DATE ET PROVENANCE DE GRAZ
a) LES OPINIONS ÉMISES JUSQU'À CE JOUR
Le ms Graz 807 avait dû être consulté maintes fois au cours du XIX^ s., puisque les plats de la reliure avaient été abîmés par les usagers ; c'est surtout Vivell, semble-t-il, qui a attiré sur lui l'attention : il le mentionne en 1894 dans sa correspondance avec Dom Mocquereau, qui en avait certainement compris l'intérêt puisqu'il cherchait déjà, en vain, à savoir quel était son lieu d'origine, et en a fait faire des photos en 1905. Peter Wagner l'a consulté à plusieurs reprises vers 1904, alors qu'il préparait Neumenkunde, et s'en est procuré lui aussi des photographies ; c'est lui qui le premier a mis en relief, dans une publication, l'importance de ce document pour l'étude de la version germanique du chant liturgique : il le date du XIP s. et lui assigne comme lieu d'origine l'Allemagne du Sud, exprimant très succinctement son opinion en une phrase qui sera citée plus d'une fois par les auteurs ultérieurs : «Die Notation dièses aus Siiddeutschland stammenden hochwichtigen, vielleicht des wichtigsten Dokumentes fiir das Studium der deutschen Choraliiberlieferung des 12. Jahrh., ist sehr lehrreich» {Neumenkunde, 1'^ éd., p. 188 ; 2^ éd., p. 324).
En 1931, Dom Hesbert a fait une enquête au sujet de l'archaïsme mélodique de la tradition bénéventaine, et dans la hste des mss qu'il a consultés (P. M. XIV, p. 155) il mentionne : «Graz, Université 807 ; origine: Klosterneuburg ; notation: Klosterneuburg ;date : XII.» Le Graduel de Klosterneuburg ms 588 figure aussi dans la liste comme ayant la même origine et la même notation, et datant du XIII"^ s. Dans notre Bibliographie, P. M. XIV est le premier ouvrage où Klosterneuburg soit donné comme lieu d'origine de Graz 807, mais Dom Hesbert n'est sans doute pas l'initiateur de cette localisation. En effet, dans les années 1913-1914, DD. Ménager et Blanchon-Lasserve, moines de Solesmes, avaient photographié de nombreux mss en Autriche et notamment à Klosterneuburg ; on put dès lors faire des comparaisons, et c'est probablement à cette occasion, vers 1918-1920, que Dom Mocquereau et ses collaborateurs ont reconnu comme une variété particulière de la notation messine en pays germanique la «notation de Klosterneuburg» qui est celle de Graz 807.
La provenance et la date assignées à notre ms dans P. M. XIV sont adoptées également par Dom Hourlier en 1950-1951 dans son étude sur le domaine de la notation messine, à la p. 155 de son article de la Revue Grégorienne.
En 1950, Sidler ne fait que répéter, à peu près dans les mêmes termes, ce que dit P. Wagner, et il situe lui aussi Graz 807 dans l'Allemagne du Sud au XII« s., sans préciser davantage. De même Kern en 1956, qui se borne à citer la phrase de P. Wagner dont nous avons donné plus haut la transcription.
En cette même année 1956, on voit naître des doutes sur la localisation de notre ms à Klosterneuburg ; nous ne saurions dire qui les a formulés le premier.
M. Huglo, dans Fond en 1956, mentionne Graz 807 parce qu'on y trouve au f" 93^ le Répons Ambrosien Vadis propiiiator, et le présente en ces termes : «Graduel grégorien du début du XIP s. de provenance pas encore bien claire, ayant autrefois appartenu à un monastère qui célébrait sa dédicace entre le 2 et le 5 février. La notation à points liés, dite de Klosterneuburg» (etc.). La note 46 ajoute que la même notation se retrouve dans quelques autres mss de Klosterneuburg, en particulier dans le Graduel ms Klosterneuburg 588 qui ressemble beaucoup au nôtre et contient lui aussi, au f" 76^, le Répons Vadis propiiiator. La dédi-
cace du monastère S. Maria de Klosterneuburg (celui des Chanoines) ayant lieu le 29 septembre, et non entre le 2 et le 5 février, il est permis en effet de voir là une difficulté.
