‹ Paléographie musicaleChapitre 23 sur 60 · N° 3 N° 5. N° IO. N° I I · texte numérisé non relu

N° 3 N° 5. N° IO. N° I I

Deus qui b. Petro. Deus qui culpa. Oblata Domine. Grata sit tibi.

fer. V. in Quinq. 28 Dom. II. post Theoph. 1 59 Missa votiva. 195

29 juin, ad Vesp. 103 Orat. pro peccatis. 249

fer. V. in Quinq. 85 Orat. pro peccatis. 206

Cathedra S. Pétri. 8 29 juin. alia. 136

Cathedra S. Pétri. 208 29 juin, ad Vesp. 3 16

Cathedra S. Pétri. 29 29 juin. alia. 1 13

Cathedra S. Pétri. 30 29 juin, ad Vesp. 145

Cathedra S. Pétri. 157 20 juin, ad Vesp. 279

Cathedra S. Pétri. 164 29 juin. alia. 186

Cathedra S. Pétri. 221 29 juin, ad Vesp. 3 16

29 juin, ad Vesp. 69

Cathedra S. Pétri. 770 Ccena Domini (Manda-

tum"). 572 29 juin. 855

Cathedra S. Pétri. 138

Cathedra S. Pétri. 188

it. alia pro amico vel pro quo volueris. 222

fer. V. in Quinq. 215 Dom. II. post Theoph. 398 it. alia pro amico vel pro Orat. pro peccatis. 374 1uo volueris. 438.

fer. V. in Quinq. 35 Orat. pro peccatis. 19c

fer. V. in Quinq. 35 Dom. II. post Theoph. 19 Orat. pro peccatis. 24=;

fer. V. in Quinq. 162 Dom. I.postoft. Theoph. 148 pro salute vivi. 340

fer. V. in Quinq. 62 Dom. II. post Epiph. 56 it. alia (pro devoto). 2S5

fer. V. in Quinq. 233 Dom. I. post Theoph. 226 alia (pro amico vivente). 457 Orat. pro peccatis. 397

fer. V. in Quinq. 29 Dom. II. post Theoph. 119. it. alia pro amico vel pro Orat. pro peccatis. 94 quo volueris. 139

unius virg. non mart. 1629

fer. V. in Quinq. 74 Dom. II. post Theoph. 68. fer. V. in Quinq. 39 Dom. II. post Epiph. 32

pro omni ecclesiast. gradu. 3

pro qualicumque trib.

fer VI. 197

it. pro amico. 190

Fontavellan. 13 Cathedra S. Pétri. 316

1 Angelo Rocca. S. Gregorii... opéra... Parisiis, 1640, tom. V.

2 Pamelius, Liturgicon Eccl. Latin., Coloniae, 1571, tom. II.

3 Ménard, dans l'édition de 170s des œuvres de S. Augustin par les Bénédi&ins, tome III ; & Migne, tome LXXVIII.

4 [Crosnier & de Lespinasse], Sacramcntarium ad usuin Ecclesiœ Nivernensis, s. 1. n. d.

5 Wilson, The Missal 0/ Robert ofjumièges, London, 1896, H. Bradshaw Society, vol. XI.

6 Manuscrit n° 339 de Saint-Gall, x« s.

7 Manuscrit n» 76 de la bibliothèque du Mans, ix<= s.

8 Wickham Legg, Missale ad usum Ecclesiœ iVestmonasteriensis, London, 1891-1896, H. B. Society, vol. I, V & XII.

9 Warren, The Leofric Missal as used in the Cathedra! of Exeter... Oxford, 1883.

10 Vettis Missale Rom. Monast. Lateran... Romas, 1754. La préface explique fort bien que ce volume qui devait inaugurer une vaste colleftion liturgique, a été en réalité préparé par Antonelli. C'est celui-ci donc qui en est l'éditeur, & le nom d'Azevedo sur le titre est seulement celui du directeur de la collection, lequel en est resté, pour sa part, comme tant d'autres, au plan d'une entreprise dont l'œuvre d'Antonelli fut l'unique résultat. La Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus devra tenir compte de cette circonstance, pour rendre à chacun son dû, dans ses additions & corrections.

11 G. H. Forbes, Missale Drumondiense, Burntisland, 1882.

,2 Corn. Schulting, Biblioth. ecclesiast. seu Comment. Sacr. de Exposit. etillust. Missalis et Breviarii, Coloniaï, 1599, t. III. 13 Mittarelli, Annales Camaldulenses, tom. II, 301, sqq. Vet. Sacrament. a cl. V. Oclavo Turcio edilum, Venise, 1756.

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savoir qu'il y a tout au plus six ou sept messes du Sacramentaire de Bobbio qui aient échappé à cette désagrégation, à cette a&ion analogue peut-être au travail dont parle Jean Diacre à propos des réformes liturgiques de saint Grégoire : pauca convertens, multa subir ahens, nonnulla veto supcradjiciens. La haute importance de l'exception qui procure la rencontre de Stowe & de Bobbio n'en ressort que mieux & plus opportunément.

