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Race de Furfooz. — Une troisième race apparait encore
4 dans nos régions pendant les temps quaternaires, c’est la 6 race dite de Furfooz, découverte tout d’abord en Belgique, et Œ
. quise distingue des deux précédentes par son crâne presque
aussi large que long (brachycéphale); elle vécut cependant
en même temps que la race de Cro-Magnon et se fusionna
avec elle plus ou moins intimement.
e Les descendants de la race de Furfooz se sont maintenus 1 en Belgique, dans la vallée de la Lesse, où ils existaient déjà
2 wa * à l’âge du renne.
40 TEMPS PRÉHISTORIQUES Division des temps préhistoriques en âges. — Les seuls documents qui nous permettent de reconstituer l'histoire des temps primitifs, d'assister à l'éveil et au développement
. progressif de la pensée humaine, sont ceux qui nous sont fournis par les produits de l’industrie de l'Homme, outils, instruments, armes de chasse ou de guerre, objets sculptés ou gravés; ces produits sont, heureusement, abondants. Dans les couches inférieures des dépôts quaternaires, ce sont des instruments en pierre que l’on rencontre : d'abord ceux qui sont obtenus par simple éclat du silex (silex taillés ou éclatés); ensuite viennent ceux qui, après avoir été taillés, ont été polis: au-dessus, en se rapprochant des dépôts de l'époque actuelle, on trouve des instruments en métal, en bronze d'abord, en fer ensuite.
En s'appuyant sur ces données, M. de Mortillet a établi une classification des temps quaternaires qu'il est utile de connaître; il reconnait quatre âges successifs dans l'histoire de l'humanité primilive. Ce sont :
1° L'âge de la pierre éclatée ou taillée ou paléolithique ;
20 L'âge de la pierre polie ou néolithique ;
Le
# 3° L'âge du bronze; - 4 L'âge du fer.
Age de la pierre taillée. — Cetle période est ainsi appelée | parce que l'Homme se servait presque exclusivement d’ins- K truments en pierre qu'il obtenait en choquant les uns contre
| les autres des silex auxquels il donnait une forme en rapport avec l'usage auquel ïl les destinait; il en faisait ainsi des
haches, des couteaux, des pointes de flèches, etc.; l'examen des outils en silex montre que de grands perfectionnements se sont accomplis dans le cours de cette période, ce qui a permis de la subdiviser elle-même en quatre époques moins étendues, caractérisées chacune par la forme et la nature des outils en usage; on à ainsi :
1° L'époque acheuléenne ou chelléenne:;
2 L'époque moustérienne ;
3° L'époque solutréenne ;
4° L'époque magdaléenne.
1° Époque acheuléenne. — L'époque acheuléenne ou chel- ” léenne est ainsi nommée du village de Saint. Acheul (Somme) ou de celui de Chelles (Seine-et-Marne); les outils que l'on rencontre dans les graviers de Chelles ou de Saint-Acheul sont des silex grossièrement taillés, par éclats, sur leurs deux faces; ils ont une forme plus ou moins triangulaire et les premiers qui furent rencontrés par les ouvriers, recurent le nom caractéristique de langues de chals ! (fig. 108).
On ne connait pas l'Homme qui taillait les silex du type de Saint-Acheul, car on n'a pas encore trouvé d'ossements humains qu'on puisse avec certitude rapporter à cetle
Fig. 108. — SiLeX époque. Il est probable qu'il devait vivre à T'ALLEE MD UE PE RS: . :
a l'air hibre, errant sur les plateaux, le long
des cours d'eau qui avaient à peine ébauché le creusement de leurs vallées; c'est, en effet, sur les plateaux qui bordent des vallées aujourd'hui profondes qu'on retrouve les traces de son passage.
