Ibid
à ce qu'il semble, partie d'une Gigantoniachie. Les draperies sont moins raides, les proportions des corps plus justes, l'ensemble a de l'allure et da mouvement. Mais c'est dans les métopes de l'Heraion surtout que le progrès est significatif; avec elles, on touche presque à la perfection des œuvres de l'époque classique. Des six métopes du posticum, une seule nous a été conservée : elle représente la lutte d'Athéna contre le géant Encelade. Les autres, les plus belles, qui décoraient le pronaos, montrent
JMg. 117. — Sphinx et enlèvement d'Europe. Métopes de Sélinonte.
Héraklès combattant une Amazone (fig. 118), Artémis faisant dévorer Actéon par ses chiens (fig. 119) et la rencontre sur le mont Ida de Zeus et d'Héra (fig. 118). « Un grand style, une pure inspiration donnent une haute valeur à cet admirable morceau. Assis sur un rocher, le buste un peu renversé, Zeus attire doucement à lui la déesse qui se tient debout, entr'ouvrant son voile avec une exquise pudeur. Un souffle de poésie homérique anime cette scène. La figure d'Héra, grave et recueillie, celle de Zeus modelée avec une largeur puissante, contiennent de ces beautés auxquelles un reste d'archaïsme donne seulement un charme de plus' ». Sans doute la matière employée est toujours le tuf calcaire; mais pour les parties nues des figures féminines, l'artiste s'est servi du marbre, et il y a là un raf-