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Paléographie musicale

Nous devons aux lecteurs de la Paléographie quelques renseignements sur l'Antiphonaire dont nous avons commencé la publication, nous réservant de donner plus tard, dès que les circonstances le permettront, une étude plus approfondie de ce remarquable document.

Perdu au milieu de plus de trois cents manuscrits provenant de la célèbre bibliothèque du Président Bouhier de Dijon, le codex qui nous occupe vint prendre place, par les soins du docteur Prunelle, en 1804, sur les rayons de la Bibliothèque de l'École de Médecine de Montpellier où il resta longtemps ignoré.

Tout à coup, au moment où les esprits s'agitaient le plus autour de la question de restauration du chant grégorien, M. Danjou, directeur de la Revue de la musique religieuse, annonçait (Dec. 1847) au monde catholique un de ces événements destinés, pensait-il, à marquer dans l'histoire de l'art chrétien :

« Le 18 Décembre dernier, disait Danjou, parcourant les salles de la bibliothèque, j'aperçus dans une armoire un volume in-folio sur le dos duquel on lisait : Incerti de musica. Ayant demandé communication de ce volume, je reconnus aussitôt qu'il contenait les chants de l'Antiphonaire romain avec une double notation en lettres & en neumes placés au-dessus des lettres...

« C'est bien là un des Antiphonaires notés au commencement du ixe siècle, ou par un des clercs que Charlemagne avait fait étudier à Rome, ou par un des chantres que le pape Adrien avait envoyés en

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France, lesquels avaient sous les yeux l'exemplaire noté de la main même de saint Grégoire, exemplaire qu'on voyait encore au xe siècle à Saint-Jean-de-Latran ».

Nous ne dirons pas ici comment la discussion plus que vive engagée, à la suite de cette annonce, surtout entre la revue de Danjou & la Revue du Monde catholique, sur l'âge & l'origine du manuscrit de Montpellier, fit abandonner le projet de publication conçu par le bibliothécaire de l'Arsenal ;

comment M. de Parrieu, ministre de l'Instruction publique, chargea, en 185 1 , Nisard d'en faire une copie (1);

comment Vincent, de l'Institut, vit dans les épisèmes de ce codex une preuve de l'emploi du quart de ton dans la mélodie grégorienne, &c. ; toutes choses dont nous nous occuperons plus tard en détail.

Depuis la découverte de notre Antiphonaire, on a beaucoup parlé de son origine & de son antiquité; sur ce sujet on a tout dit,... sauf peut-être la vérité. On a placé la copie de ce manuscrit du ixe au xnc siècle; on l'a fait naître à Rome (2), à Clairvaux(j), à Saint-Evre de Toul(4),... & ailleurs encore.

Réservant notre opinion sur ce point, nous nous bornons à donner ici la description sommaire de ce manuscrit, & le détail des matières qu'il renferme.

DESCRIPTION DE l'aNTIPHONAIRE

Le Catalogue général des manuscrits des Bibliothèques des départements (au tome I, p. 349. — Paris, 1849) nous donne la description suivante :

« 159. — In-folio carré, sur vélin. — i° Incipit utillimum de musica breviarium. — Incipit : « Quoniam pauci sunt qui majorum & difficiliorum memoriam operum pleniter absque libris possint retinere. » — Desinit : « sed jam prolixus sermo finem prestolatur. » — 2° (Antiphonale). — 3° (Catalogus brevis manuscriptorum). — xe-xie siècle.

(i) Cette copie se trouve a la Bibliothèque (4) Étude archéologique sur le manuscrit bilin-

nationale, f. 1. 8881. — (2) Danjou, loc. cit. gue de Montpellier par un Supérieur de Séminaire,

(3) Nisard, Études sur la restauration du chant in-8°. Lecoffre, 1875, p. 38. grégorien, 1856, p. 489.

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