IV. La Pérée
Le nom de Pérée (nspaîa, Peraea), qui, dans son acception la plus vaste, désigne tout le pays des Hébreux à l'est du Jourdain, est la traduction grecque du mot hébreu Èbcr (ce qui est au delà). En hébreu cette province fut appelée Éber ha-yardên (trans Jordanem)ou C//ea(^ (Deutéron. 34, 1).
Ce dernier nom, comme celui de Pérée, se prend souvent dans un sens plus restreint : on va voir que, depuis la période grecque, le nom de Péi'ée désignait une province entre le Yabbok etl'Arnon ; Gilead, dans les temps anciens, avait désigné particulièrement la partie septentrionale, occupée par les descendants de Machir, fils de Manassé (Nombres, 32, 40). En outre, le nom de Gilead se prenait souvent pour le pays mo7itagneux des deux côtés du Yabbok, opposé au pays bas ou à la plaine ; dans ce sens on dit soxxsenX. : Montagne de Gilead {\oy.
Deutéron. ch. 3, v. 10—13).
Trois petites rivières, l'Hiéromax, le Yabbok et l'Arnon , coulant dans des ravins profonds et escarpés , divisent naturellement le pays à l'est du Jourdain et de la mer Morte en quatre plateaux, qui, à l'est, se perdent dans l'Arabie déserte et, à l'ouest, tombent presque à pic dansleGhôr ou la plaine du Jourdain. Le plateau le plus méridional, formant le pays des Moabites , n'entre pas dans nôtre description. Au nord deMoab, entre l'Arnon et le Yabbok, habitèrent du temps de Moïse, à l'est les Ammonites et à l'ouest, jusqu'au Jourdain, une peuplade amorite gouvernée par le roi Sihon, qui fut vaincu par les Hébreux. Au delà du Yabbok était le royaume de Basân, habité par une autre peu[»ladc amorite sous le roi Og, qui fut éga-
le ment vaincu par Moïse. Ceroyaijiin!
SiiU-ndail , au N. O. et au nord, just;i:'aux districts deGessur et de .Maac'.iaet au mont Hernion,et à Test, jusqu'au dé-sert. Il renfermait le district d'ArsobavecGO villes. Il paraît que le Basàn proprement dit ne formait que la partie S. E. de ce royaume, plus tard la Batanée, Moïse donna le pays deSihôu aux tribus de Ruben et de Gad ', et celui de Ogà la grande moitié de la tribu de Manassé. Dans la ])ériode gréco-romaine la Pérée ou la Transjourdame fut divisée en cinq ])rovinces, savoir: la Trachonitide, la Gaulanitide, l'Auranitide, la Batanée et la Pérée. Les quatre premières, auxquelles plusieurs auteurs ajoutent l'Iturée, formaient l'ancien pays de Bas a 11.
Il est bien difficile de fixer exactement les limites et les localités de ces provinces : les anciens monuments nous laissent bien des doutes; les voyageurs ont rarement pénétré jusque dans ces contrées infestées par des bordes barbares. Au commencement de ce siècle le pays au delà du Jourdain était encore une terra incognita; mais depuis la publication des voyages de Seetzen et de Burckbardt = il est beaucoup mieux connu. Parmi les noms de districts et de villes donnés par ces intrépides voyageurs, nous retrouvons beaucoup de noms anciens ; nous voyons même reparaî-
' La tribu de Gad occupait aussi , au delà du YablK)k , la plaine du Jourdain , jusqu'au lac de Kinnéreth ou de Til>ériade.
- Seetzen visita ces contrées en I«OG ; s' s relations se trouvent dans le recueil allemand publié par Zach sous le titre de Morujttiche Corrc^pondenz ( Correspondance mensuelle), tome xviii, Gotha, 1808. — Burckhardt lit ses voyages dans les années isiu et 1812; mais son important journal, (|iie nous avons déjà cité plusieujs fois, n'a été publié que dix ans plus lard, après la mort df l'auteur, sous le litre suivant : Travels iii Syriii iind (he ho/;/ Lnud , b>j thc late John Lewis Jiiirchhttrdi. London, 1822, un vol. in-4'' de 668 pa^es. Il est accompagné de plusieurs caries et plans. Quelques autres voyageurs ont marché depuis sur les traces de .Seetzen et de Burckbardt; nous nommerons .-irtoirt OUo de Richter ( rraUfalirten , Berlin, 1822 ) et Buckingham ( Travels in l'.ilesline, thrnugh Ihe cnuntries of Bushan und Cilead. lythdnn, 1321).
5« Livraison. (Pai.f.stinr.)
tre plusieurs noms qui nous sont conservés dans le Pentateuque, et qui n'ont pas changé depuis Moïse jusqu'à nos jours.
Le grand plateau qui s'étend du lîermon au scheriat-.AIandliour (llieromax) embrasse maintenant les districts suivants : r Djo'ciH, près du Jourdain et du lac de Tibériade. 2" Djedour , au nord , le long de la pente orientale (lu Djebel-IIeisch. 3" Hnurân, qui, au nord, est limité par les montagnes appelées Djebel- K es soué et Djebel- Kkktra, et, au midi, se perd dans ledésert; à l'ouest, le Hauràn est séparé du Djedour et du Djolàn par la route des pèlerins qui va de Gbebarib à Remtha (Burck., p. 28-3). Ce district e^t riche en blé, mais sans arbre. {" El-Ledja, à l'est de la plaine de Hauràn, un sombre labyrinthe de rochers de basalte. Seetzen dit (p. 33.5) que les villages du Ledja, presque tous ruinés, sont situés sur des hauteurs rocailleuses, et que la couleur noire du basalte, les maisons, les églises et les tours tombées en ruine, le manque d'arbres et de buissons, donnent à cette contrée un air sauvage et mélancolique qui fait frémir le voyageur.
5" Djebel Hauràn, au S. E. dii Ledja, couvert de forets de chênes qui varient avec d'excellents pâturages. On comprend quelquefois les trois derniers districts sous le nom commua de Hauràn.
Entre lescheriat-'Mandhour etleZer ka (Yabbok) sont, du nord au midi, les districts (V El-Bottein , ou Belàd Erbad, de Belàd-Beni-Obéid, d\klJeloun et de Morad. A l'est de ces districts s'étend celui cïEz-zouéit. Le pays entre le Zerka et le Wadi-Moudjeb (Arnon) s'appelle maintenant^Z-^'e/A-a'.
