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Les Maoris sont les naturels de la Nouvelle-Zélande

l'Homme sur la terre doit être reportée à une époque beaucoup plus ancienne, et que, selon toute vraisemblance, il existait déjà vers le milieu des temps tertiaires (Miocène). Si, en effet, on n’a pas encore, en Europe, rencontré d° ossements humains dans les dépôts de cet âge, on y a du moins découvert de nombreux produits de l’industrie humaine, c'est-à-dire des armes et des outils.

Homme tertiaire. — Les débris les plus anciens qui permettent d'affirmer l'existence de l'Homme à l’époque tertiaire, sont les silex taillés trouvés par M. l'abbé Bourgeois à Thenay (Loir-et-Cher), dans des couches appartenant incontestablement à l'Oligocène supérieur (calcaire de Beauce). Ces fragments de silex, taillés en forme de couteaux, de racloirs, présentent, sur les bords, des retouches très fines, destinées à aviver leur tranchant et qu'il est impossible de ne pas attribuer au travail d’un être intelligent qui ne saurait être que l'Homme.

D'autres outils ont été découverts au Puy Corny, près d'Aurillac, dans des dépôts miocènes. Des silex taillés ont été recueillis au Tilloux (Charente), dans des couches nettement pliocènes. Dans l'Amérique de Sud, on a été plus heureux qu'en Europe, car on y a trouvé, dans les divers étages du Pliocène, non seulement des outils et des armes, mais même un grand nombre d’ossements humains, mélangés avec des pierres taillées, des os brûlés, des fragments de terre cuite. Parmi les trouvailles les plus intéressantes figure un squelette entier, accompagné d'un instrument en corne de cerf, découvert sous une carapace de glyptodon.

Les précurseurs. — Mais, si l'existence de l'Homme tertiaire n'est pas absolument certaine, au moins en Europe, n'est-il pas possible de lui trouver des précurseurs ayant vécu à cette époque sur quelque point du Globe?

On sait que l'Homme est le terme supérieur de la série des Primates, dont les Lémuriens représentent le terme inférieur; c'est donc par les lémuriens que les primates se rattachent aux insectivores !.

1. Les lémuriens (Makis, Loris de Madagascar), sont des animaux nocturnes, vivant sur les arbres, et qui sont si voisins des insectivores qu'il est souvent difficile de les en distinguer.

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Or, on trouve des lémuriens très nettement caractérisés,

c'est-à-dire possédant des mains, dans les dépôts européens

datant de l’époque éocène. Ils semblent disparaître en Europe à partir de l’'Oligocène, et comme il en existe encore actuellement en Afrique, à partir de la latitude du Sénégal, à Mada-

gascar, dans les îles de la Sonde et dans l'Inde, peut-être la

disparition, vers le milieu des temps tertiaires, des lémuriens d'Europe s’explique-t-elle par une évolution plus hâtive des formes européennes vers des types supérieurs, tandis que beaucoup de formes africaines ou asiatiques restaient à peu près stationnaires.

Cette transformation rapide des lémuriens européens expliquerait en effet pourquoi, à partir du Miocène, on commence à trouver en Europe, à Pikermi (Grèce), par exemple, de nombreux ossements ayant appartenu à de véritables singes. Le Mesopithecus est un de ces singes : les membres du Mésopithèque étaient courts et robustes. et lui servaient autant à marcher qu'à grimper. Il possédait une queue et ressemblait assez aux macaques actuels.

C'est encore dans le Miocène que l’on rencontre les grands Singes anthropomorphes !, déjà dépourvus de queue, et dont l’organisation se rapproche de celle de l'Homme. Nous pouvons citer parmi eux le Pliopithecus, ancêtre probable des gibbons, le Dryopilhecus, forme première des gorilles, et l'Anthropopithecus, qui est un véritable chimpanzé. Mais il y a une telle distance entre le plus perfectionné de ces singes et l'Homme le plus inférieur des temps quaternaires, qu'il était difficile d'admettre que ces singes européens fussent les précurseurs de l'Homme.

Or, en 1892, le docteur Eugène Dubois, professeur de géologie à l'Université d'Amsterdam, découvrit à Java, dans des tufs volcaniques qu'il attribue au Pliocène supérieur, quelques os ayant appartenu à un anthropoïde extrêmement intéressant. Ces ossements sont les suivants :

1° Un fémur gauche ;

2° Un fragment de menton;

3° Quatre dents (deux molaires supérieures et une prémolaire inférieure) ;

1. Du grec : anthropos, homme, et morphé, forme : Singe à forme humaine.

49 La partie supérieure d'une calotte crânienne.

Par son front bas et fuyant, par la saillie de sa visière susorbitaire, la calotte crânienne fossile se rapproche beaucoup de la calotte crânienne des singes anthropoïdes, tertiaires ou actuels; mais la capacité du crâne de Java est sensiblement plus grande que la capacité crânienne des mêmes singes et se rapproche de celle de l'Homme t.

De plus, la circonvolution de Broca (circonvolution du langage articulé), dont le crâne fossile porte l'empreinte, sans être, à beaucoup près, aussi développée que chez l'Homme, est deux fois plus volumineuse que chez les anthropoïdes : on doit en conclure que cet animal pouvait déjà exprimer quelques idées simples ?.

Si, d'autre part, nous considérons la forme du fémur et la situation des condyles occipitaux, nous voyons que ce singe se tenait habiluellement debout. Ce qui ne l'empéchait pas, d'ailleurs, d’avoir, très probablement, le pied préhensile et de grimper facilement aux arbres.

En résumé, l'animal pliocène découvert à Java par le docteur Dubois présentait une foule de caractères intermédiaires entre les singes tertiaires et l'Homme. Aussi M. Eugène Dubois lui a-t-:1l donné le nom générique de Pithecanthropus ?,

auquel il a adjoint le nom spécifique d’ereclus, pour indiquer è LE Csmiene..

qu'il se tenait ordinairement debout sur ses membres postérIeurs.

Par la forme de son crâne et la proéminence de ses arcades sourcilières, par ses pieds préhensiles, le Pithécanthrope de Java était encore un singe; par le volume de son cerveau, par la faculté du langage qu'il possédait à l'état rudimentaire, et par son attitude verticale, il était presque un Homme.

L'Homme quaternaire. — La découverte du Pithécanthrope nous montre que si certains singes anthropomorphes, des temps tertiaires, comme le Dryopithèque et les autres singes européens, restaient stalionnaires ou même étaient en voie d'évolution régressive, d’autres, au contraire, progressaient

1. Le cerveau du Singe-Homme de Java devait peser 900 grammes, tandis que celui des Gorilles ne dépasse guère le poids de 300 grammes.

?. Puisque le Singe en question avait acquis la faculté du langage, c'est évidemment que, depuis longtemps déjà, il vivait en société.

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