‹ Paléographie musicale (volume 4)Chapitre 19 sur 58 · F° nor · texte numérisé non relu

F° nor

3. Par exemple au f° nor, line ai, il semble que les neumes aient été écrits sur le grattage du numéro supprimé, et par-dessus le chiffre VIII récrit à côté. Au contraire les surcharges des f03 ç)iv et 98v sont d'une écriture qui semble plus récente que celle du premier notateur, et seraient postérieures à la notation.

Sans doute le notateur ne place des neumes que sur les pièces du répertoire monastique. Mais ce fait a une signification ambiguë. On peut concevoir que les additions « séculières » sont dépourvues de neumes parce qu'elles ont été insérées après la notation. On peut concevoir tout aussi bien qu'un notateur, attentif au seul répertoire monastique, néglige les morceaux qui concernent l'usage séculier, même s'il les trouve déjà dans le manuscrit.

En somme, force nous est d'avouer qu'il n'y a pas de rapport défini entre la notation de l'Antiphonaire et son adaptation à l'usage séculier, ou que si des rapports existent, nous n'avons pu les découvrir.

§ 5. — LES ADDITIONS NEUMATIQUES

Le notateur principal, ou première main française, avait laissé sans neumes un certain nombre de pièces. Ces omissions ont été plus tard complétées, du reste sans méthode, et de façon partielle, puisque certains morceaux n'ont jamais reçu de neumes. Ces compléments ne comportent pas en général, de texte littéraire, sinon quelques mots ajoutés ici ou là. Ils consistent principalement en neumes ajoutés à des textes écrits déjà par le premier scribe ou par le réviseur. Nous les considérerons surtout au point de vue de la notation, et c'est d'après le caractère de leur écriture neumatique que nous en dresserons le catalogue.

Les mélodies qui viennent compléter le travail du premier notateur sont écrites les unes en neumes français, les autres en neumes messins. On peut distinguer 3 mains différentes parmi les additions en neumes français, et 4 parmi les additions en neumes messins. La notation de notre manuscrit a donc été réalisée au total par 8 mains différentes : une première main française qui exécute l'ensemble de la notation, puis 3 autres mains françaises et 4 mains messines.

Nous allons maintenant caractériser chacune des 7 mains qui ont apporté des compléments neumatiques. Nous ne prétendons pas donner la liste complète des pièces notées par chacune d'elles. En plus d'un cas, ni la couleur de l'encre ni la forme graphique des neumes ne permettent de se faire une opinion. Nous indiquerons en note les pièces qui se laissent répartir en catégories de façon suffisamment nette.

Il importe de préciser qu'en distinguant ainsi diverses mains parmi les additions neumatiques, nous n'entendons pas nous prononcer sur leur ordre de succession chronologique. Il est sûr que 3 mains françaises et 4 mains messines ont complété la notation de la première main française et lui sont toutes postérieures. Il est en revanche impossible de préciser si les mains messines sont postérieures ou antérieures aux mains françaises, si elles alternent entre elles, et quel est l'ordre de succession entre les mains françaises et entre les mains messines. Nous allons donc passer en revue 7 mains différentes, en affirmant seulement qu'elles ne sont pas identiques.

i. ADDITIONS EN NEUMES FRANÇAIS

a) La seconde main française est moins élégante que la première. Son écriture est plus inclinée, un peu plus épaisse, avec des pleins dans les traits courbes. Elle se reconnaît particulièrement à l'aspect crochu du pes et à la forme du quiiisma, dont les dentelures vont croissantes 1.

b) La troisième main française est beaucoup plus fine et plus souple que la seconde. Son écriture est aussi un peu plus penchée. On la reconnaît à son pes en ergot, à ses bivirga fines et très inclinées, à son quiiisma dont les dentelures sont plus étirées, enfin à la forme de son oriscus -.

c) La quatrième main française forme de petits neumes réguliers, aux posers de plume bien nets 3.

Ajoutons que nous trouvons dans notre manuscrit quelques neumes français, écrits à l'encre rouge 4 et à l'encre verte 5, sans qu'on puisse dire avec certitude à quelle main ils appartiennent.

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