Nous n'avons relevé ci-dessus le n° 14 que pour avoir l'occasion de noter au passage que la liturgie ambrosienne a conservé l'usage de ce prologue du Pater au jour de Pâques. Dès le xe siècle, l'échange de cette formule avec le prologue Prœceptis salutaribus était facultatif. En effet, le manuscrit de Gerbert s'exprime ainsi (p. 93) : Oremus. Prœceptis salutaribus moniti, et divin a. Vel : Divino magisterio edocli et salutaribus monitis instituti audemus dicere : Pater noster, qui es in cœlis. Toutefois dans le manuscrit de Bergame, p. 314, aussi bien que dans les Missels imprimés, l'alternative n'est pas laissée de prendre ou de laisser la vieille formule. C'est purement & simplement celle-ci qui est prescrite. Nous avons déjà vu plus haut quel souci l'église de Milan avait de garder les traces de l'antiquité, le jeudi saint & le samedi saint. Ce nouvel archaïsme, du jour de Pâques, doit s'ajouter aux précédents. Il est lui aussi de type gallican. Le Missale gothicum nous en offre l'emploi dans deux circonstances : i° in Cathedra sancli Pétri (Tommasi, 269); 20 item missa dominicalis (ib., 335). Au reste le Missel ambrosien continue de se maintenir dans ses antiques positions durant toute la semaine pascale, & il n'est pas possible de nier que ses doubles messes pour chaque jour de cette semaine, la première in Ecclesia minore (alias : hyemalï) pro bapti%atis, la deuxième in Ecclesia majore (alias : in omni ecclesia) ne nous représentent l'antique usage, disons, si l'on veut, l'usage gallican, dont le Missale gallicanum vêtus nous fournit l'attestation la plus claire dans les rubriques suivantes & dans les messes dont elles forment les titres :

Missa in Vigilia Paschœ. — Missa in die m sanclum Paschœ. — Missa Paschalis. — Item missa III. fer ia Paschalis. — Missa Paschalis IV. Feria. — Item missa V. Feria. — Item missa Paschalis VI. Feria. — Missa matutinalis, per totam pascham pro parvulis qui renati sunt, mature dicenda. — Missa in Pasche die sabbati. — Mis. clause Pas. (Tommasi, 402 à 403). Les mêmes rubriques se lisent d'ailleurs à peu de chose près dans le Missale gothicum (ibid., 290-299) : Missa in Vigiliis sanclœ Paschœ. — Missa prima die sanclum Paschœ. — Missa matutinalis per totam pascha pro parvulis qui renati sunt. Secunda Feria. — Item missa Paschalis. Tertia Feria. — Item missa Paschalis. Quarta Feria. — Item missa Paschalis. Quinta Feria. — Item missa Paschalis. Sexta Feria. — Missa in die sabbato Oclava Paschœ. — Missa clausum Paschœ. Pour le moment nous nous en tenons là. Peut-être allons-nous retrouver encore tout à l'heure le Sacramentaire ambrosien.

Pour en revenir au schéma de la page 129, il est superflu sans doute d'attirer l'attention du lecteur sur le n° 1 5 & sur la façon commune aux deux documents de se rattacher aux derniers mots du Pater (sed libéra nos a malo), par la soudure Libéra nos, Domine, ab omni malo, pr^eterito, presenti et futuro. Le maintien du singulier est plus primitif en effet que le pluriel qui a prévalu dans les documents postérieurs : ab omnibus malis prœteritis,

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prœsentibus et futur is (i). En même temps on peut remarquer que si le Missel de Stowe a conservé plus complètement que le Bobiensis, ce qui n'est pas contestable, certaines parties de YOrdo missœ primitif, il est resté moins pur, en revanche, de toute trace de localisation, par exemple, en insérant ici le nom de saint Patrice à la suite de ceux des Apôtres Pierre & Paul.

(i) On trouve cependant déjà des exemples de l'emploi du pluriel dans le Missale gotbicum & dans le Missale gallicanum vêtus.

Le mozarabe ne sort pas de sa formule invariable : Liberati a malo, confirmati semper in bono... &c. Le léonien parle également au singulier : Libéra nos ab oinni malo propitiusque, &c. (Muratori., série xviii (juillet), xii, col. 359)

Le leéteur nous saura gré de lui relever ici l'incipit de toutes les formules post orationem dominicain des Sacramentaires gallicans.

Le recueil de Mone n'en a que pour la ire & la 6e messes palimpsestes du manuscrit de Carlsruhe. Libéra domine, libéra nus ab omni malo et constitue nos in omni opère bono. Qui vivis. (Lateiniscbe und Griescbische Messen, p. 16.) — Libéra nus a malo, nostra libertas, &c. (ib., p. 29.)

