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LUCQUES, Chapitre 606, folio 1 52-.
Jeudi-Saint.
Mandatum.
LA TRADITION BÉNEVENTAINE. 257
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cu-i Throni et Domi-na-ti- ones oc- currunt! No-li time-re, fi-li- a Si- on :
ecce Rex tu- us venit ti-bi, sedens super pullum a-si- nae, sic-ut scriptum est. Sal-
ve, Rex, fabri-cator mundi,
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Le texte, on le voit, est, à peu de chose près, identique à celui de l'Edition vaticane. On trouve toutefois quelques variantes : clamabant dicentes au lieu de clamabant pueri dicentes) il y a inversion, dans les deux textes, entre les incises : Hic est qui venturus est in salutem populi et Hic est sains nostra et redemptio Israël] de plus, dans la première des deux, le texte bénéventain donne la forme venturus erat au lieu de venturus est. Mais ce sont là de simples variantes; les mélodies au contraire ne sauraient être considérées comme deux états d'une même pièce.
On peut relever, il est vrai, certaines analogies de composition entre les deux antiennes : le même dessin mélodique revient, par exemple, de part et d'autre, sur le début des deux incises Hic est; mais, d'une certaine manière, on peut dire que cette identité de traitement s'imposait. Il n'en est plus de même, vers la fin de la pièce, où la version courante traite de la même manière les deux incises sedens super pullum asinœ et Salve, Rex, fabricator mundi. Aussi bien, la version bénéventaine, plus équilibrée, donne-t-elle à la seconde un développement mélodique d'une certaine ampleur, que ne méritait vraiment pas la première; aussi l'a-t-elle traitée d'une manière presque syllabique.
Quelle est celle de ces deux mélodies qui doit être considérée comme la plus ancienne? Nous nous garderons de conclure de l'unanimité du témoignage des manuscrits nonbénéventains à l'antériorité de la version adoptée par l'Edition vaticane; nous n'avons pas non plus de raison positive à mettre en avant pour prétendre que, des deux, la leçon bénéventaine est la plus ancienne. Nous ferons seulement observer qu'elle semble apparentée de plus près, au moins par son incipit, avec une autre antienne de la même fonction des Rameaux : la grande antienne Cum appropinquaret dont nous donnons le début d'après les manuscrits bénéventains, qui ne présentent d'ailleurs, pour celle-ci, que des variantes minimes relativement à l'ensemble de la tradition :
Cum appropinquaret Do- minus Je-ro-so- lymam...
L'analogie avec la version bénéventaine de l'antienne Cum audisset populus n'est pas douteuse; mais il n'est pas vraisemblable qu'on puisse tirer de cette similitude un argument
Paléographie XIV. 33
en faveur de l'antériorité de l'une ou de l'autre version. Ce qui, en tout cas, semble certain, c'est que nous ne sommes pas là en présence d'une composition bénéventaine au sens strict, encore que cette version mélodique ne se rencontre que dans les manuscrits de l'Italie Méridionale.
Il n'est pas sûr qu'on doive en dire autant de la grande antienne Via justorum dont la mélodie comme le texte sont entièrement propres à la tradition bénéventaine (i). La version que nous en donnons ici est restituée d'après les deux Graduels VI. 38 et VI. 39 du Chapitre de Bénévent :
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Vi-a justorum recta fa- cta est, i- ter sanctorum prsepara- tum est, ut ambu-
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lent de virtu- te in virtu- tem : i-bi videbi- tur De- us de- orum in Si- on,
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Domi- nus dominan- ti- um et Rex regum in mil-libus mil-li- um de cae-
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lo descendens ; prophe-tantibus prophe- tis, ut gen-ti- um Insulae lau- des di-vi-
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