Nous reviendrons maintenant sur la division ancienne, et nous tacherons de fixer les limites des différentes provinces.
r L A Trachonitide. Ce nom vient
" Ceux qui désirent de plus amples détails sur les divisions actuelles du pays , sur les villages qu'il renferme et sur ses habitants, Deuvent lire Burckiiardt , Travels, p. 2&v
L'UNIVERS
du mot grec ts»,//)/ (montré •. roc, lil-v leiise). et il embr;is:^ait tout !e pays qui s'étend depuis les inonta'j;nes au midi (le Damas (Djehel Kessoué) jusqu'à Jiostrn ou liosm ' , c'est-à-dire, Djedour, Djoiàu , une fjrande partie du Haurân et le Ledja. Tel fut, à ce qu'il paraît, le sens du mot Trachonitis dans son acception la plus larije'; mais ce nom désitjnait plus particulièrement le district du nord-est, appelé maintenant Ledja^. '\,'l tierce, ainsi nommée de Yetour, (ils d'Ismaël, était une contrée montagneuse'» ; on ne saurait donc la retrouver, avec Burckhardt (p. 28G), dans le district de Djedour, qui est un pays plat {aflnt country). Mais il paraît que c'était une partie de la Trachonitide, ou, comme le veut Eusèbe, cette province ellemême. Reland (p. 106^ prend l'Iturée pour l'Auranitide.
2" La Gaulanitile , ainsi appelée de la ville de Golan dans l'ancien royaume de ^asfl«(Deutéron. 4, 43).
Le nom se trouve encore maintenant dans celui de Djolàn, qui n'est autre chose que Golan, selon la pronon- <"iation arabe. C'est en effet dans le Djolân que nous devons chercher l'ancienne Gaulanitide, qui probablement embrassait aussi le Djedour actuel.
Ses limites étaient, au nord et au N.
O. , le Djebel Héisch ou llermon , au midi le scheriat-Mandhour , a l'est i'Auranllide , à l'ouest le Jourdain supérieur et le lac de Tibériade.
3" L'AuR ANiTiDE. Dans ce nom on reconnaît facilement celui du //«w^m?* ou //a;/7"rt/i^, que le prophète Ezéchiel, dans une de ses visions (ch. 47 ,
' Vov. Reland, p. 109.
' Voy. Rilter, Erd/mncle, t. TI , p. 354.
3 Dans les ruines de Missema, situé dans le Ledja, Burkchardt trouva plusieurs inscriptions grecques dont Tune commence par ces mots : 'loûXo'.ç Saxoupvïvo; <I>atvy]G'iot(; \j.r\- Tpoxwjjiîa toù Tpaxwvo; /aipsiv. Judiis Satiirninusaux Phœnésiens, auctu'f-Ueu de la Trachonitide ^ sulut. Voy. Travels , p. 117.
4 Voy. Reland, p. 107.
5 Le nom de Hauràn fTIIH) vient sans doute de lin ti'ott, caverne. Il y a dans ces contrées beaucoup de cavernes "qui aujour- (rhui , comme dans les temps anciens, servent de retraite aux tirigands.
t Cet 1 S), nonmieparmiies districts limitrophes du territoire de Damas.
On a vu que ces contrées portent encore aujourd'hui le même nom ; mais le ilauràn actuel embrasse, outre l'ancienne .tnranitide, une partie de la Trachonitide et de la Ratanée. On voit que l'Auranitide avait la Trachonitide à l'est, la Gaulanitide à l'ouest; au midi était probablement la Batanée.
4° La Bataniîe. Ce nom vient sans doute de celui de liaxân ou Jiaschàriy mais nous avons déjà vu que la province de Batanée n'embrassait qu'une partie de l'ancien royaume de Rasân.
On n'est pas d'accord sur la position géographique de cette province, et il règne à cesujet une certaineconfusion dans les auteurs anciens, et notamment dans .Josèphe, qui. sous le nom de Batanée comprend tantôt tout le pays de Basàn , tantôt le district de ce nom'. Nous ne devons donc ici avoir égard qu'aux passages oi'i Josèphe distingue la /}rtta?iee des autres provinces iransjourdaines. Or, dans quelquesuns de ces passages, il dit que la Batanée est limitrophe de la Trachonitide^; il n'est donc pas probable que ce soit le district appelé maintenant E -Bottéin, comme le disent Gesénius et Rosenmiiller^, car ce district est séparé, par le Hauràn , de la Trachonitide proprement dite. La ressemblance des deux noms ne prouve rien, s'il est vrai , comme le dit Burckhardt {Travels , p. 287), que le district de Boltien tire son nom de la principale tribu qui l'habitait^. Si je ne me trompe, nous devons chercher l'ancienne Batanée à l'est du Bottein, dans la partie méridionale de la plaine de Hauràn, et elle s'étendait très-probablement au midi du Ledja jusque dans le Djebel-Haurân * , de sorte qu'elle limi-
' Vov. Reland , p. 202 , 3I7 et 318. , 2 Vo'y. Antiqu. Jud. L. 17, c '2, § I, Guerre des Juifs, 1. i , c. 2o, §4.
^ Archéol. biblique, 1. 1[, Impartie , p. 127 4 Burckbardt dit cependant lui-même , nous ne savons sur quelle autorité, que le district de Bottein renferme la plus grande partie de l'ancienne Batanée
^ Selon Ptolémée (I. 5, c. 15) , le pays habité par les ArabesTraclionites,.w((.s' te mont Atsadamus, faisu't partie de la Katanée;le
laitrancienneTrachonitideouleLedja au sud-ouest et au sud. Il est probable qu'on aura conservé le nom de Basàn ou Batanée particulièrement au district (|ui renfermait les villes d'Edréï et d'Astharoth, capitales de l'ancien royaume de Basân, et dont les ruines se trouvent dans la plaine -le HaurAn. Je citerai, à l'appui de i-ette opinion, que, encore du temps d'Edrisi, la V\\\ià à' Edréi ou Adraàt était désignée aussi sous le nom de Bat haniy y a o\i Bathnia'.