Les dix-sept formules du Missale gotbicum sont les suivantes :

Libéra nos a malo. O. D., & custodi in bono, &c. (Tommasi, 233.) Libéra nos, O. D., ab omni malo, ab omni periculo, &c. (ib., 237.) Libéra nos a malo, O. D., & tribue nobis... (ib., 240.) Libéra nos a malo, O. D., & praesta ut incisa mole... (ib., 246.) Libéra nos a malo, O. asternse D., & dominare Tu nostri... (ib., 25 3.) Libéra nos ab omni malo, ab omni deliclo, Auclor omnium... (ib., 256.) Ab omni malo nos eripe, O. D., & praesta... (ib., 264.) Libéra nos, aeterna pietas, & vera libertas... (ib., 269.) Adesto Domine fidelibus tuis... (ib., 271.) Exerce, liberator, in nobis juris proprii facultatem... (ib., 278.) Libéra, domine, libéra nos ab omni malo : & a fortissimis adversariis. (ib., 279.) Libéra nos ab omni malo, O. D., & quia... (ib., 331.) Libéra nos a malo, O. D., & custodi in bono. Qui vivis. (ib., 332.) Libéra nos a malis, Auftor bonorum omnium, Deus... (ib., 354-) Libéra nos, O. D., a malis & constitue nos in bonis, &c. (ib,, 335.) Libéra nos a malis prassentibus & futuris, O. D., &c. (ib., 336.) Libéra nos a malo Domine Christe Jesu... (ib., 338.) Le Missale gallicanum vêtus, étant fragmentaire, ne nous fournit que quatre formules : Libéra nos a malis omnibus, Auctor bonorum, Deus... (ib., 371.) Libéra nos ab omni malo. O. aeterne D., & quia... (ib., 375.) Exerce, liberator in nobis... (ib., 385.)

Domine D. O., libéra nos a malo, & in tempore... (ib., 388.) Ajoutons enfin à la formule de Stowe qui figure au tableau parallèle, celle que le même Missel assigne à YOrdo ministrandi sacramentum extremœ unelionis, & quatre autres empruntées à divers fragments liturgiques :

Libéra nos domine ab omni malo & custodi nos in omnibo (sic), ihesu christe au<5to[r] omnium bonorum, qui régnas in sœcula saeculorum. (Warren, loc. cit., p. 223.)

Libéra nos, domine, a malo, domine christe ihesu, custodi nos semper in omni opère bona, fons & auclor omnium bonorum deus évacua nos vitiis, & reple nos virtutibus bonis per te christe ihesu. (Book 0/ Deer. Warren, 164.)

Libéra nos, domine, ab omni malo, & custodia nos semper in omni bono, christe ihesu, auclor omnium bonorum, qui régnas in saecula. (Book 0/ Dimma. Warren, 170.)

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Tout n'est pas à négliger non plus dans les menues observations qu'on pourrait faire sur la dislocation de la « Missa romensis cotidiana » dans les centonisations grégoriennes. Ainsi le manuscrit édité par Angelo Rocca nous fournit la rédaction suivante du n° n :

Grata tibi sit, Domine, haec oblatio famuli tui ill. quam tibi offerimus in honore beati Pétri apostoli tui & quassumus ut eidem proficiat & saluti.

Cette rédaction (quoique paléographiquement postérieure de deux ou trois siècles), pourrait bien nous représenter mieux que le Missel de Bobbio le texte & l'appropriation de la pièce; & peut-être contribuerait-elle à nous donner une explication obvie du titre de romensis donné à la Missa cotidiana de ce Missel. 11 y a une chose qui frappe quand on y regarde de près, c'est la convergence de toute cette messe autour du nom de saint Pierre. D'abord la première formule (n° 3) : Deus qui beato Petro. Ensuite, dans le Missel de Stowe, la formule n° 5 : Deus qui culpa offenderis, est précédée de la rubrique : Hec oratio prima Pétri. L'attribution de cette formule, dans les Sacramentaires grégoriens, à la feria V de Quinquagésime, porte d'ailleurs dans ce fait même, la marque d'interpolation, la preuve d'adaptation postérieure, puisque les fériés V du Carême n'ont été dotées de messes que par saint Grégoire II. Or à cette époque le Sacramentaire de Bobbio était déjà copié. En troisième lieu, voici (n° 11) pour la troisième fois, le nom de saint Pierre dans le manuscrit d'Angelo Rocca, où probablement il sera demeuré comme naturellement, par droit de continuité. Enfin la formule n° 16 Ou os cœtesti(i) n'est autre encore, dans sa première partie, que la Postcommunion du Natale de saint Pierre dans tous les manuscrits grégoriens. On serait tenté de voir ici par conséquent la messe propre, ordinaire, quotidienne de la basilique de Saint-Pierre de Rome, Missa romensis cotidiana, conservée presque intacte, grâce à la ténacité des irlandais, depuis que leurs missionnaires romains la leur auraient apportée (2).

On peut penser ce qu'on voudra de cette conjecture. En tout cas, plusieurs autres conclusions peuvent être tirées sans difficulté des pages précédentes & passer au rang des faits acquis. Dégageons-les.

Libéra nos a malo, domine christe ihesu, & custodies nos in omni opère bono, auélor omnium bonorum, manens & regnans in saecula saeculorum, amen. (Book of Mailing. Warren, 172.)

Lib[era] nos, domine, ab omni malo praeterito pras[senti] & futuro, & intercedentibus pro nobis be[atis a] postolis tuis petro & paulo & patrocio [episcopo] da propitius pacem tuam in diebus nostris [ut op]e missericordiae tuas adjuti & a peccatis s[empe]r simus liberi & ab omni perturbatione securi... per dominum. (Ms. 1394 de Saint-Gall. Warren, 177.)

