‹ Paléographie musicale (volume 3)Chapitre 27 sur 119 · IV · texte numérisé non relu

IV

Et ûnam, sânctam, cath6-li-cam En musique :

Et ûnam, sân6lam, cath6-li-cam

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Et û- nam, sân&am, cathô- li- cam

Et û-nam, sànétam, catho- li- cam

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Et û-nam, sânélam, catho- li- cam

Et û-nam, sanflam, cathô- li- cam

Ceux qui préféreraient ne pas faire de mora vocis après unam & sanclam sont entièrement libres de supprimer les points. Cette modification ne changerait pas la place des toucbements qui, dans les deux interprétations, se poseraient doucement sur la finale de ces mots. Toutefois, dans le cas de suppression des points, le rythme grégorien devient binaire et, par conséquent, en tout semblable au rythme choisi par Goudimel : les accents restent au levé.

Mais ces passages du Credo ne peuvent-ils pas se rythmer avec tous les accents au frappé, puisque la polyphonie elle-même en agit ainsi?

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Et û-nam, sanclam, ca-thô- li- cam

Excellente remarque qui nous place au centre même de notre sujet. Il suffit en effet d'être sensible à la musique pour comprendre la différence profonde qui existe entre ces deux manières de rythmer. Quelle est la bonne? la meilleure? seraient-elles acceptables toutes les deux?

L ACCENT LATIN ET LES MAITRES DES XVe, XVIe, XVIIe SIECLES

Comme réponse provisoire à ces questions, constatons seulement que la première manière est pratiquée pour tous nos grands polyphonistes : faut-il condamner dans la mélodie liturgique un procédé autorisé dans la polyphonie? C'est ce que nous aurons à examiner prochainement. Mais, en vérité, nous ne voyons pas pourquoi ce qui est bon, beau, naturel dans le récitatif musical de ces anciens maîtres ne le serait plus dans le récitatif grégorien.

Le caractère mélismatique du Sanclus le place en dehors de nos recherches, nous le laissons de côté.

Il en est tout autrement de Y Agnus, du second surtout, type parfait du procédé archaïque que nous étudions; aussi allons-nous le transcrire en entier. Nous prions les musiciens de le chanter, de le chanter encore, en se laissant, sans résistance aucune, pénétrer et bercer par son rythme si vrai, si pur, si naturel. C'est surtout aux mots doua nobis qu'ils sentiront leur âme, tout leur être, dégagé des entraves matérielles de la mesure, se soulever suaviter et fortiter avec les accents des mots, avec les élans du rythme pour revenir au repos, avec les syllabes de chaque mot et surtout de chaque rythme-phrase.

Sur soixante-dix-sept mots accentués employés dans cet Agnus, quarante ont l'accent au levé, vingt-six au frappé, onze au levé avec syncopes ou vocalises.

Goudimel. Missa "Le bien que jay", Agnus Dei II, p. 60.

Soprani. mj Modéré. ^

Alti.

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Ténors. mf

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