5° La. Pérée proprement dite comprenait tout l'aucipn pays des Amorrhéens ou Amorites entre le Yabbok et l'Arnon, gouverné, du temps de Moïse, par le roi Sihôn. Voici comment Josèpiie s'exprime sur le royaume des Amorrhéens : « Ce pays est situé entre trois fleuves et il ressemble à une île; car l'Arnon le limite au midi; Je côté septentrional est circonscrit par le Jabacch (Yabbok), qui, se jetant dans le fleuve de Jourdain , lui abandonne aussi son nom; la partie occidentale du pays est bordée par le Jourdain^ « — Dans un autre passage, où Josèphe compare la Galilée avec la Pérée, il donne sur cette dernière les détails suivants : « La Pérée est beaucoup plus grande, mais elle est, en grande partie, déserte et raboteuse (rpaxala), et trop sauvage pour la production de fruits d'une noble «spèce. Cependant le sol est doux et très-fertile et les champs sont parsemés d'arbres variés; on y cultive surtout l'olivier, la vigne et les palmiers. Elle est arrosée par les torrents qui descendent des montagnes, et pour le cas oij ceux-ci viendraient à manquer par l'effet du Sirius, elle est assez pourvue de sources perpétuelles.
Elle s'étend en longueur depuis Machxrous jusqu'à PeUa, et en largeur depuis Philadelphie (Rabbath-Am-
mont ALsadamus parait tHre celui qu'on appelle maintenant Kclb-Haurdn et qui forme le sixiiiiiet le plus élevé du Djebel-Hauràn. ^ oy. la préface de Lteke aux voyages de Burckhaidt, p. xii.
' Vov. Edrisi, traduction française de îfl. Jnubuit, t. I, p. 301. ' Jint. Jud. IV,5, 2.
mon) jusqu'au Jourdain. Pella, que nous venons de nommer, est sa limite septentrionale; celle de l'occident est le Jourdain; au midi elle a pour limite la Moabitide, et à l'orient elle est bornée par l'Arabie et la Silbonitide, et, en outre, par le territoire de Philadelphie et de Gerasa'. «
Machaerous était une forteresse située à soixante stades du Jourdain; c'est là tout ce que nous savons sur sa position». Quant à celle de Pella, nous n'en savons rien de positif; mais comme Josèphe fait monter la limite orientale de la Pèrée jusqu'au territoire de Gerasa, Pella, qui était à l'extrémité septentrionale de la Pérée, devait être située au delà du Yabbok , de sorte que la Pérée s'étendait au nord plus loin que l'ancien royaume des Amorrhéens, maintenant le ^e/Aa.
Josèphe appelle même Gadara métropole de la Pérée ^ , de sorte que cette province s'étendrait jusque vers l'Hieromax; mais il se peut que le nom de Pérée soit pris ici dans son acception la plus large.
Avant de parler des villes de la Transjourdaine, nous devons encore expliquer un terme géographique qui se trouve plusieurs fois dans les Évangiles; c'est celui de Décapolis ou district des dix villes^. C'étaient dix villes situées dans différentes contrées et probablement confédérées. Pline dit^ qu'on n'est pas d'accord sur les villes qui formaient la Décapolis, mais que la plupart comptent les villes suivantes : Damascus, Philadelphia, Raphana, ScythopoUs , Gaddara, nippon, Dion, Pella, GalasaiGerasa) et Canatha. Ces villes étaient,
' Guerre des Juifs, III, 3, 3.
* Celte forteresse, la plus célèbre du pays des Juifs, fut bâtie par Alexandre Jannée, ra*ée par Gabinius et relevée par Hérode. C'e.st la que Jean -Baptiste fut décapité. Seloa Se^tzeji , cette place existerait encore sous le nom de iV//.7((/r, ou plutôt Om-Kaur; mais la place qu'il iiMlique me pai'ait un peu trop éloignée de l'Arnon , limite méridionale de La Pérée.
3 Guerre des Juifs, IV , 7 , 3.
* Vov. MaUh. 4, 25; Marc, o, 20 et? , 31. » Hibt. uat. V, 18.
es
L'UNIVERS
pour la plupart, habitées par des païens.
Nous allons niainlcnant «''iiiiiiK'Ter les principales villes de tout le pays au delà du Jourdain, en allant du nord au midi.
Paneas ou C^^sabea Philippi, au pied du Ilernion, dans la Gaulanitide. Cette ville est sans doute d'origine syro- niaeédonienne, conune parait le prouver le nom grec de l'anea!> ou Paneade, dérivé du dieu Pan, que l'on adorait dans ces contrées. Au nord-e^t de la ville est une grotte qui, avec le bois voisin, était consacrée à Pan et portait le nom de Panéum (navâcv). C'est de cette même grotte que sort l'un des ruisseaux qui forment le Jourdain. Encore maintenant on voit dans le roclier qui est au-dessus de la grotte des niches destinées autrefois à recevoir des statues. Toutes ces niches portent des inscriptions que Burclikardt n'a pu déchiffrer; mais il donne de l'une d'elles quelques fragments où l'on reconnaît très- distinctement les mots cEpeù; 6coii Uav^'? (prétrc du dieu Pan)'. Dans ces environs, Hérode bâtit un temple en l'honneur d'Auguste; le tétrarque Philippe, fds d'Hérode, agrandit et embellit la petite ville de Panéade et changea son nom en celui de Céxarée^, auquel on ajouta le nom de Philippe pour distinguer cette ville de Césarée en Judée, dont nous avons déjà parlé. Cxsarea Philippi est mentionnée dans les Évangiles; Jésus visita ses environs (Miitth. 16, 13; Marc, 8, 27).
Selon la tradition chrétienne, la femme que Jésus guérit du flux de sang était de cette ville, et s'appelait Bérénice.
On dit que, par reconnaissance, elle éleva devant sa maison un monument qui se composait de la statue de Jésus et de celle d'une femme à genoux.
L'empereur Julien, dit-on, fit renverser ce monument ^. Du temps de
ï"Voy. Travcls, p. 38, 39.
2 Hérode Agrippa II l'appela Neronias, pour flatter lN'éron;mais elle ne conserva ce nom ((iie peu de temps.
3 Voy. Reland, p. 922. Eusèbe prétend avoir vu ce monument (Hist. ecclés., 1. 7, cli. J8); mais des savants niodernes ont pensé
Constantin il y avait déjà à Césarcc une grande communauté chrétienne; elle avait un évéque dépendant du patriarche d'Anlioche. Sous les Arabes la ville s'appelait Jianiâs , nom corrompu de Paneas et dont les croisés ont lait JJelinas '. — Aujourd'hui Bani/is n'est qu'un village d'environ cent cinquante maisons; les habitants sont pour la plupart Turcs, mais on y trouve aussi des Grecs, des Druses et des JVozairiens. Burckhardt dit que Baniâs dépend de l'émir de Ilasheïa.