90 Epoque moustérienne. — Cette époque tire son nom du village du Moustier, dans la Dordogne.
Les silex de cette époque sont des haches, des couteaux, des racloirs, d'un travail déjà plus perfectionné; l’une des
1. Chose remarquable, les habitants de l'ouest et du nord de l'Australie se servent encore d'instruments en pierre du type acheuléen, mais le plus souvent ils emmanchent ces haches qui deviennent alors des armes terribles ; on ne sait pas si l'Homme de Saint-Acheul emmanchait aussi ses instruments, il est probable qu'il s'en servait plutôt comme on se sert d'un coup-de-poing.
faces seule est taillée, l’autre, généralement plane, représente
le plan d'éclatement; les échantillons sont toujours plus petits, plus légers et plus pénétrants que ceux du type
; Au
acheuléen.
L'Homme de cette époque appartenait à la race de Canstadt: il vivait dans les cavernes et se confectionnait des vête-
nts avec la peau des animaux, ce qui indique un climat froid et humide.
3° Époque solutréenne. — Cette époque est ainsi nommée du village de Solutré, près de Mâcon (Saône-et-Loire). La station de Solutré est située au pied d'une falaise escar-
pée; c'était une sorte d’'abri sous roche plutôt qu'une caverne véritable; on y a retrouvé les débris de plus de
100000 chevaux. Ces chevaux représentent un gibier et non
des animaux domestiques; il est probable que les chevaux sauvages qui erraient dans la campagne étaient, à un moment donné, poursuivis dans la plaine par des rabatteurs qui les forçaient à se précipiter du haut de la falaise; ceux qui n'étaient pas tués sur le coup avaient les membres brisés: ôn les dépeçait sur place et l'on se nourrissait de leur chair. L'Homme taillait alors des silex avec une merveilleuse habileté. A ne considérer que leur forme générale, les silex sont taillés sur le type de ceux de Saint-Acheul, c'est-à-dire sur les deux faces, mais ils sont déjà très bien adaptés à leur destination. Le silex taillé caractéristique de l'époque solutréenne esi la pointe de flèche !.
4 magdaléenne. — Cette quatrième époque tire son om de ta Srole de Ta Madeleine, dans la vallée de la Vézère (Dordogne); c'est près de cette grotte, dans un abri sous roche, que fut découverte, en 1858, la race de Cro- Magnon. PNR ue = L'industrie a déjà subi de grandes modifications, et les hommes, devenus pourtant si habiles à travailler la pierre, commencent à dédaigner le silex; ils le remplacent par l'os ou le bois du renne qui fournissent des outils plus élégants et plus fins. C'est ainsi qu'ils fabriquent des aiguilles en
1. Il est intéressant de noter que les naturels de la Terre de Feu (Fuégiens amenés en 1881 au Jardin d'Acclimatation de Paris, taillaient des morceaux de verre qu'ils façonnaient en outils du type de Solutré ; les Esquimaurx taillent encore
des silex de la même façon et par les mêmes procédés.
os d'une très grande perfection, des pointes simples ou bar-
Fig. 109.— Har- PON TAILLÉ DANS UN BOIS DE RENNE (époque magdaléenne).
belées (fig. 109), et enfin, ces objets bizarres, désignés sous le nom de bälons de commandement, à peu près semblables à ceux qu'emploient encore de nos jours les Indiens des bords du fleuve Mackenzie.
L'Homme habitait encore des grottes; il était donc {roglodyte.
Ayant découvert le feu !, il s'était fixé près de son foyer qu'il savait entretenir, mais que, ne sachant pas rallumer, 1l devait surveiller de près; de nomade, il était donc devenu sédentaire. Malgré cela, il entreprenait des voyages, car on retrouve, dans certaines grottes de France, occupées par les hommes de cette époque, des coquilles provenant de l'île de Wight; nous en devons conclure que l'Homme avait inventé la navigation, puisque, à ce moment, il n'y avait déjà plus de communication terrestre entre Ia France et l'Angleterre.
