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Du grec palaios, ancien, et choïros, cochon

Nous pouvons donc résumer ainsi la lignée des porcins, qui commence au Périptychus pour finir au porc actuel :

1° Périptychus, plantigrade à 5 doigts (Éocène inférieur).

2° Pantolestes, 4 doigts égaux (Eocène inférieur).

3° Chéropotame à 4 doigts inégaux (Éocène supérieur).

4° Cebochærus, les 4 doigts encore plus inégaux (Oligocène).

5° Palæochærus, 4 doigts très inégaux : les deux latéraux très petits (Miocène).

6° Porc acluel.

Presque tous ces animaux devaient vivre en troupes nombreuses, car leurs ossements se rencontrent généralement en abondance dans certains gisements.

20 Évolution des ruminants. — Les ruminants descendent vraisemblablement des mêmes formes ancestrales que les porcins, car on trouve, dans les assises inférieures du système tertiaire, une série de types intermédiaires entre ces deux groupes. Chez ces types, que l’on a désignés sous le nom de porcs ruminants, les incisives et les canines sont encore bien développées, tandis que chez la plupart des Ruminants actuels ces dents manquent à la mächoire supérieure.

De plus, les doigts latéraux disparaissent petit à petit, et l’on arrive finalement à des types qui n'ont plus, à chaque pied, que deux doigts, protégés chacun par un sabot; quant aux deux os du tarse qui se prolongeaient par ces doigts, et qui étaient, eux aussi, primitivement distincts, ils finissent par se souder en un os unique appelé canon.

Les formes de transition qui permettent de suivre ces transformations sont lAn- (hracothérium, V'Anoplothérium et le Xiphodon.

L'Anthracothériumt était un animal voisin du porc; 1l possédait encore 4 doigts à chaque pied, mais les deux latéraux,

Fig. 92. — ANOPLOTHÉRIUM RESTAURÉ. plus petits, ne touchaient

pas le sol dans la marche.

D'autre part, le développement énorme des canines indique encore un régime carnivore très accentué, bien que les

1. Du grec : anthralkos, charbon, ct fherion, animal sauvage.

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molaires soient déjà nettement adaptées à un régime végétal. __ L'Anoplothérium! (fig. 92) est déjà un ruminant véritable : il n’a plus que deux doigts développés, mais les os du métatarse ne sont pas encore soudés en un canon. Il a encore des incisives et des canines à la mâchoire supérieure, mais si peu développées, qu'on les devi- __ neen voie de disparition.

Ces animaux, dont la taille D. variait depuis celle du Rat

pa jusqu'à celle de lAne, de-

. vaient vivre dans les lagu-

ê nes ou dans les marécages ;

on pense qu'ils pouvaient

- nager et que la longue

queue dont ils étaientpour-

ÿ vus leur servait de gouver- Fig. 93. — XIPHODON RESTAURÉ.

D hail.

" Enfin, le Xiphodon? (fig. 93), complètement privé d’incisives el d de canines à la mächoire supérieure, et dont les pattes rappellent | celles des bœufs et surtout celles des cerfs, serait un Rumi- L: nant parfait, si ses deux métatarsiens ne restaient pas dis- tinets. Le Xiphodon avait la laille d’une gazelle et se nour-

rissait probablement des herbes aromatiques qui croissent sur les terrains secs.

Le tableau suivant fait saisir d'un coup d'œil la filation des ruminants.

1° Periptychus, plantigrade à 5 doigts (Éocène inférieur). 2° Anthracothérium (Porc ruminant), # doigts inégaux; incisives et à canines (Eocène inférieur).

3° Anoplothérium, ? doigts médians très développés, canines et incisives supérieures peu développées (Éocène).

4° Xiphodon, métatarsiens non soudés, plus d’incisives, ni de canines L supérieures (Eocène supérieur).

5° Ruminants actuels. Métatarsiens soudés en un canon.

Ongulés à doigts impairs (Imparidigités). — Considérons maintenant les ongulés à doigts impairs; ces animaux,

1. Du grec : a (privatif), oplon, arme, et therion, animal sauvage : animal sans armes, à cause de la petitesse de ses canines. . 2. Du grec : æiphos, glaive, et odous, dent, à cause de ses molaires tranchantes.

comme nous le savons, comprennent, dans la faune actuelle,

trois groupes principaux :

1° Les Éléphants ou Proboscidiens, dont les membres sont terminés par 5 doigts.

2 Les Rhinocéros (Rhinocéridés), dont les membres sont terminés par 3 doigts.

3° Les Chevaux ou Jumenlés !, dont les membres sont terminés par un seul doigt.

Nous allons examiner successivement ces trois groupes.

A l'origine des ongulés à doigts impairs, nous trouvons le Phenacodus, dont les membres sont terminés par cinq doigts inégalement développés, les trois doigts médians reposant seuls sur le sol, pendant la marche.

