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nas, cum flo-ribus palma- rum fui-
genti-bus, cantent Domino et di- cent :
O-sanna, Fi-li Da- vid. Benedi-ctus qui ve-
nit
in nomine Do-mini, Rex
Isra-el.
On remarquera, surtout dans la première partie de cette pièce, les nombreuses répétitions d'un même motif qui sont, nous aurons l'occasion de nous en rendre compte maintes fois dans la suite du présent travail, l'une des caractéristiques les plus frappantes de l'ancien chant bénéventain. Nous retrouvons par exemple, ici, le même schéma mélodique sur les incises : recta fada est, prœparatum est, Dcus deorum; la même cadence sur les finales des mots : Dominus, dominantium; une autre cadence, également identique, sur les
(1) Il ne faut pas confondre cette antienne bénéventaine de la bénédiction des Rameaux avec une petite antienne de même incipit, construite sur une formule du VIIIe mode; et que l'on trouve, dans quelques manuscrits italiens, affectée aux Matines du Commun de plusieurs martyrs :
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Vi- a justorum recta facta est, sanctorum i- ter pneparatum est in œternum.
LA TRADITION BENÉVENTAINE. 259
finales des mots : virtute, virtutem, videbitur. La même phrase mélodique se répète sur les deux incises propbetantibus prophetis et ciim floribus palmarum ; on peut en dire autant des deux incises de cœlo descendons et Rex Israël dont la seconde moitié se retrouve aussi sur le mot fulgentibiis. Ce sont là autant d'indices caractéristiques de la manière bénéventaine (i).
Le texte de cette antienne, lui aussi, est intéressant à étudier de près. On y trouve, en effet, juxtaposés, des fragments de textes scripturaires assez variés. Toute la finale est empruntée à l'Evangile, ou s'en inspire de très près; in millibus millium est une réminiscence de Daniel, VII, 10 : mil lia millium ministrabant ei\ toute la phrase précédente provient du Psaume LXXXIII, 8 : ibimt de virtute in virtutem, videbitur Deus deorum in Sion. Quant au début de l'antienne, ce n'est pas autre chose qu'un texte d'Isaïe d'après une ancienne version, le verset 7 du chapitre XXVI, que la Vulgate traduit : Semita justi recta est, redis cal lis justi ad ambulanduni (2).
Le répons Ante sex dies Paschœ nous offre un mode de composition tout-à-fait analogue, et même plus surprenant encore. Ce répons du IVe mode bénéventain est indiqué, outre le codex Vat. lai. 10673 (P'- 47), dans trois autres manuscrits : le Missel plénier Lucques 606 (pi. XXXIV) et les deux Graduels Bénévent VI. )8 et Bénévent VI. 35. C'est en nous basant sur ces quatre témoins, dont le dernier seul donne une traduction diastématique avec clé, que nous avons restitué la mélodie de ce répons qui, nous l'avons dit, tenait, à Bénévent, la place de notre Collegerunt, comme graduel de la bénédiction des Rameaux :
(1) Employé avec discrétion, ce procédé de la répétition peut conduire aux effets les plus heureux; mais exploité comme il l'est parfois dans le répertoire bénéventain, il engendre une monotonie qui ne va pas sans être parfois fastidieuse. Nous n'en citerons qu'un seul exemple, particulièrement caractéristique de l'abus du procédé : il s'agit du verset d'Alleluia que l'on trouve affecté aux deux fêtes de la Croix — et intégralement noté les deux fois — dans le Graduel Bénévent VI. 40 :
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Aile- lu-ia. f. Pange lingua glo-ri- osi prse-li- ur
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certa- mi-nis et su- per crucis trophas- um die tri- umphum nobi- lem qua-li- ter
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Redem-ptor orbis immo- latus vi-ce- rit.
Si l'on veut bien prendre la peine de compter, on pourra constater que le même motif est repris, dans cette étonnante pièce, jusqu'à dix-huit fois, sans parler du doublement probable du mot Alléluia, soit au début, soit à la fin, ce qui procurait l'agrément de répéter jusqu'à vingt ou vingt-deux fois un motif aussi intéressant.
(2) Sabatier, Bibliorum sacrorum latinœ Versiones antiçuœ, Paris 1751, t. II, p. 557. Pe même texte se retrouve également, outre l'antienne de même incipit que nous avons signalée, dans une autre pièce qui figure, dans les manuscrits anciens, parmi les antiennes ad reliquias deducendas : « Ecce populus custodiens judicium et faciens veritatem; in te speraverunt, Domine, usque in a^ternum. Via justorum recta fada est et iter sanctorum prœparatum est. » Elle figure sous cette forme dans X Antiphonaire de Compicg?ie et dans celui de Corbie Cf. X Antiphonale Missarum Sextuplex, Bruxelles Vromant 1934, n. 212.
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