Bethsaid A, village dont letétrarque Philippe fit une ville qu'il appela ju- LiAS, en l'hoinieur de la fille d'Auguste '. Reland (p. 654) fut le premier à s'apercevoir qu'il y avait deux Bethsaïda, l'un en deçà, l'autre au delà du Jourdain. Bethsaida-JuUas était situé au nord-est du lac de Génésaretli, là oii le Jourdain tombe dans ce lac^, Reland pense que dans les Évangiles on ne parle que de Bethsaïda en Galilée, parce que du temps de Jésus l'autre Bethsaida s'appelait déjà Julias; cependant, en prenant celui qui est mentionné dans l'Évangile de Luc (ch. 9, V. 10) pour Bethsaïda- Jidias , on fait disparaître plusieurs grandes difficultés de la topographie évangélique.
Gamala, sur une hauteur, non loin du lac de Génésareth, ville forte prise par Vespasien. Le district dans lequel elle était située, s'appelait Gamalitica.
Gabara, située, selon Pline, non
qu' Eusèbe s'est trompé et que le monument qu'il a vu était consacré à un empereur romain. Voy. Beausobre, dans la Bibliothèque germanique , t. XIII.
' C'est sous ce nom qu'elle est mentionnée par Benjamin de Tudèle(p. 54), qui dit que Belinas est l'ancienne Ùdn , erreur qu'il partage avec les anciens rabbins et avec saint Jérôme dans ses Commentaires (Ezéch. 27, 15 ; Amos, 8, 14) , et qui a été reproduite par l'éditeur de Burcldiardt(p. 39). Selon Eusèbe, dans VOnomnsticon, Dan était à 4 milles de Paneas (à l'ouest). Voy. ci-dessus, page 33.
'■^ Josèpbe, Jnliqu. 18, 2, I. Ce Bethsaida , situé dans le domaine du tétrarque Philippe, ne pouvait être qu'à l'est du Jourdain- ausst Pline dit-il expressément que la ville de Ju^ ?/as était à l'orient (Hist. nat. ir., ir>).
^ Voy. Josèphe, Guerre d. J. III, lO, ''.
loin de rniéi'onax', et, selon saint Jérôme, en face de Scythopolis et de Tibériade, sur une montagne au pied de laquelle il y a des eaux thermales et des bains. Josèohe rappelle la /b/'/e viétropole de la Pérçe. — Près d'Om- Kcis, village situé cà une lieue au sud du Mandhour, Seetzen trouva des ruines qu'il prend pour celles de Gadara.
Burckhardt croit que ce sont plutôt celles de Gamala; mais M. Laeke, l'éditeur des voyages de Burckhardt, se déclare pour l'opinion de Seetzen, qui s'accorde parfaitement avec tout ■ce que rapportent les auteurs anciens que nous venons de citer^. Dans les ruines on trouve surtout un grand nombre de sarcophages en basalte ornés de bas-reliefs, où l'on voit des génies, dfs festons, des guirlandes de fleurs. A l'ouest et au nord , Burckhardt trouva les restes de deux grands théâtres. — Ce fut dans les environs de Gadara qye se passa, selon les Évangiles, la giiérison des démoniaques, qui fut si fatale à un troupeau de pourceaux 3. — Gadara faisait partie de la Décapolis; plus tard c'était un évéché. — A Om-Kéis on ne trouve maintenant que quelques familles vivant dans des cavernes. A une lieue de là, près du Mandhour, se trouvent les eaux thermales dont parle saint Jérôme. La principale source est celle qu'on appelle maintenant liîïmwze^e/- Schéilih; l'eau est si chaude qu'il est difficile d'y tenir la main; les pierres sur lesquelles elle coule sont couvertes d'une épaisse couche de soufre.
On préfère le bain à' El-Schéikh à «elui de Tabariyyah, et au mois d'avril les habitants de ISablous et de Nazareth s'y rendent en grand nombre.
En remontant le Mandliour on ren-
• Gadara , Hieromiace pru^luente. Hist.
ïjat. V, 18.
^ Voy. Burckhardt, Travels,j>. 271, et la Préface", p. iv.
3 Matlh. 8, 28; Marcs, I; Luc, 8, 26. Dans lous ces passades la Vulgale porte : « in agrum Gerascnoruin ; » de même le texte grec de Mattli. Tîpa'TriVÙiv. Mais il faut lire partout Cudutenorum , comme l'a la version syriiKjue; car Gerasa est bien loin du lac de Tibériade, dans les environs uuuuel se passa <-/'tle scèn»
contre encore neuf autres sources dont Burckhardt a donné les noin3
])e Gadara nous tournons à l'est pour chercher quelques villes qui devaient être situées à l'intérieur, jusque vers le désert. Du nombre de ces villes était Golax, ville lévitique et l'une des six vWcs-asile , mais dont nous ne saurions fixer la position géographique. Comme il est probable que le Djolàn actuel tire son nom de cette ville, elle devait être située dans les environs du lac de Tibériade, au nordest de Gadara et au nord de l'Hieromax (Mandhour). — Plus à l'est étaient les villes d\^slharoth etd'' Edré'i, résidences des rois de Basaa. Quant à Edréi, il ne peut plus y avoir de doute sur sa position ; Seetzen et Burckhardt ont retrouvé dans le Hauran les ruines de cette ville, qui portent encore le nom de Draa ou Adraa. Otto de Richter y trouva des débris de colonnes d'ordre ionique et dorique, et les restes d'un bazar oîi il crut reconnaître l'architecture arabe'. La position diAstharoth est incertaine ; Lseke pense que cette ville se trouvait à l'endroit où est maintenant le château de Mezârib, à quelques lieues au sudouest de Draa, et il appuie cette opinion de quelques arguments fort concluants *.
A l'est de Draa la ville de KE^^4TH (Canatha), appelée aussi yobah (^s ombres, 32, 42), et qui plus tard était une des villes de Décapolis, a été retrouvée dans Kanouai ^ dont Burckhardt a décrit les ruines (p. 83-- 86); il estime la circonférence de i'ancienn ville à deux et demi ou trois milles anglais. Il n'y trouva que deux familles druses cultivant le tabac.
Dans Salkhat, à quelques l'ieues au midi de Kanouat, se retrouve l'ancienne Salcha, villefrontière du royaume de Basân (Deutéron. 3, IC). Turckhardt, qui donne la description de Salkhat (p. 99 — 101 ), dit que c'est une ville avec un château fort ; le châ-
' jrallfahrtcn , p. 172.