(1) La deuxième partie de cette formule a donné naissance à la Postcommunion de la feria IV. IV Temp. Quadrag. & de la fête de saint Chrysogone (Muratori, 32 & 131) : Tui, Domine, perceptions sacramenti et a nostris mundemur occuliis, et ab bostium libcremur insidiis.

(2) Nous avons déjà fait remarquer que le Missel de Bobbio ne s'en tient pas là. Saint Pierre y est traité largement, eu égard à la sobriété de ce Sacramentaire. II a donc, outre sa missa romensis cotidiana, la messe du Natale (29 juin) & celle in cathedra santli Pétri. La présence ici de cette dernière est d'autant plus significative qu'il y a toute une classe de manuscrits grégoriens & non des moins qualifiés, sans parler du Sacramentaire gélasien. tout le premier, qui ne l'ont plus. Ceux qui le possèdent lui attribuent précisément la formule n° 3.

i° Le Missel de Bobbio a le caractère non seulement d'un aîné, mais encore d'un prototype vis-à-vis des monuments avec lesquels nous l'avons apparenté jusqu'ici ;

2° Il représente, dans sa partie A, l'état liturgique romain tout à fait au commencement du ve siècle ;

3° Son original est passé, précisément à cette époque, de Rome en Irlande ;

4° Il s'y est développé de bonne heure, dans le sens d'une première évolution du rit romain, sous la forme de S, mais s'est arrêté, de bonne heure aussi, semble-t-il, dans ce développement ;

5° Ainsi accru, il a été ramené en Italie par saint Colomban, qui lui a donné ses dernières additions en l'enrichissant, à Bobbio, de la messe pour la Dédicace de saint Michel entre autres, peut-être aussi de la messe nouvelle en l'honneur de saint Jean-Baptiste (cf. ci-dessus, pages 1 18 & 1 19), de la messe de saint Sigismond, &c.

6° Le codex qui nous est parvenu représente la rédaction, exécutée probablement à la même date, de cette édition définitive.

Les deux premières assertions n'ont pas besoin d'être autrement appuyées. L'étude que nous venons de faire de la missa romensis pourrait être, en effet, renouvelée sur chacune des autres messes & donnerait les mêmes résultats. C'est un travail qui n'a pas sa place ici & qui sera publié ailleurs.

Les assertions suivantes sont plus inattendues dans quelques-uns de leurs termes. En les émettant nous avons légèrement anticipé sur ce qui nous reste à dire, mais nous y gagnons d'éclairer notre marche. Reprenons.

Le document A, disons-nous, serait passé de Rome chez les Bretons au ve siècle. Il y a ici trois articulations à isoler. Le fait de la sortie de Rome ou de l'Italie n'impliquerait pas nécessairement la spécification du lieu d'arrivée, encore moins la date de ce transfert. La disjonction des trois questions ainsi opérée, voici comment nous raisonnons.

Qu'on veuille bien se reporter d'abord à la discussion chronologique instituée ci-dessus, pages 102 & 103. La messe de saint Martin nous a placés non loin de sa mort {proxima tempora). Une missa dominicalis nous a montré la terreur des premières invasions planant encore sur toutes les têtes, tout en laissant entrevoir que le rédacteur de cette messe visait un moment d'accalmie, tel que le mouvement de détente un instant produit par le mariage d'Ataulphe & de Placidie. Ceci nous met en face d'un témoin des bouleversements qui s'opéraient alors. Le manuscrit A était par conséquent encore en Italie dans le même temps. Jusqu'ici pas de difficulté. Mais d'autre part, notre recueil A s'arrête avant que l'Ascension n'ait fait l'objet d'une fête distincte de la Pentecôte, ce qui se produisit vraisemblablement à Rome, vers cette époque, & certainement pas plus tard que le règne de saint Léon (440-461), puisqu'il nous reste de ce pape deux sermons pour la fête de l'Ascension à son 40e jour.

Nous voici au cœur de la question. Serrons de près la conséquence qui résulte de là.

Le Missel de Bobbio a été écrit au vne siècle, & c'est avant la fin de ce siècle que nous voyons apparaître paléographiquement le Sacramentaire de Vérone & le Sacramentairegélasien du Vatican, déjà complètement dégagés des vieux cadres gallicans, pleinement au niveau du

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nouvel état liturgique de Rome. On ne concevrait pas, dès lors, que l'idée fût venue à un italien, ayant à former un recueil semblable, un recueil qui, visiblement, veut & croit être romain, (le supplément S le prouve,) on ne concevrait pas, disons-nous, que l'idée fut venue à cet italien d'aller remuer des parchemins vieux de deux siècles, d'y puiser naïvement les éléments les plus disparates, dont un bon nombre tombés en désuétude, dont aucun ne correspondait exa&ement au rit réformé, & tout cela pour aboutir à cet assemblage bizarrement composite où la Pentecôte est de type gallican, l'Ascension de type romain, & ainsi du reste. Il faut en prendre son parti. C'est bien dans ces termes très nets que se pose le problème, car il y a toujours problème, après la découverte de A, telle que nous l'avons présentée plus haut : Le Missel de Bobbio du vne siècle veut & croit être romain ; & c'est par le fait même que le problème est ainsi posé, que deux des faits que nous recherchons sont acquis du même coup. Pour avoir été conservé de toutes pièces dans un manuscrit du vne siècle qui prétend être romain, & nous être ainsi parvenu toujours dépourvu d'un propre A de l'Ascension, il fout que presque à partir du moment précis de la clôture de sa rédaction, & immédiatement avant la publication d'un propre de l'Ascension du même type gallican, le document A se soit trouvé dans des conditions d'isolement particulières. Voilà pour la date.