4° Évolulion des Proboscidiens. — On ne connaît pas les formes ancestrales qui relient les proboscidiens au Phénacodus, car les trois genres qui vivaient à l'époque tertiaire

Fig. 94. — MaSTODONTE RESTAURÉ. Fig. 95. — MoLarRE DE MASTODONTE.

présentaient déjà des caractères nettement définis. Ces trois genres sont, dans l'ordre même de leur apparition :

Les Maslodontes, dont les derniers représentants disparurent à la fin de l’époque tertiaire.

Les Dinotheriums, de la même époque, mais qui disparaissent beaucoup plus tôt.

Enfin les Éléphants, apparus les derniers, vers la fin des temps tertiaires, mais dont les descendants vivent encore.

1. On les nomme encore quelquefois Solipèdes. Mais ce mot, mal fait (il signifie animaux à un seul pied), doit être rejeté.

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ë LES TEMPS TERTIAIRES 114 Ébrustodonies. — Les mastodontes présentent deux caractères importants qui servent à les distinguer des éléphants actuels : d'abord, ils possédaient quatre défenses (fig. 94), deux à la mächoire supérieure et deux à la mâchoire inférieure; ensuite, leurs molaires étaient armées de gros mamelons coniques recouverts d'émail (d'où le nom de Mastodonte ; fig. 95). Il est bon d'ajouter qu'on a observé des espèces chez lesquelles les défenses inférieures n'existaient pas; 1l y a ainsi de nombreuses formes qui permettent de passer insensiblement des mastodontes

aux véritables éléphants. Fig. 96. — Tère DE DiNoTHÉRIUM. Dinotheriums. — Les dino-

thériums ? (fig. 96) étaient des animaux de très grande taille, qui pouvaient atteindre jusqu'à 6 mètres de hauteur: à elle seule, la tête avait 2 mètres de long; ce sont probablement les plus grands mammifères terrestres qui aient jamais existé.

Ils ne possédaient que deux grandes défenses recourbées vers le bas, et fixées à la mächoire inférieure. On pense que ces énormes bêtes vivaient sur le bord des marécages, el que leurs défenses leur servaient à déterrer les racines dont ils faisaient leur nourriture.

si 1 Fig. 97. — DENT D'ÉLÉPAANT présen- Eléphants. — Les élé- tant des bandes saillantes d'émail.

phants véritables datent

seulement de l’époque pliocène et dérivent incontestablement des mastodontes; ils ne possèdent plus que deux défenses, fixées à la mächoire supérieure, et leurs dents molaires, au lieu de présenter des mamelons coniques comme celle des masto-

1. Du grec : mastos, mamelon, et odous, odontos, dent. (Voir la fig. 94.) 2. Du grec : deinos, redoutable, et fhérion, animal.

dontes, portent des crêtes transversales; par l'usure, ces crêétes donnent, suivant les espèces, des rectangles ou des losanges bordés d’émail (fig. 97).

Le type le plus remarquable est l'Éléphant méridional (Elephas meridionalis, fig. 98), que l’on peut considérer comme lPancêtire directde l'Éléphant d'Afrique. Quant à l'Éléphant d'Asie, son ancêtre le plus certain paraît être l’Elephas anti-

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Fig. 98. — ÉLÉPHANT MÉRIDIONAL, squelette découvert dans le Pliocène du Gard.

quus; le Mammouth (ÆElephas primigenius !), qui vivait aussi à l’époque quaternaire, appartient à la même lignée.

20 Evolution des Rhinocéridés. — Le groupe des rhinocéridés est intermédiaire entre les proboscidiens et les jumentés:; il présente, en effet, des membres portant trois doigts sensiblement égaux, et paraît descendre de formes voisines des tapirs. D'ailleurs, ceux-ci se rattachent eux-mêmes à la souche primitive des ongulés par les Lophiodons.

Les premiers rhinocéros se montrent dès le milieu de l'époque tertiaire; les uns possédaient déjà une ou deux cornes sur le nez, les autres en étaient dépourvus.

1. On l'appelle ainsi parce qu'il est le premier éléphant fossile que l'on ait découvert.

30 Évolution des Jumentés. Histoire du Cheval. — Le caractère essentiel des animaux de ce groupe est que tous les membres se terminent par un seul doigt t.

Le type des jumentés est le Cheval.

Or, on a trouvé, dans les assises tertiaires d'Amérique, ainsi d’ailleurs qu'en Europe, une série très nombreuse de formes qui permettent de reconstituer toute la généalogie des

chevaux, depuis les espèces qui possédaient cinq doigts à

chaque membre, jusqu'aux espèces actuelles où, par suite d'une adaptation de plus en plus parfaite à la course?, le doigt médian seul a persisté.

Parmi les formes les plus anciennes, on peut ici citer les Phenacodus et les Coryphodons, qui possédaient cinq doigts à tous les membres; cependant, le doigt du milieu était déjà plus grand que tous les autres.

Voici, à partir de ces types importants, les principales formes de passage découvertes, tant en Europe qu'en Amérique, avec leur concordance :

Phenacodus et Coryphodon.

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