' Burck. Travcls, préface, p. XII. Sur Mezârib voy. ib. p 241 et suiv
L'UNIVERS
teaii est situé sur une colline, au pied de laquelle est la ville, à l'ouest et au midi. Elle a plus de 500 maisons; mais lorsde la visite de Burckliardt, elle était entièrement abandonnée.
A quelques lieues à l'ouest de Salkliat nous trouvons la ville de Bosra , qui est appelée, par Aboulfeda, capitale du liauràn, et où Hurekhardt trouva des ruines considérables de trois quarts d'heure de circonférence ( Travels, p. 226). C'est là sans doute la ville célèbre que les Grecs et les llomains appellent Bostra, et à laquelle les Pères de l'Église donnent l'épitbète de metropolis Arabix '.
Selon Eusèbe, elle est à 24 milles romains d'Adraa, ce qui s'accorde bien avec la position de Bosra, capitale du Haurân. Dans les inscriptions grecques que Burckhardt a copiées dans cette ville, nous trouvons deux fois le nom de Bostra ( p. 228 et 232 ) , et il est ^ ^jnnant que , malgré cela , le célèbr' voyageur place la ville de Bostr" ^.tfn loin de la au nord , près des ' ^jrces du Jourdain *, ce qui est une erreur manifeste. — Reste à savoir maintenant si Bostra est mentionné dans la Bible. Je ne le pense pas, quoique Gesénius et Rosenmiiller n'hésitent pas à prendre le Bosra de la Bible, pour le Bosra du Haurân, c' est-a-dire pour Bostra. Mais, dans la Bible la ville de Bosra est toujours présentée comme métropole du pays d'Edom ^, qui était situé loin de Bos-
I Voy. Eitter, Erdlcunde, II, p. 358.
a Voy. Travels, p. 41. Burckhardt dit : Bostra musl not be conjounded u'ilh Boszra in the Haouran ; holh places are mentioned in the Bnohs of Moses. Il me semble qu'il y a ici double erreur : le Bostra des Grecs est sans doute le Bosra du Haurân , mais rien ne
f>rouve que cette ville soit mentionnée dans es livres de Moïse, ou dans quelque autre livre de la Bible.
3 Voy. Genèse, 3C, 33; Isale, Si, 6; 63, l;Amos, I, I2; Jérémie,49, i3et2-2; 1 Chron. 1 , 44. Si Ton veut que Bostra se trouve mentionné dans la Bible, ce pourrait élre Bosorra, I Maccab. 5, 26, et une ville de Bosra comptée par Jérémie (48, 24) parmi les villes de Mnab, en supposant que les Moabites aient fait des conquêtes dans le Haurân. Rel.in(l(p. 666) dit fort bien, en parlant de £ str.i : Non confundenia hœc est cum Battra { Bosra J Idumœorum Jcrem. 49, 13 et
Ira, au midi du [lays de TMoab et de I,t Judée. Scion Ileland et Ritter, il faut chercher liostra dans Reè'sthra (Jos 21 , 27 ) ou Aslharoth, assertion qui n'.i que la valeur d'une sim|)le conjecture.
Il e.st à remarquer que le nom de Bostra ne se trouve nulle part dans la Vulgate, ni même dans la version des Septante, qui cependant remplace trèssouvent les noms hébreux par ceux usités parmi les Grecs. Ainsi il reste douteux si Bostra est une ville bien ancienne et à quelle époque elle remonte. L'empereur Trajan embellit cette ville et y mit une légion; on trouve encore des monnaies portant pour inscription : Jrajana Bostra '.
Dans les actes de plusieurs conciles il
est question d'évêques de Bostra»
Les ruines de cette ville présentent la forme d'un ovale, s'étendant de l'est à l'ouest; les principaux édiflces, tels que temples, théâtres, palais, se trouvaient à l'est; tous ces monuments datent du temps des empereurs romains. Une grande mosquée , remontant aux premiers temps de l'islamisme, est encore debout.
Au sud ouest de Bosra (à la distance de 10 ou 12 lieues) Seetzen retrouva les ruines d'une autre ville célèbre dans l'antiquité, qui n'est pas mentionnée dans la Bible, et qui a été placée par d'Anville et d'autres géographes au N. ïj. du lac de Tibériade, à plus de 20 lieues N. O. de son véritable emplacement 3; c'est la
alibi memorata , uti nec cum Botzra Moabitarum Jercm. 48, 24. Nec mirum nomen niï!2i qiiod lociim munitum notât, pliiribus urhibus commune fuisse. — Le Bosra édomite de la Bible se retrouve peut-être dans Bosséira, village du Djebàl, ou Burckhardt trouva également des ruines considérables {Travels, p. 407).
' Voy. Reland, p. 665. On trouve encore d'autres monnaies, jusqu'à Trajan Dèce, sur lesquelles Bostra est appelée col on ia (colonie romaine). Selon Damascius, cité par Photius, la colonie ne fut fondée que sous Alexandre Sévère. Voy. Belley, dans les Mémoires de l'Acad. des inscr. T. XXX, p. 307 etsuiv.
2 Reland, p. 666.
3 L'erreur de d'Anville est due principalement à la fausse leçon des Evangiles, ou on lit Gerasenorum au lieu de ihidarenorum , et dont nous venons de parler dane. une note précédente. — Mais il est inconce-
célèbre ville de Gerasa , dont les ruines portent encore chez les indigènes le nom de Djerasch. Nous traduirons ici la relation de Seetzen et nous y joindrons quelques notes d'après la relation de Burckhardt, qui a également visité Gerasa, et qui donne de trèslongs détails sur ses ruines remarquables '. Seetzen , après avoir parle du village de Souf, continue ainsi ^ :
« Le jour suivant fut un des plus intéressants de tout le voyage. Ce jour j'eus le plaisir d'examiner les magnifiques ruines de Djerasch, situées à deux heures de marche à l'est (de SouO, et qui SQnt un {)endaut remarquable des ruines justement admirées de Palmyre et de Baalbec. Je ne conçois pas que cette ville jadis si florissante ait pu rester jusqu'ici aussi totalement inconnue aux amateurs d'antiquités.