Dans l'article «Graduale» de MGG, t. 5 (1956), Margareta Melnicki et Bruno Stablein expriment le même doute, mais sans en donner le motif et à l'aide d'un simple point d'interrogation. On lit en effet dans la légende du fac-similé du f° 127^ (Abb. 1, col. 623): «12. Jh. aus Klosterneuburg?», et parmi les mss mentionnés dans la bibliographie : «Graz 807, aus Klosterneuburg (?), 12. Jh.».
Stablein, dans les Monumenta monodica M. A., t. 1 (1956), hésite entre «l'Allemagne du Sud-Est», localisation à peine moins vague que celle qu'avait proposée P. Wagner, et la précision «Klosterneuburg» que Solesmes avait adoptée. A la p. 478, dans la section Processionshymnen, la transcription de Inventor rutili, 1'''= mélodie, a comme indication de source : «Graz Univ. Bibl. 807, Graduale, siiddeutsch (Klosterneuburg?), 12. Jh. (98^-99^)». A la p. 565, la notice sur l'Hymnaire ms Klosterneuburg 1000 (date: 1336), qui provient de S. Maria Magdalena de Klosterneuburg (Chanoinesses), désigne l'écriture musicale du ms comme des «neumes messins», avec cette remarque entre parenthèses: «Stade tardif de la même écriture que le Graduel Graz Bibl. de l'Univ. 807 - pour cette raison, probablement (wohl) originaire de Klosterneuburg -, l'Antiphonaire de Klosterneuburg, Bibliothèque du monastère mss 1010, 1012, 1013, et bon nombre de fragments dans les Bibliothèques de l'Autriche ou de l'Allemagne du Sud.» Dans la Table des mss, p. 692, Graz 807 est mentionné dans les mêmes termes que ci-dessus: «wohl aus Klosterneuburg, 12. Jh.» Stablein ne semble pas admettre qu'il y ait un type de neumes messins tout à fait caractéristique de Klosterneuburg, et la notation de Graz 807 n'est pas, à ses yeux, un indice de localisation sur lequel puisse se fonder une conclusion ferme.
La notice sur Graz 807 dans Les Sources, en 1957, est suivie d'une bibliographie succincte qui cite les Fonti de M. Huglo et l'article «Graduale» de Margareta Melnicki / Bruno Stablein dans MGG, et pourtant elle présente le ms comme étant un «Graduel de Klosterneuburg (...), XII^ siècle, (...) Notation messine de Klosterneuburg». Les auteurs de la notice maintiennent donc que la notation est un indice probant ; ils ajoutent que la série des Alléluia des dimanches après la Pentecôte est la même dans Graz 807 que dans les Graduels mss 73 et 588 qui proviennent de Klosterneuburg.
Dans l'article «Klosterneuburg» de MGG, t. 7 (1958), Eva Badura-Skoda ne mentionne pas Graz 807 parmi les mss originaires de Klosterneuburg, peut-être parce qu'elle n'entend citer que des mss en dépôt à la Bibliothèque de ce monastère, ou bien (si ce n'est pas une supposition téméraire) parce qu'elle partage les doutes de Margareta Melnicki et Bruno Stablein.
A partir de 1964, une orientation nouvelle se dessine : les érudits semblent renoncer à Klosterneuburg, apparemment trop douteux, pour se tourner vers Seckau, où du moins il est certain que notre Graduel se trouvait au début du XVIL s.
Federhofer, en 1964, reprend la phrase de P. Wagner que nous avons transcrite plus haut, mais sous une forme nouvelle : «Déjà le grégorianiste bien connu Peter Wagner (1865-1931) a mis en relief l'importance d'un Graduel provenant de Seckau (Graz, Univ.-Bibliothek, Ms 807 ; voir le fac-similé p. 105), du XII<^ s. avec des neumes messins, pour l'étude de ce dialecte qui, selon des vues récentes, constitue une refonte, effectuée dans le haut moyen âge, de la version romane», etc. Dans cette citation libre, la modification qui nous intéresse ici consiste à remplacer «l'Allemagne du Sud» par «Seckau».
Benno Roth, en cette même année 1964, mentionne Graz 807 dans un contexte qui, sans affirmation explicite, donne à entendre qu'il s'agit d'un ms provenant du monastère de Seckau ; à propos de notre Graduel, Roth cite lui aussi Peter Wagner, mais de façon peu littérale et en supprimant «de l'Allemagne du Sud» comme lieu de provenance : «document qui est peut-être le plus important pour l'étude de la tradition allemande du chant liturgique au XIL s.». (Il renvoie à Newnenkunde, 1912, p. 135, mais la référence est inexacte ; il faut lire : p. 324).
