‹ Paléographie musicale (volume 3)Chapitre 88 sur 119 · FT · texte numérisé non relu

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Ce cas est analogue au précédent. Deux des voix se poursuivent en s'imitant à la distance d'une note, de façon que le levé de l'une corresponde au frappé de l'autre. Quelle différence y-a-t-il entre les imitations serrées des polyphonistes anciens (comme dans notre ier ex.) et ces deux exemples? Aucune. Alors si ces faits ne contredisent pas l'unité rythmique verticale, admise par tout le monde dans la musique moderne, on ne voit pas pourquoi et comment ces procédés peuvent menacer ce même principe lorqu'il s'agit de l'art polyphonique ancien.

Mais il y a plus.

Prenons un passage du Don Juan de Mozart, Acte I.; il est des plus curieux et et des plus instructifs.

Les personnages sont disposés en trois groupes sur la scène. Chacun d'eux danse avec un orchestre séparé qui poursuit sa propre mélodie et son propre rythme. Au début de ce passage le ier orchestre continue un menuet, un mouvement ternaire, commencé depuis quelque temps. Le 2e orchestre, qui vient d'accorder ses instruments attaque une danse de rythme binaire, et les personnages chantent et dansent avec leur groupe respectif dans le mouvement particulier, binaire ou ternaire. A la neuvième mesure, le 3e orchestre se met lui aussi à accorder ses violons, et à la 17e, un nouveau rythme se superpose aux deux autres, produisant un ensemble de trois rythmes différents et indépendants. Et quels rythmes ! Ce ne sont pas là des mélodies paisibles, sans grande volonté déclarée ; ce sont à la fois trois mélodies des plus claires, des plus... dansantes! Et cependant l'unité rythmique verticale y subsiste comme loi générale.

Paléographie VII.

Mozart. — Don Juan Acte Ier Edition Peters ^5648 pag. 170 et suiv.

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