Mais ces conditions n'ont pas été telles que ce document puisse être considéré comme ayant été dès ce moment hors d'usage, relégué, mis au rebut. Pas du tout. Il est demeuré livre pratique. Il a même accueilli par intermittences, & parallèlement à son vieux fonds demeuré intact, divers développements dans un sens différent de son origine, dans le sens de S, dans le sens d'une transformation romaine tardivement parvenue à sa connaissance il est vrai, & cela encore, dans des conditions assez peu exa&es. Mais enfin il a vécu, il a suivi partiellement la mode & il vit encore, quand, arrivé aux dernières acquisitions des pièces de rechange qui se sont groupées autour de lui, il apparaît à Bobbio dans le singulier appareil d'archaïsme & d'actualité légèrement fantaisiste qui est le sien. Où est-il passé dans l'intervalle, qu'est-il devenu, d'où vient-il? C'est la question à débattre. Mais, & c'est là le second point nettement acquis, il n'est pas resté à Rome, ni à portée de Rome. Il a été transféré quelque part où il a échappé à l'aCtion réformatrice de Rome, où du moins cette influence s'est raréfiée. Il est allé loin.

Or voici qu'à présent nous précisons & nous prétendons qu'il a passé les mers, qu'il est allé en Irlande & qu'il en est revenu au vne siècle avec saint Colomban. Les préjugés ne sont pas toujours à rejeter sans examen. Or c'est un préjugé de ce genre que crée la présence à Bobbio, depuis saint Colomban, de ce singulier manuscrit. La première réflexion qui se présente, c'est qu'une épave de ce genre a toutes les chances du monde de venir des mêmes moines celtes à qui nous sommes redevables de tant d'autres épaves palimpsestes & autres, dispersées maintenant à Turin, à Milan surtout, à Rome & ailleurs, à qui nous sommes également redevables d'un autre manuscrit liturgique, tout à fait unique en son genre, manuscrit irlandais sans conteste, l'Antiphonaire de Bangor.

Saint Colomban a si bien connu le document A qu'il s'en est servi & que certaines réminiscences empruntées à l'une des formules spéciales à A semblent encore hanter son

esprit dans une lettre qu'il écrit au pape Boniface. Il s'agit justement de la missa dominicalis qui nous a reportés au temps & aux conditions sociales des premières invasions. La troisième missa dominicalis s'exprimait ainsi dans la Prœfatio missœ : Oremus Dominum, dileclissimi nobis, quia amara nobis adveniunt tempora et periculosi adproximant anni. Mutantur régna, vocantur gentes... dum crgo tempus est, convertamur ad Dominum. La Contestatio, nous l'avons dit, est tout entière à la préoccupation du jugement dernier. De son côté, dans la lettre Ve, à Boniface IV, saint Colomban écrivait : Ideo ego dixi : Papa, vigila : tempus est de somno sur gère : Dominus appropinquat, et prope jam consistimus inter tempora periculosa. Ecce conturbantur gentes, inclinantur régna : ideo cito dabit vocem suant Altissimus, et movebitur terra... On peut voir la suite (i). La citation est indéniable & ne saurait avoir été inconsciente. Le saint abbé, pour approprier la chose aux circonstances, ne néglige pas de solliciter habilement le texte, de l'atténuer, sans omettre cependant de donner sa part à la rhétorique & à l'inévitable préoccupation de la fin du monde, qu'on retrouve à toutes les époques troublées. Nous avons donc en faveur de notre assertion le fondement d'un a priori dans le terminus ad quem des pérégrinations de A (2).

Quittons maintenant Bobbio & transportons-nous en Irlande, le terminus a quo d'où nous sommes si naturellement portés à croire qu'arrivaient avec les moines celtes leurs livres liturgiques, & notamment l'exemplaire recopié dans celui qui nous occupe. Le moment où nous avons acquis plus haut la certitude que le codex A est sorti de Rome, coïncide précisément avec l'époque où les préoccupations bretonnes sont à l'ordre du jour auprès du Saint Siège. Supposons le diacre romain Pallade recevant de saint Célestin le dépôt de ces traditions liturgiques avec la mission dont il est investi, comme seront investis ensuite les évêques Loup & Germain dans la patrie de Pelage, comme peut-être, avant Célestin, d'autres papes avaient investi d'autres missionnaires, ceux qui probablement avaient doté l'église celtique du malencontreux comput abandonné depuis par Rome (3). Supposons le codex A pénétrant dans ces conditions au fond d'un monastère d'Irlande. Rien n'étonne plus alors. Les anomalies du Sacramentaire de Mabillon s'expliquent de la seule façon qui soit satisfaisante & deviennent même presque naturelles. Étant donnés l'éloignement & le caractère de

(1) Migne, tome LXXX, col. 273, n° vi. Cf. ci-dessus, p. 103 & 104. L'atténuation des verbes mutantur & vocantur était d'autant plus facile à saint Colomban dans la réminiscence de ce passage, qu'il n'avait qu'à se rappeler le ps. 45 : Conturbatœ sunt gentes et inclinata sunt régna. Toute cette messe est propre au Bobiensis.