En 1967, Plus Fank consacre une étude approfondie au ms Vorau 276 (XII^ s.); selon lui, la partie qui contient des textes en allemand (f'" 1-135) a été écrite soit à Seckau, soit à Vorau, et en tout cas par Bernhard, rédacteur et scribe de chartes, scribe et enlumineur de mss divers, venu de St. Rupert de Salzburg où il travaillait dans le second quart du XII<= s., puis scribe et chef du scriptorium à Seckau, enfin Prévôt
de Vorau où il avait continué son activité de scribe et chef du scriptorium. A la p. 37 de son livre Die Vorauer Handschrift, Plus Fank mentionne Graz 807 parmi les mss qu'il faudrait examiner pour se faire une idée du style de Bernhard comme enlumineur et rubricateur ; en revanche, notre Graduel est passé sous silence dans la section (p. 28-31) où sont cnumérés les mss de Scckau écrits en totalité ou en partie par Bernhard ; celui-ci serait donc le rubricateur et l'enlumineur, mais non le scribe, de Graz 807 qui, d'après ce que suggère le contexte, proviendrait de Seckau vers le milieu du XI^ s. (Depuis lors, Pius Fank a modifié son opinion sur la provenance du ms ; nous en reparlerons plus loin.)
En résumé, les opinions émises jusqu'à ce jour au sujet de Graz 807 sont les suivantes : date: le XII"^ s. sans plus de précision, par tous les auteurs sauf Pius Fank qui suggère le milieu du siècle, et M. Huglo qui propose le début de ce siècle. provenance:
- l'Allemagne du Sud, sans plus de précision, à partir de 1905 : Peter Wagner, etc.
- Klosterneuburg considéré comme certain : les moines de Solesmes à partir de 1931 et probablement 1920 environ.
- Klosterneuburg considéré comme douteux, à partir de 1956 : Huglo, Stiiblein, etc., ou l'Allemagne du Sud-Est : Stiiblein.
- Seckau, à partir de 1964 : Federhofcr, Roth, Pius Fank.
Une telle diversité d'opinions est signe que la question n'est pas réglée définitivement, tant s'en faut, et demande à être étudiée de plus près.
b) LA DATE DU MANUSCRIT
Jusqu'à présent, la date généralement assignée à Graz 807 est le XIP s. sans autre précision. Seul Huglo se prononce pour le début du XIP s. ; mais cette datation est arbitraire : elle ne se fonde sur aucun indice, alors qu'on ne saurait l'accepter que si elle reposait sur des preuves décisives. En effet, si on admettait que notre Graduel date des premières années ou du premier quart du XII'= s., la recherche de son lieu d'origine se trouverait orientée dans de fausses directions et poserait des problèmes insolubles.
Le seul élément dont on dispose pour dater le ms est l'écriture. 11 convient de s'en tenir à l'opinion des paléographes les plus qualifiés en ce qui concerne les mss autrichiens du XIF s., aussi adopterons-nous celle de Pius Fank ; celui-ci, en réponse à la question que nous lui avons posée, nous a déclaré nettement que, selon lui, Graz 807 datait du «milieu du XII« s.» (lettre du 6. 4. 1973). Bien entendu cette datation, comme toutes celles qui se fondent sur l'écriture, n'est pas à prendre avec trop de rigueur, et désigne la période aux limites assez floues qui comprend les alentours de 1 150, c'est-à-dire 1 150 plus ou moins une vingtaine d'années.
c) L'ÉGLISE D'OÙ PROVIENT LE MANUSCRIT
L'église d'où provient notre Graduel était celle d'un monastère, et non une église séculière. Un indice positif le révèle : c'est la finale d'une des Antiennes In diebus rogationuin qui, au f" 118^, se présente sous la forme que voici :
Benedicat NOS UN A maiestas domini. Benedicat NOS spiritiis sanctus ... Ille NOS benedicat ... Benedicat dominus MONASTERIUM NOSTRUM ET CONUENTUM NOSTRUM. Alléluia.
Nous avons cherché cette Antienne, dans les mss dont nous disposons, et ne l'avons trouvée, en dehors de Graz 807, que dans 17 Graduels. La forme de beaucoup la plus fréquente est la suivante :
Benedicat VOS TRINA maiestas domini. Benedicat VOS spiritus sanctus ... Ille VOS benedicat ... Benedicat dominus SACERDOTIUM UESTRUM ET INTROITUM V EST RU M. Alléluia.
