‹ Paléontologie animaleChapitre 43 sur 75 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Généralités. — Ce qui frappe surtout lorsqu'on considère dans leur ensemble les animaux et les plantes qui ont vécu pendant les temps tertiaires, c'est que ces animaux et ces plantes se rapprochent beaucoup plus des formes actuelles que ceux des époques précédentes.

Les grands repliles de l'époque secondaire ont disparu; les seules formes qui persistent sont celles qui vivent encore de nos

jours. Il en est de même (sauf quelques rares exceptions) pour les oiseaux : bien que parfois pourvus de dents, les oiseaux tertiaires ne présentent plus, avec leurs ancêtres reptiliens, qu'une analogie très lointaine.

Les céphalopodes qui penpinient les mers jurassiques et crétactél vont s’éleindre : les dernières ammonites se rencontrent, en effet, en Californie, tout à fait à la base des assises tertiaires (Éocène); quant aux bélemnites, elles se transforment rapidement, et, par la disparition progressive de leur rostre, nous amènent aux spirules ! et aux céphalopodes nageurs, Seiche, Calmar et Argonaute, qui vivent dans les mers actuelles.

Par contre, les mollusques lamellibranches et gasléropodes se développent avec une extraordinaire ampleur ; aux formes exclusivement marines, vont s'ajouter des espèces d'eau douce et même des espèces terrestres.

Les véritables rudistes ont disparu

Les protozoaires existent toujours.

Mais le fait caractéristique de celle période est le grand développement que prennent les mammifères.

Les étages tertiaires. — L'ensemble des dépôts tertiaires comprend quatre subdivisions principales qui se distinguent les unes des autres par la proportion plus ou moins grande des coquilles actuelles qu'elles renferment et qui correspondent aux périodes éocène, oligocène, miocène et pliocène.

Période éocène*. — Cette période est ainsi nommée parce que c’est dans les dépôts de cet âge que l’on commence à trouver une faune et une flore qui préparent la faune et la flore actuelles: environ 3 à # p.100 des espèces éocènes vivent encore de nos jours.

C'est vers la fin de l'éocène que le gypse se dépose dans les lagunes de Ia région parisienne. Comme beaucoup de mammifères vivaient sur le bord de ces lagunes, un grand

1. Chez la Spirule, le rostre a complètement disparu et la petite coquille nacrée qu'on retrouve sous les téguments correspond au phragmocône des bélemnites.

2. Du grec : e6s, aurore, et Æainos, récent; Éocène signifie que cette époque peut être considérée comme l'aurore de l'époque actuelle.

D maintenant leurs ossements à l'état fossile 1. 1

WE Nous pouvons citer, parmi ces mammifères, le Palæothe- rium, l'Anoplothérium et le Xiphodon (voir p. 109 et 113).

Dur: C est aussi vers la fin de la période éocène que se produisit ne le ridement qui donna naissance aux Pyrénées.

__ Période oligocène *. — Les dépôts de cet âge se rencontrent 4 au sommet des collines, dans le bassin de Paris, ce qui indique que ce sont les dernières formations marines de cette région; en effet, à ce moment, la mer quitte définitivement le nord de

la France.

C’est pendant la période oligocène que vivait l'Anthracothérium.

Période miocène*. — La proportion des espèces actuelles

est d'environ 20 p. 100 dans les dépôts d'âge miocène. La mer

” Dance encore sur l’Aquitaine, et dans la régions de l’ouest N (Basse-Loire et Bretagne); elle dépose des calcaires d'une nature toute particulière que l’on désigne sous le nom de faluns. À la même époque, elle abandonne dans la région des Alpes, en Suisse notamment, un calcaire qui, s'imprégnant facilement d'humidité, est très mou au moment où on l'extrait du sol, et a, pour cette raison, reçu le nom de Mollasse. Comme la Mollasse est relevée dans les Alpes à plus de 2000 mètres de hauteur, on en conclut que la dernière poussée qui a produit le plissement alpin est postérieure au dépôt de cette roche.

Les fossiles caractéristiques de cette époque sont principalement des mammifères; nous signalerons seulement le Mastodonte (p. 110), le Dinothérium (p. 111) et l'Hipparion (p. 114).

à Période pliocène ‘. — Le nombre des espèces actuelles est fi de 50 p.100 environ; les dépôts de cet âge sont peu nombreux one et peu étendus en France, ce qui montre que notre pays avait déjà acquis sa configuration actuelle.

1. C'est surtout sur les ossements de ces mammifères qu'ont porté les restau rations de Cuvier.

2. Oligocène, du grec : oligos, peu, et kainos, récent; peu récent si on le compare au Miocène et au Pliocène.

3. Miocène, du grec : meion, moins, et kainos, récent; moins récent si on le compare au Pliocène.

4. Pliocène, du grec : pleion, plus, et kainos, récent ; plus récent que l'Éocène, l'Oligocène et le Miocène.

Les mammifères pliocènes étaient à peu près semblables à ceux qui vivent de nos jours : 1l y avait des hippopotames, des rhinocéros, des bœufs: enfin, les véritables chevaux succèdent aux hipparions de l’époque précédente.

Page 1