(2) M. l'abbé Duchesne a fort à propos élevé des doutes sur la valeur de l'argument par lequel Mabillon proposait de faire naître le manuscrit de Bobbio sur le sol gaulois, à Luxeuil, en Bourgogne, sous prétexte qu'on y voit une messe du roi de Bourgogne saint Sigismond. En réalifé rien n'est en effet moins local qu'une pareille messe. (Cf. Duchesne, Origines, p. 151.) Et puis il n'y a guère apparence qu'un moine qui avait avec les évêques des Gaules les démêlés liturgiques dont l'Epistola II (Migne, 264) nous a transmis l'écho, se soit mis, sur ces entrefaites, à leur remorque & leur ait emprunté des traditions qu'il faudrait au surplus démontrer préalablement avoir été particulièrement & exclusivement gallicanes. Nullas istorum suscipimus régulas Gallorum. (ib. 269.)

(3) Sur tout cela voir Duchesne, Liber Pontificalis, Introduilion. tome I, p. en, seq. Cf. Origines du Culte chrétien, p. 228; — Haddan et Stubbs Councils and Ecclesiastical documents relatives to Great Britain and Ireland, I, p. 1 1 seq. & vol II. part. 11.

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ces moines celtes, on conçoit très bien la genèse du système incohérent & contradictoire en apparence auquel finit par aboutir leur Missel au commencement du vne siècle. Ils sont fidèles à l'Église mère & maîtresse, c'est entendu. Nos enim SS. Pétri et Pauli et omnium discipulorum divin it m canonem Spiritu Sanclo scribentium, discipuli su mus, toti Heberi , ultimi habitatores mundi , nibil extra cvangelicam et apostolicam doclrinam recipientes : nullus hœretictis, nullus judœu s } nullus schismaticus fuit ; sed fides catholïca, sicut a vobis primum, sanclorum scilicet apostolorum succcssoribus, tradita est, inconcussa tenetur (i)... Nos enim, ut ante dixi, devinai sumus cathedra? S. Pétri (2)... C'est même précisément pour ce motif qu'ils s'obstinent fidèlement à conserver la « vieille règle pascale en usage à Rome vers le commencement du ive siècle », sans prendre garde que « Rome avait modifié plusieurs fois son comput depuis le temps où les Bretons le lui avaient emprunté (3) ». Ils entendaient bien être catholiques, apostoliques & romains avec leur vieux cycle démodé. Mais alors qu'est-ce à dire? C'est bien simple. D'abord ils ont une obstination dans la fidélité qui ne laisse pas que d'être parfois aveugle & pas toujours selon la science. C'est le cas. Il faut ajouter à leur décharge qu'ils sont on ne peut mieux placés, au fond de leur cloître, au delà des mers, ultimi habitatores mundi, pour être vaguement & tardivement, bref aussi mal informés que possible de ce qui se passe sur le continent. La transformation de la liturgie latine primitive, c'est-à-dire la transition du type gallican au type romain était un fait accompli d'ores & déjà, quand parvint à leur connaissance l'institution d'une fête de l'Ascension distincte de la solennité de la Pentecôte ; & vraisemblablement, c'est par la même occasion qu'ils apprennent l'évolution liturgique qui, en introduisant les diptyques dans le Canon, a entraîné du même coup la simplification de l'euchologie de la messe. Peut-être en sont-ils avisés à peu près comme l'évêque de Braga, Profuturus, l'est par le pape Vigile (ci-dessus, page 96), & font-ils dès lors le sacrifice de toutes les formules de rechange Post Sauclus & Post pridie de leur Sacramentaire. La lettre de Vigile ne parlant que de la prière canonique, à partir de la Préface, semper eodem ténor e oblata Dco mu ne r a consecrare... cœtera vero ordine cousue to prose qui mur , il leur aura paru loisible de conserver les formules Post nomina, ad pacem, & ils se seront maintenus en possession de toute cette partie du formulaire avec la ténacité touchante, qui est un des attributs historiques de leur race, mais par exemple sans se demander autrement quelle peut être encore la raison d'être d'une oraison Post nomina quand on ne récite plus les noms avant cette formule. Ou bien peut-être continuent-ils de réciter les diptyques suivant l'ancienne coutume (4), sans comprendre que c'est après le Te igitur que tout cela se doit accomplir désormais, ou bien, s'ils le savent, sans se préoccuper outre mesure de la tauto-

(1) Migne, Epist. V, tome LXXX, col. 275, n° 11.