Cette forme de texte se rencontre (avec la variante exitum pour introitum dans deux mss récents)
dans des exemplaires de dates et de provenances très diverses : du XI« au XIV« s., en Italie, France, pays germaniques ; c'est elle qui est authentique.
Nous n'avons trouvé la finale monasterium nostrum et conuentum nostrum de Graz 807 que dans trois autres mss, ou, plus exactement encore :
deux mss donnent la leçon ministerium, variante banale pour monasterium :
Trêves, Domschatz 62 (olim 118), f" 1^-2^ XI in. ; de Seeon, en Haute-Bavière ;
Kremsmùnster 373, 1° \11' ; XIV^ s. ; de Passau (selon Les Sources à la suite de Blume, A. H., t. 44, 1904, No. 58, p. 62 : indication oubliée à la suite de la notice).
Un seul ms donne exactement la même leçon que Graz 807 :
Vienne 13314, f" 123 ; XIP s., mais sa provenance est incertaine s.
La forme de texte qu'on lit dans notre Graduel apparaît donc comme une modification apportée à l'Antienne en Autriche et Haute-Bavière ; la finale monasterium nostrum et conuentum nostrum est suffisamment caractéristique pour montrer que Graz 807 a son origine dans un monastère et non dans une église séculière.
Pour savoir s'il s'agit d'un monastère Bénédictin ou de Chanoines Réguliers, anticipons un peu sur ce que nous dirons plus loin du Sanctoral. Graz 807 ne contient qu'une seule des deux fêtes de S. Benoît, la Translation (11 juillet), célébrée au XII<= s. en bien d'autres lieux que dans les monastères Bénédictins, et celle du 21 mars n'y figure pas ; en revanche on y trouve non seulement le natale de S. Augustin (28 aoiit), fête trop largement répandue pour être significative, mais aussi la Translation (11 octobre): or cette dernière solennité peut à bon droit être regardée, au milieu du XII« s., comme caractéristique, et l'on en conclut que notre Graduel provient d'un monastère de Chanoines Réguliers de S. Augustin.
d) LA DATE DE LA DÉDICACE
La messe Terribilis, avec le titre In dedicatione ecclesiae, se trouve dans Graz 807 entre la Purification (2 février) et Ste Agathe (5 février), et non pas, comme d'ordinaire, affectée le 13 mai à la Dédicace de Scae. Mariae ad Martyres, ou parmi les «communs». Or la Dédicace de Klosterneuburg se célèbre le 29 septembre : c'est ce que nous apprend la charte de Léopold III le fondateur du monastère, publiée ex autographo par B. PEZ, Thésaurus Anecdotorum novissimus, t. 6, 1, col. 316-317, No. XCIV. Ce document, daté du ///. kal. octob. de l'année 1136, «confirme» ce qui s'est fait in consecratione eiusdem basilice, c'est-à-dire l'église S. Maria du monastère des Chanoines à Klosterneuburg.
Pour résoudre la difficulté, il suffit de distinguer le lieu de provenance et le Heu de destination. Sur celui-ci la date de la Dédicace est susceptible, du moins en principe et réserve faite des coïncidences toujours possibles, de fournir des indications ; en revanche elle ne constitue pas à elle seule un indice qui autoriserait à récuser comme lieu d'origine d'un ms un scriptorium que désignerait par ailleurs tout un ensemble de faits.
Nous n'avons pu découvrir, ni en Autriche ni en un autre pays, aucun monastère de Chanoines Réguliers (non plus que de Bénédictins) dont la Dédicace se célèbre entre le 2 et le 5 février, et les érudits autrichiens les plus compétents que nous avons consultés nous ont tous fait la même réponse négative. Le lieu de destination de Graz 807 est donc encore inconnu, et le restera peut-être toujours ; en revanche, le problème du lieu de provenance demeure ouvert aux investigations.
