sit
Ici la suite est, par malheur, interrompue brusquement au bas du f° II v° de la collection de fragments dont se compose le n° 1394 de Saint-Gall (1). Mais la concordance exceptionnelle des huit premières lignes nous est un garant sérieux que les dernières n'ont pas dû moins conserver ce contaft.
Au reste il faut ajouter à ces indices significatifs que, dans le manuscrit de Bobbio, comme dans celui de Stowe & dans le fragment de Saint-Gall, la formule qui précède celle-ci est absolument identique dans chacun d'eux : Quos cœlesti, domine, dono satiasti, prœsta ut a nostris mundemur occultis et ab hostium liber emur insidiis, per dominum nostrum ihesum. La seule différence qu'il y ait ici entre le Bobiensis & le fragment de Saint-Gall, c'est que le premier ajoute quœsumus après prœsta. Quant au Missel de Stowe, le changement se borne à une légère inversion. Il va sans dire que la juxtaposition de ces deux textes est uniquement propre aux trois documents où nous venons de retrouver la rédaction première du Gratias agimus dans son intégrité. Sans doute la formule Quos cœlesti se rencontrera maintes fois ailleurs, mais ce sera dans de tout autres conditions.
C'est le moment d'insister sur un rapprochement qui aggrave singulièrement la constatation d'identité que nous venons d'obtenir entre Stowe & Bobbio sur une simple mais considérable question d'intégrité de texte. Là ne se borne pas en effet l'accord des deux manuscrits, non plus que la condition divergente des autres Sacramentaires. C'est sur chacun des embolismes de la « Missa romensis cotidiana » & sur leur attribution à un même système euchologique, dans un même ordre de succession, que se maintient la concordance parfaite. Le schéma comparé des deux systèmes va rendre le fait sensible à première vue. Naturelle-
(1) Cf. Warren, loc. cit., p. 174 à 179.
ment la question n'est pas de savoir si le schéma du Missel de Stowe, plus complexe que celui du Missel de Bobbio, doit être considéré comme ayant mieux conservé, bien que plus récent, YOrdinarium missœ du premier âge dans sa plénitude. Il s'agit seulement de constater que les embolismes de la « Missa romensis cotidiana » de Bobbio se retrouvent tous, sans exception & suivant le même ordre de succession, dans le Missel de Stowe (r).
io.
Missel de Stowe.
Letania, &c.
Oratio Augustini, &c.
In solemnitatibus Pétri et Christi.
Deus qui beato petro apostolo tuo conlatis
clavibus regni caelestis, animas ligandi autque
solvendi pontificium tradidisti, suscipe propi-
tius preces nostras , & intercessione ejus ,
quesumus, domine, auxilium, ut a peccato-
rum nostrorum neximus Hberemur, per do-
minum.
IMNUS ANGEL1CUS, &C.