(2) Ibid., col. 279, n° x ; & alibi passum .

(3) Duchesne, Origines, p. 229.

(4) Il ne faudrait pas aller très loin pour entendre, de nos jours encore, réciter au prône d'interminables listes de noms propres, & nous ne doutons nullement qu'il ne faille faire remonter jusque là l'origine de cet usage à pareil moment de la messe.

Paléographie. V. 18

Ij8 PALÉOGRAPHIE MUSICALE

logie créée par ce double emploi (i). Peut-être encore dans leur pensée, les titres gallicans des formules n'étaient-ils maintenus que par habitude, tituli sine re, & le sort des formules elles-mêmes n'était-il pas lié nécessairement, après tout, au rite qu'on délaissait. Rien n'empêchait donc qu'on récitât encore la Prœfatio missœ, la Colleclio, le Post nomina, la Colleclio ad pacem, l'une après l'autre & cumulativement, sans plus de façon que dans les messes plus récentes, on n'en récitait plus qu'une, la Sécréta. C'étaient trois oraisons au lieu d'une, & peut-être en fin de compte est-ce là toute la différence, une différence de plus ou de moins, qu'avec le temps on avait fini par établir entre les deux (2).

Toujours est-il qu'au moment où ils arrivent à Bobbio, la pleine lumière, la pleine connaissance des rubriques réformées n'était pas encore parvenue à pénétrer jusqu'à eux. La lettre de leur chef au pape saint Grégoire montrait bien, quelques années auparavant, qu'au moins l'intelligence de saint Colomban, pour exceptionnellement cultivée qu'elle fût, n'était pas extraordinairement hospitalière aux revendications d'une discipline inattendue. Heurté dans son respect des traditions des saints moines à qui de proche en proche l'antique discipline avait été jadis confiée par l'autorité romaine, il était d'autant plus jaloux d'y demeurer fermement attaché. Il ne semble pas que la souplesse ait été la qualité dominante de cette trempe vigoureuse & tout d'une pièce. Ce comprit si nouveau pour lui n'était ni plus ni moins à ses yeux qu'une erreur, & saint Grégoire en reçoit la confidence aussi peu dissimulée que possible : Quid ergo dicis de Pascha XXI aut XXII lunœ ?. . . quare ergo tu tant sapiens. . . Pascha tenebrosum colis?... Miror fateor, a te hunc galli^e errorem... jam diu non fuisse rasum nisi forte putem, quod vix credere possum, dum eum constat a te non fuisse emendatum, apud te esse probatum. (Migne, tome LXXX, col. 261.) Il faut convenir qu'orienté de cette façon, l'esprit de saint Colomban pouvait trouver tout naturel & parfaitement correcf: le Sacramentaire dont il allait faire exécuter à Bobbio la copie que nous possédons, & sans doute il n'aurait pas compris que la Congrégation des Rites de ce temps-là eût eu besoin d'une Concordia discordantium canonum, & son Missel d'une refonte.

(1) On a vu plus haut, pages 60 & 61 , seq., comment au samedi saint, dans l'église de Milan, le Vere sanclus, le Post santlus antique s'accomode encore aujourd'hui, vaille que vaille, de l'intrusion du Te igitur moyennant des soudures maladroites qui ne servent qu'à mieux souligner l'anomalie de cette cote mal taillée. — Il y a mieux. C'est tout le long de l'année que la rubrique de X Ordinarium missœ ambrosien prescrit au diacre, avant Yoratio super Sindonem, de chanter : Pacem habete. (Au xie siècle, d'après le Missel ms. de la métropole de Milan déjà cité — n° LXXIV du mémoire de M. Delisle ; cf. ci-dessus, p. 60. — La teneur entière porte : Pacem habete, corrigite vos ad orationem.) Le peuple doit répondre : Ad te Domine. Or, le rite du baiser de paix ne s'accomplit plus qu'après l'embolisme du Pater, sur nouvel avertissement du diacre : Offerte vobis pacem, à quoi l'on répond : Deo gratias. Voilà bien, dans le premier cas, l'exemple de la permanence jusqu'à nos jours d'une formule à laquelle ne correspond plus le rite disparu qu'elle accompagnait. La Colleclio ad pacem du Bobiensis & le reste a fort bien pu se maintenir dans des conditions analogues.

Sans sortir de chez nous, qu'est-ce autre chose que l'Oremus actuellement sans suite, dont M. Duchesne a si heureusement retrouvé la vraie signification (Origines, 164).

(2) Le Missale Francorwn pourrait bien avoir, lui aussi, passé par ce régime de transition & nous en représenter une phase plus avancée, plus radicale, durant laquelle les titres ont disparu, etiam periere ruina.

