous venons de faire allusion.

La correspondance entre l'ensemble de la tradition manuscrite et le cornes de Murbach est, on le voit, aussi étroite qu'on peut l'imaginer : ce dernier est précisément de ce type 0 qui, parmi nos missels pléniers, comportait le plus de témoins. Il y a donc ici plus que parallélisme, il y a vraiment identité.

Pour ne pas être aussi complète jusque dans les moindres détails, la similitude entre la série bénéventaine et celle du codex de Wurzbourg n'en est pas moins des plus frappantes.

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