Elle est située dans une contrée fertile, assez ouverte, qui autrefois a dû être ravissante. La ville est traversée d'un b^^au ruisseau^. Déjà avant d'y entrer je trouvai beaucoup de sarcophages ornés de jolis bas-reliefs, et j'en vis un sur le chemin qui portait une inscription grecque. Le mur est entièrement renversé, mais on aperçoit toute son étendue qui est environ trois quarts de lieue ou d'une lieue-*. Il était bâti en pierre de taille. L'enceinte de la ville présente un terrain inégal qui s'abaisse du côté du ruisseau. Il ne s'est conservé aucune maison privée, mais je trouvai plusieurs édifices pu-
vable que la faute de d'Anville ait été reproduite après les découvertes de Seetzen et de Burckliardt; ainsi d;ins l'atlas de la Bible de Vence, publié en 1833, on n'a Tait que suivre l'ancienne routine, tant pour Gerasa que pour beaucoup d'autres villes de la Traitsioiirdiiine , ce qui prouve combien peu on s'est ocrupé en France des iniporlanles découvertes faites dans ces contrws. Cependant les relations de Seelzen oui été consultées par Malte-Brun.
' \oy. Tmi-jAs, p. 251— 264; on y trouve au.'îsi lin plan des ruines de Gerasa que nous avens reproduit : voy. PI. 38.
' Voy. Monatl. Correspondenz, t. XVIII, p. 4ii.
* fVi'st t! Tf'adi-Dcir, qui se jelte dans le W(i>/; Zei ka; on rappelle aussi h'erounii ou S' l'iUjdiuotti. Il traverse la ville du nord au luidi.
ielon Burck. une lieue un quart.
biics, qui se distinguent par une architecture exquise. Deux amphithéâtres d'un marbre beau et solide, avec des colonnes, des niches, etc., sont trèsbien conservés; de même quelques palais et trois temples. L'un de ces derniers avait un péristyle de douze grandes colonnes d'ordre corinthien, dont onze sont encore debout ' ; dans un autre je trouvai une colonne renversée du plus beau granit égyptien ayant la surfaee polie. .le vis aussi une dès portes de la ville ; elle était magnifique et bien conservée, et se composait de trois arcades ornées de pilastres» . Ce qu'il y a de plus beau dans ces ruines, ce sont deux longues rues qui se croisent , et qui des deux côtés étaient encadrées d'une suite de colonnes de m:irbre d'ordre corinthien ;^ l'une de ces rues ^ aboutissait dans une place , entourée de soixante colonnes, d'ordre ionique, rangées en demi-cercle. Là oii les deux rues se croisent, il y a à chacun des quatre angles un grand piédestal de pierre de taille; autrefois on y voyait probablement des statues. On voit encore une partie du pavé, qui était en pierres carrées. Je comptai eu tout plus de 200 colonnes , qui , en partie , portent encore leur entablement ; mais le nombre des colonnes renversées est infiniment plus grand. Je ne vis que la moitié de l'espace qu'occupait la ville ^; mais il est très-probable que dans l'autre moitié, de l'autre côté du ruisseau , on trouve encore mainte choseremarquable 5
' Ce temple, selon Burckhardt (p. 254), était supérieur en goùl et en magnilicence à tout c<' que la Syrie possédait en ce j^enre , à l'exception du temple du soleil a Palrayre.
^ Celte porte est au midi : « Ilis a fine arcli, and apparenthj in perfect préservation , wilh a •tmuller one on ea'h side adarned wilh tvvt-ral pilasters. » Burckhardt.
3 C'est la plus lonsiue, qui traverse la ville du nord au midi et qui est parallèle au Wadi. L'hémicycle est au midi , et à cinq minutes de la est la porte dont nous venons de parler.
* C'est-à-dire la partie qui se trouve à l'ouest ou à la rive droite du Wadi.
=> Cntle partie delà ville est la p!us élevée. IVLdheureusement Burckliardt, qui n'a pu eraplover que 4 heures a visiter les ruines de Djerasch , n'a examiné que la partie septentrionale de la rive gauche du Wadi ; il y
L'UNIVERS
Djerasch ne pont rire que l'ancienne
(»'('/y;.sv/ , ville (le Dct-npolis lia
l'ragnieilt d'inscM-iption i;ree(jiic qne je copiai ici nie porte à croire ipie l'empereur iMarc-Aurèle Antonin avait beaucoup de part aux constructions de celte ville '. »
La ville de Gerasa avait donné son nom à tout le district. Saint Jérôme dit que la contrée d'Arabie .'uitrefois appelée 6'a/«arf( Gilead ) s'appelait de sou temps Gerasa^. Le rabbin Saadia, du X*^ siècle, dans sa version arabe du Pentateuque , rend le nom de Gilead par Belàd-DJcrasch. Les évéques de Gerasa sont cités dans les actes des conciles (Reland, p. 808). Il y existait encore une citadelle du temps des croisades ; les historiens de l'époque l'appellent Jurras; le roi Baudouin II en lit le siège 3.
C'est aussi dans ces environs, au N.O. de Gerasa, que nous devons chercher les villes de Yabesgh, ou Jabes- Galnad, et d'ÉPHRÔN. La première était célèbre par un événement raconté danslelivredes Juges (c. 21 ). A la fin du 1'^'' livre de Samuel on raconte que les habitants de Jabes-Galaad dérohèrent pendant la nuit les cadavres de Saiil et de ses tils, suspendus aux murs de Beth-Schân (Béisan). Cette ville était donc très-probablement située non loin du Jourdain en face de Beth- Schân , près du ruisseau qui porte eu-
trouva . en face du grand temple , les restes d'un édifice qu'il suppose avoir été un liain. Une source qui est près de là, dans la montagne, el dont l'eau, coulant de l'est à l'ouesl, se verse dans le Wadi , e-'^t probablement la inémpdontparlesaintÉpipliane(vo}'. Reland, p. 807). Burckhardt croit que vers le midi il n'y avait que des maisons privées , et qu'il ne s'y trouvait aucun édilice remanjuable (p. 263;. ' Il parait qu'on rencontre fort peu d'inscriptions dans les ruin: s de Djerasch; car Biirckhardt, qui copiait toujours avec une scrupuleuse exactitude toutes les inscriptions qui se présentaient à ses regards, ne donne ici que quatre fragments indécbiftrables. Le premier (p. 259) est sans doute celui dont parle Seef/.en ; on y reconnaît les lettres MAPKOINAYP... N....
