‹ Palerme & SyracuseChapitre 32 sur 44 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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taillées dans des plaques de tuf calcaire, les figures « très saillantes, présentant même certaines parties complètement dégagées, ont l'apparence de sculptures en ronde-bosse appliquées sur un fond^ » ; une décoration polychrome aux vives couleurs en rehaussait jadis l'effet et soulignait certains détails des vêtements et des visages. L'art en est encore singulièrement naïf. « Il serait fastidieux, dit M. CoUignon, de relever toutes les imperfections du style : des bustes vus de face, et posés sur des jambes de profil; des attitudes raides, observées sur des modèles au

repos et transportées sans changement dans des scènes mouvementées ; une exécution brutale, notamment dans le rendu des visasfes- »: ce sont là les défauts ordinaires de l'archaïsme primitif. Mais on y observe en revanche un sentiment de la symétrie, qui est bien grec, et aussi une vigueur, une énergie qui semblent la marque propre de cet art provincial, travaillant d'après sa propre inspiration. Les mêmes remarques peuvent s'appliquer en effet aux métopes retrouvées récemment dans les murailles de l'Acropole, où elles avaient été employées comme matériaux, lors de la reconstruction des murs que dirigea Hermocrate après 409. L'une d'elles, fort endommagée, représente Héraklès domptant le taureau crétois; sur les deux autres, on voit un grand sphinx ailé, de style tout oriental, et l'enlèvement d'Europe (fig. 117). On y observe la même vigueur un peu rude, la même gaucherie un peu lourde des attitudes, la même habileté relative aussi à rendre les animaux que l'on remarque dans les chevaux du quadrige d'Apollon ; au total, plus de souplesse peut-être que dans les métopes du temple C, et qui semble marquer un art un peu plus avancé.

Le progrès est sensible dans les fragments du temple F, qui faisaient,

Fig. 116. — Héraklès emportant les Cercopes. Métope de Sélinonte.

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