‹ Paléographie musicale (volume 3)Chapitre 38 sur 119 · PS^Ê · texte numérisé non relu

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Nous recommandons à nos lecteurs l'importante publication suivante : Gesselschaft ^ur Herausgabe von Denkmàlern der Tonkunst in O ester reich... unter Leintung von Guido Adler (Wien 1894- 1900. Artaria et O).

Sept volumes ont déjà paru. Le premier contient quatre messes de Fux qui, en plein XVIIIe siècle conserve encore maintes traces des anciens usages relatifs à l'accent. On peut voir surtout le Christe de la « Missa canonica » et, au Credo de cette même messe, les mots

Dé- | um de Déo, — lu- | men de lùmine, — se- | det ad déxteram,

avec l'accent au levé.

Nous signalerons aussi le tome publié en 1900, le septième, qui est d'une importance capitale : Secbs Trienter Codices. Geistliche und IVeltliche compositione des XV Jahrbunderts. Il contient des œuvres de Dufay (1400?- 1474), de Binchois, néerlandais (1400?- 1460), de Dunstaple, anglais (?-i4^), peut-être maître de Dufay et de Binchois, de Loyset Compère, néerlandais (?-i 5 18).

Avec ce volume nous remontons jusqu'au début du XVe siècle, plus haut que Josquin, et toujours nous trouvons le même procédé de libre accentuation. Encore un peu plus haut, et nous ne tarderons pas à renouer le fil de la tradition grégorienne.

Mais c'est assez : la conclusion qui reste de toutes nos recherches, la voici.

La musique polyphonique religieuse ne reconnaît pas la mesure forte; elle repousse la concordance obligatoire entre l'accent latin et le temps fort — premier de la mesure ; elle place l'accent des mots tantôt au frappé, tantôt au levé : sur ce point le compositeur conserve toute sa liberté.

L ACCENT LATIN ET LES MAITRES DES XVe, XVIe, XVIIe SIÈCLES

Plus haut (p. 49-50), à propos de cette liberté, nous nous sommes demandés si ces divergences étaient le résultat d'un caprice de l'auteur ou d'une règle cachée qui serait à découvrir. Nous nous réservons de donner à cette question une solution fondamentale, en exposant la théorie du rythme. Elle aura chance alors d'être mieux mise en lumière. En attendant, cherchons simplement à lui donner une réponse de fait.

Etudions d'abord le rythme purement syllabique, et ici nous pouvons distinguer trois sortes de phrases.

A. Phrases où tous les accents primaires ou secondaires sont au frappé de la mesure.

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