L ANTIPHONAIRE AMBROSIEN

En dernière analyse, plus on y réfléchit, plus l'histoire dont nous venons de supposer la trame peu compliquée paraît avoir été celle de notre document A, & moins on aperçoit d'explication qui soit plus satisfaisante que celle-là pour donner au problème de la juxtaposition de A & de S une solution vraisemblable & acceptable. Notre ambition va plus loin. Cette solution ne nous paraît pas seulement acceptable, nous voudrions la faire accepter. C'est pourquoi nous rappelons le résultat obtenu dans les pages précédentes à propos de la missa romensis. La rencontre des monuments irlandais & d'eux seuls sur les textes & l'ordonnance de cette messe, nous a mis sur la voie d'une incontestable parenté. Une seule considération pourrait suspendre l'action décisive d'un pareil argument, c'est qu'il nous place sur le terrain de A. Il est bien vrai qu'aucun monument autre que les celtiques ne se rencontre avec lui sur ce terrain, du moins en ce qui concerne la messe qui vient d'être examinée ; mais A n'étant après tout qu'un représentant du prototype universel de toutes les liturgies latines, c'est pur hasard, pourrait-on dire, que personne ne se rencontre avec lui dans l'occasion, si ce n'est les celtiques. Il ne s'en suit pas qu'il soit lui-même celtique, il peut être une épave d'une autre région latine, également éloignée de Rome. A la rigueur, c'est vrai. Cela est si vrai que le Missale gothiciun paraît avoir possédé une * missa cotidiana romensis » (Tommasi, 338), assez analogue à celles de Stowe & de Bobbio ; du moins la première pièce (c'est la seule qui ait échappé aux injures du temps), est la même que la deuxième de Bobbio ( 1 ).

Il faut donc renforcer la signification de cette première coïncidence. C'est à quoi visaient les observations & les inductions sur lesquelles nous venons de nous étendre. Mais voici mieux. Ce n'est plus sur le terrain de A, c'est sur celui de S que nous allons constater maintenant une nouvelle rencontre suggestive du Missel de Stowe & de celui de Bobbio. Il s'agit d'une coïncidence portant encore & sur les textes & sur la coordination de ces textes dans une même messe du supplément S. Ce supplément nous transportant, pour le coup, dans le milieu où le manuscrit primitif A recevait, au cours des temps, la plupart des additions dont S se compose, à commencer par celle de l'Ascension, il est tout indiqué que l'étude des points de contact qu'offrirait S à son tour, peut faire découvrir, en même temps que les relations de parenté plus récentes, la patrie d'adoption dans laquelle se sont contractées les alliances nouvelles. Or c'est ce qui arrive. La coïncidence dont nous parlons est de même nature que celle qui a été constatée sur le terrain de A, dans l'étude de la missa romensis. Elle est de même nature & se représente entre les mêmes personnages, c'est-à-dire qu'elle est encore exclusivement propre au Missel de Stowe & à celui de Bobbio. De nouveau les autres monuments en sont si parfaitement exclus, que, des trois formules 1,3, 4, qui constituent la messe en question, dans le Missel de Stowe, aucune ne reparaît ailleurs, sauf quelques lignes

(1) Ajoutons que le même Missel possède tout entière la Missa in symboli traditione (Tommasi, 276), & que le Gallican um Vêtus a la messe de la Vigile de Pâques. Ces deux messes ont d'ailleurs toutes chances, par leur importance liturgique exceptionnelle, d'être en dehors des conditions qui ont amené les différenciations locales. La présence des formules de la messe in Cœna Domini, dans le gélasien, pourrait être un fait du même genre, mais il ne se présente pas dans des conditions de groupement & d'application suffisantes pour être parfaitement assimilé aux deux précédents.

de la Contestatio, reprises dans les grégoriens & pour des circonstances différentes. Arrivée à ce degré de cohésion intense, à cette convergence d'inductions, on peut dire que la preuve est bien près d'être faite. Nous nous bornons donc à mettre sous les yeux du lecteur une simple transcription parallèle des deux documents. Il suffit de regarder.

Missel de Stowe.

Incipit Missa pro penitentibus V1VIS.

Pro penitentibus vivis.

i. Exultatio divina, paterna pietas, immensa maestas, te supplices t rem entes depraecamur pro famulis tuis, ut des eis mentem puram, caritatem perfectam, in aétibus sinceritatem, in corde puritatem, in opère virtutem,

in moribus disciplinam, & que justitiae tuae timoré intigra mentes vel devotione pro ipsis. n. tibi offerimus pietatis tuae obtinentia agnoscant. per.

2. Indulge, domine penetentibus nobis famulis tuis poscentibus secura mente tibi, domine, deo nostro victimam pro ipsis. n. offerri valeamus, & pie dicrtis suis veniam obteniant, sanitatis, per te, pater san&e, munere consequti, ad salutem gratiae aeternae possint cum tuo adjutorio pervenire.

3. Iteramus, omnipotens deus, deprecationem nostram ante conspeélum maiestatis tuae, quam spicialiter pro famulis tuis. n. in honore sanftorum, mariae, petiri, pauli, iohannis, & omnium sanctorum tuorum,

oblationem pro peccatis eorum offerimus , vota perficias, petitiones eorum ascendat ad aures clementiae tuae, discendat super eos pia benedicl:io, ut sub umbra alarum tuarum in omnibus protegantur, & orationes nostrae, te propitiante, pro ipsis non refutentur a conspeclu pietatis tuas, sed in omnibus auxiliare atque defendere digneris. per.

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