L'Homme s'essayait aussi à reproduire par la gravure ou par la sculpture les animaux qui
vivaient autour de lui; c’est ainsi qu'on trouve représentés sur
Fig. 110. — SILHOUETTE DE L'OuRS
des plaques de pierre ou sur des fragments d'os, le Mammouth, l'Ours des cavernes (fig. 110), le Renne, le Cheval, etc.; enfin, on a également découvert des statuettes en os et en ivoire qui dénotent un esprit d’observalion et un sens artistique
déjà très développés.
DES CAVERNES, gravée sur un galet ; nvreie .
par un homme de l'époque magda- L Homme sn. ait Pas ER léenne (grotte de Massat, Ariège). d'animaux domestiques.
Age de la pierre polie. —
Cet âge marque encore un progrès notable dans la marche de l'humanité; au point de vue artistique, l'Homme est déjà
1. Probablement en s'emparant d'un tison, dans un incendie de forêt allumé
par la foudre.
re | L'HOMME PRÉHISTORIQUE 131 : plus raffiné et il confectionne ses armes avec une perfection plus grande : le silex poli apparait pour la première fois, mais l'Homme n'abandonne pas pour cela complètement les armes __ taillées, dont le tranchant était plus vif. L'Homme s'est définitivement fixé; il a parqué près de lui quelques herbivores, afin d'avoir toujours à portée de sa main une nourriture assurée; ces animaux se sont rapidement apprivoisés et domestiqués: il continue toutefois à chasser les ? animaux sauvages et il fabrique des filets pour capturer le poisson. Enfin, la présence de graines de céréales et de fruits indique qu'il était déjà devenu agriculleur; on a même ce retrouvé les pierres qui lui servaient à broyer le grain et qui ressemblent singulièrement à celles qu'emploient au même usage les nègres des bords du Zambèze.
4 Cités lacustres. — Bien que l'Homme ait continué à utiliser a les cavernes et les abris naturels, c'est aussi de celte époque que datent les curieuses habitations lacustres cons- truites sur pilotis, au milieu de l’eau, et dont on retrouve les vestiges dans les lacs de la Suisse et de l'Italie.
Pour établir ces habita- tions, de gros pieux, longs de 5 à 6 mètres, étaient enfoncés dans la vase à une distance du rivage qui allait de 40 à 90 mètres géné- | ralement; ces pieux soute- Fig. Ju = HABITATIONS LACUSTRES , SCPRRR : (d'après les découvertes et fouilles de 1854) F4 naient au-dessus de l'eau sur le lac de Zurich, près du village de une plate-forme faite de Meilen.
troncs d'arbres reliés entre eux,et c'est sur cette plate-forme que s'élevaient les huttes, ‘& couvertes d'herbes sèches et de branchages réunis par de #4 l'argile. On n’observe jamais de trous ni de traces de liga- tures dans les pilotis ou dans la charpente de ces curieuses constructions; on ignore, par conséquent, comment les pièces de bois étaient reliées entre elles; on sait seulement que les pilotis étaient consolidés, à leur base, par de grosses pierres que l’on retrouve encore au fond des lacs.
C2 bar
La communication avec la terre était établie par une sorte de pont mobile qu'on retirait le soir pour se mettre à l'abri des fauves et des attaques nocturnes (fig. 114).
Ces constructions, qu'on désigne sous le nom de palaffites ou de cilés lacustres, occupaient parfois des étendues considérables, et la réunion d’un grand nombre de huttes formait de véritables villages; à Wangen, notamment, dans le lac de Constance, on a compté plus de 40 000 pieux.
Les naturels des îles Carolines, des Célèbes et de la Nouvelle-Guinée, construisent encore des habitations de ce genre; ils en sont donc, au point de vue de l'évolution, à l'âge de la pierre polie.
Monuments mégalithiques. — C’est aussi à l’âge de la pierre polie que paraissent devoir être rapportées les curieuses
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