2 Comment, in Obadiam, v. 19 : Cunctam possidf<bit Arabiam , qiup. prtiis vocabaiur Gahiad Hnunc Gerasa nunciipatur.
3 Gesta Dei per Fraiicos, p. 615. On y fait déjà observer que Jarras est l'ancienne Gelasa.
core maintenant le nom de H'adï- )(ihf's el (|iii se jette dans le Jourdaij près de liéisàn (Ikirck., p. 289). — Ephrôn était une !J;raiide forteresse près d'un défilé (1 Maccab. 5 , 4f)); il parait qu'elle se trouvait également près du Jourdain , en face de Beth- Schdii (ib. V. 52).
Au S. O. de Gerasa était Mah- NAÏM, sur les limites de Manassé et de Gad, non loin de la rive septentrionale duYabbok. Selon la Genèse (32^ 2), Jacob rencontra à cet endroit des messagers de Dieu ou des anges, et il appela l'endroit Mahnaïm {deux camps), faisant allusion à son propre camp et à celui des messagers célestes. De là il passa le Yabbok (ib. v. 23). Dans ces environs était probablement la ville d'Jmatlwus, grande forteresse sur le Jourdain , dont parle Josèphe ( Ant, xiii , 1 3 , 3) et dont les ruines subsistent encore sous le nom d\imata (Burck., p. 346). Près de là était aussi Penouel ou Phaxuel (face de Dieu) , dont on fait également remonter le nom au patriarche Jacob (Gen. 32, 31). lien eslde mêmedeSuc- COTH (cabanes), endroit oii Jacob établit son camp après avoir passé le Yabbok et fait la paix avec Ésaii ( ib. ch. 33, V. 17), et oij plus tard on bâtit une ville.
Une des plus grandes villes de la tribu de Gad, au midi du Yabbok, était Ramoth ou Ramathmisphé, ville lévitiqueet ville-asile. Les Syriens s'en étaient emparés sous Achab, roi d'Israël; celui-ci, ea attaquant les Syriens, fut mortellement blessé. Selon Eusèbe, cette ville était à 15 milles ouest (ou plutôt N. O. ) de RabbaUi- Animôn, capitale des Ammonites. — Dans ces environs on trouve mainten:mtla forteresse d'./s-sa/^, située sur la pente d'une colline, et entourée de hauteurs escarpées. Selon Burckhardt ( p. 349 ), c'est la seule place habitée dans le Beika, et les habitants sont entièrement indépendants. Les pachas de Damas ont essayé plusieurs fois de s'emparer de cette ville, mais toujours sans succès. La population se compose d'en viron 400 familles musuS-
inanes et 80 familles clirétiennes de i'c^lise grecque, qui vivent en parfaite .initié et éjzalité les unes avec les autres. Une vieille mosquée est le seul monument que présente cette ville.
Dans les environs il va des jardins; hi plupart des habitants s'occupent d'ajiricuiture.
Au S. 0. d\Js-salt, là où le Jourdain reçoit un ruisseau, appelé ff^'adi- Schoab\ sont des ruines qui portent le nom de.V/w/"i/j; c'est là, sans doute, le BETH-xi.MBA.de la Bible' qui s'appelait aussi yiinrlin (Isaïe, 1.5, G). A côté de cette ville, nous trouvons mentionné Beth-Haban , qui , selon Eusèbe, était à cinq milles au sud de Betb-Nimra, et qui reçut d'Hérode le nom de Livias ^ ISon loin de là, sur le Jourdain, était sans doute Bethbara (Juges, 13, 24) ou Bethabara (lieu de passage), où, selon saint Jérôme (Oaomast.)etOrigèiie, Jean baptisait dans le Jourdain ^; et un peu plus au midi étaient Abel-schittim , et Beth-yeschimôth, où les Hébreux campèrent quelque temps avant de passer le Jourdain (Nombres , 33 , 49). Selon Josèphe, .ibila ( Abel-Sittini) était à 60 stades du Jourdain -i. Cet endroit était en face de Jéricho, et Beth-yeschimôth au S. E. de la même ville, près delà mer Morte.
A l'est ou au N. E. de ces dernières villes était Aboer derant Rahl/uth {Ammon), qu'il ne faut pas confondre avec un autre Arodr, sur l'Aniôn '".
A quelque distance, au midi, était Yaezeb, ville lévitique, selon Eusèbe à 10 milles à l'oucat (S. O.) de Philadelphie ( Rabbath-Ammôn). Seetzen (p. 429) trouva dans cette direction les ruines d'une ville appelée Sir, d'où une petite rivière du même nom
' Voy. Nombres, 32, 30; Jos. 13, 27.
* Selon Josèphe ( Aiitiqu. 1. 18, cli. 2, § i), Hérode Antipas lui donna le nomde Jutias.
' Dans l'Évangile de Jean, I, 28, on lit Bethania. Origène corrige Bethabara^ parce que, dit-il, il n'y avait .pas de Belhania««r le Jourdain.
* Antiqu. V, i, i. Voyez sur les différents liou\ nommés Ahcl eX' AbiUi , les Dissertations de M. de Boissi, t. I, p. 283 et suiv.
* Voy. Josué, cil. 13, V. IG et 25.
coule dans le Jourdain ■. Comme Eusèbe parle aussi d'une rivière qui est près de Yaëzer, et qui t()nd)edans le Jourdain, il est très-probable que cette ville se trouvait à l'enilroit où est maintenant Jxr. Aroër et; Yaëzer étaient sur les limites orientales de la tribu de Gad. En allant delà au sud et au S, E. nous trouvons les villes de lluben, qui, en partie, jjortent encore aujourd'hui leurs noms anciens. Ce sont les villes suivantes :
Elealé (iNombres, 32 , v. 3 et 37).
Les ruines de cette ville ont été retrouvées par Seetzen (p. 430) et Burckhardt (p. 365) sous le uom d'Z.7-./a/.
Le nom signifie hauteur, en hébreu comme en arabe, et en effet El-Aal est situé, selon Burckhardt, sur le sommet d'une colline qui domine toute la plaine, et d'où l'on a vue sur tout le Belka méridional. On trouve encore quelques parties de la muraille, qui était bien bâtie. Dans les ruines il n'y a rien de bien remarquable; on y trouve surtout un grand nombre de citernes.
Hesbon, l'ancienne capitaledes rois amorites (Nombres , ch. 21 , v. 26 et suivants ). Selon Eusèbe elle étiiit située à un mille d'Eleaté; Seetzen l'a retrouvée sous le nom de llusbàn, à une demi-lieue S. 0. d'El-Aal^. Sous ce même nom elle est mentionnée par Aboulféda, qui Tappelle une petite ville dans une vallée fertile.
