LANTIPHONAIRE TONALE DE MONTPELLIER. II
Fonds de Bouhicr, C. 54. Le n° 1 a quatorze pages. Dans le n° 2, la musique est notée tantôt par signes, tantôt par lettres. Voici le catalogue contenu dans ce manuscrit (1) : « Libri de armario claustri ; Didimus de Spiritu sanfto ; Augustinus de Verbo domini ; Augustinus de caritate ; Gregorius Nazianzenus ; Régula heremitica ; Rabanus super Judicum ; Omeliae Origenis super Lucam ; Vita Caroli ; Collationes ; liber dialogorum Gregorii ; Teodulfus, Epitalamium ; Solinus ; Augustinus de Virginitate ; Gradalia quinque ; duo Responsalia, & Offerendarius ; duo Antiphonarii ; Vite patrum ; Josephus ; Rabanus super Matheum. »
Cet in-folio mesure o, jo4mm sur o, 2jjmm. La reliure, relativement moderne, mais antérieure vraisemblablement au Président Bouhier, a été funeste à notre codex : les marges, contenant des indications intéressantes, en ont été maladroitement rognées ; pour le reste il est en parfait état de conservation.
Le format de la Paléographie nous a obligés à en réduire les dimensions.
Le manuscrit est précédé d'une feuille de garde en papier, datant sans doute de la reliure, & qui porte à l'encre rouge, sur le recto, ce titre en grandes capitales grossières : INCRRTI (sic) / DE MVSICAE / ARTIS INSTITVTIONE / DE / TONIS SEV / MVSICAE ARTIS / BREVIARIVM.
Plus bas, on lit : codex ms. / Bibliothecœ Buherianœ / c. 54. / MDCCXXI;
& au verso de ce même feuillet :
« II a été reconnu lors de l'inventaire général de nos manuscrits fait page par page du 12 au 17 ybre 1845 (lue ce v°lume H.1Ç9 était composé de 16} feuillets. H. Kùhnholtz.
« N. B. Il y a en plus :
25 bis d'1/4 de feuillet, 81 n'est qu' 1/5 de feuillet portant seulement 2 lignes,
33 bis d'1/4 de feuillet, 83 n'est qu'1/2 feuillet suivi d'un 83 (bis),
49 n'est qu'1/3 de feuillet, 88 a un 88 (bis) d'1/4 de feuillet,
56 n'est qu'1/3 de feuillet, 122 n'est qu'1/3 de feuillet, est suivi d'un 122 (bis),
(15 Février 1848). »
Le texte liturgique (12 lignes par page) est écrit au minium & a conservé toute sa fraîcheur; les deux notations ont été écrites avec deux encres noires différentes.
(1) Page 318 de notre reproduction.
Mais, ce qui donne à ce manuscrit une exceptionnelle importance, c'est la double notation qui surmonte le texte : notation alphabétique, & neumes-accents.
D'abord nous retrouvons ici, du moins pour la partie primitive du manuscrit, une forme de notation se rapprochant de très près des neumes-accents français & anglo-saxons (cf. Pal. Mus., III, pi. 178-19}). Toutes les parties postérieures, que Ton reconnaîtra facilement, sont (excepté le Tonale de la page 8, & les offices de saint Biaise & de saint Hilaire, de la page 305 à la page 322) de notation messine (cf. Pal. Mus., III, pi. 154-177), fait important que personne n'avait encore remarqué.
De plus, la notation musicale est traduite par les quinze premières lettres de l'alphabet romain. L'i est employé deux fois : 1 droit représente le si % : 1 penché, le si b •
En outre, au milieu des lettres « se rencontre çà & là un signe qui n'est pas une lettre, mais remplace une lettre dans les cas spéciaux que nous allons indiquer. Ce signe que l'on a nommé épisè?ne} c'està-dire signe supplémentaire, consiste en deux petits traits droits diversement juxtaposés, l'un vertical, l'autre horizontal. Celui-ci est tantôt à gauche tantôt à droite de l'autre, soit en bas, soit au sommet, soit au milieu. Avec le trait vertical sur le milieu & à droite du trait horizontal i-, l'épisème remplace le B ou si de l'octave inférieure; également au milieu, mais à gauche -| , c'est TE ou mi de cette même odave ; sur le sommet à droite |~~ ,. c'est le la du milieu de l'échelle, mais avec l'emploi du B mol ; sur le sommet à gauche H , c'est le si naturel ; enfin, si le trait horizontal est tracé à la partie inférieure de l'autre & à gauche J , l'épisème tient lieu du mi de l'octave supérieure. » (D. Pothier, Met. Grég., p. 26.)
Voici d'ailleurs la gamme complète de notre manuscrit :
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On a pu remarquer dans les phototypies déjà publiées la disposition anormale que présente l'Antiphonaire de Montpellier. Au lieu d'être