5 Les Sources, p. 152, adoptent Seckau à la suite de Blume, A. H., t. 47 (1905), No. 63, p. 23 ; mais Dreves, A. H., t. 50 (1907), No. 31, p. 30-32, présente cette localisation comme douteuse: «Secoviense (?)» ; Blume et Bannister, A. H., t. 53 (1911) datent le ms du XI/XII" s., ce qui interdit de la situer à Seckau, fondé en 1140, et ils suggèrent Saint-Florian : «Secoviense (? Florianum)». Nous maintenons la date du Xlle s., parce que l'écriture du ms ressemble beaucoup à celle des autres mss autrichiens de cette époque.
e) LES ALLÉLUIA DES DIMANCHES APRÈS LA PENTECÔTE
Comme signe que Graz 807 provient de Klosterneuburg, ou du moins pour confirmer la conclusion tirée de la notation, Les Sources signalent que la série des Alléluia des dimanches après la Pentecôte est la même que dans les Graduels de Klosterneuburg 73 et 588. Appliquons systématiquement ce critère de localisation, et dressons la liste de tous les Graduels où cette série alléluiatique est rigoureusement la même que dans le nôtre, c'est-à-dire composée des mêmes Versets disposés dans le mêm.e ordre. Nous mettons à profit un dépouillement effectué il y a quelques années par Dom Benoît-Castelli, et qui porte sur plusieurs centaines de documents, depuis les plus anciens mss jusqu'aux éditions imprimées ; ce relevé, bien entendu, n'est pas exhaustif, mais il a une ampleur qui lui confère un grand intérêt.
Dans cette liste, nous plaçons en tête de chaque «item» le sigle utilisé dans l'édition critique du Graduel Romain par les moines de Solesmes et en particulier par le t. 2 : Les Sources^; cette «table des sigles» permettra de désigner les mss de façon plus concise dans le bref commentaire qui suivra.
* Au sujet des Alléluia des dimanches après la Pentecôte dans les Graduels qui ont la même série que Graz 807, il y a lieu de corriger certaines notices qu'on lit dans Les Sources.
P. 24 : Adm 3. Au lieu de : «La série des versets alléluiatiques est identique à celle des autres manuscrits d'Admont, à part l'omission du V. Confitemini au XV<" dimanche après Pentecôte», il faudrait dire que la série alléluiatique d'Adm 3 diffère de celle que l'on trouve dans les trois mss originaires d'Admont, savoir : Vienne, Ôsterr. Nat.bibl. 1909 (Adm 1), Admont 229 A (Adm 2) et Admont 786 (sans sigle : fragment qui contient notamment les dimanches après la Pentecôte). Dans les Graduels d'Admont, Conf-temini domino et invocate est affecté au 15« dimanche, et il en résulte un décalage dans tout le reste de la série, ce qui entraîne l'absence du dernier Alléluia : Qui sanai.
P. 69 : Mek 2. Au lieu de dire : «La liste des versets alléluiatiques diffère légèrement de celle de Melk 1056 (Mek 3), certainement écrit pour Melk», il faudrait dire que la série alléluiatique de Mek 2 diffère (purement et simplement) de celle de Melk 1056 (Mek 3) ; celle de Seitenstetten CXXVll (Mek 1), qui a le plus de chances de provenir de Melk, diffère à la fois de celle de Mek 2 et de celle de Mek 3.
P. 73 : Mog 3. Au lieu de dire: «La série des versets alléluiatiques est identique à celle d'Udine, Archev. Fo. 16 (Mog 1)», il faudrait dire qu'elle en est différente.
P. 70 : Pas 1. Il est bien vrai que «La série des versets alléluiatiques est identique à celle du Missel de Passau imprimé en 1494», mais elle est identique aussi à beaucoup d'autres.
P. 60 : Pas 3. Il est bien vrai que la série alléluiatique de Pas 3 est identique à celle de Pas 1 (ainsi qu'à celle de bien d'autres Graduels), mais il est faux de dire qu'elle l'est aussi à celle de Wilhering 148 (Pas 4).
P. 152: Sec 1. 11 est bien vrai que la série alléluiatique de Sec 1 est identique à celle de Sec 2 et Sec 4 (ainsi qu'à celle de beaucoup d'autres Graduels), mais faux qu'elle le soit aussi à celle de Graz 417 (Sec 3).
P. 143 : Tro. Il est trompeur de mentionner seulement Sec 1 comme contenant la même série alléluiatique que Tro, puisqu'on trouve la même série dans une quarantaine de Graduels.
De façon générale, dans Les Sources, les notices signalent que la série alléluiatique est la même dans tous les Klo d'une part, dans tous les Flo d'autre part, etc., mais oublient d'ajouter que les Klo, les Flo, etc., ont tous la même série, de sorte que ces indications incomplètes, qui ont un faux air de caractéristiques locales, sont de nature à induire le lecteur en erreur.
Sigle
Lieu de dépôt et cote
Date
Adm3
Admont 751