Dans la Bible, celte ville appartient tantôt à Ruben, tantôt à Gai ^. Plus lard nous la trouvons, ainsi que Elealé et les autres villes de ces contrées, sous la domination des Aloabites •».
Josèphe la compte parmi les villes moabites que les Juifs possédaient sous Alexandre Jannee 5. « On trouve ici, dit Burckhardt, les ruines d'une grande viile ancieime, ainsi que les restes de
' Comparez Burckhardt, p. 3G4.
^ La même distance résulte de la relation de Burckhardt (p. 365), qui, après être parti de Fthcis , compte de la cinq Jieures trois anaT[s a. El-Aal et six heures uu quart a Husbdn.
3 A Ruhen : Nombres, 32 , 37 ; Jos. 13 , 17. A Gad : Jos. 21, 37, et I Chron. 6, 66.
* Isaïe, 15, 4; KJ, 9; Jérémie, 48, 2.
' Anti'iu. XIII, lô, i.
L'UNIVERS
(Hielqiio^ ('•(iifices liAtis de petites pierres; (juchiiies fiits (le cokjiines brisés sont eiirore debout. Il y a la un certain noinbrede puits profonds, taillés dans le roc, et iinj^rand réservoir d'eau pour servir aux habitants pendant l'été. » Seetzen rap|)elle, au sujet de ce réservoir, les paroles du Cantique (7, 5) : Tes yeux comme les piscines a Jfesbôn.
SiBMA était, selon les commentaires de saint Jérôme (Isaïe, 16, 8), seulement à un demi-mille (500 pas) de Hesbôn. Cet endroit était œlebre pour ses vignes ».
BaÂl-meon (Nombres, 32, 28).
Burckliardt trouva à environ trois quarts d'heure S. E. de Hesbôn le^ ruines de 3///oi<n, qui, selon lui, est Baalinôii. Dans ces environs était aussi la ville-asile de Bécer (Bosor),dont la position ne peut plus être exactement fixée.
MÉDABA (Nombres, 21 , 30). Les ruines de cette ville existent encore sous le même nom, à quelque lieues S. E. de Hesbôn; elles ont, selon Burckhardt (p. 366) , une demi-lieue de circonférence. Ou y voit une grande pixi'ine, et à l'occident se trouvent les fondements d'un temple antique. A une demi-lieue à l'ouest de Medaba, sont les ruines A' El- Teijm, que Burckhardt suppose être le Kiryathaim de la Bible (Nombres, 34, 37).
YAHAs(Jasa). Près de cette ville les Hébreux, sous Moïse, vainquirent Sihôn, roi des Amorrhéens, qui s'y était rendu à leur rencontre dans le désert ^. Il résulte de là que Yahas était situé sur la limite du territoire amorile, vers le désert. Eusèbela place entre iMedaba et Dibôn (Anêoù;). Elle avait donc Médaba au N. O. et Dibôn au S. O. Au sud étaient Dlblathaïin et Beèr-Elim. /<edé»)ofh,à'o\i Moïse envoya des ambassadeurs à Sihon, et Méphaath, qui se trouve plusieurs fois mentionnée à côté de Kedemoth et de Yahas (Josué, 13, 18, et ailleurs), devaient également être situées sur
' Voy. ce que nous avons dit à ce sujet dans le v\\,\\iX\K d' hisluire naturelle, p. '2:î. ' Voy. Nombres, 21, 23; Deuleron. 2,32.
la limite orientale du pays des Amorites.
DiHÔN. (]ette villeest appelée aussi Diljô7i-Gad, parce qu'elle fut rebâtie par les Gailites '. Seetzen en retrouva les ruines dans une plaine magnifique.
Le^h y arrivade rArnôn,à travers une plaine couverte de gazon et coupée par une ancienne voie romaine*. Selon Burckhardt (p. 372), IJibun est situé à environ une lieue au nord de l'Arnôn, dans un bas fond. Ceci explique pourquoi dans l'oracle d'Isaïe (1 5,2), sur la chute de Moab, Dibôn monte sur les hauteurs pour pleurer. Dibôn appartenait alors aux Moabites^ comme les autres villes voisines.
AiiOER, sur la rive septentrionale del'Arnôn, à la limite méridionale de la Pérée- On l'appelle souvent dans la Bible Aroër sur l'Arnôn ^, pour le distinguer de l'autre Aroër, dont nous avons parlée. Burckhardt arriva de Dibôn aux ruines d'un endroit appelé Akeb el-Debs : « De la, dit-il (p. 372), nous suivîmes, en nous dirigeant à l'est, le haut du ravin au fond duquel coule la rivière (Arnôn), et au bout d'un quart d'heure nous arrivâmes aux ruines à\lraayr, V Aroër des Écritures, situé au bord d'un précipice; un sentier conduit de là à la rivière. »
Dans l'ouest, près de la mer Morte, nous nommerons encore les villes de Nebo et de Callirrhoë.
Nebo était située près de la montagne du même nom , probablement celle qui maintenant s'appelle Attarous ^. Il paraît que les Moabitesado-
I Voy. Nombres, 32, 34; 33, 43. On l'appelle aussi Diinnn. Isaïe, 15, 9.
' Voy. William Macmichaels , Journet^ fromMuscow to Constantinople, p. 242.
3 Deutéron. 2, 36; 3, 12; 4, 48. Josué, 12, 2; 13, 16.
* Il y avait un troisième Aroër dans la Judée, \oy. I Samuel , 30, 28. — k cause d'un passage d'Isaie (17, 2), plusieurs commentateurs supposent un quatrième Aroër sur le teniloire de Damas; mais il n'existe pour cela aucune autre autorité. Voy. Gesénius, Commentarûber den Jesaia, t. 1, p. 556, 567.
5 Burckhardt, p. 370. Gesénius ( 1. c. p. 519) pense que le nom d'^/ioroi/s vient de la ville d'Atnr64h (Nombres, 32, 33), située dans ces environs.
PALESTLNK.
raient dans cet endroit le dieu Nebo; c'est le nom de la planète de Mercure chez les Clialdeens.
CiLLiRRHOE sur la mer Morte, célèbre pour ses eaux thermales. Selon les anciens rabhins, c'est Lascha ou iMsa mentionné dans la Genèse (10 19) '.
Saint Jérôme, dans son commentniresur ce passage, est du même avis.